Archive for the 'Entre-deux' Category

Le labyrinthe de Pan (El laberinto del fauno)

juin 14, 2011

Réalisation : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro
Pays : Espagne
Sortie : 2007

Comme tout le monde, j’ai applaudi le film après l’avoir vu au cinéma – pis avoir chié dans mes culottes pendant la scène avec le crisse de bonhomme aik des yeux dins mains. Bref, j’ai gardé un excellent souvenir du film, pis j’étais content de pouvoir updater mon opinion en le re-regardant.

Résumé

C’est l’histoire de Ofelia, une jeune fille dont le père est mort, qui suit sa mère pour vivre chez le nouveau chum, un fasciste frigide pis douchebag. Ça se passe pendant la guerre d’Espagne – en fait, ça se passe après que les fascistes de Franco aient pris le pouvoir. Malgré tout, y a encore des républicains improvisés guérilleros qui se cachent dans les bois pour foutre la marde. On se rend compte assez vite que la maman – Carmen – est enceinte du facho – Vidal – pis qu’y est plus intéressé par son futur enfant que par Carmen. Une nuit, Ofelia suit une grosse bibitte laide qui l’emmène dans un labyrinthe en ruines. Là, un faune explique à Ofelia qu’elle est une princesse, pis que son père la cherche. Pour pouvoir revoir son papa, le faune demande à Ofelia d’accomplir trois tâches. Pendant qu’elle fait de son mieux pour réussir les quests du faune, Carmen tombe malade. On apprend que le docteur – doctor – pis la servante – Mercedes – font partie de la « résistance », pis qu’y communiquent avec des soldats républicains cachés dans les bois pas loin de la petite enclave fasciste. Blablabla.

Critique

Le film laisse une super bonne impression malgré la mort de Ofelia, parce que le fasciste se fait tuer froidement par les républicains, qui y refusent son dernier vœu : donner sa montre à son fils. Le personnage de Vidal est peut-être pas très complexe ni ben développé, mais del Toro fait une crisse de bonne job pour nous faire l’haïr. C’est rare que j’ai autant souhaité la mort d’un personnage, tous films confondus (dans cette catégorie-là, on peut ajouter la religieuse folle dans The mist). Y est tellement badass qu’y se fait des points de suture lui-même. D’ailleurs, j’ai ben aimé la majorité des personnages, surtout le docteur, qui casse complètement Vidal vers la fin du film. Les acteurs jouent assez bien tout le long.
La réalisation est correcte pis assez standard; par contre, le monde du faune est débile. Visuellement, c’est irréprochable. Super sombre, l’univers parallèle nous fait sentir pas trop ben pour Ofelia, parce qu’on a comme l’impression que dequoi de pas clean se prépare. Les costumes sont superdes pis pas du tout ridicules, ce qui est dur à faire quand on utilise des vrais costumes pis pas du CGI. Mais ça marche. Le monde de del Toro m’a fait beaucoup penser aux films de Hayao Miyazaki, surtout la scène avec le crapaud dans la grotte.
Le commentaire politique est intéressant, quoique crissement cliché : le fascisme, c’est pas bon. Mais c’est vraiment ben emmené : personnellement, quand le docteur, après avoir euthanasié son ami républicain, répond à Vidal : « J’ai pas suivi vos ordres, capitaine, parce que c’est juste le monde comme vous qui peuvent exécuter un ordre sans le questionner. », pis qu’y se fait tirer dans le dos par le méchant fasciste, ben j’ai été ému.
On qualifie souvent ce film-là de conte de fées pour adultes, ou de conte d’horreur. C’est très vrai. Y a quand même des affaires dégueuses : les coups de bouteille de vin dans face du paysan au début, ou ben l’auto-suturisation de la blessure à la bouche, qui est déjà assez écoeurante sans qu’on ait besoin de voir une aiguille passer à travers tout ça. Pas mal de violence faite de sang-froid, aussi. Le monde inquiétant du faune installe une atmosphète de magie malsaine, qu’on sait pas trop si on doit truster. Mais ce qui fait horreur pour vrai, c’est la classique scène avec le bohnomme épeurant communément appellé le « monstre blanc aik des yeux dins mains ». Sérieux, des yeux dins mains, what the fuck ? Mais c’est ça qui fait peur, je pense, le fait que ça soit crissement bizarre comme monstre. Anyway, la scène est réussie, parce que je connais personne qui a pas eu peur. Good job.

Analyse

Au début, on entend une voix raconte un conte pour enfants : c’est une princesse qui est sortie en dehors du royaume souterrain où elle vivait, mais elle est devenu amnésique, pis elle est morte. Son papa le roi la cherche partout, pis y pense que son esprit va revenir un jour. Une prophécie (ou dequoi demême) dit que la princesse va revenir sous une autre forme, dans un autre corps. C’est assez important, parce que ça nous permet de comprendre le film. Ofelia aime les contes, ce que sa maman y reproche. Elle y dit que c’est pour les enfants. Facque dès le début, le monde des adultes s’oppose au monde des enfants. Plus tard, son beau-père fasciste y dit que ses livres, c’est de la marde, donc qu’y a pas de place dans la nouvelle Espagne fasciste pour les contes pis la Magie. D’ailleurs, le fascisme, avec son obession de l’ordre pis des lois, c’est le contraire de l’imagination; c’est un monde où l’enfance a pas sa place. Dans le film, c’est sous-entendu que le père d’Ofelia est mort à la guerre, pis qu’y était du côté des républicains, qu’on peut voir comme les gardiens de la Magie. Facque Ofelia vit le conte de fées pour échapper au monde de marde dans lequel elle est plongée. Sauf que son conte est crissement épeurant, comme si le fascisme avait réussit à entacher même l’imagination pis le monde du rêve. Y a des parallélismes entre les deux mondes : le faune qui manipule Ofelia renvoit à Vidal, pis Ofelia dans le monde imaginé qui finit par sacrifier sa vie pour celle de son frère, acte héroïque qui est reflété dans la réalité par le sacrifice du docteur quand y envoie chier Vidal. Dans les deux cas, les personnages meurent au nom de la justice. Par contre, dans la réalité, les républicains finissent par niquer Vidal, tandis que Ofelia, elle, est morte pour vrai. J’ai lu sun Imdb du monde qui disait que la fin peut être interprétée de deux façons : 1. Ofelia est morte; 2. Ofelia est vraiment une princesse. Sérieux, envisager la deuxième option, c’est rien comprendre pantoute. Si c’est une princesse pour vrai, le film veut pu rien dire. Le refus d’Ofelia est à mettre en relation avec le régime fasciste. Exemple : si le nazisme a pu prendre autant d’ampleur en Europe, c’est à cause des individus qui, sans être des nazis convaincus, ont pas pu dire non. Ça renvoit à l’expérience de Milgram, pis son update en jeu télévisé. Facque, comme le docteur, même si elle meurt, Ofelia gagne pareil, parce qu’elle conserve son intégrité.

Verdict

Recommandé. C’est bon, ça fait peur pis c’est intelligent. Visuellement, c’est pas loin d’être parfait.

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Haute tension

mai 24, 2011

Réalisation : Alexandre Aja
Scénario : Alexandre Aja pis Grégory Levasseur, basé sur une nouvelle de Dean R. Koontz
Pays : France
Sortie : 2003

Alex Aja est reconnu comme un réalisateur d’horreur qui promet. J’ai entendu (pis lu) tout plein de critiques super élogieuses de son premier film, Haute tension. Son remake du film de Wes Craven, The hills have eyes, m’avait agréablement surpris (c’était avant que je m’intéresse sérieusement au cinéma d’horreur). Mirrors était moins bon, malgré la scène dans le bain. Ensuite, Piranha 3D a eu un huge succès, à mon sens, vraiment mérité. Mais, le meilleur, d’après plein de monde, c’est Haute Tension, que j’avais toujours pas vu.

Résumé

C’est l’histoire de Marie pis Alexa, deux amies de longue date, qui s’en vont visiter la famille de Alexa à la campagne pour étudier. Pendant la nuit, un gros monsieur pas clean entre dans la maison pis décâlisse tout le monde. Marie réussit à se cacher pis elle retrouve son amie Alexa attachée sur son lit. Mais le tueur les pogne pis les crisse dans son vieux truck à la Jeepers Creepers, pour les emmener on sait pas où.

Critique

Les films d’Aja sont pas les plus originaux au niveau de la forme : la réalisation est assez convenue pis classique. Une de mes scènes préférées dans Haute tension, c’est au début, quand les deux filles se mettent à chanter dans le char. Ça montre l’amitié entre Marie pis Alex d’une façon convainquante pis crédible. (D’ailleurs, je veux souligner la qualité de la trame sonore.) À part ça, la réalisation est surtout axée vers les personnages : des gros plans du visage de Marie, de Alex attachée pis de la mort horrible de la mère d’Alex. Heureusement, les acteurs sont excellents. Maïwenn joue comme une championne un rôle pas facile vu qu’elle est baîllonnée tout le long. Cécile de France fait une sale job dans un rôle pas facile non plus, surtout dans les moments où elle se cache du tueur en capotant. On peut vraiment lire la peur dans sa face. Sa réaction quand elle trouve Alex est super réaliste. Sans oublier le bout où elle se fait étouffer avec un sac de plastique. À elles seules, elles font le film.
L’autre affaire le fun, c’est qu’on sent vraiment la tension quand le tueur est dans la maison. Le montage, souvent en parallèle, m’a stressé tout le long. Du côté du suspense, c’est réussit.
Pour le gore, j’ai des petites réserves. Oui, la scène d’égorgement pis le meurtre à la scie ronde sont sauvages pis troublants. Mais certaines scènes m’ont semblées un peu ratées : la décapitation à travers les barreaux de l’escalier pis le tapage dans la face du tueur à coup de bâton pimpé avec du fil barbelé. Faut dire que j’avais vu I saw the devil la veille, pis qu’on peut pas trouver un meilleur exemple de destruction de visages avec des objets contondants. Le montage joue pour beaucoup : dans le film de Jee-Woon Kim, les meurtres sont filmés en un seul plan – ou presque, tandis que dans le bout du bâton barbelé, le montage est trop rapide. À part ça, le sang gicle en masse dans Haute tension, pis on aime ça.
J’ai vu des gens qui disaient que le film est bon jusqu’au twist final, qui est pas nécessaire, selon eux. J’avoue qu’à première vue, ça peut avoir l’air un peu gratuit pis d’être juste un twist pour être un twist. Ces gens-là disaient que le film est de l’horreur classique, avec du suspense pis du gore. C’est vrai, mais c’était bizarrement vide, avant le twist, qui vient donner beaucoup de profondeur au film.

Analyse

La finale est trop sick : en menaçant Alex avec une scie ronde, Marie y dit « Tu m’aimes pas, hein ? » Alex se met à crier « Si, je t’aime ! Je t’aime » en pleurant. Marie dépose son arme pis embrasse Alex, qui entre un pied de biche dans le torse de son amie. Tout ce qu’elle voulait, Marie, c’était l’amour de son amie. Si on reprend depuis le début : ça commence par quelqu’un, apparemment blessé pis sous le choc, qui répète : « Je laisserai plus personne se mettre entre nous. » Ensuite ça embarque sur les deux filles dans le char. Alex est une belle fille avec les cheveux noirs pis longs. Marie aussi est belle, mais elle a les cheveux super courts avec deux boucles sur l’oreille gauche. D’entrée de jeu, Marie a le physique du stéréotype de la lesbienne. Elle raconte son rêre à Alex : elle courait dans le bois, blessée pis pourchassée par quelqu’un, pis elle pense que c’est elle-même qui se courait après. C’est crissement significatif, parce qu’elle se sauvait d’êlle-même, de son double qui la menaçait. Alex y dit : « tu pourrais pas faire des rêves normaux, comme tout le monde ? » pis Marie répond : « Je veux pas être comme tout le monde. » Un peu plus tard, les deux filles ont une discussion : « – Alex : Tu peux pas agir toujours comme ça avec les mecs. – Marie : J’agis pas toujours comme ça. » On comprend que Marie est un peu étrange pis qu’elle se comporte de façon bizarre avec les gars. Encore plus tard, dans la cuisine, Alex dit :

« – Tu vas finir vieille fille.
– J’ai pas le feu au cul.
– T’as la trouille. »

À ce moment-là, elle sort pour fumer une tope, pis elle voit son amie Alex prendre une douche. Tout de suite après, Marie rentre dans sa chambre pis commence à se masturber. Y a un montage parallèle : on voit Marie qui se touche, le camion du tueur se rapprocher pis le reste de la famille qui dort. Déjà, on associe Marie avec le tueur, qui sont les seuls à être réveillés. En plus, l’apparition du tueur coincide avec l’orgasme de Marie, qui entend le chien japper. Comme si son désir pour son amie était tellement fort qu’y s’est matérialisé. De la fenêtre de sa chambre (au grenier), Marie assiste au meurtre du père pis à l’entrée du tueur dans la maison. Sa chambre au grenier, ça veut dire quelque chose : si, dans les films d’horreur, le sous-sol représente ce qui est irrationel, ou inconscient, le grenier représente la rationalité, la conscience. Facque Marie, dans le grenier, c’est le Surmoi (qui a toujours réprimé ses pulsions homosexuelles) qui s’étonne de voir surgir le Ça, ses pulsions inconscientes qui explosent tout à coup. Elle est confronté à son homosexualité pour la première fois de façon consciente. Elle s’étonne de ses propres actions, comme quand elle voit la mère se faire égorger en la fixant du regard. D’ailleurs, en mourant, la dernière chose que la mère dit, c’est : « Pourquoi ? » Les actions du Ça sont pas rationelles, c’est l’inconscient qui obéit à aucune logique. Le Surmoi a pas réussit à contenir les pulsions du Ça. Elle a peur pis elle est surprise d’elle-même, pis comme dans son rêve, elle se court après. Plus loin, ça devient clair pendant cette magnifique scène-là : les deux filles sont pognées dans le truck du tueur. La toune qui joue c’est : À toutes les filles, de Didier Barbelivien pis Félix Gray. « À toutes les filles que j’ai aimé, avant. » La caméra nous montre, sur le dash, des photos de filles découpées. La thèse de l’homosexualité devient dure à réfuter. À la fin, quand le tueur essaye d’étouffer Marie, y lui dit : « Qu’est-ce que tu lui veux, à Alex ? Elle t’excite ? Moi aussi, elle m’excite ! » on finit par arriver au bout de la scie ronde pis du baiser sur la bouche. À ce moment-là, Alex poignarde Marie avec une arme blanche, symbole phallique par excellente. C’est la défaite de l’homosexualité. Voilà.

Verdict

Recommandé. C’est fucking bon, surtout le jeu des actrices, la trame sonore pis le suspense. C’est vraiment un excellent film, pis je me range aux côtés de tous les autres : Haute Tension, c’est le meilleur de Alex Aja, pis un des meilleurs films d’horreur français.

The roost

mai 7, 2011

Réalisation : Ti West
Scénario : Ti West
Pays : États-Unis
Sortie : 2005

En voyant Cabin fever 2 pis The house of the devil – fucking chef-d’œuvre –, chu devenu un fan de Ti West. Ses dialogues, ses cadrages pis sa direction photos sont excellentes. En attendant la sortie de son prochain film, The Innkeepers, j’ai voulu en voir d’autres de lui, facque j’ai acheté The roost.

Résumé

Alors qu’y sont en route pour le mariage d’un de leurs amis, les 4 protagonistes crissent leur char dans un fossé en prenant un raccourci qui s’éternise. Y sortent du char pour se rendre à la maison la plus proche, où y a personne. Là, le groupe se sépare : deux gars partent trouver du renfort alors qu’un des gars pis la fille restent derrière. Quand les deux explorateurs reviennent avec un policier, y découvrent que leur ami est disparu dans la grange derrière la maison. Le policier se fait tuer par des chauve-souris pis les trois amis restant doivent se cacher. Y cherchent leur autre ami pour crisser le camp au plus vite. Mais y tombent sur les proprios zombifiés de la ferme pis la marde pogne solide.

Critique

C’est le premier film de West – si on compte pas ses films étudiants. Pis ça se voit; c’est low-budget pis les acteurs pis le gore sont pas fameux. Mais on remarque quand même les germes de House of the devil : la plupart des plans sont léchés pis jouent avec les ombres ou utilisent des éclairages colorés – la discussion du début dans le char sous une lumière rouge est vraiment cool.
Les relations entre les personnages sont intéressantes pis complexes mais pas assez développées à mon goût. Même si y sont dans des situations classiques des films de zombies, West réussit à rendre crédibles leurs réactions.
Encore comme dans House of the devil, le rythme est très lent pis on a droit à de longues séquences où on voit les personnages avancer tranquillement dans le noir qui installent beaucoup de tension. Étonnement, le film fait faire des crisses de sauts pas clean.
L’idée que des chauve-souris transforment le monde en zombies me plait, mais c’est pas expliqué – ce qui me dérange pas vraiment – pis un peu maladroit. Les bouts où on voit l’espèce de host du film, en hommage aux vieilles séries horrifiques, sont pas vraiment nécessaires même si c’est un peu drôle, surtout le tout dernier plan.
Même si y faut prendre le film au premier degré, y manquait un petit quelque chose. J’ai pas embarqué vraiment dans l’histoire pis j’avais même hâte que ça finisse.

Verdict

Pas recommandé. Même si y a du bon dans The roost, y reste que c’est un film de débutant, pis que ça se sent. C’est pour ça que je le recommande pas; on fait des sauts mais on entre pas dans l’histoire.

Behind the mask : the rise of Leslie Vernon

mai 3, 2011

Réalisation : Scott Glosserman
Scénario : Scott Glosserman pis David J. Stieve
Pays : États-Unis
Sortie : 2006

Ce film-là a eu des maudites bonnes reviews un peu partout sur le web, pis même que Sinistre Blogzine l’a mis dans son top 10 Found Footage en le décrivant comme un mélange entre C’est arrivé près de chez vous pis Scream, deux excellents films. Comme chu un fan du sous-genre, j’ai décidé de l’écouter.

Résumé

Dans un monde où Jason Vorhees, Freddy Kruger pis Michael Myers ont existé pour vrai, trois étudiants font un documentaire sur un tueur en série qui prépare ses meurtres. Le tueur, Leslie Vernon, va terroriser la petite ville de Glen Echo, qui aurait causé sa mort alors qu’y était enfant. Facque, comme nos slashers préférés, Leslie a une légende rattachée à lui, une maison où des ados vont fêter à chaque année le jour de sa mort, un masque, une arme de prédilection, un psychologue qui cherche à l’arrêter pis toute. Y explique à Taylor, la journaliste amateure, comment y compte faire sa job pis pourquoi y la fait. Y nous fait rencontrer un ancien slasher à la retraite, qui explique comment des gars comme Freddy pis Jason on révolutionné la façon de faire des meurtres en série. C’est comme une visite guidée de tout ce qu’on voit pas dans les films de slashers : le tueur choisir son target group, courir en malade quand on le voit pas pour avoir l’air de toujours marcher pis trafiquer les lumières de la maison pour pouvoir faker une panne de courant. Y explique tout ça à l’équipe de tournage qui, le soir du massacre, décide de pas le laisser faire pis qui se retrouve du mauvais côté du masque.

Critique

L’idée de base ressemble énormément à C’est arrivé près de chez vous : un documentaire sur un tueur en série pis l’équipe de tournage qui devient impliquée dans les meurtres. Le film souffre de cette comparaison-là : si, mettons, C’est arrivé près de chez vous c’est la Nintendo Wii, ben Behind the mask, c’est la Kinect de Sony. C’est un genre de rip-off mais avec une bonne idée en plus. Dans ce cas-ci, la bonne idée, c’est de faire du tueur un genre de meurtrier d’outre-tombe – supernatural slasher – comme dans les classiques Halloween pis Vendredi 13 pis A nightmare on Elm street. L’affaire, c’est que le tueur est pas surnaturel pantoute; c’est juste un gars qui fait croire des affaires avec des mises en scènes pis un peu d’anticipation, comme tous les autres, d’ailleurs. Leslie nous emmène dans les coulisses du slashers alors que Scream était resté dans la salle de spectacle. L’auto-dérision, à mon sens, est aussi réussie que dans Scream. C’est super drôle tout le long, avec l’espère d’historique du tuage en série que l’ami de Leslie nous explique, la scène classique du visionnement de vieux journaux en microfilms à la bibliothèque de l’école pis toute.
J’ai particulièrement aimé toute l’histoire de la symbolique qui entoure les slashers : le placard qui est un endroit sacré pis qui représente l’utérus, donc l’innocence; la course à travers un décor menaçant qui représente la naissance; la final girl qui s’équipe d’une arme phallique – hache, bâton de baseball, etc – pour décâlisser le tueur, c’est qu’elle perd son innocence (« She’s empowering herself with cock. », d’après Leslie). C’est super intéressant. Ce qui fait que la première heure du film est crissement divertissante pis que j’ai vraiment été accroché, malgré la ressemblance avec C’est arrivé près de chez vous. Mais au trois quarts du film, ça change : sans trop qu’on sache pourquoi (elle l’a aidé tout le long), Taylor décide d’empêcher les meurtres en allant avertir le target group, qui fête dans l’ancienne maison de Leslie. À ce moment-là, y droppent leurs caméras pis ça devient un film normal, en ocularisation externe. J’ai trouvé ça maladroit.
C’est pas la seule incohérence : quand Taylor apprend que Leslie est pas vraiment le petit gars de la légende, elle est trop pissed pis toute. Mais au fond, ça change quoi ? Rien, y fallait juste mettre un peu de chicane pour la courbe dramatique du film. Autre bizarrerie/défaut : le doc Halloran (en référence au Shining de King ?). On sait pas trop c’est qui, ni y sort d’où, ni pourquoi y sait où Leslie est pis ce qu’y prépare. On sait pas non plus ce qu’y fait dans le film, le doc (à part ploguer Robert Englund) sert strictement à rien. Oui, c’est des jokes de doc Loomis, mais ça reste trop en surface pour que ça devienne intéressant.
Mais le plus gros défaut de Behind the mask, c’est son échec à utiliser la caméra subjective. L’image est tout le temps trop claire, les interactions entres les membres de l’équipe de tournage sont pas crédibles pis la fille qui joue Taylor se force beaucoup trop pour avoir l’air de pas de forcer; ce qui fait qu’on y croit pas tant, à leur histoire de faux/vrai footage. C’est raté de ce côté-là. Par contre, le personnage de Leslie est fucking bon pis y sort des stéréotypes de tueurs en série sociopathes pis silencieux ou super trop intelligents pis volubiles. Leslie est un gars normal, qui fait des jokes pis toute, pis que j’ai trouvé désagréable en quelques occasions. Nathan Baesel nous fait croire à son rôle, même qu’à la fin j’aurais voulu qu’y tue tout le monde, incluant Taylor, qui me tapait un peu sur les nerfs. Mais bon.

Analyse

Le film nous emmène dans la production d’un film d’horreur : on voit comment les tueurs dans les films utilisent des trucages pour faire peur aux personnages – pis aux spectateurs. Mais rendu au tier, le film se transforme en vrai film d’horreur. À ce moment-là, Leslie nous a déjà décrit tout ce qui allait se passer, facque on regarde le monde aller avec un horizon d’attentes, comme on écoute un nouveau film d’horreur qui a pas l’air ben original. On s’attend à certaines choses. Sauf que finalement, c’est pas ce qui est supposé arrivé qui arrive, pis on est surpris – plus ou moins, le twist est prévisible, mais bon. L’important, c’est qu’on s’attend à dequoi qui arrive pas. Ça nous ramène au cinéma de genre : des personnages clichés, une structure dramatique toujours semblables, pis toute. Mais un bon film, c’est un film qui évite les clichés, ou qui les utilise autrement.
Y a aussi un métadiscours sur le genre du slasher : en voyant le film, on se dit « Bon, tout ça c’est framé, ça fait pu peur ». Sauf que finalement, à la fin, c’est parce que tout est framé qu’on a peur : on se dit « Fuck, le gars est beaucoup trop ben préparé pis pas moi. » Comme Scream, le film déconstruit le slashers mais réussit à les rendre épeurant pareil. Le début montre comment ça marche, la fin montre que, effectivement, ça marche.
On dit souvent que les films d’horreurs sont des manifestations des peurs pis des obsessions communes à une société. Donc, c’est comme une façon de passer nos pulsions fucked up, de les laisser sortir un peu pour pas qu’y nous pètent dans la face un jour à force d’être trop réprimées. Robert Pickton, au lieu de réaliser des films d’horreur, a tué un nombre incroyable de putes. C’est pas vraiment ça, mais vous me suivez, right ? Dans Behind the mask, Eugene dit : « Every culture, every civilisation, since the dawn of man, has had it’s monsters. For the good to be pitied against the evil, you have to have evil, don’t you ? » ça veut dire que les tueurs font ça pour rétablir un espève d’équilibre dans la société. Maintenant qu’on a pu peur de rien – Ben Laden vient de mourir, tsé – faut ben que quelqu’un reprennent le flambeau en créant des légendes qui font peur au monde. Dans le film, Leslie a un peu la même fonction que le film d’horreur dans la société. On peu aussi le comparer au « destin » : ses victimes le savent pas, mais y a tout prévu pis tout arranger pour que, peu importe, y finissent par faire ce que lui y veut qu’y fassent. Les victimes pensent tout faire pour s’échapper mais y se pitche dans la gueule du loup. On nait tous avec un « destin », même si j’aime pas le mot. On a des déterminations sociales, familiales, psychologiques, génétiques, whatever, qui font qu’on est portés à faire telle affaire au lieu de telle autre. Sauf qu’on peut sortir de ce « destin »-là : on devient une final girl pis on s’en sort, après avoir, comme elle, décidé de se battre.

Verdict

Recommandé. Faut connaitre un peu les slashers pour apprécier le film. Mais ça vaut la peine en crisse, malgré ses quelques défauts. Ça fait rire pis c’est le fun.

Nekromantik

avril 22, 2011

Réalisation : Jörg Buttgereit
Scénario : Jörg Buttgereit pis Franz Rodenkirchen
Pays : Allemagne
Sortie : 1987

Après avoir vu tout plein de monde qui parlent de Nekromantik comme étant un film culte, je me suis dit qu’y faudrait que je le regarde, surtout que c’était censé être un film horrible qui repousse les limites du dégueu – avec un titre demême, tsé. Toujours friand de tester mes limites, je me suis risqué.

Résumé

C’est l’histoire de Robert, un dude qui travaille pour Joe’s Cleaning Agency, une compagnie qui ramasse les cadavres qui traînent un peu n’importe où. Y profite de sa job au max, en ramenant chez eux des bouts de cadavres qu’y conserve dans du formol. Tout ça pour le plus grand plaisir de sa blonde. À un moment donné, y ramène un cadavre complet pis, avec sa blonde, y font un threesome. L’affaire, c’est que le cadavre est vraiment pas tant frais, même plutôt décomposé. Mais c’est pas ça qui va les arrêter. Mais Robert perd sa job parce qu’y est toujours en retard pis qu’y travaille mal. Sa blonde pète une coche pis y reproche de jamais être capable de s’affirmer; elle décâlisse pis emmène le cadavre avec elle. Robert tombe en peine d’amour pis décide de tuer son chat pis de l’éviscérer. Après une tentative de suicide, y s’adonne au meurtre pis à la nécrophilie – encore – avant de réussir son suicide.

Critique

C’est vraiment bizarre : Nekromantik est le fim le plus inégal que j’ai jamais vu. La qualité des scènes oscille entre médiocrité pis génialité, tout comme la musique. C’est sûr que le budget de marde aide pas, mais quand même, ça explique pas la scène complètement random du meurtre du gars qui cueille des pommes par un genre de redneck qui shoote des oiseaux sur son patio. Par contre, ça explique peut-être que le film a juste une trame de son, ce qui fait que quand y a de la musique, on entend rien d’autre. On pourrait comparer le grain de la caméra à Texas Chainsaw Massacre, qui donne une espèce de saleté au film, mais chu pas trop sûr. Ce qui est certain, c’est que par bouttes la musique est terriblement à chier, surtout dans la scène des pommes. Du genre de clavier/synthé/orgue qu’on arrive pas à comprendre comment quelqu’un a pu penser à ça. D’un autre côté, le thème principal fait un peut penser à celui de Cannibal Holocaust (qui est excellent) à cause de son côté super doux qui contraste avec les images qu’on nous présente. Le manque de budget justifie aussi le jeu des acteurs, qui est pas particulièrement convainquant. Fait bizarre : l’actrice qui joue la blonde de Robert a aussi joué dans le classique Wings of desire de Wim Wenders. Ça me dépasse. Sauf que certaines scènes sont super bien tournées, filmées pis montées : la scène du threesome nécrophile, le bout dans le cinéma, la scène du rêve pis la terrible scène finale, en montage alterné entre Robert qui éjacule en se poignardant pis la scène – en rewind – du lièvre qui se fait tuer pis vider.
Officiellement, oui, c’est aussi horrible qu’on le dit. Y a du footage de vrai tuage d’animal – pauvre lapin – à la Cannibal Holocaust, encore. La scène du threesome met infiniment mal à l’aise, à cause de la musique, entre autres, pis aussi vu que c’est fait avec tendresse, avec des gros frenchs de cadavre pis toute. Y a aussi l’accident de voiture du début pis la scène finale, qui est tellement grotesque que j’y crois toujours pas. Du sperme pis du sang en même temps, pis qui giclent du même homme, ça a quelque chose de déroutant.
Bizarrement, la scène de la chicane de couple est réaliste pis intéressante d’u point de vue psychologique. Ça nous permet de mieux comprendre le comportement de Robert.
Facque ça ressemble pas mal à A serbian film, d’une certaine façon – sexualité super déviante – mais en mieux. Ce qui manque à A serbian film, c’est la profondeur de Nekromantik, qui s’appuit sur une démarche créatrice pis une réflexion sérieuse.

Analyse

En le réécoutant une deuxième fois, j’ai remarqué que tout le long, la nécrophilie est pas montrée comme écoeurante, pis c’est ça qui rend ça si pire. La musique est toute douce pis pendant le film d’horreur au cinéma, quand le tueur viole la fille, le monde dans la salle s’embrasse pis a l’air turned on. Mais d’après moi, la scène la plus importante c’est quand y se caresse avec les organes du chat après que Betty l’ait quitté. Y peut juste trouver de la tendresse à travers les choses mortes, parce que les êtres humains lui en donnent pas. Ses boss le trouvent poches, y se fait écoeurer au cinéma, la pute rit de lui quand y bande mou pis sa blonde reste avec lui juste parce qu’y a accès à des cadavres; autrement, elle l’aime pas particulièrement. Y a aussi l’image du lièvre qui se fait dépecer. Ça ressemble à un flashback mais on sait pas trop à part qu’y a un zoom sur les yeux de Robert juste avant. On peut imaginer qu’y a vu ça dans sa jeunesse, mettons. Juste avant cette scène-là, y a un docteur à la télé qui parle de la peur pis des moyens de guérir les phobies. Y dit que ça se guérit par exposition, en confrontant la personne à sa peur, pis y parle aussi qu’on peut s’habituer à tout. Ben Robert, y ramasse des cadavres, c’est ça job. C’est normal que ça le dégoûte pas autant. Mais aussi : Robert est passif dans ses relations avec les autres pis sa vie en général : y se fait renvoyer sans poser de questions. C’est comme si y s’était contrôlé toute sa vie pis que ça se relâchait dans la nécrophilie, la seule chose qui lui procure de l’amour. Ce qui explique un peu la scène finale. Si personne sauf les morts veulent y donner de l’amour, ben en se tuant, c’est comme si y se crossait mais en plus exagéré. Pour la première fois, y prend sa vie en main – pour se l’enlever. Pis en faisant ça, c’est comme si y retrouvait la paix ou ché pas; mais le lièvre qui se fait dépecer joue à l’envers pendant la scène, facque de mort, y revient à la vie. C’est comme si Robert réparait sa déviance. Juste avant de mourir, y cloue un Jésus sur une croix, pis la statue saigne des mains. Robert se considère peut-être comme un martyr. Anyway, c’est certain qu’y était content de se tuer comme on peut le voir dans la scène où y gambade dans un champ en riant.

Verdict

Recommandé, pour les curieux. Parce que certains bouts sont un peu longs pis plates, pis aussi parce que c’est fucked up en crisse, pis que ça plaira pas à tout le monde. Tsé, l’écoute est vraiment pas si agréable même si c’est intéressant.

Sous-humain (Subhuman)

mars 15, 2011

Réalisation : Mark Tuit
Scénario : Mark Tuit
Pays : Canada
Sortie : 2004

J’ai eu ce film-là en cadeau. Un maudit beau cadeau. Juste à voir la pochette, on sait que ça va être un navet olympique. Juste pour dire, le seul trailer sur Youtube est en allemand.

Résumé

Un couple en auto, Ben pi Julie, frappe Martin, un gars fucké, Martin, qui leur dit de pas l’emmener à l’hôpital. Vu que Martin s’éternise au toilettes, Ben va voir pi le trouve avec une aiguille plantée dans le bras. En reprenant connaissance, Martin cale une couple de shots de Jack Daniel’s pi y demande à Ben d’aller y acheter de la dope, pi à Julie d’aller chercher des pills à la pharmacie. Y commencent à regretter un peu d’avoir amené cet hostie de fucké-là chez eux. Surtout que Martin se met à leur raconter des conneries à propos de vampires-parasites qui sont undercover partout dans le monde pi qui menacent la race humaine. Maintenant que Ben pi Julie s’en sont mêlé – Martin est un tueur de vampires, eux aussi y sont dans la marde. En revenant de la pharmacie, Julie se fait suivre par un vampire, mais Martin règle le problème en le décapitant. Y explique ensuite à Ben pi Julie qu’y va falloir qu’y se battent pour leur vie maintenant qu’y connaissent l’existence des vampires. Sauf que Julie se fait infecter.

Critique

C’est un vrai de vrai nanar. C’est pourri du début à la fin, pi dans tous les aspects, des dialogues au montage, en passant par les effets spéciaux pi le cadrage. Mais c’est tellement drôle.
J’ai vraiment trouvé étrange de voir sur Imdb des critiques positives de Subhuman. La plupart disent que l’histoire est originale pi que le manque de budget empêche le film d’être vraiment bon. Fuck off. C’est pas juste un manque de budget qui rend le film ridicule, parce qu’un manque de budget excuse pas un scénario sans queue ni tête, ni des dialogues tellement ridicules qu’on se demande si c’est fait exprès, mais ça l’est pas. Le montage est vraiment tout croche, sans aucune réflexion; c’est des bouts de film raccordés ensemble, sans plus. Certaines critiques disent que les dialogues sont bons mais mal rendus par les acteurs amateurs. C’est vrai que les acteurs sont pourris, mais tout à fait faux que les dialogues sont bons. Le personnage principal, Martin, empile les proverbes comme pour prouver que le personnage est intelligent pi très sage malgré son apparente folie. Même qu’à un moment donné, en parlant philosophie avec le soulon du bar du quartier (le gars nomme Platon pi Socrate, that’s it, juste du namedropping), Martin répond : « Tout ce qui précède le XXIe siècle, c’est de la merde. » On dirait vraiment que Mark Tuit voulait faire un personnage de gars trop tough à la Machete, mais c’est raté parce que c’est juste des clichés :

« – Qu’est-ce que je t’apporte à boire ?
– La même chose que lui.
– C’est pas pour tout le monde. Ça décaperait la peinture du comptoir.
– Alors, donne-moi en un double. »

Dans ce genre là, toute le long. Sans oublier que Martin cale une couple de shooters par scène. Pi quand Martin explique sa situation à Ben pi Julie, la scène dure au moins 10 minutes, pi ça tourne en rond en tabarnaque. Martin reste trop vague – c’est normal, quand le scénariste veut faire planer le mystère – mais ça s’éternise en crisse. Martin se fâche après le couple parce qu’y comprennent pas mais y est vraiment pas clair dans ses explications. Pi une fois qu’on a compris, ça a pas plus de sens. Si y a des vampires partout dans le monde, pi qu’y sont si dangereux, pourquoi on est en danger juste si on connait leur existence ? Pi pourquoi l’héroïne peut aider à passer au travers d’une vie de chasse au vampire ? C’est quoi la patente que les infectés ont dans leur trachée ?
Vers la fin du film, Martin laisse le couple avec un vampire attaché devant eux. Y leur donne une heure pour le tuer – c’est leur initiation. Facque y va au bar parler avec le dude de tantôt. Y revient à l’appart, mais Julie s’est fait infecter. Y dit à Ben qu’y y donne une heure pour la tuer. Facque y retourne au bar. Pi y revient à l’appart. Ainsi de suite, genre quatre fois. Ça a juste pas de bon sens.
Pi les acteurs, sérieux, j’en revenais pas. Ben, qui est le personnage principal – avec Martin, est le pire acteur au monde, pi même dans l’univers. Même moi j’aurais été meilleur, pi c’est pas une figure de style : j’aurais été meilleur. Pi pourtant chu à chier. Tout le long y joue sa face de surprise pi ses intonations, du moins dans la traduction française, sont tellement ratées qu’on y croit pas.
C’est pas tout, mais j’ai pas envie de m’éterniser là-dessus, encore moins de trouver un deuxième degré.

Verdict

Recommandé, vivement, mais juste pour les nanarophiles. Du calibre de Troll 2, voire pire. Dans le genre film pas bon qui s’avère être un excellent divertissement, on fait pas mieux.

Color me blood red

mars 7, 2011

Réalisation : Herschell Gordon Lewis
Scénario : Herschell Gordon Lewis
Pays : États-Unis
Sortie : 1965

C’est le troisième volet de la Blood Trilogy, qui commence avec Blood Feast pi Two thousand maniacs! Mais Color me blood red est pas aussi connu que les deux premiers. Ce qui est sûr, c’est que le cover était alléchant.

Résumé

C’est l’histoire de Adam Sorg, un peintre fucked-up pi imbu de lui-même qui réussit pas à trouver les bonnes teintes de rouge pour ses tableaux. À un moment donné, sa blonde se coupe sur le clou d’un cadre pi essuie sa main sur une toile. Adam trouve le sang pi a une révélation : c’est la teinte qu’y cherchait. Facque y demande à sa blonde d’y donner un peu de sang. Mais elle trippe pas pi y dit d’utiliser le sien. Ce que Adam fait sans hésiter. Mais quand y réalise qu’y a besoin d’une grande quantité de sang, y hésite pas à tuer sa blonde pi à peindre directement avec son cadavre comme pinceau. La toile est un succès, mais le monde de la galerie y demandent de prouver qu’y peut en faire une autre aussi réussie. Facque Adam tue deux baigneurs (y habite à côté de la plage) qui avaient emprunté ses watercycles, des genres de pédalos/vélos. Anyway : y fait sa toile, que des marchants d’art veulent acheter. Mais y sont pas à vendre, pi Adam se fâche. Quand une gang de jeunes adultes viennent se baigner sur la plage, y demande à une des filles de venir poser pour lui. Pendant qu’elle va chez lui, ses amis trouvent un cadavres enterré dans le sable. Y se pointent chez Adam pi sauvent leur amie. Voilà.

Critique

Color me blood red m’a procuré beaucoup de plaisir, mais un plaisir qui s’apparente à Troll 2. Les acteurs pi les dialogues sont tellement mauvais que c’en est drôle. Pi y a des affaires qui ont juste aucun sens, genre la gang de jeunes adultes qui s’amusent à la plage comme des enfants, en s’arrosant pi en criant de plaisir. Ou ben en utilisant les watercycles qui vont à 10 km/h pi qui sont complètement ridicules. Y a aussi des personnages bizarres, comme l’autre peintre crissement stéréotypé pi le couple qui s’habillent pareil pi qui arrêtent pas de danser pi de se donner des petits becs secs. Le linge des acteurs, que ce soit les maillots de bain, les petites shorts ou les cheveux, est toujours tellement laite que ça fait décrocher. Sans parler des peintures qui sont supposées être super excellentes alors qu’elles sont juste ridicules.
Y a vraiment quelques scènes d’anthologie dans Color me blood red, qui sont comparables au « Oh my goooooood ! » pi « Nilbog ! It’s goblin spelled backwards » de Troll 2. Par exemple, la scène avec le bateau à moteur, quand le peintre charge les watercycles avec un harpon comme une chevalier charge avec une lance. Ou quand le couple weird sont autour d’un feu de camp pi qu’y mangent la guimauve au bout du baton de l’autre en criant « Aim ! ». Ou quand le gars trouve le cadavre enterré dans le sable pi que la première chose qu’y dit c’est « Holy Bananas ! ». J’oublierai jamais ça.
Malgré tout, certaines scènes sont quand même écoeurantes, même si y a juste trois meurtres (dont un qu’on voit pas) dans tout le film. Personnellement, quand je vois le gars de couper un doigt avec une lame de rasoire pi ensuite frotter son doigt contre la toile pour peindre, ça m’écoeure. Pi quand Adam remplit son pot de couleur en squeezant les intestins de la fille éventrée pi attachée en croix.

Un petit mot pour dire que les commentaires du réalisateur pi du producteur sont quand même intéressants parce qu’y sont très au courant que leur film est pas très bon. Y sont capables de porter un regard critique sur leur propre film pi d’en rire, ce qui les rend crissement sympathiques.

Analyse

Le spectateur attentif va remarquer que la couleur rouge est présente dans tous les plans, ou presque, que ce soit le chandail de la blonde de Adam, le tapis dans la salle d’exposition ou les flotteurs des watercycles. À part être récurrent, ça veut pas dire grand-chose, ça.
Ce qui est intéressant, c’est le parallèle avec le cinéma gore, qui était à l’époque encore à ses début, j’oserais même dire à ses balbutiements. Adam fait de l’art avec du sang. Le gore fait de l’art avec du sang, oui, mais avec du faux sang. C’est la différence entre le gore pi le snuff. Je comprend vraiment pas les gens qui pensent que vu que j’aime le cinéma gore, j’aime aussi regarder des journalistes américains se faire décapiter en Irak. Pas pantoute. Y me semble qu’y a une différence, non ? C’est cette différence-là que le film expose. C’est un plaidoyer pour le gore qui affirme sa propre fausseté pi son côté mimétique pour répondre aux détracteurs du genre, qui l’attaquent à grands coups de moralité aveugle.

Verdict

Recommandé, mais juste pour ceux qui aiment rire d’un film pas vraiment bon. C’est pas pour rien que Color me blood red est pas aussi connu que Bloodfeast. Un joint peut grandement augmenter le plaisir de visionner ce film-là.

Let the right one in (Låt den rätte komma in)

mars 5, 2011

Réalisation : Tomas Alfredson
Scénario : John Ajvide Lindqvist, d’après son propre roman
Pays : Suède
Sortie : 2008

Je pense pas que ce film-là ait besoin d’être présenté, après l’enthousiasme qu’y suscite dans le milieu de l’horreur depuis sa sortie en 2008. Je m’en rappelle, y a trois ans, je me demandais quand y allait sortir au Québec. Pi quand je l’ai vu au Vidéotron, je l’ai loué tout de suite. Anyway, j’avais gardé un bon souvenir, pi je l’ai regardé récemment parce qu’y passait à ArtTv – en français, facque ça s’appelle Morse, ce qui est quand même mieux que Laisse la bonne personne entrer.

Résumé

C’est l’histoire de Oscar, un petit gars bizarre pi persécuté à l’école. Y trippe sur les couteaux pi quand y est tout seul y s’imagine en train de poignarder du monde. Y remarque un vieux monsieur pi une petite fille étrange, Eli, qui viennent de déménager dans l’appart d’à côté de chez eux. Y la croise dans le jeu de la cour de son appart pi y devient ami avec elle. Elle dit à Oscar de pas se laisser faire pi de se défendre quand y se fait écoeurer. Sauf que Eli, c’est un vampire. Quand le monsieur qui est avec elle réussit pas à ramener du sang, elle doit aller s’en trouver elle-même. Les meurtres s’empilent pi les bullys de Oscar décident de se venger sur lui après qu’y les ait frappé.

Critique

Crisse que c’est bon, sérieux.
Visuellement, c’est parfait. Tous les plans sont cools, surtout celui avec le caniche. C’est souvent des plans fixes, parfois un peu croches pi toujours crissement ben équilibrés. Vu que ça se passe en hiver, pi surtout la nuit, le film est sombre, presque en noir et blanc. Y a du rouge presque dans chaque scène, ce qui donne un effet pi une cohérence interne un peu à la Don’t look now.
L’autre affaire sick, c’est les dialogues. Jamais quétenne genre Twilight; c’est crissement beau pi triste pi émouvant, sans tomber dans l’évidence ou le gros pathos sale. À la deuxième écoute, on est vraiment tristes pour le vieux monsieur vu qu’on sait ce qui va y arriver. La scène la plus belle, c’est quand Oscar avertit Eli que le gars est à veille de la tuer pi que elle le tue. Après, alors qu’elle est pleine de sang, elle va serrer Oscar dans ses bras en y disant Merci. C’est tout, mais c’est beau.
Les deux enfants acteurs font une job incroyable. Quand on pense que des acteurs riches comme J-Lo sont même pas capables de jouer comme eux. Kåre Hedebrand personnifie vraiment ben le personnage bizarre de Oscar, pi on sent toute la mélancolie de Eli dans la performance de Lina Leandersson.
Même si, overall, Let the right one in tient plus du drame que du film d’horreur, y a quand même quelques éléments gore : la scène au tout début où le gars égorge sa victime pour récolter le sang, ou ben l’acide dans la face. Même si c’est pas du gore comme dans Kill Bill ou Thirst, c’est quand même écoeurant, surtout à cause du son. On entend comme la succion pi on sent l’épaisseur du sang qui tombe dans le fond du contenant de plastique. À part ça; la scène des chats est efficace même si elle frôle le ridicule, pi la vampire qui pogne en feu, ça, c’est crissement réussi.
Le rythme est lent pi reflète bien l’espèce d’ennui de Oscar, tout comme la vie interminable de Eli. Le décor enneigé ajoute aussi à l’effet d’immobilisme qui donne un effet poétique au film. La fin est pas vraiment originale, mais, personnellement, j’étais content que ça finisse demême pour Oscar pi Eli. C’est rare qu’un film me fait carer comme ça pour ses personnages.

Analyse

Après la réécoute, j’ai remarqué quelques affaires, mais sans en tirer des conclusions satisfaisantes.

D’abord : pendant tout le film, la couleur rouge représente Eli par métonymie. Par exemple, quand Oscar frappe le petit gars avec la perche rouge (c’est Eli qui lui avait dit de le frapper). C’est aussi la même perche qui a servit au vieux monsieur pour faire caler le corps dans l’étang. D’ailleurs, Oscar frappe le petit gars au même moment où les enfants trouvent le corps gelé dans la glace. On peut aussi penser au chandail rouge que Oscar porte quand y va chez son père; l’ami de son père interromp leur game de tic-tac-toe pour boire du fort. Pendant que Oscar est délaissé par son père, y porte un chandail rouge qui évoque Eli pi le confort qu’elle lui procure.

Ensuite : Au début, Eli est persécuté par d’autres élèves pi y se défend pas. Sauf que quand y est tout seul, y rêve à tuer quelqu’un avec son couteau (« Crie! Crie! », chose que lui rappelle Eli quand y lui reproche de tuer du monde). On peut voir le couteau comme un symbole phallique; Oscar aspire à la virilité mais l’atteint pas. Pour ça,y va falloir que Eli y dise de répliquer. C’est elle qui lui redonne un peu de courage, de virilité. Peut-être aussi qu’elle lui redonne le côté sauvage qui est présent dans tout le monde, surtout les vampires.

Enfin : Malgré l’âge avancé pi la maturité de Eli, ses rapports avec Oscar passent par le Jeu, en tout cas y me semble. Au début, quand Oscar demande à Eli, qui est debout sur un espèce de structure métallique de parc pour enfants, si elle vit ici, elle répond « Je suis là, perché sur ce truc. » C’est là qu’y vont se rencontrer après ça, pi c’est là que Oscar montre à Eli comme ça marche un Cube Rubik. Y a aussi le morse, qui est une façon de communiquer, mais aussi une sorte de jeu pour les enfants. Le morse vient donc montrer que la communication entre Eli pi Oscar passe par le jeu, qui leur permet de tisser des liens. On voit ça aussi quand, après que son père ait arrêté de jouer au tic-tac-toe, Oscar s’en va en faisant du pouce. Sans le jeu, y a pu d’interractions possibles.

Si vous avez vu autre chose, envoyez. Ça va me faire plaisir de discuter de tout ça.

Verdict

Recommandé, mille fois. C’est rare qu’un film laisse une impression comme ça. C’est visuellement magnifique, les dialogues sont touchants pi les personnages attachants. C’est du crisse de bon cinéma. Un de mes meilleurs films d’horreur, à placer à côté du Shining de Kubrick pi du Nosferatu de Herzog.

Marebito

mars 2, 2011

Réalisation : Takashi Shimizu
Scénario : Chiaki Konaka, d’après son propre roman
Pays : Japon
Sortie : 2004

De Shimizu, j’avais déjà vu le paspire Ju-On pi le très poche Reincarnation. J’ai acheté Marebito parce que ça avait l’air fucké, tout en espérant que ce serait pas un autre film de fantôme de petite fille.

Résumé

C’est l’histoire de Masuoka, un caméraman amateur qui vit par l’entremise de sa caméra, qui, après avoir filmé le suicide d’un homme bizarre dans le métro, se donne pour but de filmer l’origine de la peur ultime, qu’y avait entrevue dans les yeux du suicidé, Kuroki. Pour trouver la vraie peur, y retourne dans le métro pour essayer de retrouver ce que Kuroki avait vu juste avant de se tuer. Y fint par se retrouver dans un réseau de tunnels qui s’étend sous Tokyo. Là, y rencontre le fantôme de Kuroki, qui l’informe à propos de la terre creuse, des tunnels qui relient toute la planète pi des Devos, des créatures robotiques aveugles, vestiges d’une civilisation plus avancée mais disparue. Pis, comme ça, au milieu des tunnels, Masuoka trouve une jeune fille enchaînée. Y décide de l’emmener chez lui pour s’occuper d’elle. Mais elle refuse de manger pi y réalise qu’elle se nourrit de sang. Facque Masuoka se met à tuer du monde pour la nourrir, pour finir par y donner son propre sang.

Critique

Étonnement, pi agréablement, Marebito ressemble pas pantoute à Ju-On ou Reincarnation. En fait, ça tient autant du film d’horreur que du film expérimental. L’intrigue est linéaire mais tellement weird qu’on a vraiment l’impression qu’un sens nous échappe. Presque toute l’action est à prendre au deuxième degré. Même si y a pas vraiment de suspense, on sait jamais ce qui va arriver, facque ça revient au même. Y a pas beaucoup de dialogues, pi presque juste de la narration. Masuoki exprime ses pensées tout le long, ce qui donne un ton étrange au film.
Y a pas beaucoup d’action pi le rythme est assez lent. Mais on apprécie crissement l’atmosphère toujours bizarre pi malaisante. On est vraiment loin de l’esthétique léchée qu’on trouve en général dans les films asiatiques genre Audition ou Thirst. Dans Marebito, c’est souvent une caméra à l’épaule qui shake, ou ben la caméra de Masuoki qui filme en numérique. Ça donne des images sombres pi pas claires pantoute.
Les personnages ont presque pas d’interractions, pi leur jeu est assez secondaire, mettons. Mais le gars principal joue assez ben pour pas que ça nous dérange. La fille est vraiment bonne pour se déplacer comme un animal.
Même si certains vont y reprocher son scénario assez maigre pi pas clair, je dois avouer que Marebito offre une grande richesse herméneutique, caractéristique d’un bon film.

Analyse

Pour être franc, j’avais peur de me rendre au boutte où y faut que je trouve un sens à ce film-là. Mais la deuxième écoute est plus gentille que la première : la première fois que je l’ai vu, je voyais des symboles pi des métaphores, mais j’arrivais pas à les faire fitter dans un tout cohérent. Je pense qu’on peut faire plein d’interprétations de Marebito, mais je me lance : je pense qu’y a juste un personnage, pi c’est Masuoki. Tout le film, c’est une genre de plongée dans la tête de Masuoki, qui dérape après avoir vu que Kuroki l’avait regardé juste avant de se suicider. Pour trouver l’origine de la peur, y arrête de prendre ses anti-dépresseurs pi y se lance dans une genre d’introspection représentée à l’écran par la descente dans les tunnels. Dans les tréfonds de son inconscient, y trouve la fille sauvage qu’y nomme F, pi qu’on peut envisager comme la partie pulsionnelle de son être : elle parle pas pi boit juste du sang, ça ressemble peut-être aux pulsions de mort, mais je veux pas m’avancer trop dans le freudisme. Faut pas oublier non plus que le vampirisme, c’est le désir de l’autre, de se l’approprier. Anyway : pour la nourrir, Masuoka doit retrouver le sauvage en lui pi commettre des meurtres. Si y veut que F survive, y doit y donner son sang, donc, éventuellement, mourir. C’est le côté dyonisiaque qui se nourrit de l’apolinien, la pulsion qui bouffe la raison, la nature qui l’emporte sur la civilisation. Mais F finit par détruire le matériel vidéo de Masuoki, la seule chose qui le liait au monde réel. C’est juste à travers sa caméra qu’y gardait contact avec la réalité. Y a essayé d’apprivoiser quelque chose qui peut pas être apprivoisé. À la fin, quand y rencontre Kuroki une deuxième fois, y se fait dire qu’on vient tous « des profondeurs de l’océan ». À la base, on est tous des animaux. Y dit aussi que la sagesse ancienne est à l’origine de la peur, pi que c’est enfoui dans notre inconscient. La sagesse ancienne : l’instinct, l’animalité, représentée par les Deros pi par F. À la toute fin, Masuoki se coupe la bouche pi embrasse F, qui le draine de son sang. Ensuite, elle l’amène dans les souterrains, où Masuoki meurt en voyant enfin l’origine de la peur : F qui le filme avec sa propre caméra.
Le film prend la forme d’une longue descente dans l’inconscient de Masuoki, qui termine sur la conclusion que la source de la plus grande peur se situe au fond de nous : c’est la peur de nos pulsions, la peur du potentiel négatif pi destructeur qui peut ressortir n’importe quand.

Verdict

Recommandé à tous ceux qui veulent vivre une expérience étrange pi weird. C’est pas un film accessible à tout le monde, pi ceux qui cherchent un film d’horreur qui fait des sauts pi toute vont être déçus. C’est original, creepy pi excellent.

Shutter

mars 1, 2011

Réalisation : Banjong Pisanthanakun pi Parkpoom Wongpoom
Scénario : Banjong Pisanthanakun, Parkpoom Wongpoom pi Sopon Sukdapisit
Pays : Thaïlande
Sortie : 2004

Je dois avouer que j’ai été surpris de voir que la Thaïlande, pays où un film de propagande pour le roi précède chaque visionnement, a produit un film qui a une bonne réputation dans le cinéma d’horreur mondial. Disons que les thaïs sont plus réputés pour leurs massages que pour leur industrie culturelle. Mais bon.

Résumé

Facque c’est l’histoire de Jun pi Jane, un jeune couple d’étudiants qui habitent à Bangkok, qui frappent une femme en revenant d’un party. Y chokent pi y décident de se pousser. Sauf que, sur les photos de graduation prises par Jun, y a des affaires bizarres qui ressemblent à des faces qui fixent Jane. Y commencent aussi à faire des rêves bizarres. Les amis de Jun commencent à mourir un après l’autre, tous des suicides. Y pensent que c’est la fille qu’y ont frappé qui se venge mais y finissent par découvrir qu’aucun accident a déclaré cette nuit-là. C’est là que Jun avoue à Jane qu’y pense que la fille, c’est son ex, Natre. Elle se faisait écoeurer à l’école – par les amis de Jun, entre autres – pi Jun est devenu son ami par pitié. Elle l’aimait crissement gros pi y lui a brisé le cœur. Ensuite, ses amis sont allé faire dequoi de pas nice qui a forcé Natre à quitter Bangkok. Facque Jun pi Jane vont voir la mère de Natre, qui leur apprend qu’elle s’est suicidée. Le gars feel cheap en crisse. Y pensent régler le problème en donnant des funérailles qui ont de l’allure à Natre, dont le corps était gardé secrètement dans sa chmabre par sa mère. Sauf que ça marche pas vraiment.

Critique

Je sais pas trop c’est quoi le buzz autour de ce film-là, pour être franc. À mon sens, c’est juste une autre histoire de fantôme asiatique qui a rien de ben spécial. À regarder les reviews sur IMDB, on s’attend à un chef-d’œuvre, mais non.
Les sauts font pas faire de saut tellement c’est cliché pi que la trame sonore annonce que quelque chose s’en vient. Des affaires bizarres dans une photo, une ptite fille aux cheveux noirs qui sort d’un lavabo, toute ça, ça sent le réchauffé. Comme dans Ringu, les personnages enquêtent sur les causes des apparitions, pour se rendre compte que finalement, y a un lien de cause à effet entre la mort de Natre pi les affaires bizarres. C’est trop simple, comme conclusion : elle est morte pi elle a souffert à cause d’eux, donc elle revient pour les tuer. Autre affaire : finalement, on se rend compte que Jun a participé au viol de Natre avec ses amis. Come on. C’est vraiment pas crédible.
Les acteurs sont pas bons mais pas mauvais, comme les dialogues pi tout le reste. Certains plans sont assez beaux, comme ceux dans les salles de cours de l’université ou les gros plans sur, par exemple, la poignée de porte qui shake. Mais le flashback narré par Jun est vraiment sec. Les scènes d’amour avec Natre sont tellement clichées, c’est terrible. Sauf que la fin est agréablement pessimiste.

Analyse

À première vue, c’est une histoire à propos du remord. On a juste à penser à la fin quand Jun se rend compte qu’y porte le corps de Natre sur son dos pi que c’est pour ça qu’y a mal au cou. C’est assez clair, pi pas très subtil : « Si vous faites dequoi de pas fin, ça va vous suivre toute votre vie ». Thanks pour la morale, Shutter.
Si on se creuse un peu la tête, on peut sûrement trouver quelque chose à dire à propos de la représentation, à cause de l’histoire de photographie pi toute. À un moment donné, un prof de photo explique qu’une photo montre pas la réalité, mais qu’elle la transforme, que ce soit par le cadrage, l’éclairage, etc. Donc, l’œil du photographe y est pour beaucoup. Le fait que Jun voit Natre dans ses photos exprime ses remords, mais ça finit là.
L’autre piste, c’est les mantes religieuses. Jun écoute distraitement un documentaire qui explique que la femelle mange la tête du mâle pendant l’accouplement. Ces affaires-là, c’est jamais innocent, pi ça veut toujours dire dequoi. Plus tard, on voit une mante religieuse sur le bord de la route. Ça renvoit probablement à Natre qui finit par tuer Jun, son ex-amant. Mais ça non plus ça veut pas dire grand-chose.
Si quelqu’un a réussi à voir dequoi de significatif dans Shutter, shootez, chu curieux.

Verdict

Pas recommandé. C’est exactement ce à quoi on s’attend d’un film d’horreur asiatique du début 2000. Pas original, sans être complètement à chier non plus. Mais ça vaut pas la peine.