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Color me blood red

mars 7, 2011

Réalisation : Herschell Gordon Lewis
Scénario : Herschell Gordon Lewis
Pays : États-Unis
Sortie : 1965

C’est le troisième volet de la Blood Trilogy, qui commence avec Blood Feast pi Two thousand maniacs! Mais Color me blood red est pas aussi connu que les deux premiers. Ce qui est sûr, c’est que le cover était alléchant.

Résumé

C’est l’histoire de Adam Sorg, un peintre fucked-up pi imbu de lui-même qui réussit pas à trouver les bonnes teintes de rouge pour ses tableaux. À un moment donné, sa blonde se coupe sur le clou d’un cadre pi essuie sa main sur une toile. Adam trouve le sang pi a une révélation : c’est la teinte qu’y cherchait. Facque y demande à sa blonde d’y donner un peu de sang. Mais elle trippe pas pi y dit d’utiliser le sien. Ce que Adam fait sans hésiter. Mais quand y réalise qu’y a besoin d’une grande quantité de sang, y hésite pas à tuer sa blonde pi à peindre directement avec son cadavre comme pinceau. La toile est un succès, mais le monde de la galerie y demandent de prouver qu’y peut en faire une autre aussi réussie. Facque Adam tue deux baigneurs (y habite à côté de la plage) qui avaient emprunté ses watercycles, des genres de pédalos/vélos. Anyway : y fait sa toile, que des marchants d’art veulent acheter. Mais y sont pas à vendre, pi Adam se fâche. Quand une gang de jeunes adultes viennent se baigner sur la plage, y demande à une des filles de venir poser pour lui. Pendant qu’elle va chez lui, ses amis trouvent un cadavres enterré dans le sable. Y se pointent chez Adam pi sauvent leur amie. Voilà.

Critique

Color me blood red m’a procuré beaucoup de plaisir, mais un plaisir qui s’apparente à Troll 2. Les acteurs pi les dialogues sont tellement mauvais que c’en est drôle. Pi y a des affaires qui ont juste aucun sens, genre la gang de jeunes adultes qui s’amusent à la plage comme des enfants, en s’arrosant pi en criant de plaisir. Ou ben en utilisant les watercycles qui vont à 10 km/h pi qui sont complètement ridicules. Y a aussi des personnages bizarres, comme l’autre peintre crissement stéréotypé pi le couple qui s’habillent pareil pi qui arrêtent pas de danser pi de se donner des petits becs secs. Le linge des acteurs, que ce soit les maillots de bain, les petites shorts ou les cheveux, est toujours tellement laite que ça fait décrocher. Sans parler des peintures qui sont supposées être super excellentes alors qu’elles sont juste ridicules.
Y a vraiment quelques scènes d’anthologie dans Color me blood red, qui sont comparables au « Oh my goooooood ! » pi « Nilbog ! It’s goblin spelled backwards » de Troll 2. Par exemple, la scène avec le bateau à moteur, quand le peintre charge les watercycles avec un harpon comme une chevalier charge avec une lance. Ou quand le couple weird sont autour d’un feu de camp pi qu’y mangent la guimauve au bout du baton de l’autre en criant « Aim ! ». Ou quand le gars trouve le cadavre enterré dans le sable pi que la première chose qu’y dit c’est « Holy Bananas ! ». J’oublierai jamais ça.
Malgré tout, certaines scènes sont quand même écoeurantes, même si y a juste trois meurtres (dont un qu’on voit pas) dans tout le film. Personnellement, quand je vois le gars de couper un doigt avec une lame de rasoire pi ensuite frotter son doigt contre la toile pour peindre, ça m’écoeure. Pi quand Adam remplit son pot de couleur en squeezant les intestins de la fille éventrée pi attachée en croix.

Un petit mot pour dire que les commentaires du réalisateur pi du producteur sont quand même intéressants parce qu’y sont très au courant que leur film est pas très bon. Y sont capables de porter un regard critique sur leur propre film pi d’en rire, ce qui les rend crissement sympathiques.

Analyse

Le spectateur attentif va remarquer que la couleur rouge est présente dans tous les plans, ou presque, que ce soit le chandail de la blonde de Adam, le tapis dans la salle d’exposition ou les flotteurs des watercycles. À part être récurrent, ça veut pas dire grand-chose, ça.
Ce qui est intéressant, c’est le parallèle avec le cinéma gore, qui était à l’époque encore à ses début, j’oserais même dire à ses balbutiements. Adam fait de l’art avec du sang. Le gore fait de l’art avec du sang, oui, mais avec du faux sang. C’est la différence entre le gore pi le snuff. Je comprend vraiment pas les gens qui pensent que vu que j’aime le cinéma gore, j’aime aussi regarder des journalistes américains se faire décapiter en Irak. Pas pantoute. Y me semble qu’y a une différence, non ? C’est cette différence-là que le film expose. C’est un plaidoyer pour le gore qui affirme sa propre fausseté pi son côté mimétique pour répondre aux détracteurs du genre, qui l’attaquent à grands coups de moralité aveugle.

Verdict

Recommandé, mais juste pour ceux qui aiment rire d’un film pas vraiment bon. C’est pas pour rien que Color me blood red est pas aussi connu que Bloodfeast. Un joint peut grandement augmenter le plaisir de visionner ce film-là.

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Two thousand maniacs!

juillet 21, 2010

Réalisation : Herschell Gordon Lewis
Scénario : Herschell Gordon Lewis
Production : David F. Friedman
Pays : États-Unis
Sortie : 1964

Sur le cover, c’est écrit « An Entire Town Bathed In Pulsing Human Blood! Madmen Crazed For Carnage! » Quand j’ai remarqué qu’y avait un point d’exclamation dans le titre, ça m’a mis super de bonne humeur. Facque : 2000 maniacs!, c’est la pseudo-suite de Blood Feast, pi le 2e film de la Blood Trilogy de Herschell Gordon Lewis, le Godfather of gore. Y avait un documentaire sur lui à Fantasia y a une semaine ou deux. Pi lui aussi, Lewis, il était là. En tout cas, c’est lui qui a engendré le film gore pi d’exploitation. 2000 maniacs!, réalisé en 1964, c’est son film qu’il trouve le plus réussi.

J’adore l’idée : une gang de sudistes attardés qui font un genre de tombola en tuant des yankees.
Pi c’est abordée d’une façon vraiment étrange. Les maniacs sont pas creepys ou louches : ils sont complètement débiles pi inconscients. Ils font tout le temps des jokes pi leurs personnages sont exagérément caricaturés. Particulièrement le cow-boy. Osti qu’y est beau. Facque, ce film d’horreur-là fait peur, mais pas par le suspense. Il fait peur par la folie un peu trop apparente des méchants rednecks nostalgiques.
Pi, pour les scènes gores, ça a mal vieilli. Cette année, j’ai vu trois personnes être cousues la bouche au péteux; facque le gore des années 60 me laisse plutôt indifférent. Mais ces scènes-là valent la peine d’être vues : ce qui met mal à l’aise, c’est pas le gore lui-même, mais le contraste entre la détresse de la personne à veille de crever pi l’enthousiasme dément de la population. Pendant que la fille pleure, eux ils sont crampés. Pi les longs plans montrent bien la peur ressentie par le personnage mutilé.
Le côté esthétique du film est assez réussi. Ça fait bizarre de voir un super beau plan pi voir en même temps un acteur pourri qui cri des niaiseries. Mais ça marche. L’actrice principale, qui a posé dans Playboy à l’époque, est pourritte. Pas capable de jouer comme du monde. Pi le gars principal, lui il ressemble à l’agent John Doggett. Pi tous les sudistes jouent sans souci de réalisme pi juste dans le but d’exagérer, facque ça compte pas.
Le son est tellement mauvais que c’en est drôle. Le gars dit quelque chose à la fille, pi quand elle lui répond, on dirait que sa voix sort d’une canisse en-arrière de la caméra. Mais bon, les dialogues, c’est pas ça qu’on veut.
Mais le meilleur, dans ce film-là, c’est la musique. C’est trop sick. Le film commence direct avec une toune de banjo trop rapide pi qui m’est resté pognée dans tête pendant genre deux jours : All the south’s gonna rise again! Yeee Ha! Pi c’est demême toute le long. Ça donne le ton au film.

Malgré tout le bien que je viens d’en dire, le film est un peu long, pi presque platte. Y a juste 4 meurtres, qui sont overall tous décevants, pi le meilleur c’est le premier. Entre tout ça, les personnages parlent pi essaient de s’enfuir mais on comprend rien à cause du son pourri. Une chance qui a la toune qui revient à intervalles réguliers pour repogner notre attention. Même si ça dure juste une heure et vingt, l’écoute est un peu pénible.

Verdict : à voir, mais juste pour les vrais fans. C’est fucking drôle pi toute, mais un peu platte en même temps. C’est comme si on mélangeait une Géo Métro avec une Aston Martin. Ça donne dequoi de bizarre mais d’intéressant.