Archive for the 'Horreur/Fantastique asiatique' Category

Bedevilled (Kim Bok-nam salinsageonui jeonmal)

juin 21, 2011

Réalisation : Chul-soo Jang
Scénario : Kwang-young Choi
Pays : Corée du Sud
Sortie : 2011

À entendre les critiques super élogieuses, j’avais hâte de le voir. Surtout que tout le monde parlait d’un bain de sang pendant le dernier tiers du film. Je m’attendais à un autre Mother ou I saw the devil, deux films coréens fucking bons sortis récemment. J’ai pas trouvé de trailer sous-titré :

Résumé

Après avoir assisté sans rien faire à un meurtre en pleine rue, pis que son boss y ait demandé de prendre des vacances (parce qu’elle a été une total bitch), Hae-won retourne sur l’île où elle a passé sa petite enfance, les Moodo Islands. Là, elle reprend contact avec son amie d’enfance, Bok-nam, une des 9 personnes à encore habiter là. Hae-won se rend compte assez vite que des affaires pas cleans se passent sur cette île-là, pis qu’elle est pas tant la bienvenue. Effectivement, les habitants sont un peu bizarres, pis probablement consanguins. On découvre que Bok-nam est crissement exploitée par tout le monde sur l’île, que ce soit pour le travail ou pour le sexe. A pète une coche quand a découvre que son mari violent fourre sa fille, Yeon-hee. Hae-won refuse d’emmener Bok-nam pis sa fille à Séoul. Facque Bok-nam essaye de s’échapper, mais a se fait pogner, pis c’est le gros bordel sale.

Critique

Le film est fucking rough. Pas tant pour la violence de la fin, que pour le traitement réservé aux femmes. Bok-nam se fait battre tout le long pis les grand-mères arrêtent pas de répéter que les femmes sont moins bonnes que les hommes, pis qu’elles sont faites pour avoir une bite dans yeule, pis toute. J’ai écouté Bedevilled avec ma blonde, pis je pense pas que c’était une ben bonne idée. La façon dont c’est filmé rend la violence encore pire : ça ressemble pas mal à I saw the devil par le traitement dépouillé pis distancié des scènes les plus tough. C’est vraiment cru. Le bain de sang de la fin est aussi horrible que les meurtres de I saw the devil, même si celui avec l’hélice de bateau est raté en crisse. Pour le reste, c’est réussi. Ce qui est le fun aussi, c’est qu’on prend une joie malsaine (mais justifiée) à voir Bok-nam décâlisser tout le monde. Parce que le film réussit vraiment à choquer pis à nous mettre en tabarnaque contre l’indifférence de Hae-won pis la violence faite à Bok-nam. Faut être fait solide. Même si c’est pas mal filmé ou réalisé, la qualité esthétique du film est de loin inférieure à ce à quoi le cinéma coréen nous avait habitué.
Tous les acteurs sont bons, surtout celle qui fait Bok-nam. A réussit crissement ben à jouer la fille folle à cause de sa vie passée à être traitée comme un chien. Les frères réussissent à être vraiment creepy pis les madames à être désagréables à un point qui est dur à imaginer. J’ai rien à redire du jeu des acteurs. Mais les personnages sont unidimensionels pis pas profonds pantoutes. On sait pas pourquoi Hae-won est bitch demême, ni pourquoi tout le monde de l’île est retardé demême. Y a aucune subtilité dans le scénario non plus : au début, on nous montre que Hae-won est une bitch pour qu’on l’haïsse (pis ça marche); après, on nous montre que Bok-nam se fait maltraiter pour qu’on soit frustré (ça marche), mais ça reste vraiment superficiel. En plus, c’est trop moralisateur : à la fin, Bok-nam se venge pis a dit à Hae-won qu’elle manque d’empathie. La dernière chose qu’on voit, c’est Hae-won, de retour à la ville, qui se prend en main pis dénonce les méchants du début. La belle morale : faut pas être indifférents à la misère des autres. C’est pas un mauvais message, mais crisse, c’est tellement appuyé (tout le film est fait pour démontrer ça) que c’en est gossant. Au lieu de faire réfléchir, le film nous donne une morale toute faite. Ça, j’ai vraiment pas aimé. Vers la fin, ça devient un peu trop long, aussi.

Verdict

Pas recommandé. Même si le film a des qualités, son côté moralisateur pis didactique m’a tapé sur les nerfs au plus haut point. C’est un peu comme A serbian film : crissement choquant, mais complètement vide.

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I saw the devil (Akmareul boatda)

mai 20, 2011

Réalisation : Jee-Woon Kim
Scénario : Hoon-Jung Park
Pays : Corée du Sud
Sortie : 2010 en Corée du Sud, 2011 en Amérique du Nord

La Corée du Sud a produit des fucking bons films pendant les dernières années : Old boy pis le reste de la trilogie, A tale of two sisters, The host, Thirst, pis, dernièrement Mother. Ces films-là ont en commun une recherche esthétique qu’on voit rarement dans des grosses productions; les plans, les cadrages pis la direction photo sont toujours impeccables. Facque j’avais des grosses attentes quand j’ai écouté I saw the devil, surtout que les critiques étaient toutes super enthousiastes.

Résumé

C’est pas compliqué : Soo-hyeon, un agent secret, décide de pogner le meurtrier de sa femme après avoir juré de le faire souffrir 10000 fois plus qu’elle a souffert. Facque y le pogne avant la police, y le décâlisse pis y le relâche, pour recommencer le lendemain. Y joue au chat pis à la souris avec jusqu’à ce que ça se revire contre lui.

Critique

Je sais pas par où commencer. Vite demême, je me suis dis « Fuck man, c’était fucking bon. » Ce qui nous reste dans la tête après le visionnement, c’est, évidemment, les scènes de meurtres terriblement sauvages, brutales pis réalistes, mais tournées avec une qualité hallucinante. La scène dans le taxi, entre autres, est mémorable : Kyung-chul qui poignarde un nombre incalculable de fois les deux passagers avec un couteau de trois pouces de long, le tout filmé en travelling circulaire, de l’intérieur du char. C’est sick parce que c’est beau mais troublant en même temps. On peut aussi penser aux quelques meurtres avec des objets contondants, filmés pour qu’on voit le crâne se fendre pis pisser le sang – particulièrement les coups de petites altères de 15 livres dans la face, ou aux coups de clé à mollette dins gosses, ou au talon d’achille sectionné. C’est vraiment terrible, pis super bien filmé, souvent en plans-séquence, ce qui rend tout ça super réaliste. Parmi les meilleurs scènes de meurtres que j’ai vues. Le reste du film est super ben filmé aussi, surtout le plan panoramique sur la ville qui descent tranquillement pour se fixer sur la fille qui attend le bus. C’est du génie.
Le film réussit aussi à faire peur; certaines scènes sont super tendues, un peu comme dans un slasher.
Évidemment, le scénario rappelle beaucoup Les 7 jours du talion. La réflexion morale est présente aussi dans I saw the devil, mais elle est plus maladroite parce que trop évidente. Les dialogues sont un peu ratés par bouttes. L’autre affaire, c’est qu’à aucun moment j’ai eu pitié du tueur. Y est tellement terrible que je voulais crissement que Soo-Hyeon le pogne ben comme y faut. À aucun moment on sympathise (contrairement à Lars von Trier avec Hitler) avec Kyung-chul. C’est une faiblesse, pour moi.
Si le scénario est un peu vide, c’est compensé par la réalisation impeccable pis l’excellent jeu des acteurs. L’acteur principal reste neutre presque tout le film mais y joue super bien quand c’est le temps, pis c’est pas des scènes faciles à voir : celle de la toute fin, entre autres, est particulièrement réussie. Quant au tueur (Min-Sik Choi, Old boy), y fait sa job comme un champion pis y fait peur en crisse. Son personnage de psychopathe est crédible pis vraiment fucké. Par définition, un psychopathe, c’est quelqu’un qui est incapable de ressentir de l’empathie. On le voit bien dans cette réplique là :

« – Could you please not kill me ?
– Why ? »

Petite affaire gossante : j’ai pas trop aimé l’ami psychopathe de Kyung-Chul. Le tueur qui se met à rire en parlant de meurtres, c’est un peu cliché. Mais bon.
Autre problème : l’esthétique se veut super réaliste, mais le scénario contient tout plein d’invraisemblances, comme la faculté de récupération incroyable de Kyung-Chul, qui est capable de marcher avec un talon d’achille sectionné pis de se réveiller avec un petit mal de tête après s’être fait fesser sur la tête au moins une vingtaine de fois avec un tuyau de métal. Y a aussi Soo-Hyeon qui est trop malade, pis qu’y peut tout faire parce que c’est un agent secret. À la fin, quand y dérape en char, qu’y pogne Kyung-Chul à travers la porte arrachée pis qu’y décrisse à 80 km /h, c’est un peu trop. Mais ça fait que c’est un film crissement le fun à écouter.

Analyse

J’aime le fait que Kyung-Chul soit montré comme un vrai psycho, pis pas juste comme un gars qui a été maltraité quand y était jeune ou n’importe quelle raison pas bonne. Non : y tue parce qu’y comprend pas que ça a pas d’allure. À un moment donné, quand y est à veille de violer une fille, y se demande pourquoi tout le monde le fait autant chier, lui, pis pas les autres. Pour lui, tuer du monde, c’est l’équivalent de jouer au soccer ou faire de la peinture à numéros. Facque ça peut pas être lui, le yable, parce que ses actions ont aucun rapport avec la morale. C’est juste un crisse de fucké : la preuve, c’est que dès qu’y le peut, y tue tout le monde sans réfléchir. Y est au-delà (ou en dessous) de la morale. Ce qui fait que le yable, c’est Soo-Hyeon. Contrairement au tueur, y a la capacité de réfléchir. Si Kyung-Chul est pas responsable de ses actes Soo-Hyeon, lui, fait le choix de se venger. Y succombe à son désir le plus animal. Tout le long du film, y est impassible pis juste focusé sur sa vengeance (comme Claude Legault). C’est cette absence d’émotion qui fait de lui le yable. À la fin, après avoir tué Kyung-Chul, mais après avoir tout perdu (sa blonde, sa belle-famille, son humanité pis probablement sa liberté) y comprend que ça a servi à rien. Y a pas réussi à contenir le diable en lui. Facque, I saw the devil, c’est Soo-Hyeon qui a vu le diable en lui-même.

Verdict

Recommandé. C’est un film super divertissant même si ça manque un peu de contenu pis de profondeur. C’est le fun à regarder pis c’est crissement ben joué pis réalisé. Malgré la violence horrible, le film est beau.

Marebito

mars 2, 2011

Réalisation : Takashi Shimizu
Scénario : Chiaki Konaka, d’après son propre roman
Pays : Japon
Sortie : 2004

De Shimizu, j’avais déjà vu le paspire Ju-On pi le très poche Reincarnation. J’ai acheté Marebito parce que ça avait l’air fucké, tout en espérant que ce serait pas un autre film de fantôme de petite fille.

Résumé

C’est l’histoire de Masuoka, un caméraman amateur qui vit par l’entremise de sa caméra, qui, après avoir filmé le suicide d’un homme bizarre dans le métro, se donne pour but de filmer l’origine de la peur ultime, qu’y avait entrevue dans les yeux du suicidé, Kuroki. Pour trouver la vraie peur, y retourne dans le métro pour essayer de retrouver ce que Kuroki avait vu juste avant de se tuer. Y fint par se retrouver dans un réseau de tunnels qui s’étend sous Tokyo. Là, y rencontre le fantôme de Kuroki, qui l’informe à propos de la terre creuse, des tunnels qui relient toute la planète pi des Devos, des créatures robotiques aveugles, vestiges d’une civilisation plus avancée mais disparue. Pis, comme ça, au milieu des tunnels, Masuoka trouve une jeune fille enchaînée. Y décide de l’emmener chez lui pour s’occuper d’elle. Mais elle refuse de manger pi y réalise qu’elle se nourrit de sang. Facque Masuoka se met à tuer du monde pour la nourrir, pour finir par y donner son propre sang.

Critique

Étonnement, pi agréablement, Marebito ressemble pas pantoute à Ju-On ou Reincarnation. En fait, ça tient autant du film d’horreur que du film expérimental. L’intrigue est linéaire mais tellement weird qu’on a vraiment l’impression qu’un sens nous échappe. Presque toute l’action est à prendre au deuxième degré. Même si y a pas vraiment de suspense, on sait jamais ce qui va arriver, facque ça revient au même. Y a pas beaucoup de dialogues, pi presque juste de la narration. Masuoki exprime ses pensées tout le long, ce qui donne un ton étrange au film.
Y a pas beaucoup d’action pi le rythme est assez lent. Mais on apprécie crissement l’atmosphère toujours bizarre pi malaisante. On est vraiment loin de l’esthétique léchée qu’on trouve en général dans les films asiatiques genre Audition ou Thirst. Dans Marebito, c’est souvent une caméra à l’épaule qui shake, ou ben la caméra de Masuoki qui filme en numérique. Ça donne des images sombres pi pas claires pantoute.
Les personnages ont presque pas d’interractions, pi leur jeu est assez secondaire, mettons. Mais le gars principal joue assez ben pour pas que ça nous dérange. La fille est vraiment bonne pour se déplacer comme un animal.
Même si certains vont y reprocher son scénario assez maigre pi pas clair, je dois avouer que Marebito offre une grande richesse herméneutique, caractéristique d’un bon film.

Analyse

Pour être franc, j’avais peur de me rendre au boutte où y faut que je trouve un sens à ce film-là. Mais la deuxième écoute est plus gentille que la première : la première fois que je l’ai vu, je voyais des symboles pi des métaphores, mais j’arrivais pas à les faire fitter dans un tout cohérent. Je pense qu’on peut faire plein d’interprétations de Marebito, mais je me lance : je pense qu’y a juste un personnage, pi c’est Masuoki. Tout le film, c’est une genre de plongée dans la tête de Masuoki, qui dérape après avoir vu que Kuroki l’avait regardé juste avant de se suicider. Pour trouver l’origine de la peur, y arrête de prendre ses anti-dépresseurs pi y se lance dans une genre d’introspection représentée à l’écran par la descente dans les tunnels. Dans les tréfonds de son inconscient, y trouve la fille sauvage qu’y nomme F, pi qu’on peut envisager comme la partie pulsionnelle de son être : elle parle pas pi boit juste du sang, ça ressemble peut-être aux pulsions de mort, mais je veux pas m’avancer trop dans le freudisme. Faut pas oublier non plus que le vampirisme, c’est le désir de l’autre, de se l’approprier. Anyway : pour la nourrir, Masuoka doit retrouver le sauvage en lui pi commettre des meurtres. Si y veut que F survive, y doit y donner son sang, donc, éventuellement, mourir. C’est le côté dyonisiaque qui se nourrit de l’apolinien, la pulsion qui bouffe la raison, la nature qui l’emporte sur la civilisation. Mais F finit par détruire le matériel vidéo de Masuoki, la seule chose qui le liait au monde réel. C’est juste à travers sa caméra qu’y gardait contact avec la réalité. Y a essayé d’apprivoiser quelque chose qui peut pas être apprivoisé. À la fin, quand y rencontre Kuroki une deuxième fois, y se fait dire qu’on vient tous « des profondeurs de l’océan ». À la base, on est tous des animaux. Y dit aussi que la sagesse ancienne est à l’origine de la peur, pi que c’est enfoui dans notre inconscient. La sagesse ancienne : l’instinct, l’animalité, représentée par les Deros pi par F. À la toute fin, Masuoki se coupe la bouche pi embrasse F, qui le draine de son sang. Ensuite, elle l’amène dans les souterrains, où Masuoki meurt en voyant enfin l’origine de la peur : F qui le filme avec sa propre caméra.
Le film prend la forme d’une longue descente dans l’inconscient de Masuoki, qui termine sur la conclusion que la source de la plus grande peur se situe au fond de nous : c’est la peur de nos pulsions, la peur du potentiel négatif pi destructeur qui peut ressortir n’importe quand.

Verdict

Recommandé à tous ceux qui veulent vivre une expérience étrange pi weird. C’est pas un film accessible à tout le monde, pi ceux qui cherchent un film d’horreur qui fait des sauts pi toute vont être déçus. C’est original, creepy pi excellent.

Shutter

mars 1, 2011

Réalisation : Banjong Pisanthanakun pi Parkpoom Wongpoom
Scénario : Banjong Pisanthanakun, Parkpoom Wongpoom pi Sopon Sukdapisit
Pays : Thaïlande
Sortie : 2004

Je dois avouer que j’ai été surpris de voir que la Thaïlande, pays où un film de propagande pour le roi précède chaque visionnement, a produit un film qui a une bonne réputation dans le cinéma d’horreur mondial. Disons que les thaïs sont plus réputés pour leurs massages que pour leur industrie culturelle. Mais bon.

Résumé

Facque c’est l’histoire de Jun pi Jane, un jeune couple d’étudiants qui habitent à Bangkok, qui frappent une femme en revenant d’un party. Y chokent pi y décident de se pousser. Sauf que, sur les photos de graduation prises par Jun, y a des affaires bizarres qui ressemblent à des faces qui fixent Jane. Y commencent aussi à faire des rêves bizarres. Les amis de Jun commencent à mourir un après l’autre, tous des suicides. Y pensent que c’est la fille qu’y ont frappé qui se venge mais y finissent par découvrir qu’aucun accident a déclaré cette nuit-là. C’est là que Jun avoue à Jane qu’y pense que la fille, c’est son ex, Natre. Elle se faisait écoeurer à l’école – par les amis de Jun, entre autres – pi Jun est devenu son ami par pitié. Elle l’aimait crissement gros pi y lui a brisé le cœur. Ensuite, ses amis sont allé faire dequoi de pas nice qui a forcé Natre à quitter Bangkok. Facque Jun pi Jane vont voir la mère de Natre, qui leur apprend qu’elle s’est suicidée. Le gars feel cheap en crisse. Y pensent régler le problème en donnant des funérailles qui ont de l’allure à Natre, dont le corps était gardé secrètement dans sa chmabre par sa mère. Sauf que ça marche pas vraiment.

Critique

Je sais pas trop c’est quoi le buzz autour de ce film-là, pour être franc. À mon sens, c’est juste une autre histoire de fantôme asiatique qui a rien de ben spécial. À regarder les reviews sur IMDB, on s’attend à un chef-d’œuvre, mais non.
Les sauts font pas faire de saut tellement c’est cliché pi que la trame sonore annonce que quelque chose s’en vient. Des affaires bizarres dans une photo, une ptite fille aux cheveux noirs qui sort d’un lavabo, toute ça, ça sent le réchauffé. Comme dans Ringu, les personnages enquêtent sur les causes des apparitions, pour se rendre compte que finalement, y a un lien de cause à effet entre la mort de Natre pi les affaires bizarres. C’est trop simple, comme conclusion : elle est morte pi elle a souffert à cause d’eux, donc elle revient pour les tuer. Autre affaire : finalement, on se rend compte que Jun a participé au viol de Natre avec ses amis. Come on. C’est vraiment pas crédible.
Les acteurs sont pas bons mais pas mauvais, comme les dialogues pi tout le reste. Certains plans sont assez beaux, comme ceux dans les salles de cours de l’université ou les gros plans sur, par exemple, la poignée de porte qui shake. Mais le flashback narré par Jun est vraiment sec. Les scènes d’amour avec Natre sont tellement clichées, c’est terrible. Sauf que la fin est agréablement pessimiste.

Analyse

À première vue, c’est une histoire à propos du remord. On a juste à penser à la fin quand Jun se rend compte qu’y porte le corps de Natre sur son dos pi que c’est pour ça qu’y a mal au cou. C’est assez clair, pi pas très subtil : « Si vous faites dequoi de pas fin, ça va vous suivre toute votre vie ». Thanks pour la morale, Shutter.
Si on se creuse un peu la tête, on peut sûrement trouver quelque chose à dire à propos de la représentation, à cause de l’histoire de photographie pi toute. À un moment donné, un prof de photo explique qu’une photo montre pas la réalité, mais qu’elle la transforme, que ce soit par le cadrage, l’éclairage, etc. Donc, l’œil du photographe y est pour beaucoup. Le fait que Jun voit Natre dans ses photos exprime ses remords, mais ça finit là.
L’autre piste, c’est les mantes religieuses. Jun écoute distraitement un documentaire qui explique que la femelle mange la tête du mâle pendant l’accouplement. Ces affaires-là, c’est jamais innocent, pi ça veut toujours dire dequoi. Plus tard, on voit une mante religieuse sur le bord de la route. Ça renvoit probablement à Natre qui finit par tuer Jun, son ex-amant. Mais ça non plus ça veut pas dire grand-chose.
Si quelqu’un a réussi à voir dequoi de significatif dans Shutter, shootez, chu curieux.

Verdict

Pas recommandé. C’est exactement ce à quoi on s’attend d’un film d’horreur asiatique du début 2000. Pas original, sans être complètement à chier non plus. Mais ça vaut pas la peine.

Dream Home

février 9, 2011

Réalisation : Ho Cheung Pang
Scénario : Ho Cheung Pang , Kwok Cheung Tsang pi Chi-Man Wan
Pays : Hong-Kong
Sortie : 2010 à Hong Kong, pas encore en Amérique

Le dernier film hongkongnais que j’ai vu, c’est Ebola Syndrome : l’histoire d’un gars qui répand le virus ebola dans toute la ville, entre autres via des hamburgers infectés. C’est donc avec joie que j’ai accueilli Dream home. J’ai pas vu ben ben de films d’horreur asiatiques dans la dernière année, le film a eu des paspires reviews pi le poster est magnifique, facque :

Résumé

C’est l’histoire de Cheng Lai-sheung, une jeune femme travaillante qui économise depuis crissement longtemps pour s’achetr un appartement avec une belle vue sur le port. Sauf que, en 2007, à Hong-Kong, se trouver un appart, c’est presque impossible à cause de l’état pitoyable du marché. Mais son père tombe malade pi Cheng découvre que l’assurance couvre pas les dépenses de l’opération. Entre temps, elle réussit à négocier l’achat de l’appartement de ses rêves; sauf que, finalement, les proprios chokent parce qu’y pensent pouvoir vendre pour plus cher. Cheng pète un plomb pi elle décide de prendre les grands moyens pour l’avoir, son appart.

Critique

Dès le premier plan, on voit que la photo est bonne pi que le cadrage est super léché pi symétrique. On sait que ça va être ben filmé. Le générique est crissement beau : des plans immenses de facades d’immeubles à logement qui débordent de tous les bords pi qui montrent la démesure. Y a aussi beaucoup de jeux avec l’objetif, comme par exemple des reflets ou en filmant à travers une fenêtre ou un grillage.
Dès la première scène, on voit que le gore sera pas doux : le gars se fait serrer un tie-rap autour de la gorge pi y essaye de la couper avec un exacto, ce qui marche pas tant, finalement. C’est comme ça tout le long : du gore vraiment inventif pi ben faite, dans le genre qui fait grimacer pi gigoter sur son siège. Rien de choquant, quand même, mais du dégueux en masse. J’ai particulièrement aimé les coups de couteau dans le dos qui ressortent dans le torse : je comprend pas trop comme c’est faite, mais c’est cool.
Ce qui est intéressant, dans ce slasher-là, c’est la structure : au lieu d’être linéaire comme tous les autres, les meurtres ont tous lieu dans la même soirée. Cette soirée-là est entrecoupée de flashbacks qui « expliquent » le massacre. C’est cool parce qu’on sait dès le début du film que la fille va tuer du monde, sauf qu’on comprend pas pourquoi elle va le faire. C’est un autre type de suspense.
Les dialogues sont la plupart du temps assez bons pi le jeu des acteurs est juste parfait pour un film de ce genre-là, qui demande pas vraiment des performances hors de l’ordinaire. Josie Ho, l’actrice principale, fait une ben bonne job, en plus d’être la plus jolie slasheuse depuis la mère de Jason.
Une petite affaire qui m’a dérangé : l’humour. Le premier tiers du film est complètement dénué d’humour. Après ça, de temps en temps, on a droit à une blague genre à la Hatchet. C’est pas que les jokes sont mauvaises (le gars avec les intestins à terre qui veut pogner une dernière poffe de son joint qui est malheureusement éteint, pi quand finalement à la fin y se fait tirer dans la tête, de la fumée sort de sa bouche), mais juste que c’est pas assez appuyé. Au lieu d’être une comédie d’horreur, c’est un film d’horreur sérieux avec des jokes de temps en temps. Ça brise un peu le ton, j’ai trouvé.

Analyse

Vite demême, on voit une critique de la situation de la spéculation immobilière à Hong-Kong (pi aux États-Unis, aussi). Mais ça va un peu plus loin que ça dans la dénonciation du capitalisme. Vous me reprendrez si je me trompe : quand Cheng était jeune, sa famille s’est fait sacrer dehors de chez eux pour construire des grosses tours à habitations. Quand elle est devenu grande, ces habitations-là sont devenues inabordables, ou presque. Malgré tous ses efforts pour récupérer ce qui lui avait été volé, Cheng réussit quand même pas à réaliser son rêve : avoir son appart. Le capitalisme cause nos problèmes pi nous permet même pas de les régler. Facque elle décide de tuer plein de monde dans l’immeuble pour que le prix baisse. C’est un retour à la loi de la jungle, au chacun-pour-soi prôné par le néo-libéralisme; le meurtre apparait donc comme la manifestation la plus pure du capitalisme. Malgré tout, à la fin, quand on constate avec étonnement que son plan a fonctionné, on apprend que la crise aux États-Unis vient d’éclater, ce qui vient fucker les plans de Cheng, qui s’était fait dire que c’était un bon moment pour investir. Ainsi, malgré tous ses efforts, l’homme moderne est constamment menacé par l’épée de Damoclès qu’est la loi du marché, comme si on pouvait pas échapper à sa « main invisible ».
Mais c’est pas tout : y a aussi une critique du patriarcat. Dès le début, on constate que Cheng est opprimée par son chum, qui pense juste à la baiser, pi par son père, qui a des idées très précises sur ce que devrait être une femme. Tout le film apparait alors comme une émancipation du joug masculin qui mène l’héroïne au meurtre pi au parricide. Le motif du phallus revient tout le long du film, la plupart du temps sous la forme de huges building qui pointent vers le ciel, mais aussi, plus explicitement, dans une scène d’émasculation plutôt évocatrice. On remarque aussi que ce qui drive Cheng, c’est l’idée d’avoir une « chambre à elle », ce qui renvoit à l’essai de Virginia Woolf sur la condition féminine. Elle dit que la femme va être libre le jour où elle va avoir un espace privé pi personnel. Facque Cheng se bat pas pour un appart, mais pour sa liberté. Sauf que pour atteindre sa liberté, elle s’approprie certains attribus masculins; dans cette optique-là, le fait qu’elle ait utilisé les outils de son père pour commettre les meurtres est très significatif. D’ailleurs, après avoir fait son massacre, symbole de son émancipation, elle devient spure d’elle pi dominante, comme on peut le voir dans sa conversation au téléphone avec son agent immobilier. En s’appropriant une certaine masculinité, elle renverse le schéma dominant/dominé dont elle était victime depuis le début. Elle devient un mâle alpha. Donc, la seule façon de se libérer de la domination masculine, c’est en devenant soi-même un homme.

Verdict

Recommandé. C’est ben filmé, ben joué, y a du bon gore pi les meurtres sont inventifs. Un bon divertissement sur fond de commentaire social.

Macabre (Rumah Dara)

janvier 20, 2011

Réalisation : The Mo Brothers (Kimo Stamboel pi Timo Tjahjanto)
Scénario : The Mo Brothers
Pays : Indonésie
Sortie : 2009 en Indonésie, pas encore en Amérique du Nord

Macabre (titre original : Rumah Dara) roule sa bosse depuis 2009 dans quelques festivals un peu partout dans le monde, mais y s’est pas encore rendu en Amérique. C’est une version longue du short Darah, que les Mo Brothers ont décidé d’allonger après le succès de leur court-métrage. J’étais curieux de voir un film indonésien, pi un peu craintif aussi, parce que – hé oui – chu allé en Indonésie y a trois ans, pi que les soaps indonésiens avaient l’air vraiment particulièrement mauvais. Je comprenais rien, mais je savais que c’était à chier.

Facque c’est l’histoire de Adjie, de sa femme (enceinte de 8 mois), de sa sœur Ladya pi de trois de leurs amis, qui partent faire un roadtrip jusqu’à Jakarta pour porter Adjie à l’aéroport, parce qu’y s’en va en Australie pour travailler. Juste avant qu’y partent, y tombent sur Maya, une fille en état de choc qui leur dit qu’elle a été agressée. Y décident de l’embarquer pi de la dropper chez eux en chemin. Elle les invite à entrer pi rencontrer sa mère, Dara, qui veut les remercier en leur faisant à souper. Mal à l’aise, y acceptent pareil, pour faire plaisir. Mais y a dequoi dans bouffe, évidemment.

Le générique montre, de façon assez maladroite, des fausses images d’archives où on voit des enfants se faire donner des leçons d’anatomie. J’étais vraiment prêt à tout, après ça. Mais j’ai été surpris par l’étonnante justesse du jeu des acteurs. Quand y faut qu’y jouent le malaise dans la maison de la famille freak, pi qu’y voient ben que la mère est bizarre, y réussissent à bien le rendre, le malaise. Pi ça reste demême tout le long; c’est pas des grandes performances palme-d’or-isantes, mais ça m’a paru moins typé pi plus crédible que ce qu’on voit en général dans les films asiatiques.

Le scénario ressemble beaucoup à Texas Chainsaw Massacre (une couple de personnes pognées dans la maison d’une gang de fuckés dangereux) pi à The loved ones (l’invincibilité parodique mais efficace du méchant à la fin). Facque c’est pas exactement du torture-porn comme je le pensais, parce que y a pas tant de torture en tant que telle. Mais y a en masse de sang – sérieux, y en a gros en tabarnaque. Chose bizarre : certaines scènes de combats/coupures/blessures sont assez mal faites (genre le montage est mal raboudiné) mais la plupart du temps, c’est quand même ben fait (la tête qui se fait décâlisser par une crosse de fusil). Le maquillage, aussi, est vraiment excellent : tsé, quand les personnages reçoivent un coup dans face, ben, ça laisse une trace, pi la trace, elle reste là tout le reste du film. Ça ajoute un peu de réalisme.

C’est pas le genre de film qui fait peur. On fait pas vraiment de sauts pi on est pas tant stressés pour les personnages. On est juste un peu mal à l’aise à cause de la mère trop frigide, sa fille folle, son fils obèse pi muet pi son autre fils tout aussi frigide. Y aussi le mystère qui entoure la séquestration en apparence gratuite des personnages. On finit par comprendre que c’est une affaire de cannibalisme pi de jeunesse étrenelle, mais ça reste pas clair pi, au fond, pas vraiment important.

La réalisation, sans être hyper originale, est quand même intéressante. Certains plans ont un côté symbolique qui donne un peu de profondeur au film, pi y a des prises de vue bizarres mais vraiment cools.

Verdict : Recommandé. C’est pas un grand film, mais c’est un bon divertissement, pi ça permet de découvrir un peu le cinéma d’horreur indonésien, ce qui est jamais mauvais pour sa culture générale.

A tale of two sisters

octobre 11, 2010

Réalisation : Ji-woon Kim
Scénario : Ji-woon Kim, basé sur une légende coréenne
Pays : Corée
Sortie : 2004

D’après Internet, c’est le meilleur film d’horreur coréen. Facque je l’ai commandé sur Ebay. En plus, ça faisait longtemps, y me semble, que j’avais pas regardé un film d’horreur pas américain. Ça m’a faite du bien. Trailer :

C’est l’histoire de deux ptites filles pi leur papa qui reviennent dans une grande maison de campagne après un séjour un peu louche pi nébuleux à l’hôpital. Y a aussi une méchante madame, qui finalement est la nouvelle belle-mère pas fine. Mais elle pi les filles commencent à avoir des expériences bizarres dans maison, surtout la nuit – évidemment – des portes qui ouvrent toutes seules pi des bruits fucked up, entre autres. Là la belle-mère à pète sa coche pi a décide de maltraiter une des deux sœurs, parce qu’a pense que c’est leur faute ce qui se passe. J’arrête icitte, même si on est juste rendu à moitié du film; je gâcherais toute si j’en disais plus.

La première heure du film est excellente. La tension monte peu à peu, lentement mais sûrement. Tous les plans sont vraiment beaux, le cadrage est bon pi la photo est excellente. Surtout dans maison : toujours des jeux de lumières pi des contrastes de couleur (surtout rouge pi bleu). Ça pi la bizzarerie des relations entre les personnages, ça donne crissement une atmosphère étrange au film. La belle-mère fait choker un peu, pi les flashs d’apparition la nuit sont pas cools non plus. Ça fait quand même peur, aussi. Sans faire des sauts, on est stressé parce qu’on anticipe un saut. Un bon stress de film d’horreur réussi.
Les répliques sont bonnes, pas niaiseuses ni trop révélatrices. On nous prend pas pour des épais, pi c’est le fun. Les acteurs jouent assez bien aussi, sans être exceptionnels.
Mais vers la moitié, y a un punch, pi à partir de là, ça devient fucké en hostie. La trame narrative se fragmente pi on sait pu trop ce qui se passe pi quand ça se passe, ni à qui ça arrive pi blabla. Là tout d’un coup on pense comprendre quèque chose pi y a un autre punch qui arrive au trois quarts du film. Encore une fois on est pas trop sûr, jusqu’à comme 5 minutes avant la fin.
J’ai été déçu par la fin. On dirait que le réalisateur a décidé de morceller sa trame narrative pour la fin pi rende ça compliqué juste pour cacher la simplicité un peu niaiseuse de la finale. On se dit Ah ben ok a l’a faite ça pour ça, je comprend. Mais y manque dequoi pour que ça soit crédible. Le film se donne l’impression d’être intelligent alors qu’y l’est vraiment pas tant que ça.

Verdict : sans être le meilleur film d’horreur coréen, A tale of two sisters est un bon film, avec des qualités (surtout esthétiques) indéniables. Je le recommande tout en spécifiant que je trouve qu’y a été surestimé.

Imprint

septembre 2, 2010

Réalisation : Takashi Miike
Scénario : Mick Garris pi Daisuke Tengan, basé sur le roman de Shimako Iwai
Pays : Japon
Sortie : 2006

C’est toujours le fun de voir un film de Takashi Miike. C’est un bon remède contre le ramolissement horrifique. Quand ça fait longtemps que j’ai pas été choqué par un film, je sais que c’est le temps de voir un Miike. Là, c’est pas vraiment un film, mais plus une longue émission de télé. Imprint a été fait pour la série Masters of horror, sauf qu’il a pas été diffusé aux États-Unis pour protéger la sainte pudeur américaine :

Vu qu’on comprend pas grand’chose dans le trailer (ce qui est bien), je reprends du début : c’est un américain qui voyage au Japon pour retrouver la femme qu’y aime, Komomo, pi à qui il avait promis de la ramener en amérique avec lui. Mais y apprend, de la bouche d’une pute défigurée, que Komomo est morte. A y raconte comment elle a connue Komomo pi comment elle est morte. Mais le gars la croit pas pi y l’oblige à dire la vérité. Sauf que la vérité, elle est pas vraiment nice. Le gars l’apprend à ses dépends. J’en dis pas plus.
On va aller directement au but : oui, c’est dégueu. La scène de torture est horrible. Comme dans Audition, y a presque pas de sang pi c’est super minutieux : la fille se fait rentrer des grosses aiguilles en d’sous des ongles pi dans les gencives. Je sais pas pourquoi, mais les ongles, c’est un tragic flaw généralisé. Quand quelqu’un décâlisse les ongles de quelqu’un d’autre, tout le monde sur la planète trouve ça dégueu. C’est comme ça. Facque c’est dur à regarder. Mais c’est rough aussi parce que l’actrice (pi le personnage) est tellement mal en point que ça met mal à l’aise de la voir demême. Ça c’est pour la torture.
Ensuite, y a les fœtus jettés dans la rivière. C’est choquant, voir un fœtus couler le long d’une rivière, surtout quand c’est sa mère qui l’a mis là pi que c’est loin d’être le premier.
En plus, y a la pute défigurée qui a une troisième main collée sur la tête (pi cette main-là a des yeux pi une bouche pi elle parle, comme la langue dans Kung Pow). À ce point-là, je savais pu trop quoi penser. Je me suis dit que c’était normal, que c’était le réalisateur de Gozu, après tout. Je suis pas un fan de l’idée en tant que telle, mais j’aime ben l’étrangeté de l’idée. En tout cas.
La réalisation est cool. La trame narrative est intéressante : trois fois la même histoire, mais avec toujours plus de vérité (pi de dégueu). Y a le récit pi le métarécit qui se recoupent à la fin. Les plans pi la photo sont super beaux en général, pi complètement horribles dans le cas contraire.
La seule affaire qui m’a dérangé, c’est que les japonais se parlent entre eux en anglais. Je sais ben que le film a été fait pour les États-Unis, mais ça enlève un peu de crédibilité. C’est normal qu’ils parlent en anglais à l’américain du film, mais pas entre eux.

Verdict : c’est pas un très grand film, mais c’est ben faite pi ça vaut la peine de le voir si on veut dequoi d’assez dégueulasse.

Uzumaki pi Gyo, par Junji Ito

mars 14, 2010

Junji Ito est un auteur japonais de mangas d’horreur. Il en a publié une couple mais les seuls que j’ai trouvé sur Internet c’est Uzumaki et Gyo. Ils sont disponibles sur http://www.onemanga.com.

Uzumaki

Publication : 1998

En gros, c’est un gars pi sa blonde qui se rendent compte que leur ville est envahie par la spirale, qui est ici présentée comme une forme maléfique. Le monde commence à être obsédé par la spirale, mais ça empire. Facque on suit Kirie pi Shuichi essayent de pas se faire contaminer eux-autres aussi. Les 19 chapitres forment 19 tableaux qui s’inscrivent dans le même univers : celui des spirales. On voit du monde se transformer en gros escargots laites, des pustules en spirales qui poussent sur le corps, la fumée du crématoire qui s’envole en spirale, des femmes enceintes qui utilise des vilbrequins pour sucer le sang du monde, pi d’autres affaires demême.

Gyo

Publication : 2001-2002

Des poissons avec des pattes sortent de la mer pi envahissent le Japon. Avec eux arrive une odeur horrible de pourriture. Tadashi pi sa blonde Kaori au requin qui leur coure après dans leur maison pi se poussent à Tokyo, où c’est encore safe. L’oncle de Tadashi est un scientifique; il met la main sur un spécimen de poisson marchant pi il découvre que les pattes sont en métal pi que le poisson est en train de se décomposer. Toute ça lui rappelle que son père, qui était scientifique pendant la guerre, avait travaillé sur un projet d’arme pseudo-bactériologique : un germe qui tue les être vivant pi qui fait sortir un gaz puant par la bouche pi le péteux. Mais là les poissons envahissent tout le Japon, pi des humains se font contaminer par le germe. C’est pas mal ça. Le manga compte 19 chapitres qui forment un tout, une seule intrigue.

Dans ces deux mangas-là, on retrouve l’esprit fucked-up pi tordu des japonais. Les intrigues sont vraiment bizarres (des fucking poissons qui marchent ou ben des cheveux en spirale qui se battent pour l’attention des gens) pi les images mettent sérieusement mal à l’aise. Quand je le lisais, parfois je pouvais pas m’empêcher de grimacer comme je le fais quand je vois du bon gore dans un film. Le noir en blanc empêche vraiment pas de montrer du dégueux. Ito réussi à nous faire croire à ce qu’il raconte : son requin sur des pattes de métal fait peur, alors qu’il aurait facilement pu être juste ridicule. Il réussi à trouver des moyens pour écoeurer le lecteur qui sont très efficaces. Facque, big up.

Le problème, c’est le scénario pi les dialogues. Des fois, ça niaise pi c’est un peu trop long. Dans Uzumaki, on est intrigué au début mais assez vite le mystère laisse place à des péripéties plus ou moins enlevantes. Mais c’est dans Gyo que les lacunes sont les plus évidentes : l’auteur c’est pas cassé la tête. Il a besoin de quelqu’un qui examine les poissons : l’oncle de Tadashi est un scientifique. Il a besoin d’expliquer l’origine des poissons : le père de l’oncle de Tadashi a élaboré le projet pendant la guerre. C’est facile, un peu.

Mais le point fort de Junji Ito, c’est sa capacité à déstabiliser le lecteur. Il réussi tout le temps à nous surprendre, soit avec des images horribles ou ben des idées dégueuses. Quand Tadashi se retrouve dans le cirque dans Gyo, on se dit vraiment What the fuck? C’est pas du déjà-vu pi ça fait du bien de voir dequoi de nouveau, parce que c’est plutôt rare dans le monde de l’horreur.

Verdict : malgré les problèmes de scénarios, ça vaut la peine de tchèquer ça, parce que c’est vraiment fucked-up.

Ça, c’est une image du film Uzumaki, sorti en 2000. À part ça, le film est pourri. Faut lire le manga.

Piercing, par Murakami Ryu

mars 13, 2010

Parution: 1994 au japon, pi 2007 au Royaume-uni.

C’est toujours un peu bizarre de lire Ryu Murakami. Y a vraiment rien à voir avec l’autre Murakami. Non, y est fucked up en esti. Agréablement fucked up.
Dans Piercing, pas de zombie, de monstre, de vampire, pas de petite fille morte avec les cheveux dans’ face, pas de Godzilla, ni d’esprit maléfique, pas de curse sur un village, ni de virus mortel. Juste le récit de deux êtres humains troublés pi une plongée dans leur univers de démence quotidienne. C’est là qu’il est, le fantastique, dans les plus petits recoins de l’âme, ceux qu’on balaye jamais parce qu’y faudrait se pencher un peu trop à notre goût.
Ça va faire les métaphores poches.

He pushed the door wide and stepped into the bathroom. As the steam began to dissipate, the girl materialized on the edge of the tub. She was sitting there completely nude, stabbing herself in the right thight with the scissors of a Swiss army knife. When she noticed Kawashima, she gave him a little smile and spread her legs as if to show him the bits of bloody flesh caught in her pubic hair.

Facque, du sexe pi de la violence. Ben oui. Allez je résume :
C’est le récit d’une soirée dans la vie pi dans la tête de deux personnages : Kawashima est marié pi a un flo, un tout petit bébé. Tous les soirs, il le regarde dormir en s’empêchant de le stabber avec un pic à glace. Pour éviter ça, y décide de stabber quelqu’un d’autre, tsé, pour passer son envie. Chiaki, elle, est une pute sado-maso qui écoute du classique pi est complètement fuckée par les abus que son papa lui faisait subir quand elle était jeune. Les deux personnages finissent par se rencontrer, pi la soirée qu’ils passent ensemble, ben c’est le roman.
Murakami nous fait entrer dans le cerveau de chacun d’eux, pi ça ça nous fait peur pour l’autre personnage. Ses descriptions d’un esrit fucké est crissement précise pi convainquante. D’ailleurs, sur mon édition du roman, un journaliste du Times compare l’auteur à Poe, pi je comprends ce qu’il veut dire. C’est l’exposition lucide d’un comportement déviant par le fou lui-même, un peu comme dans Bérénice ou The tell-tale heart. Le personnage sait qu’il est pas fou, pi il nous explique pourquoi. Quand on lit le roman, on comprend le personnage, pi on le prend en pitié.
L’horreur, dans Piercing, est dans la tête des personnages. Ils sont tous les deux victimes d’abus dans leur jeunesse, abus qui les ont forcé à se retirer de la réalité pour être capable de les surmonter. Leur démence est pas le résultat de la violence, mais la solution. Mais elle les force à vivre en marge du mode réel. Ils peuvent agir normalement mais la peur de la perte de contrôle plane toujours au-dessus d’eux. Tous les actes horribles commis dans le roman sont perpétrés non pas contre la volonté des personnages, mais sans leur volonté, comme si ils quittaient leur corps un moment. Aussi, Piercing aborde la question de la complexité et la difficulté des relation humaines. Tout le long, ils interagissent en interprétant tout croche les agissements de l’autre. Si on veut, c’est comme un gigantesque quiproquo violent pi fucké. Le lecteur est impuissant devant ce qu’il lit parce qu’il sait ce que chacun a en tête pi que les deux personnages se trompent sur le compte de l’autre. Murakami Ryu montre à quel point il est impossible de comprendre complètement quelqu’un et de savoir les vraies motivations de ses actes. Même si on le sait pas, on a tous des comportements qui trouve leur source dans dequoi de pas clean.
Ryu fait monter la tension par ce jeu d’incompréhension et en nous faisant découvrir peu à peu à quel point les personnages sont fuckés. Son écriture est tellement précise; il décrit des concepts pi exprime des états d’âme qui sont tellement complexes mais qu’on comprend sans problème.
Verdict : à lire pour ceux qui veulent entrer dans le cerveau de deux personnes fuckées solide. C’est l’équivalent littéraire d’un cours sur les psychopathologies. En plus, c’est fucking bon.