Ombres, par Jonathan Reynolds

Éditeur : Les six brumes
Parution : 2002
192 pages

Y a quelques années, je marchais tranquille dans le centre-ville de Sherbrooke. Y avait un dude à un kioske sur la place des moulins pi chu allé voir ce qu’y vendait. C’est là que j’ai appris l’existence de Jonathan Reynolds. J’ai acheté Nocturne, pi après chu allé pogner Ombres au Tourne-Livre.

« William, jeune auteur, conduit sa chevrolet. En route vers Silent Valley, il recherche sa créativité perdue. Mais de vieux souvenirs croisent son chemin et le plongent dans les abîmes de son inconscient. Lorsqu’il se retrouve seul au fond du gouffre, son manque d’inspiration cède la place à des cauchemars plus ténébreux. Ceux-ci fracassent son esprit. Sa mémoire se fragmente. Au cœur de la nuit, William est tourmenté. Parviendra-t-il à reconstituer la mosaïque de ses souvenirs pour comprendre le présent? Et à sortir des griffes de ces créatures obscures, les Ombres. »

Je l’avais lu à l’époque, pi je l’ai relu pour avoir un updater mon opinion. Tout d’abord : hostie que le cover est laite. Ensuite : si j’avais à résumer ce que je pense de ce roman-là, je dirais J’aime le fond mais pas la forme. Voulant dire : j’aime l’idée générale, mais pas le traitement.

C’est l’histoire de William qui revient à son village natal – au nom étrangement creepy, Silent Valley. Là, y rencontre la fille sur laquelle y trippait, son ami avec qui y a eu un frette pi Pépé Grognon, un méchant vieux monsieur qui l’a un peu traumatisé. Mais le problème, c’est que les ombres ont pas l’air nice. William se fait sauver par Billy, un jeune ado, pi sa gang. Y se réveille dans une chambre toute blanche. Pi y essaye de comprendre ce qu’y crisse là pi y règle des comptes avec sa vie pi son passé. Dequoi demême.

J’aime l’idée que le fantastique (les ombres) soit un genre de matérialisation d’évènements ou de pensées qui ont causé un traumatisme plus ou moins conscient chez William. Un peu comme dans The haunting of Hill House, la psychologie se mélange au fantastique. Ce traumatisme-là revient tout le long du roman; des flashbacks de l’enfance de William. C’est comme un casse-tête, mais le problème c’est que ça prend juste une cinquantaine de pages avant de le finir. On a l’explication un peu trop vite pi trop clairement. C’est comme si le 2e niveau de lecture était expliqué dans le roman, ce qui laisse pu gran-chose en arrière plan :

« William se ferme les yeux. L’image de Pat, Billy et leur bande se glisse dans son esprit. Il sait maintenant que Pat représente Patty, en quelque sorte, et que Billy le représente lui, auparavant. Et les autres, le reste de la bande, probablement. »

Le long soliloque de William dans sa chambre est trop révélateur. Le personnage nous explique ce qu’on devrait comprendre au lieu de nous le faire deviner. J’ai trouvé ça un peu maladroit.
À partir de ce bout-là, j’ai comme décroché. La perte de l’innocence pi toute, c’est ben beau, mais à force de se le faire répéter, ça devient chiant. Pi la grosse affaire de tuer toutes les ombres, c’est trop long. En plus, William insulte tout le monde en faisant une croix sur son passé pi les répliques sont pas ben bonnes :

«- Je n’ai plus besoin de tous ces regrets!
Les ombres reculent.William avance vers elles, puissant. Un sourire victorieux règne sur son visage.
– Je vous éliminerai tous, l’un après l’autre! Affirme-t-il. Jusqu’au dernier! »

En général, les dialogues sont pas à mon goût dans le reste du récit aussi. Anyway.

J’ai hâte de lire un roman plus récent de Reynolds, pour voir l’évolution de son écriture. Ça tombe ben, j’ai gagné un exemplaire de La nuit du tueur, qui va sortir quelque part cet automne. Voilà.

Verdict : pas recommandé. C’est un peu trop maladroit.

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