Archive for the 'Films 2010' Category

Tucker & Dale vs Evil

juin 9, 2011

Réalisation : Eli Craig
Scénario : Eli Craig pis Morgan Jurgenson
Pays : Canada
Sortie : 2010

Depuis sa présentation à Fantasia en 2010, j’ai juste entendu des bons commentaires à propos de Tucker & Dale. Sur Imdb, même affaire. Je trustais pas trop le film, surtout avec son scénario basé sur un malentendu, mais je l’ai regardé pareil, au cas où.

Résumé

C’est l’histoire de Tucker pis Dale, deux gentils rednecks canadiens qui partent en voyage de pêche dans leur shack ché pas où. Mais une gang de college kids se retrouvent dans le shack d’à côté, pis pour tout plein de raisons, y sont sûrs que Tucker pis Dale sont des rednecks dangereux à la Texas Chainsaw Massacre ou Two thousand maniacs. Mais vingt an plus tôt, une gang de jeunes a été tuée par des hillbillies sans pitié. Pendant la nuit, les jeunes vont skinny dipper. Une des filles glisse sur une roche pis se pète la tête. Tucker pis Dale vont la sauver de la noyade pis y veulent la ramener à ses amis en criant « We got your friend ! » Facque les college kids commencent à sérieusement choker. C’est là que le preppy de la gang décide d’aller récupérer son amie pis que le preppy devienyt psycho.

Critique

Étonnement, l’idée du quiproquo fonctionne ben. Eli Craig essaye pas de nous faire croire au scénario, y veut juste nous faire rire en mettant les personnages dans des situations crissement invraisemblables, comme le nid de guêpe pis la chainsaw. Facque ça nous dérange pas que les jeunes meurent tout le long du film de façon pas rapport. Certaines situations sont crissement drôle, comme quand Dale explique au policier que les jeunes se sont suicidés sur leur propriété. Mais le côté comédie du film est pas constant : y a des fucking bonnes jokes, mais y en a aussi des trop faciles qui marchent pas vraiment. Mais overall, les bonnes jokes valent la peine de se taper les moins bonnes.
Du côté du gore, c’est quand même réussit. Pas des gros plans à la Fulci, mais plutôt des grosses effusions de sang qui splashent à la Kill Bill. Mais, surtout, des morts crissement drôles pis inventives. La scène où Tucker essaye de retenir le « college kid » pour pas qu’y passe dans le woodchipper.
Les deux acteurs incarnent ben les personnages pis réussissent à les rendre sympatiques pis toute. On finit même par les trouver cutes. Les autres acteurs font leur job correctement.
Mais là où ça se gâte, c’est vers la fin, quand l’étudiante en psycho tombe en amour avec Dale en surpassant les stéréotypes pis toute. À ce moment-là, ça devient un peu niaiseux pis presque moralisateur. C’est sûr que le message est positif, mais c’est trop appuyé.

Verdict

Recommandé. C’est pas la meilleure comédie d’horreur, mais c’est plein de bonne volonté pis y a des crisses de bonnes jokes. Les personnages sont attachants pis les quiproquos sont comiques. Le gore est cool, mais la fin est un peu décevante pis certaines jokes tombent à plat. Mais ça vaut la peine de le voir.

Publicités

Burning Bright

avril 24, 2011

Réalisation : Carlos Brooks
Scénario : Christine Coyle Johnson, Julie Prendiville Roux pis David Higgins
Pays : États-Unis
Sortie : 2010

Je pensais pas le regarder mais j’ai lu quelques bonnes critiques qui m’ont convaincu d’y laisser une chance. Mais, vraiment, je m’attendais à rien. Quand même, un ouragan, un petit gars autiste pis un tigre, ça a le mérite d’attirer la curiosité.

Résumé

Ça commence quand Johnny Gaveneau décide d’acheter un tigre pour monter un genre de Safari Ranch pour faire du cash avec les touristes. Ça tombe mal, parce que le gars s’y connait pas pis que le tigre a été expulsé d’un cirque le mois d’avant pour avoir bouffé quelqu’un vivant. Kelly, c’est la belle-fille de Johnny, qui lui est le chum de sa mère, qui est morte y a une couple d’années. Depuis la mort de sa mère, Kelly s’occupe de son petit frère autiste, Tom. Mais elle doit quitter la ville pour aller au college, facque elle utilise le cash que sa mère y a laissé pour placer Tom dans une institution privée pour qu’y soit bien traité. Mais c’est Johnny qui a utilisé ce cash-là pour acheter le tigre. Tout ça pendant qu’un ouragan s’en vient. Johnny fait barricader la maison mais Kelly pis Tom se retrouvent pognés dedans, avec le tigre.

Critique

En gros, c’est un slasher avec un tigre comme tueur. Kelly pis Tom veulent pas mourir, pis le tigre veut les manger. Y passe de proche de réussir une couple de fois pis toute. Étonnement, on sent quand même ben la tension pis le film réussit à nous stresser – au moins un peu. Ce qui m’a énervé, c’est le fait que le tigre, c’est pas juste un tigre; c’est un evil tiger (« That tiger is not scary. He’s evil. ») Comme si c’était pas déjà assez dangereux comme ça, pis comme si un animal pouvait être fondamentalement mauvais. On aurait pu se passer des grognements pseudo-épeurants, quand même.
La réalisation a rien de spécial, c’est juste normal, mettons. Genre que j’ai rien à dire à propos de ça, sauf qu’elle est maladroite par moments – le zoom in sur le cellulaire qui tombe dans la penderie.
L’actrice principale, Briana Evigan, livre une bonne performance, surtout dans les moments les plus tendus, comme quand elle voit le tigre pour la première fois; sa réaction m’a semblée assez crédible pis réaliste, comme le reste de ses tentatives pour décâlisser de la maison. Le petit autiste, le beau-père pis le tigre sont juste corrects. Mais le personnage de Johnny est beaucoup trop exagéré; c’est un crisse d’épais comme y s’en fait pas, y a aucune nuance pis c’est vraiment le « méchant » du film, qui mérite son sort à la fin (on apprend entre temps qu’y a tué la mère pis qu’y veut tuer les enfants pour toucher la prime d’assurance ? Sérieux ?). Ça c’est moins bon. La relation entre Kelly pis Tom est quand même intéressante, surtout la bout où elle rêve qu’elle étouffe son petit frère, qui demande vraiment beaucoup de son temps. Tout le long du film, elle se sent mal de le laisser pour aller étudier, même si tout le monde y dit que c’est sa vie à elle pis qu’elle doit penser à elle avant les autres. Facque on voit que ça la fait souffrir de s’occuper de son frère, même si elle l’aime pis toute. Ça, c’est bon.

Analyse

C’est ça qui m’a un peu tapé sur les nerfs, l’espèce d’histoire de Tom qui passe par-dessus la mort de sa mère; au début, y laisse personne le toucher pis le dernier plan du film, c’est Tom qui prend la main de sa sœur. Vu demême, c’est un espèce de récit initiatique pour Tom pis Kelly. Lui fait le deuil de sa mère, pis elle prend la décision de s’occuper de son frère. Parce que le tigre dans la maison représente la menace du fardeau qu’elle porte en s’occupant de son frère. Le tigre veut la tuer, tandis que son frère – même si c’est pas voulu – l’empêche de faire ce qu’elle voudrait dans la vie. Pis à un moment donné, y a un parallèle clair entre Tom pis le tigre. Après avoir passé proche de se faire pogner, Tom pis Kelly se ramassent dans la cuisine, où Tom pique une crise. Y crie « Eat now ! Eat ! », justement alors que le tigre veut les manger pis que sa sœur prépare des boulettes de steak haché aux pilules somnifères. Facque le film c’est une métaphore du conflit intérieur de Kelly. C’est intéressant, mais en même temps l’histoire de Tom qui prend sa main à la fin, c’est un peu trop niaiseux pour moi.

Verdict

Pas recommandé. Ça laisse indifférent pis la réalisation est platte malgré le tigre, l’autiste pis l’ouragan. De la bonne volonté, mais pas un bon résultat.

The descent : part 2

avril 17, 2011

Réalisation : Jon Harris
Scénario : James McCarty, J. Blakeson pis James Watkins
Pays : Royaume-Uni
Sortie : 2010 en Amérique du Nord

The descent, c’est un des films les plus épeurants que j’ai jamais vu. J’ai un faible pour les petits humanoïdes vicieux qui vivent au fond des cavernes. Anyway, en apprenant l’existence d’une suite, je peux pas dire que j’ai été content. Le premier était tellement bon qu’on pouvait juste le gâcher en faisant une sequel. Mais c’est comme ça, pis hier j’avais envie d’écouter un film sans me forcer, pis The descent : part 2 m’a semblé un bon candidat.

Résumé

Ça commence là ou le premier se termine (dépendament de quelle fin vous avez vu : celle où Sarah se pousse pis retrouve la route, ou celle où elle se réveille encore dans la caverne) : Sarah se fait embarquer par un truck pis elle se ramasse à l’hôpital. Le sheriff de la place, qui organise les recherches pour retrouver les 5 filles disparues depuis deux jours, va la voir. Y la soupçonne, parce qu’elle est la seule survivante pis qu’elle est pleine de sang. Mais le problème, c’est que se souvient de rien. À ce moment-là, la sheriff adjointe juge que c’est pertinent de lui rappeller que sa fille est morte, juste demême, tsé. Sarah capote pis toute. Comme si c’était pas assez, le sheriff oblige Sarah à venir avec eux dans une grotte louche que l’équipe de recherche a trouvé. La grotte est sous une ancienne chapelle. D’après un vieux monsieur qui traîne là sans qu’on sache pourquoi, le trou mène en enfer. Mais y décident d’y aller pareil. En bas, des images pas nices reviennent à Sarah, qui pète une coche pis qui se pousse toute seule. Les autres savent pas ce qui se passe pis se font attaquer par des humanoïdes; en fait, c’est comme dans le premier. Le monde meurt un à un. Mais, revirement de situation : Juno est pas morte, pis elle en veut à Sarah, on comprend pourquoi, elle l’a pioché dans la cuisse pour pouvoir sauver sa peau. Anyway.

Critique

On va se mettre d’accord sur une chose : les scénario, c’est pas fort. Ça a pas dû être ben ben compliqué écrire ce film-là; les dialogues pis les personnages sont pas crédibles – surtout pas la relation Sarah/Juno – pis en gros, c’est la même histoire mais avec du nouveau monde à tuer. Pis ça se renouvelle pas : toujours les mêmes façons de faire peur pis de faire sursauter, toujours un monstre derrière nous ou un bruit qui révèle notre position. Un peu comme Paranormal activity 2 : ça fait peur, mais vu que c’est pareil au 1er, on s’en crisse un peu. Y manque aussi la surprise, parce que les petits monstres, on les a déjà vu pis on sait à quoi on a à faire. En plus, le film joue sur les même ressorts narratifs : y a un éboulement, le groupe se sépare, quelqu’un se blesse, l’issue est bouchée, etc. J’aurais aussi aimé en apprendre plus sur les petits bonshommes méchants, mais bon.
Mais y faut pas regarder ça en espérant que ça soit la même chose que le premier. C’est juste un autre traitement, pis j’ai apprécié le film malgré tout. Parce que c’est vraiment plus gore que l’original. On voit plein de liquides gicler : du sang, de la glue d’humanoïde, du vomit pis même du caca de petit monstre des cavernes – la scène de défécation est d’ailleurs crissement excellente pis comique. C’est là que je veux en venir : le premier était super sérieux, mais le deuxième m’a fait rire aux éclats. Dans les highlights gore, y a : une tête écrasée sous une grosse roche, un bras coupé à coup de pic d’escalade pis le bout où du sang de cadavre coule dans la bouche de quelqu’un. Ça rappelle un peu Drag me to hell de ce point de vue là (genre, fluide corporel qui entre là ou y faut pas).
J’ai vu plein de mauvaises critiques qui chialent sur la fin du film. Évidemment que c’est pas très bon, mais je pense pas que c’était le but. Personnellement, quand j’ai vu ça, j’ai éclaté de rire., parce que je m’attendais à quelque chose – ça peut pas finir aussi bien – mais pas à ça. Oui, ça a pas rapport, mais au moins c’est drôle.

Verdict

J’hésite. Pas recommancé pour ceux qui veulent dequoi d’aussi bon que le premier. Recommandé pour ceux qui veulent un film léger avec du bon gore. C’est très très loin d’être un bon film, mais j’ai été capable de passer un bon moment pareil.

Taxidermia

mars 22, 2011

Réalisation : György Pálfi
Scénario : György Pálfi, Zsófia Ruttkay d’après les nouvelles de Lajos Party Nagy
Pays : Hongrie, Autriche pis France
Sortie : 2006 en Europe, 2010 en Amérique du Nord

J’ai trouvé ce film-là en cherchant une liste des meilleurs films d’horreur européens. Y était classé dans le top 3, ce qui est paspire pantoute. Ça avait l’air agréablement bizarre, facque je me suis dit Pourquoi pas ?

Résumé

Le film est composé de trois shorts qui mettent chacun en scène un personnage masculin qui est le fils du personnage du film précédent. La première partie se déroule pendant l’occupation nazie de la Hongrie. Morosgoványi est un soldat un peu attardé pi crissement obéissant affecté à la campagne à une tâche qui est pas trop claire. Son supérieur hiérarchique arrête pas d’y parler de pussy pi de dire que le vagin fait fonctionner le monde. On se rend compte assez vite que le gars est complètement fucké; en une demi-heure, on le voit s’adonner à la pyromanie, la pédophilie pi la nécro-zoophilie. En le pognant en train de fourrer les pièces découpées d’un cochon, son supérieur le tue d’une balle dans la tête.
On enchaîne ensuite sur l’histoire de Balatony, un sport-eater obèse né avec une queue de cochon pendant la période communiste. C’est un vrai champion du monde de gloutonnerie : on voit des concours pendant lesquels les participants doivent manger le plus possible en un laps de temps donné. Entre chaque épreuve, les concurrents vont vomir copieusement dans un gros bac, histoire de faire de la place pour l’étape suivante. À travers la quest de Balatony pour la reconnaissance mondiale, y a une histoire d’amour avec une femme obèse elle aussi.
Dans la troisième partie, on suit Lajos, un taxidermiste maigrichon qui s’occupe de son père, devenu un genre de Jabba the Hutt qui est pus capable de se lever. Après une chicane entre le père pi le fils, les chats s’échappent pi tuent le papa obèse morbide en y bouffant les organes. En rentrant, Lajos décide d’empailler son papa, pi ensuite de s’empailler lui-même. Le résultat de son œuvre est exposé dans un musée d’art contemporain.
En gros, c’est l’histoire de trois générations d’hommes qui meurent à cause de leurs obsessions pathologiques.

Critique

Je dois dire ici que ce film-là correspond pas pantoute à l’idée qu’on se fait généralement d’un film d’horreur. Aucun rapport avec le slasher, la maison hantée ou le torture porn. Ça veut pas dire pour autant que c’est pas horrible; définitivement, certaines scènes sont dégueuses, dont celle de l’auto-empaillement. C’est gore aussi, vu qu’y a beaucoup d’écoulements de fluides corporels. Sauf qu’y a pas le suspence pis la tension qui vont d’emblée avec le genre de l’horreur. Y a vraiment rien de surnaturel non plus, même si on est pas tout à fait dans notre réalité. Pis y a quand même beaucoup d’humour, comme quand le gars se fait croquer le zouiz par un coq, où quand les deux obèses amoureux embarquent dans un manège. En général, le film est grotesque, ce qui le fait entrer dans la catégorie horreur, mais on on verra ça plus tard. Pas un film d’horreur traditionnel, donc; c’est pour ça que ça vaut crissement la peine de le voir.
En terme d’affaires dégueuses pis de facteur beurk, ce film-là est excellent : tout plein de déviances sexuelles fucked up, des plans assez explicites d’organes génitaux en pleine action, des obèses qui dégueulent pendant crissement longtemps, une scène de découpage d’un porc qui rappelle un peu la tortue dans Cannibal Holocaust pi une scène d’empaillement de genre 5 minutes qui lésine pas sur les gros plans. Ça veut écoeurer, pi ça réussit à écoeurer.
Mais c’est pas juste dégueu; c’est crissement ben réalisé. Les plans sont vraiment superbes tout le long pi les effets visuels sont sicks, comme le travelling autour du bain pis la scène quand Morosgoványi entre dans son livre illustré de La petite fille aux allumettes. Les acteurs font une job de malade pour rendre crédibles des scènes pas faciles à jouer.
Je donne un big up aussi à Amon Tobin, qui a composé la musique du film, musique qui réussit à rendre l’atmosphère encore plus bizarre qu’elle l’est déjà avec son ton électro-agressant-weird.

Analyse

Revenons au grotesque. Dans son ouvrage Écriture de l’excès, poétique de la terreur et fiction fantastique, Denis Mellier oppose au courant fantastique littéraire de la litote une poétique de l’exagération propre aux récits fantastiques populaires, à la Stephen King. Mellier affirme que l’horreur se retrouve autant dans la suggestion que dans la monstration exagérée, tant au cinéma qu’en littérature. Sauf que c’est facile de tomber dans le ridicule : on a juste à penser au démon à la fin de Season of the witch pour s’en rendre compte. C’est là que le grotesque arrive : le grotesque, selon Mellier, combine humour pis terreur en une même image, comme, mettons, la tête décapitée qui viole la fille dans Re-animator, ou la scène du souper de famille au début de Braindead. On hésite entre éclater de rire pis dégueuler partout. C’est drette ça qu’on voit dans Taxidermia : on rit tout le long mais en même temps on est mal à l’aise : on rit en voyant les obèses dégueuler pendant crissement longtemps comme si c’était normal, mais en même temps, nous aussi on a envie de dégueuler. C’est pour ça que le film est côté horror pi comedy sur Imdb. Sauf que c’est ni un ni l’autre, facque y ont ajouté drama, à défaut de pouvoir décrire exactement c’est quoi ce film-là.

Le film commence avec une voix off qui, on s’en rend compte à la fin, est celle du directeur du musée où est exposé le corps empaillé de Lajos. Au début, la voix dit quelque chose comme « La fin d’une chose est le point de départ d’une autre », pi à la fin, le directeur ajoute : « Different things are important for different people. Space, for some. Or time, for others. ». Pendant qu’y dit ça, y a un zoom in sur le corps. C’est pas ben ben dur à interpréter : Morosgovany (1re partie) meurt en laissant un fils, Balatony (2e partie), qui meurt juste avant que son fils, Lajos (3e partie) fasse une œuvre d’art géniale. J’ai lu des analyses politiques de Taxidermia sur Imdb, mais d’après moi, le sujet principal du film, c’est l’immortalité. De génération en génération, on voit la Bêtise humaine se propager : le taré sexuel pédo-zoo-nécrophile engendre un obèse morbide obsédé par la bouffe, qui lui-même engendre un taxidermiste sociopathe – qui est, en fait, le personnage le plus sain du film. La compulsion transcende les époques pi la Bêtise meurt jamais. En plus, pris indépendaments, les trois parties mettent en scène des personnages en quête d’immortalité. Morosgovany le fait en répandant sa semence à tout vents (pensons à la scène où son sperme jaillit jusqu’au ciel étoilé, faisant apparaitre de nouveaux points blancs dans l’immensité de la nuit), Balatony en voulant atteindre la gloire du sport-eating pi Lajos en empaillant des animaux – donc en leur donnant l’apparence d’être en vie. Mais le seul à déjouer la mort, au final, c’est Lajos, qui fait de son corps une œuvre d’art. Étrangement, Lajos doit se suicider pour vivre éternellement.
On voit aussi l’obsession de l’immortalité dans l’image récurrente de la grosse femme, qui symbolise, dès la préhistoire, la fécondité. On peut penser au long monologue – d’ailleurs fucking drôle – du supérieur de Morosgovany qui dit : « It’s not the world that makes cunt go around, but it’s cunt that makes the world go around. » Ce qui, d’une certaine façon, est très vrai. La seule façon pour l’Homme de pas disparaitre complètement pis d’atteindre un semblant d’immortalité, c’est par la reproduction, qui passe, effectivement, par le « pussy ». Mais on peut aussi l’atteindre en laissant derrière soi une œuvre marquante, comme Duchamp ou, à un autre niveau, Hitler.

Verdict

Recommandé, à tous ceux qui ont les reins solides pis qui veulent être déstabilisés. Ceux qui veulent un film d’horreur classique seront pas satisfaits. Mais si on veut vivre une expérience cinématographique hors de l’ordinaire, y faut absolument voir Taxidermia.

Marble Hornets

février 19, 2011

Réalisation : Marble Hornets
Scénario : Marble Hornets
Pays : États-Unis? Canada?
Sortie : 2010-2011…

Marble Hornets, c’est une websérie d’horreur dont j’ai entendu parler par une source anonyme, que je remercie ben gros, en passant. Ça a commencé à être diffusé sur Youtube en 2010. La première saison comporte 26 épisodes pi la deuxième vient de commencer y a deux mois, pi y a déjà 9 épisodes. Les épisodes peuvent aller de quelques secondes à quelques minutes. Anyway, voici le premier épisode :

Résumé

Rapidement : c’est l’histoire de J, un étudiant en cinéma qui a récupéré toutes les cassettes qu’un de ses amis, Alex, avait tourné avant de quitter la ville. Y était en train de faire un film, y est devenu bizarre, y s’est mis à toute filmer ce qu’y faisait pi y est parti. Facque chaque épisode, c’est J qui post dequoi de weird qu’y a trouvé sur les milliers de tapes de Alex. Mais à un moment donné, y commence lui-même à être impliqué dans l’histoire, pi y se met à filmer lui itou.
Je veux pas en parler trop parce que ça fait partie de toute la gimmick de found footage pi toute. En gros, c’est des posts sur Youtube qui font semblant d’être vrais pi qui sont postés par un user qui s’appelle Marble Hornets. À peu près à la moitié de la première saison, un autre user, Totheark, a comme commencé à poster des réponses aux vidéos, comme si ce qui arrive dans les posts est réel pi que toute ça se passe pour vrai. Bon.

Critique

Je veux mettre en garde tous les haters du found footage : c’est pas du caca qui nous prend pour des cons comme The Fourth Kind. C’est du found footage à son meilleur, qui fitte vraiment ben avec le format websérie. Ce qui est intéressant, c’est que J, y connait pas les dates des tapes. Facque y regarde ça random, sans savoir ce qui vient avant ou pas. Le résultat, c’est des éléments étranges pi disparates qui forment pas une trame narrative claire. On sait pas ce qui vient avant ou après, pi faut essayer de reconstruire tout ça. Ça change du found footage qu’on voit d’habitude. Pi y a aussi beaucoup de jeux avec l’image, soit qui griche, ou ben qui se coupe en deux, par exemple, pi avec le son, qui fucke des fois. Les réalisateurs ont vraiment réussit à tirer le plus possible du sous-genre.
Ici, faut que je spécifie que c’est une petite production amateure, pi très modeste dans ses moyens. Ce qui fait que des fois, le jeu des acteurs est pas génial. Mais la plupart du temps, ça dérange pas pantoute. C’est cheap, mais c’est fucking ben réalisé. J’ai ben aimé le post où y a une entrevue avec un gars, pi que la caméra filme juste son torse pi ses bras, mais pas sa tête. Tout le long, on voit le gars jouer avec le coin d’une feuille de papier, comme on ferait si on était stressé. C’est pas grand-chose, mais c’est fucking bon.
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ça fait peur. Des sauts, de l’angoisse pi toute. La technique classique de la caméra subjective – à la [REC] – est utilisée, mais pas trop, pi judicieusement. Ce qui fait le plus peur, c’est la bizarrerie des différents éléments mis en place au cours de l’intrigue. Comme je l’ai dit, c’est pas linéaire. Facque y une accumulation de motifs récurrents – les pilules, le gars en suit, les bonhommes en tissu, etc – mais qu’on comprend pas trop pi qu’on est incapables de lier logiquement. Ça laisse une impression d’étrangeté pi d’imprévisibilité qui nous rend vulnérables, en tant que spectateurs.

Verdict

Recommandé, crissement recommandé. C’est original pi vraiment ben faite. Ça fait étrangement peur pi c’est agréablement weird. Jouez le jeu pi aller voir de quoi ça a l’air, ça vaut la peine.

Dream Home

février 9, 2011

Réalisation : Ho Cheung Pang
Scénario : Ho Cheung Pang , Kwok Cheung Tsang pi Chi-Man Wan
Pays : Hong-Kong
Sortie : 2010 à Hong Kong, pas encore en Amérique

Le dernier film hongkongnais que j’ai vu, c’est Ebola Syndrome : l’histoire d’un gars qui répand le virus ebola dans toute la ville, entre autres via des hamburgers infectés. C’est donc avec joie que j’ai accueilli Dream home. J’ai pas vu ben ben de films d’horreur asiatiques dans la dernière année, le film a eu des paspires reviews pi le poster est magnifique, facque :

Résumé

C’est l’histoire de Cheng Lai-sheung, une jeune femme travaillante qui économise depuis crissement longtemps pour s’achetr un appartement avec une belle vue sur le port. Sauf que, en 2007, à Hong-Kong, se trouver un appart, c’est presque impossible à cause de l’état pitoyable du marché. Mais son père tombe malade pi Cheng découvre que l’assurance couvre pas les dépenses de l’opération. Entre temps, elle réussit à négocier l’achat de l’appartement de ses rêves; sauf que, finalement, les proprios chokent parce qu’y pensent pouvoir vendre pour plus cher. Cheng pète un plomb pi elle décide de prendre les grands moyens pour l’avoir, son appart.

Critique

Dès le premier plan, on voit que la photo est bonne pi que le cadrage est super léché pi symétrique. On sait que ça va être ben filmé. Le générique est crissement beau : des plans immenses de facades d’immeubles à logement qui débordent de tous les bords pi qui montrent la démesure. Y a aussi beaucoup de jeux avec l’objetif, comme par exemple des reflets ou en filmant à travers une fenêtre ou un grillage.
Dès la première scène, on voit que le gore sera pas doux : le gars se fait serrer un tie-rap autour de la gorge pi y essaye de la couper avec un exacto, ce qui marche pas tant, finalement. C’est comme ça tout le long : du gore vraiment inventif pi ben faite, dans le genre qui fait grimacer pi gigoter sur son siège. Rien de choquant, quand même, mais du dégueux en masse. J’ai particulièrement aimé les coups de couteau dans le dos qui ressortent dans le torse : je comprend pas trop comme c’est faite, mais c’est cool.
Ce qui est intéressant, dans ce slasher-là, c’est la structure : au lieu d’être linéaire comme tous les autres, les meurtres ont tous lieu dans la même soirée. Cette soirée-là est entrecoupée de flashbacks qui « expliquent » le massacre. C’est cool parce qu’on sait dès le début du film que la fille va tuer du monde, sauf qu’on comprend pas pourquoi elle va le faire. C’est un autre type de suspense.
Les dialogues sont la plupart du temps assez bons pi le jeu des acteurs est juste parfait pour un film de ce genre-là, qui demande pas vraiment des performances hors de l’ordinaire. Josie Ho, l’actrice principale, fait une ben bonne job, en plus d’être la plus jolie slasheuse depuis la mère de Jason.
Une petite affaire qui m’a dérangé : l’humour. Le premier tiers du film est complètement dénué d’humour. Après ça, de temps en temps, on a droit à une blague genre à la Hatchet. C’est pas que les jokes sont mauvaises (le gars avec les intestins à terre qui veut pogner une dernière poffe de son joint qui est malheureusement éteint, pi quand finalement à la fin y se fait tirer dans la tête, de la fumée sort de sa bouche), mais juste que c’est pas assez appuyé. Au lieu d’être une comédie d’horreur, c’est un film d’horreur sérieux avec des jokes de temps en temps. Ça brise un peu le ton, j’ai trouvé.

Analyse

Vite demême, on voit une critique de la situation de la spéculation immobilière à Hong-Kong (pi aux États-Unis, aussi). Mais ça va un peu plus loin que ça dans la dénonciation du capitalisme. Vous me reprendrez si je me trompe : quand Cheng était jeune, sa famille s’est fait sacrer dehors de chez eux pour construire des grosses tours à habitations. Quand elle est devenu grande, ces habitations-là sont devenues inabordables, ou presque. Malgré tous ses efforts pour récupérer ce qui lui avait été volé, Cheng réussit quand même pas à réaliser son rêve : avoir son appart. Le capitalisme cause nos problèmes pi nous permet même pas de les régler. Facque elle décide de tuer plein de monde dans l’immeuble pour que le prix baisse. C’est un retour à la loi de la jungle, au chacun-pour-soi prôné par le néo-libéralisme; le meurtre apparait donc comme la manifestation la plus pure du capitalisme. Malgré tout, à la fin, quand on constate avec étonnement que son plan a fonctionné, on apprend que la crise aux États-Unis vient d’éclater, ce qui vient fucker les plans de Cheng, qui s’était fait dire que c’était un bon moment pour investir. Ainsi, malgré tous ses efforts, l’homme moderne est constamment menacé par l’épée de Damoclès qu’est la loi du marché, comme si on pouvait pas échapper à sa « main invisible ».
Mais c’est pas tout : y a aussi une critique du patriarcat. Dès le début, on constate que Cheng est opprimée par son chum, qui pense juste à la baiser, pi par son père, qui a des idées très précises sur ce que devrait être une femme. Tout le film apparait alors comme une émancipation du joug masculin qui mène l’héroïne au meurtre pi au parricide. Le motif du phallus revient tout le long du film, la plupart du temps sous la forme de huges building qui pointent vers le ciel, mais aussi, plus explicitement, dans une scène d’émasculation plutôt évocatrice. On remarque aussi que ce qui drive Cheng, c’est l’idée d’avoir une « chambre à elle », ce qui renvoit à l’essai de Virginia Woolf sur la condition féminine. Elle dit que la femme va être libre le jour où elle va avoir un espace privé pi personnel. Facque Cheng se bat pas pour un appart, mais pour sa liberté. Sauf que pour atteindre sa liberté, elle s’approprie certains attribus masculins; dans cette optique-là, le fait qu’elle ait utilisé les outils de son père pour commettre les meurtres est très significatif. D’ailleurs, après avoir fait son massacre, symbole de son émancipation, elle devient spure d’elle pi dominante, comme on peut le voir dans sa conversation au téléphone avec son agent immobilier. En s’appropriant une certaine masculinité, elle renverse le schéma dominant/dominé dont elle était victime depuis le début. Elle devient un mâle alpha. Donc, la seule façon de se libérer de la domination masculine, c’est en devenant soi-même un homme.

Verdict

Recommandé. C’est ben filmé, ben joué, y a du bon gore pi les meurtres sont inventifs. Un bon divertissement sur fond de commentaire social.

Frozen

janvier 18, 2011

Réalisation : Adam Green
Scénario : Adam Green
Pays : États-Unis
Sortie : 2010

Le film de Green me tentait pas plus que ça, mais après avoir vu qu’y était sur plein de tops 10, je me suis dit Pourquoi pas ? J’ai pas l’impression que ça fitte dans la catégorie horreur, mais tous les fans d’horreur en ont parlé. J’avais aimé Hatchet mais j’ai haït Hatchet 2, facque j’avais hâte de voir Green dans un autre genre que la comédie d’horreur.

Facque c’est l’histoire de Walker, de sa blonde Parker pi de son ami d’enfance Lynch, qui s’en vont en ski pour une journée. Y réussissent à briber le gars des remonte-pentes pour faire une dernière descente avant la fermeture. Mais y a une confusion pi la station ferme quand les trois sont encore dans les chaises, pi elle sera pas ouverte avant 5 jours. À c’t’heure, faut survivre.

J’ai eu des impressions mitigées après avoir écouté Frozen. Je commence avec le chialage : y a des grosses faiblesses au niveau du scénario. D’abord, on peut pas s’empêcher de comparer toute l’intro avec Open water : à cause d’un malentendu, on oublie du monde qui sont pognés dans une situation pas possible. C’est sûr que l’intérêt, c’est pas comment y restent pognés, mais plus comment y s’en sortent. Ensuite, sérieux, les trois amis sont vraiment poches pour se protéger du froid, à un point que c’en est frustrant pi ridicule : la fille a des engelures dans la face, mais si elle montait le zipper de son manteau, elle aurait le visage couvert jusqu’en dessous des yeux. Lynch, lui, a un capuchon, mais y le met pas. Pi les trois restent assis, sans se coller ni se mettre en boule. Pour un québécois qui voit ça, c’est pas logique. Ensuite, les loups. La station de ski ferme, pi les loups arrivent, direct demême. J’avais vraiment l’impression que les loups étaient là juste pour donner un peu de tension dans un film qui se déroule dans un seul décor. C’était pas crédible.
Bon.

Cela dit, y a pas juste du pas bon là-dedans, même qu’y a du très bon stock. Faut passer par-dessus les invraisemblances du scénario pi les accepter. Une fois qu’on a fait ça, on peut apprécier le film. Les personnages sont crédibles. Y sont un peu typés, c’est sûr (genre l’ami qui fait tout le temps des jokes), mais leurs interations sont réalistes pour du monde de leur âge. Les dialogues sont la plupart du temps vraiment bons pi y rendent le film intéressant. Y pas grand-chose qui se passe pi c’est dur de garder l’attention du spectateur vu que les personnages sont pognés dans un chairlift sans bouger : mais les dialogues viennent dynamiser le film, sans quoi ça aurait pu être très très long. Les acteurs réussissent à bien incarner les personnages pi les rendre attachants. Mais ce qui est fucking bon dans Frozen, c’est la réaction des personnages à ce qui leur arrive. Là je parle pas des solutions qu’y ont trouvé pour s’en sortir; sauter en bas pi grimper sur les câbles, tout le monde y aurait pensé. Quand les lumières ferment, y comprennent que c’est pas normal mais y essayent de se rassurer pareil, un peu comme je – ou n’importe qui – le ferais si j’étais pogné là. Pi quand Walker se crisse en bas pi se pète les deux jambes, sa réaction est incroyablement juste. C’est tellement réaliste que c’en est troublant. Le gars y capote ben raide pi ça fait de la peine à voir, surtout à cause des fractures ouvertes vraiment dégueuses à la Hatchet. J’étais vraiment dégoûté pi pas ben en voyant cette scène-là. Pi y en a d’autres, moments comme ça.

Adam Green réussit à nous faire angoisser tout le long du film, ce qui est une bonne chose. Certains plans sont vraiment beaux même si en général la réalisation est assez classique. Ce que le réalisateur fait le mieux, c’est les interactions entre les personnages, qu’y réussit à rendre très humains, surtout quand y font face à des moments extrêmes.

Verdict : Recommandé, pour le facteur choc. C’est pas un grand film, pi je le mettrais pas dans un top 10. C’est pas non plus un film d’horreur. Mais c’est intéressant malgré quelques accrocs scénaristiques.

Cabin Fever 2 : Spring Fever

janvier 16, 2011

Réalisation : Ti West
Scénario : Joshua Malkin, Randy Pearlstein pi Ti west
Pays : États-Unis
Sortie : 2010

J’ai vu Cabin Fever sans trop savoir c’était quoi, pi j’ai trouvé ça divertissant pi correct. Facque c’est avec surprise que j’ai vu que le 2 était dans le top 10 2010 de quelques personnes. Je pensais que ça serait une suite pas vraiment bonne à un premier pas vraiment bon non plus.

John décide de pas aller à son bal de finissant parce qu’y a personne qui l’accompagne pi parce que ça y tente pas. C’est un genre de nerd cool mais renfermé. Son ami Alex, c’est le comic relief du film, pi y finit par convaincre John d’y aller. Malgré les menaces du chum de Cassie, John l’invite pareil à la dernière minute. Pendant ce temps-là, l’eau embouteillée par la compagnie Down Home Water est infectée par la maladie de peau du premier film, pi c’est avec cette eau-là que le punch de la Prom night est fait. On devine aisément le reste.

J’ai été crissement surpris par Cabin Fever 2. Chu un fan de House of the devil, mais je pensais pas que Ti West allait réussir à faire dequoi de bon avec ça. Mais j’avais tort. Cabin Fever 2, c’est une comédie d’horreur plus appuyée que l’original de Eli Roth. On rit plus pi les jokes sont plus claires. L’humour est un peu hipster par bouts mais overall, c’est fucking drôle tout le long. Si on ajoute à ça du gore incroyablement dégoûtant, ça donne un crisse de bon résultat. Le gore est pas vraiment réaliste, mais c’est pas grave. Ti West joue sur nos cordes sensibles : les ongles arrachés, les organes génitaux infectés pi des affaires dégueuses ingurgitées. On a droit à tous les fluides corporels : sang, pus, sperme, pisse, etc. La maladie infectieuse se manifeste d’abord par l’apparition de pustules blanches, la vomissure de sang pi finalement, la mort. Tout ça fait sérieusement grincer des dents. Pi l’orgie de sang dans la salle de bal est quand même intéressante, aussi.

C’est sûr que l’histoire d’une maladie hyper contagieuse qui se répand est pas vraiment originale, mais c’était pas ça le but. Le scénario d’une comédie est réussit quand y fait rire. Facque y a pas de problème de ce côté-là. Même que si on creuse un peu – vraiment un tout petit peu, on voit que la maladie peut être envisagée comme une métaphore des MTS pi de l’hypersexualisation de « notre belle jeunesse », ennemi post-hyper-méta-moderne par exellence. Oui oui : 1. La maladie se répand par échange de fluide; 2. Tous les personnages qui touchent de près ou de loin à l’activité sexuelle finissent par mourir; 3. Les deux personnages principaux, John pi Cassie, sont différents des autres jeunes. Ils s’aiment pour vrai, par opposition aux autres qui pensent juste au sexe, comme l’ami Alex. Bon, John finit par mourir, mais y se sacrifie par amour. Donc, ce qu’on peut voir dans Cabin Fever 2, à travers le gore exagéré, c’est la dénonciation d’un rapport à l’amour qui est devenu purement corporel pi sexuel. C’est pour ça qu’on voit autant de corps mutilés; le corps, c’est l’aspect charnel de l’amour, le sexe, qui occulte le côté, heu, spirituel – à défaut d’un meilleur mot – de l’amour.

Trève d’universarité, le côté esthétique que j’avais aimé dans House of the devil est présent dans Cabin Fever 2. Je sais pas comment, mais Ti West réussit à faire de sa comédie d’horreur un objet beau pi artistique. Le traitement, les plans, la photo, sont vraiment loins d’être comme ce qu’on voit d’habitude dans le cinéma d’horreur. En général, la réalisation se borne à montrer l’action sans aucune volonté de rendre ça beau. C’est ça que Ti West réussit à faire, pi c’est ça qui fait de lui un excellent réalisateur.

Verdict : Recommandé. Meilleur que le premier, en plus drôle pi plus gore. Cabin Fever 2 me force à modifier mon Best of 2010.

Babysitter wanted

janvier 9, 2011

Réalisation : Jonas Barnes, Michael Manasseri
Scénario : Jonas Barnes
Pays : États-Unis
Sortie : 2010 en DVD

Je regardais les Top 10 de tout le monde pour trouver dequoi à écouter quand j’ai vu Babysitter wanted en 8e place sur le blogue du Jaded Viewer. Le film a été présenté dans différents festivals en 2008 mais est sortit en DVD juste en 2010, facque y est éligible.

C’est l’histoire d’une jeune fille – Angie –, ben religieuse, qui quitte sa ville natale pour aller au College ché pas où. Dès les premiers jours de son arrivée, elle a l’impression de se faire suivre, pi elle en parle à la police, qui y dit de les appeler si quelque chose arrive. Angie répond à une annonce pour être babysitter dans une grande maison de campagne. Sauf que quand les parents partent pi qu’elle reste toute seule avec le petit gars, elle entend des bruits bizarres pi le téléphone arrête pas de sonner. On devine la suite.

Je met ça au clair tout de suite : c’est à chier. Très très très mauvais. J’arrive pas à comprendre ce que ça fait dans un Top 10. L’affaire, c’est que le Jaded Viewer dit que Babysitter wanted, c’est ce qu’aurait dû être <a href="The house of the devil« >House of the devil. Je considère ça comme un blasphème pi une insulte au film de Ti West. Au contraire, Babysitter wanted, c’est tout ce que House of the devil a évité avec brio. Sérieusement, ça me met en crisse, cette affaire-là.

Babysitter Wanted, c’est juste une accumulation de clichés de films d’horreur qui dure 90 minutes, dont au moins 60 qui sont de trop. Ça fait longtemps que je m’étais pas forcé demême pour continuer à écouter un film. La fille se fait suivre, sans raison apparente, pi à la fin on se rend compte que ça avait vraiment pas rapport. Évidemment, de son poursuivant, on voit juste ses pieds ou sa silhouette dans la pénombre. Je savais exactement les moments où on était supposé faire le saut pi j’ai pas eu peur pantoute. Y a pas de suspense quand ce qui va se passer est clair comme de l’eau de roche.

Barnes a essayé de donner de la profondeur à son personnage en la montrant comme ben religieuse pi étudiante en histoire de l’art, mais ça rate complètement parce que ça a aucun rapport avec le film pi qu’on en entend pas parler après les 20 premières minutes. Y a un genre de revirement de situation au milieu pi on découvre que le petit gars, c’est le fils du Yable, pi qui se nourrit juste de la chair de belles jeunes filles, raison pour laquelle la famille tue les babysitters. La papa ressemble à Bruce Campbell pi fait son possible pour livrer une performance à la Nicholson dans Shining, qui s’avère être un échec retentissant. La dernière partie semble tomber dans la comédie d’horreur, mais le traitement reste dramatique à fond, ce qui fait que c’est raté.

C’est rare que l’écoute d’un film me met en tabarnaque, mais je peux juste pas tolérer la comparaison avec House of the devil. Quiconque affirme que Babysitter wanted est un meilleur film que House of the devil connait absolument rien au cinéma. Pi là, je parle pas d’une question de goût. Non : c’est un fait. C’est aussi pire que comparer Bergman pi Patrick Huard.

Verdict : Pas recommandé. Un des pires films que j’ai vu.

Devil

janvier 8, 2011

Réalisation : John Erick Dowdle
Scénario : Brian Nelson pi M. Night Shyamalan
Pays : États-Unis
Sortie : 2010

Devil, c’est le premier film d’une « trilogie » élaborée par Shyamalan, qui invente les histoires pi qui les fait faire à d’autres, ce qui est probablement une bonne chose, parce que ses derniers films sont à chier. Autant j’ai trippé sur The sixth sense pi Signs, autant The happening était mauvais. Ça fait quand même longtemps dans ma tête que son nom signifie pu « qualité ». Mais, comme on sait jamais, pi aussi vu que j’aime les films de démons, ben j’ai décidé de l’écouter.

Facque : 5 personnes dans un ascenseur en panne. Un inspecteur de police à l’esprit très analytique pi au passé trouble. Un building fucking haut pi le Yable en personne. Les 5 personnes se soupçonnent pour différents crimes commis dans l’ascenseur quand la lumière fucke tandis que l’inspecteur fait tout en son pouvoir pour sortir tout le monde sain et sauf pi pogner le tueur.

L’idée est pas mauvaise. L’espèce d’inconfort pi de paranoia qu’on partage avec les personnages est assez réussi, mais on peut pas éviter de penser à Dix petits nègres. C’est la même intrigue, mais avec un twist surnaturel. Ça donne un suspence quand même prenant, pi même qu’au début je pensais que j’aurais peur, ce qui est finalement pas vraiment arrivé. J’ai pas fait de saut ni jamais été vraiment stressé pour les personnages. Je m’intéressais plus à l’enquête du policier qu’autre chose. Étrangement, le film m’a pas laissé une mauvaise impression pi j’ai passé un moment de cinéma correct.

Mais j’ai pas trop aimé tout le background religieux du film. Je sais ben qu’aux States tout le monde croit à une genre d’entité abstraite – God – mais c’était un peu too much pour moi. Évidemment, le premier à comprendre que le Yable est dans l’ascenseur, c’est Rodriguez, le mexicain de service. Le classique autochtone qui reconduit les superstitions. Bon. On finit par comprendre que le Yable est là pour faire payer aux 5 personnes leurs mauvaises actions. L’idée qu’on paye toujours me fait chier, personnellement, parce que c’est pas vrai. À la fin, le gars avoue son crime pi le Yable l’épargne. Y a aussi tout le discours capitaliste du « chaque personne est TOTALEMENT responsable de sa vie », ce qui est pas vrai non plus. Sauf que, quand même, à la fin, le policier finit par pardonner au gars (qui avait tué sa femme pi son fils quelques années avant dans un accident de char pi qui s’était jamaus fait pogner), ce qui est quand même un beau message.

Verdict : Pas recommandé. Loin d’être un bon film, Devil donne un divertissement OK mais qui laisse totalement indifférent.