Scream 4

Réalisation : Wes Craven
Scénario : Kevin Williamson
Pays : États-Unis
Sortie : 2011

Inutile de dire que j’avais hâte, moi qui avait jamais vu les Scream avant y a quelques mois. Je m’étais donné le défi de deviner c’est qui le tueur cette fois-là, parce que j’avais lamentablement échoué dans tous les autres. Mais j’ai mis au point quelques règles pour arriver à un bon guess :

1. Dès qu’on nous montre un personnage louche, c’est pas lui le tueur
2. Quand la caméra zoome ou reste fixée sur un détail, c’est juste pour nous fourrer, c’est pas lui le tueur
3. Ça peut être n’importe quel motif, facque faut pas essayer de trop rationaliser
4. Tchèquez pour un personnage pas tant important qui disparait tout à coup, c’est peut-être lui

Mais y a des failles, parce que j’ai pas deviné.

Résumé

Facque c’est l’histoire de Sidney qui revient à Woodsboro après 10 ans d’absence pour faire la promotion de son livre Out of darkness, dans lequel elle raconte comment elle a réussit à coper avec ses expériences traumatisantes pis à recommencer une nouvelle vie. Elle retrouve Dewey pis Gale, qui sont rendus un vieux couple. Sidney va squatter chez sa sœur pis la fille de sa sœur, Jill, qui a reçu, avec ses amies chicks, des coups de téléphone de Ghostface. Quand deux filles de l’école sont retrouvées mortes, la marde pogne en ville. Dewey laisse pas Gale enquêter avec lui, facque elle y va en solo. Pendant ce temps-là, Sid pis Jill essayent de pas se faire tuer. Gale finit par tomber sur une gang de geeks d’horreur qui y donnent des infos nécessaires à son enquête : le tueur, d’après eux, fait un remake du premier Scream. Mais dans un reboot, y a toujours des différences, pis aussi plus de meurtres – encore. Ce soir-là, les geeks organisent un Stab-o-thon pour fêter les 10 ans des premiers meurtes. Gale pense que le tueur va se manifester, facque elle installe des caméras. À part ce ça, y a l’ex de Jill qui l’a trompée pis qui essaye de la reconquérir. Y a aussi une policière amoureuse de Dewey apparement jalouse de Gale. Comme d’habitude, tout le monde est suspect, pis tout le monde meurt.

Critique

La scène d’ouverture est malade. Je pense qu’y a 5 meurtres avant le générique, du bitchage de la série Saw, des jokes de mise en abyme, de l’auto-parodie pis toute. On apprend avec joie que la série Stab est rendue au 7e. Anyway, quand on voit apparaitre Scream 4 à l’écran, on a déjà crissement rit pis été crissement écoeuré. Ça commence ben en crisse.
On retrouve les mêmes personnages, pis on les aime encore, malgré tout. La seule différence, c’est que Gale a l’air d’un transexuel, mais bon. Y a aussi la nouvelle génération de la cousine de Sid. Génération Facebook pis Iphone pis toute, ce qui permet quelques bonnes jokes. On se rend compte assez vite que ça reprend l’intrigue du premier. Je trouve ça crissement intelligent de faire du tueur quelqu’un qui fait son propre remake de Scream. Les meurtres sont dans le même ordre – plus ou moins – pis on reconnait quelques personnages, genre le chum de Jill qui est pareil comme le chum de Sid. Les acteurs font tous une job correcte; personne se plante, personne excelle. Un petit big up pour le personnage du geek à la caméra, juste parce que ça envoie chier le monde qui veulent un peu trop qu’on les regarde. Le plus gros problème du film, c’est le nombre de personnages qui est beaucoup trop élevé : on garde les principaux des premiers films pis on en rajoute autant. Ce qui fait qu’on connait vraiment aucun personnage, facque on s’en crisse un peu qu’y meurent ou pas.
Le tueur est moins attardé que dans les trois premier : là, y saute à l’essentiel. Y continue à écoeurer le monde au téléphone, mais y les tue un peu plus brutalement – brutal dans le sens efficace, parce que c’est un peu moins inventif que les autres. Le boutte du couteau dans le front est quand même cool. Sinon, beaucoup de gorges tranchées, pis de thorax perforés. À bien y penser, c’est de loin le plus violent de la série. Le nombre de meurtre est hallucinant, pour notre plus grand plaisir. Pis on fait des sauts, aussi.
Le métadiscours, astheure. Même si j’ai trippé à entendre les personnages basher Saw pis tous les remakes des dernières années, j’ai eu l’impression que c’était un peu forcé. À la place de rire du torture porn, j’aurais aimé voir un Scream qui met en scène du torture porn, comme le Scream original a fait avec le slasher. Parce que, veut, veut pas, après 3 films, y reste pu grand-chose à dire à propos du slasher. Y me semble que ça aurait été plus intéressant pis plus nouveau, aussi. C’est pareil pour les références 2.0, qui ont l’air d’être là pour être là. C’est emmené un peu maladroitement, j’ai trouvé, mais ça m’a pas empêcher d’en rire. J’ai ben aimé les jokes à propos des mises en abyme, ça montre une belle lucidité de la part du scénariste. Sauf que des fois, on tombe un peu trop dans la comédie, comme quand le policier meurt en disant « Fuck you Bruce Willis ». Mais tout le discours sur les remakes m’a fait rire, surtout le call de Sid à la fin. Même chose pour le méga-narcissisme de la jeune génération qui veut se faire voir sur internet avec des vlogues pis autres affaires bizarres (j’ai jamais compris le monde qui se filment en train de commenter sur Youtube les phénomènes Youtube genre Rebecca Black ou le bébé indonésien qui fume 40 clopes par jour). Quoique c’est pas mal ça que je fais avec mon blogue, mais bon, moi c’est pas pareil. À mon grand étonnement, on va même jusqu’à rire de Sid qui publie un livre crissement téteux sur la reprise en main de sa vie pis sa « sortie de l’ombre ». En général, le cinéma grand public va dans le sens de ces livres-là, genre Eat, pray, love, facque j’ai crissement aimé le fuck you de Williamson à tous ceux qui publient des histoires d’espoir à la con.
J’ai lu que plusieurs personnes trouvent la fin poche. Bah, quant à moi, c’est normal que ça soit pas une vraie bonne fin, parce que c’est pour rire des films qui font pas de bonnes fins. Au contraire, j’ai aimé que ça finisse pas là où on pensait que ça allait finir. Tout ça pour dire que l’accent est pas mis sur le punch. Évidemment, le motif du tueur est pas très crédible parce que trop poussé, mais c’est une prise de position par rapport à un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur, c’est-à-dire la gloire pour rien, genre Antoine Dodson, devenu crissement connus parce qu’y a fait rire de lui sur Youtube.

Analyse

Pour être franc, je pense pas qu’y ait dequoi à trouver derrière ce qui est déjà là, c’est-à-dire la critique claire des remakes, du torture porn pis de la gloire à tout prix, le métadiscours sur la représentation pis l’autodérision à partir des clichés du genre. Je pense que c’est pour ça que Scream 4 est loin d’être aussi bon que le premier, ou même le 2e : à force de trop niaiser sur sa forme, le film perd de sa profondeur herméneutique.

Verdict

Recommandé. C’est une formule qu’on connait déjà, mais c’est quand même le fun à écouter, pour rire pis faire des sauts. Malgré tout, on est content de retrouver le monde de Scream, même si c’est pu aussi original pis inventif. C’est comme remettre des vieilles pantoufles laides.

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