Réveil VII

L’œil entrouvert, il flotte sur des brumes soupirantes. C’est ce panorama qui m’a été offert quand minuit est arrivé.
Son corps immobile frémissait en un souffle glacé; cadavre comateux pour échapper à la nuit. Mais son givre s’éternisait. Elle vomit sans bruit un voile laiteux; long, mince, opaque. Il glissa doucement dans les ombres de la pièce. Longuement. Ses ondulations déchirèrent la toile tendue de l’obscurité; rampant, et moi de marbre. J’observais le ver de fumée comme la mer qui se retire vers le large. L’inquiétude me gagna, et le froid. L’air du dehors sifflait à travers la fenêtre. La silhouette blanche répondit à cet appel et embrassa le clair de lune. La nuit l’avala, puis le silence.
Ses yeux explosèrent, son corps se détendit; la chambre sursauta.
– Comme tu veux. La fenêtre est ouverte.
– Ça va, c’est moi.
Elle n’avait pas quitté le sommeil, déjà ses lèvres s’envolaient ailleurs. Elle se rendormi en s’abrillant de ses paupières. Moi, oublié jusqu’au matin, tournant ses paroles entre mes doigts.
De la main, j’effaçai la chair de poule qui couvrait son corps. Je frissonnai; c’était la peau de l’hiver. Je rajustais les couvertures quand le rêve revint. Sous son sein, deux points, deux marques, deux gouffres carmin. Je passai mes bras sur sa taille et l’embrassai sur la nuque.
Le regard à la fenêtre.

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