Don’t look now

Réalisation : Nicolas Roeg
Scénario : Allan Scott pi Chris Bryant, d’après la nouvelle de Daphnée du Maurier
Pays : Royaume-Uni pi Italie
Sortie : 1973

Don’t look now est classé 8e dans la liste des 100 meilleurs films britanniques, pi 18e dans la liste du Times des 100 meilleurs films, en plus d’être côté 95% sur Rotten Tomatoes. C’est quand même paspire. Bizarre que j’en aie jamais entendu parler avant y a quelques jours.

C’est l’histoire d’un couple anglais qui viennent de perdre leur fille, morte noyée dans un étang à côté de la maison. Le papa – John – a une genre de prémonition pi se tape un sprint pour aller repêcher sa fille, mais c’est trop tard. On se projette ensuite un peu plus tard : le couple est à Venise pour la job – j’ai cru comprendre que John travaille dans la restauration d’œuvres d’art dans une vieille église. Un tueur en série terrorise la ville en tuant de belles jeunes femmes. Laura – la femme de John – rencontre une aveugle qui y dit que sa fille est heureuse pi qu’elle devrait pas trop s’en faire. Laura devient genre obsédée par l’idée de communiquer avec sa fille pendant que John trouve que tout ça c’est de la bullshit. À travers tout ça, John croit apercevoir le manteau rouge de sa fille dans les ruelles de Venise.

C’est un peu difficile à résumer, Don’t look now, parce que c’est pas très clair. Je me demandais si c’était juste moi le cave qui comprenait rien, mais finalement c’est pas ça. Soulagement. Le film est volontairement éclaté; les scènes s’enchaînent bizarrement, on est pas toujours sûrs de ce qui se passe ni de quoi les personnages parlent pi on rencontre plein de personnages étranges qui agissent bizarrement sans qu’on sache pourquoi – particulièrement l’espèce de policier louche pi le prêtre. Ça installe vraiment un climat de paranoïa pi de doute qu’on partage avec John, qui en sait pas plus que nous. Mais malgré ça, le film est incroyablement cohérent au niveau de la forme. Presque tous les changements de plans montrent des parallélismes pi tous pleins de motifs reviennent sans cesse tout le long du film – la couleur rouge, le miroir brisé, la prémonition. Ce qui donne un genre de medley de symboles dont on sait pas trop quoi faire, ni quoi en conclure.

Tout ça dans une esthétique crissement proche de celle du giallo, avec des jeux sur la couleur pi la lumière. Si le était pas sorti 4 ans avant Suspiria, on pourrait faire un parallèle avec Argento ou Fulci. Le personnage de l’aveugle mystique revient d’ailleurs dans The beyond. Le traitement est sombre pi labyrinthique; les personnages sont toujours comme oppressés dans la pénombre, comme par exemple dans l’église que John restaure ou dans les petites ruelles de Venise.

C’est sûr que certaines scènes pi certains plans ont un peu mal vieillit, mais certaines scènes sont marquantes, comme celle de la mort de la fillette, au tout début. John ressort de l’eau avec le corps de sa fille dans les bras pi titube en râlant pi en gémissant; c’est bon pi fucking triste. Y a aussi la scène d’amour, qui en est une d’anthologie. Les deux acteurs sont complètement nus pi se touchent avec tendresse pi de façon très réaliste pour un couple. C’est vraiment beau, surtout les fesses de Donald Sutherland.

La seule chose que j’ai à reprocher à Don’t look now, c’est la finale. C’est vraiment un genre de punch imprévisible à la The illusionist, genre que le spectateur peut pas deviner pare que le film y a pas donné les indices nécessaires. Ça donne pas « Fuck ! C’était ça » mais plus « Quoi ? What the fuck ? ». Pi ça finit demême. L’affaire, c’est que le punch éclaire pas tous les éléments mystérieux mis en place dans l’intrigue. Y a plein de choses dont on réentend même pas parler. Chu capable de dealer avec une fin pas claire qui force à réfléchir, mais là c’est autre chose.

Verdict : Recommandé. Un film pas facile à écouter vu son éclatement mais crissement intéressant au niveau de la forme.

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