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Bedevilled (Kim Bok-nam salinsageonui jeonmal)

juin 21, 2011

Réalisation : Chul-soo Jang
Scénario : Kwang-young Choi
Pays : Corée du Sud
Sortie : 2011

À entendre les critiques super élogieuses, j’avais hâte de le voir. Surtout que tout le monde parlait d’un bain de sang pendant le dernier tiers du film. Je m’attendais à un autre Mother ou I saw the devil, deux films coréens fucking bons sortis récemment. J’ai pas trouvé de trailer sous-titré :

Résumé

Après avoir assisté sans rien faire à un meurtre en pleine rue, pis que son boss y ait demandé de prendre des vacances (parce qu’elle a été une total bitch), Hae-won retourne sur l’île où elle a passé sa petite enfance, les Moodo Islands. Là, elle reprend contact avec son amie d’enfance, Bok-nam, une des 9 personnes à encore habiter là. Hae-won se rend compte assez vite que des affaires pas cleans se passent sur cette île-là, pis qu’elle est pas tant la bienvenue. Effectivement, les habitants sont un peu bizarres, pis probablement consanguins. On découvre que Bok-nam est crissement exploitée par tout le monde sur l’île, que ce soit pour le travail ou pour le sexe. A pète une coche quand a découvre que son mari violent fourre sa fille, Yeon-hee. Hae-won refuse d’emmener Bok-nam pis sa fille à Séoul. Facque Bok-nam essaye de s’échapper, mais a se fait pogner, pis c’est le gros bordel sale.

Critique

Le film est fucking rough. Pas tant pour la violence de la fin, que pour le traitement réservé aux femmes. Bok-nam se fait battre tout le long pis les grand-mères arrêtent pas de répéter que les femmes sont moins bonnes que les hommes, pis qu’elles sont faites pour avoir une bite dans yeule, pis toute. J’ai écouté Bedevilled avec ma blonde, pis je pense pas que c’était une ben bonne idée. La façon dont c’est filmé rend la violence encore pire : ça ressemble pas mal à I saw the devil par le traitement dépouillé pis distancié des scènes les plus tough. C’est vraiment cru. Le bain de sang de la fin est aussi horrible que les meurtres de I saw the devil, même si celui avec l’hélice de bateau est raté en crisse. Pour le reste, c’est réussi. Ce qui est le fun aussi, c’est qu’on prend une joie malsaine (mais justifiée) à voir Bok-nam décâlisser tout le monde. Parce que le film réussit vraiment à choquer pis à nous mettre en tabarnaque contre l’indifférence de Hae-won pis la violence faite à Bok-nam. Faut être fait solide. Même si c’est pas mal filmé ou réalisé, la qualité esthétique du film est de loin inférieure à ce à quoi le cinéma coréen nous avait habitué.
Tous les acteurs sont bons, surtout celle qui fait Bok-nam. A réussit crissement ben à jouer la fille folle à cause de sa vie passée à être traitée comme un chien. Les frères réussissent à être vraiment creepy pis les madames à être désagréables à un point qui est dur à imaginer. J’ai rien à redire du jeu des acteurs. Mais les personnages sont unidimensionels pis pas profonds pantoutes. On sait pas pourquoi Hae-won est bitch demême, ni pourquoi tout le monde de l’île est retardé demême. Y a aucune subtilité dans le scénario non plus : au début, on nous montre que Hae-won est une bitch pour qu’on l’haïsse (pis ça marche); après, on nous montre que Bok-nam se fait maltraiter pour qu’on soit frustré (ça marche), mais ça reste vraiment superficiel. En plus, c’est trop moralisateur : à la fin, Bok-nam se venge pis a dit à Hae-won qu’elle manque d’empathie. La dernière chose qu’on voit, c’est Hae-won, de retour à la ville, qui se prend en main pis dénonce les méchants du début. La belle morale : faut pas être indifférents à la misère des autres. C’est pas un mauvais message, mais crisse, c’est tellement appuyé (tout le film est fait pour démontrer ça) que c’en est gossant. Au lieu de faire réfléchir, le film nous donne une morale toute faite. Ça, j’ai vraiment pas aimé. Vers la fin, ça devient un peu trop long, aussi.

Verdict

Pas recommandé. Même si le film a des qualités, son côté moralisateur pis didactique m’a tapé sur les nerfs au plus haut point. C’est un peu comme A serbian film : crissement choquant, mais complètement vide.

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The shrine

juin 16, 2011

Réalisation : Jon Knautz
Scénario : Jon Knautz, Trevor Matthews pis Brandon Moore
Pays : Canada
Sortie : Imdb dit 2010, mais chu pas sûr qu’y ait eu une distribution officielle au cinéma ou en dvd

Les reviews parlaient d’ambiance intrigante pis inquiétante, pis de paspire film qui fait peur. J’ai toujours pas vu Jack Brooks : Monster slayer, l’autre film de Knautz malgré les critiques positives, parce que je le truste pas, ce film-là. J’espérais sans m’attendre à grand-chose.

Résumé

C’est l’histoire d’une journaliste ambitieuse – Carmen – qui décide d’enquêter sur des disparitions mystérieuses de touristes en Pologne. Elle amène avec elle son chum – Marcus – pis une stagiaire du bureau – Sara. Après avoir lu le journal du dernier disparu, y se rendent au village suspect, où y sont accueillis avec par des locals pas trop invitants. D’ailleurs, le monde de la place vivent en genre d’autarcie, un peu comme des Amish, pis ont l’air de pratiquer une genre de religion bizarre. Y se font dire de crisser leur camp, mais, évidemment, y le font pas, pis y décident d’aller inspecter un brouillard bizarre qui flotte sans bouger dans la forêt. Là-bas, y trouvent une statue crissement épeurante, des cadavres dans une cave creepy, pis les locals commencent à les attaquer. Y finissent par pogner Carmen pis Sara. Marcus prend les choses en main.

Critique

La première chose que j’ai à dire, c’est qu’on voit venir le twist final à partir du tiers du film. Ça surpend pas vraiment, donc. Comme tout le film, d’ailleurs.
Les personnages sont vraiment plats. Y ont aucune profondeur – malgré la chicane de couple ploguée au début pour donner un peu de texture aux personnages. Pis la stagiaire Sara, elle est juste là pour pouvoir mettre un meurtre de plus dans le film. Les acteurs sont pas vraiment bons, mais je les blame pas, avec un script demême. On y croit pas, pis on se fout pas mal de ce qui peut ben leur arriver.
Malgré tout, on est quand même un peu intrigué par le brouillard weird. La meilleure scène, c’est quand Carmen explore le brouillard pis tombe sur la statue; mais c’est gaché quand elle se met à suinter du sang. Hé oui.
Pis l’espère de culte bizarre, ça non plus on y croit pas. C’est trop cliché, pis les acteurs ont pas l’air à l’aise dans les costumes d’évèques du Moyen-âge. L’arrivée dans le village aussi est clichée : la classique population qui dit rien pis qui a l’air de pas aimer les étrangers, tout ça filmé avec les plans classiques du genre.
Les réactions des personnages ont aucun sens. Quel journaliste paye de sa poche un voyage en Pologne pour enquêter sur une affaire qui revient à la police ? Dans le film, y disent que la police s’en crisse, comme si ça avait plus de sens demême. On va passer outre la détermination stupide de Carmen malgré le fait que les locals veulent crissement pas qu’y restent – c’est normal dans un film d’horreur. Ce qui est weird, c’est la scène où y trouvent le cadavre du gars disparu avec un masque en métal pogné dans face : personne choque de trouver une pile de cercueil pleins, pis même que Carmen essaye d’enlever le masque en tirant dessus. Ça a aucun sens : 1. Des cadavres, c’est dégueux, pis personne voudrait toucher à ça; 2. Une pile de cadavre, dans un trou de la campagne polonaise, alors qu’on enquête sur des disparitions bizarres, c’est supposé faire chocker. Mais pas eux. C’est à peine si y disent « Fuck, on est dans marde. »
Les masques cloutés sont un hommage à Black Sabbath de Mario Bava, mais ça fait un hommage un peu insultant.
Les hallucinations de monstres sont pas trop mal, quoique vraiment pas justifiés : pourquoi Carmen, qui est possédée par un démon, voit des monstres, qui sont en fait des gentils religieux qui protègent le monde contre les démons ? Je le sais pas. Pis les sauts du début, quand le disparu apparait dans la chambre, ont aucun rapport avec le reste du film.
Une affaire gossante : comme le film se passe en Pologne, les locals parlent polonais. Sauf qu’y parlent polonais avec un accent américain. Ça commence à me taper solidement sur les nerfs que les producteurs américains prennent jamais du monde qui parlent pour vrai les langues étrangères; juste dans X-men : first class, y a du faux allemand, du faux espagnol pis du faux français. Come on.

Analyse

En gros, c’est une variante du mythe du paradis perdu : Ève qui brave un interdit pour satisfaire sa curiosité, Adam qui est contre l’idée mais qui le fait pareil, tout ça suivi par une punition terrible. Dans le film, Carmen insiste pour continuer son enquête, Marcus répète que c’est épais pis tout le monde finit par être puni. Comme dans Splice. Mais ça, c’est platte.
J’aime mieux voir tout le film comme la symbolisation d’une rupture amoureuse. Au tout début du film, Marcus reproche à Carmen de consacrer trop de temps à sa job, pis de jamais penser à lui. Elle répond « That is enough. » pis lui « Yeah, it’s enough. I’m out of here. », pis y sort en claquant la porte. Tout le reste du film, c’est Marcus qui sacre son camp. Carmen y dit qu’elle veut aller en Pologne avec lui pour régler leurs problèmes. Lui y suit Carmen – qui a acheté les billets avant d’en parler à son chum – en Pologne, où la marde pogne solide. Évidemment, Marcus y reproche de les avoir mis dans marde, pis y a raison. À un moment donné, Carmen avoue qu’elle a fait une erreur pis que c’est de sa faute. Sauf que Marcus a l’air de s’en crisser. Aussi : le polonais qui leur court après ressemble à Marcus : blond pis costaux. Y a comme un lien entre les deux personnages : le polonais se bat contre Marcus pis plus loin, les deux sont face à face à travers une porte fermée : le plan montre tour à tour leurs faces. Le parallélisme est clair. Les deux personnages représentent le discours intérieur de Marcus : d’un côté, le gars qui veut rester avec sa blonde (donc la sauver); de l’autre, le gars qui est écoeuré pis qui veut crisser son camp (la tuer). C’est encore plus clair à la fin, quand Carmen devient un démon – ça peut pas être plus explicite, surtout que Marcus aide les polonais à y donner le coup fatal. Y se retrouve tout seul, pis son break-up est fini.

Verdict

Pas recommandé. Les acteurs sont pas le yable, la réalisation sloppy, la fin prévisible pis les personnages pas développés. Y a pas grand-chose de bon dans The shrine.

Le labyrinthe de Pan (El laberinto del fauno)

juin 14, 2011

Réalisation : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro
Pays : Espagne
Sortie : 2007

Comme tout le monde, j’ai applaudi le film après l’avoir vu au cinéma – pis avoir chié dans mes culottes pendant la scène avec le crisse de bonhomme aik des yeux dins mains. Bref, j’ai gardé un excellent souvenir du film, pis j’étais content de pouvoir updater mon opinion en le re-regardant.

Résumé

C’est l’histoire de Ofelia, une jeune fille dont le père est mort, qui suit sa mère pour vivre chez le nouveau chum, un fasciste frigide pis douchebag. Ça se passe pendant la guerre d’Espagne – en fait, ça se passe après que les fascistes de Franco aient pris le pouvoir. Malgré tout, y a encore des républicains improvisés guérilleros qui se cachent dans les bois pour foutre la marde. On se rend compte assez vite que la maman – Carmen – est enceinte du facho – Vidal – pis qu’y est plus intéressé par son futur enfant que par Carmen. Une nuit, Ofelia suit une grosse bibitte laide qui l’emmène dans un labyrinthe en ruines. Là, un faune explique à Ofelia qu’elle est une princesse, pis que son père la cherche. Pour pouvoir revoir son papa, le faune demande à Ofelia d’accomplir trois tâches. Pendant qu’elle fait de son mieux pour réussir les quests du faune, Carmen tombe malade. On apprend que le docteur – doctor – pis la servante – Mercedes – font partie de la « résistance », pis qu’y communiquent avec des soldats républicains cachés dans les bois pas loin de la petite enclave fasciste. Blablabla.

Critique

Le film laisse une super bonne impression malgré la mort de Ofelia, parce que le fasciste se fait tuer froidement par les républicains, qui y refusent son dernier vœu : donner sa montre à son fils. Le personnage de Vidal est peut-être pas très complexe ni ben développé, mais del Toro fait une crisse de bonne job pour nous faire l’haïr. C’est rare que j’ai autant souhaité la mort d’un personnage, tous films confondus (dans cette catégorie-là, on peut ajouter la religieuse folle dans The mist). Y est tellement badass qu’y se fait des points de suture lui-même. D’ailleurs, j’ai ben aimé la majorité des personnages, surtout le docteur, qui casse complètement Vidal vers la fin du film. Les acteurs jouent assez bien tout le long.
La réalisation est correcte pis assez standard; par contre, le monde du faune est débile. Visuellement, c’est irréprochable. Super sombre, l’univers parallèle nous fait sentir pas trop ben pour Ofelia, parce qu’on a comme l’impression que dequoi de pas clean se prépare. Les costumes sont superdes pis pas du tout ridicules, ce qui est dur à faire quand on utilise des vrais costumes pis pas du CGI. Mais ça marche. Le monde de del Toro m’a fait beaucoup penser aux films de Hayao Miyazaki, surtout la scène avec le crapaud dans la grotte.
Le commentaire politique est intéressant, quoique crissement cliché : le fascisme, c’est pas bon. Mais c’est vraiment ben emmené : personnellement, quand le docteur, après avoir euthanasié son ami républicain, répond à Vidal : « J’ai pas suivi vos ordres, capitaine, parce que c’est juste le monde comme vous qui peuvent exécuter un ordre sans le questionner. », pis qu’y se fait tirer dans le dos par le méchant fasciste, ben j’ai été ému.
On qualifie souvent ce film-là de conte de fées pour adultes, ou de conte d’horreur. C’est très vrai. Y a quand même des affaires dégueuses : les coups de bouteille de vin dans face du paysan au début, ou ben l’auto-suturisation de la blessure à la bouche, qui est déjà assez écoeurante sans qu’on ait besoin de voir une aiguille passer à travers tout ça. Pas mal de violence faite de sang-froid, aussi. Le monde inquiétant du faune installe une atmosphète de magie malsaine, qu’on sait pas trop si on doit truster. Mais ce qui fait horreur pour vrai, c’est la classique scène avec le bohnomme épeurant communément appellé le « monstre blanc aik des yeux dins mains ». Sérieux, des yeux dins mains, what the fuck ? Mais c’est ça qui fait peur, je pense, le fait que ça soit crissement bizarre comme monstre. Anyway, la scène est réussie, parce que je connais personne qui a pas eu peur. Good job.

Analyse

Au début, on entend une voix raconte un conte pour enfants : c’est une princesse qui est sortie en dehors du royaume souterrain où elle vivait, mais elle est devenu amnésique, pis elle est morte. Son papa le roi la cherche partout, pis y pense que son esprit va revenir un jour. Une prophécie (ou dequoi demême) dit que la princesse va revenir sous une autre forme, dans un autre corps. C’est assez important, parce que ça nous permet de comprendre le film. Ofelia aime les contes, ce que sa maman y reproche. Elle y dit que c’est pour les enfants. Facque dès le début, le monde des adultes s’oppose au monde des enfants. Plus tard, son beau-père fasciste y dit que ses livres, c’est de la marde, donc qu’y a pas de place dans la nouvelle Espagne fasciste pour les contes pis la Magie. D’ailleurs, le fascisme, avec son obession de l’ordre pis des lois, c’est le contraire de l’imagination; c’est un monde où l’enfance a pas sa place. Dans le film, c’est sous-entendu que le père d’Ofelia est mort à la guerre, pis qu’y était du côté des républicains, qu’on peut voir comme les gardiens de la Magie. Facque Ofelia vit le conte de fées pour échapper au monde de marde dans lequel elle est plongée. Sauf que son conte est crissement épeurant, comme si le fascisme avait réussit à entacher même l’imagination pis le monde du rêve. Y a des parallélismes entre les deux mondes : le faune qui manipule Ofelia renvoit à Vidal, pis Ofelia dans le monde imaginé qui finit par sacrifier sa vie pour celle de son frère, acte héroïque qui est reflété dans la réalité par le sacrifice du docteur quand y envoie chier Vidal. Dans les deux cas, les personnages meurent au nom de la justice. Par contre, dans la réalité, les républicains finissent par niquer Vidal, tandis que Ofelia, elle, est morte pour vrai. J’ai lu sun Imdb du monde qui disait que la fin peut être interprétée de deux façons : 1. Ofelia est morte; 2. Ofelia est vraiment une princesse. Sérieux, envisager la deuxième option, c’est rien comprendre pantoute. Si c’est une princesse pour vrai, le film veut pu rien dire. Le refus d’Ofelia est à mettre en relation avec le régime fasciste. Exemple : si le nazisme a pu prendre autant d’ampleur en Europe, c’est à cause des individus qui, sans être des nazis convaincus, ont pas pu dire non. Ça renvoit à l’expérience de Milgram, pis son update en jeu télévisé. Facque, comme le docteur, même si elle meurt, Ofelia gagne pareil, parce qu’elle conserve son intégrité.

Verdict

Recommandé. C’est bon, ça fait peur pis c’est intelligent. Visuellement, c’est pas loin d’être parfait.

Tucker & Dale vs Evil

juin 9, 2011

Réalisation : Eli Craig
Scénario : Eli Craig pis Morgan Jurgenson
Pays : Canada
Sortie : 2010

Depuis sa présentation à Fantasia en 2010, j’ai juste entendu des bons commentaires à propos de Tucker & Dale. Sur Imdb, même affaire. Je trustais pas trop le film, surtout avec son scénario basé sur un malentendu, mais je l’ai regardé pareil, au cas où.

Résumé

C’est l’histoire de Tucker pis Dale, deux gentils rednecks canadiens qui partent en voyage de pêche dans leur shack ché pas où. Mais une gang de college kids se retrouvent dans le shack d’à côté, pis pour tout plein de raisons, y sont sûrs que Tucker pis Dale sont des rednecks dangereux à la Texas Chainsaw Massacre ou Two thousand maniacs. Mais vingt an plus tôt, une gang de jeunes a été tuée par des hillbillies sans pitié. Pendant la nuit, les jeunes vont skinny dipper. Une des filles glisse sur une roche pis se pète la tête. Tucker pis Dale vont la sauver de la noyade pis y veulent la ramener à ses amis en criant « We got your friend ! » Facque les college kids commencent à sérieusement choker. C’est là que le preppy de la gang décide d’aller récupérer son amie pis que le preppy devienyt psycho.

Critique

Étonnement, l’idée du quiproquo fonctionne ben. Eli Craig essaye pas de nous faire croire au scénario, y veut juste nous faire rire en mettant les personnages dans des situations crissement invraisemblables, comme le nid de guêpe pis la chainsaw. Facque ça nous dérange pas que les jeunes meurent tout le long du film de façon pas rapport. Certaines situations sont crissement drôle, comme quand Dale explique au policier que les jeunes se sont suicidés sur leur propriété. Mais le côté comédie du film est pas constant : y a des fucking bonnes jokes, mais y en a aussi des trop faciles qui marchent pas vraiment. Mais overall, les bonnes jokes valent la peine de se taper les moins bonnes.
Du côté du gore, c’est quand même réussit. Pas des gros plans à la Fulci, mais plutôt des grosses effusions de sang qui splashent à la Kill Bill. Mais, surtout, des morts crissement drôles pis inventives. La scène où Tucker essaye de retenir le « college kid » pour pas qu’y passe dans le woodchipper.
Les deux acteurs incarnent ben les personnages pis réussissent à les rendre sympatiques pis toute. On finit même par les trouver cutes. Les autres acteurs font leur job correctement.
Mais là où ça se gâte, c’est vers la fin, quand l’étudiante en psycho tombe en amour avec Dale en surpassant les stéréotypes pis toute. À ce moment-là, ça devient un peu niaiseux pis presque moralisateur. C’est sûr que le message est positif, mais c’est trop appuyé.

Verdict

Recommandé. C’est pas la meilleure comédie d’horreur, mais c’est plein de bonne volonté pis y a des crisses de bonnes jokes. Les personnages sont attachants pis les quiproquos sont comiques. Le gore est cool, mais la fin est un peu décevante pis certaines jokes tombent à plat. Mais ça vaut la peine de le voir.

Haute tension

mai 24, 2011

Réalisation : Alexandre Aja
Scénario : Alexandre Aja pis Grégory Levasseur, basé sur une nouvelle de Dean R. Koontz
Pays : France
Sortie : 2003

Alex Aja est reconnu comme un réalisateur d’horreur qui promet. J’ai entendu (pis lu) tout plein de critiques super élogieuses de son premier film, Haute tension. Son remake du film de Wes Craven, The hills have eyes, m’avait agréablement surpris (c’était avant que je m’intéresse sérieusement au cinéma d’horreur). Mirrors était moins bon, malgré la scène dans le bain. Ensuite, Piranha 3D a eu un huge succès, à mon sens, vraiment mérité. Mais, le meilleur, d’après plein de monde, c’est Haute Tension, que j’avais toujours pas vu.

Résumé

C’est l’histoire de Marie pis Alexa, deux amies de longue date, qui s’en vont visiter la famille de Alexa à la campagne pour étudier. Pendant la nuit, un gros monsieur pas clean entre dans la maison pis décâlisse tout le monde. Marie réussit à se cacher pis elle retrouve son amie Alexa attachée sur son lit. Mais le tueur les pogne pis les crisse dans son vieux truck à la Jeepers Creepers, pour les emmener on sait pas où.

Critique

Les films d’Aja sont pas les plus originaux au niveau de la forme : la réalisation est assez convenue pis classique. Une de mes scènes préférées dans Haute tension, c’est au début, quand les deux filles se mettent à chanter dans le char. Ça montre l’amitié entre Marie pis Alex d’une façon convainquante pis crédible. (D’ailleurs, je veux souligner la qualité de la trame sonore.) À part ça, la réalisation est surtout axée vers les personnages : des gros plans du visage de Marie, de Alex attachée pis de la mort horrible de la mère d’Alex. Heureusement, les acteurs sont excellents. Maïwenn joue comme une championne un rôle pas facile vu qu’elle est baîllonnée tout le long. Cécile de France fait une sale job dans un rôle pas facile non plus, surtout dans les moments où elle se cache du tueur en capotant. On peut vraiment lire la peur dans sa face. Sa réaction quand elle trouve Alex est super réaliste. Sans oublier le bout où elle se fait étouffer avec un sac de plastique. À elles seules, elles font le film.
L’autre affaire le fun, c’est qu’on sent vraiment la tension quand le tueur est dans la maison. Le montage, souvent en parallèle, m’a stressé tout le long. Du côté du suspense, c’est réussit.
Pour le gore, j’ai des petites réserves. Oui, la scène d’égorgement pis le meurtre à la scie ronde sont sauvages pis troublants. Mais certaines scènes m’ont semblées un peu ratées : la décapitation à travers les barreaux de l’escalier pis le tapage dans la face du tueur à coup de bâton pimpé avec du fil barbelé. Faut dire que j’avais vu I saw the devil la veille, pis qu’on peut pas trouver un meilleur exemple de destruction de visages avec des objets contondants. Le montage joue pour beaucoup : dans le film de Jee-Woon Kim, les meurtres sont filmés en un seul plan – ou presque, tandis que dans le bout du bâton barbelé, le montage est trop rapide. À part ça, le sang gicle en masse dans Haute tension, pis on aime ça.
J’ai vu des gens qui disaient que le film est bon jusqu’au twist final, qui est pas nécessaire, selon eux. J’avoue qu’à première vue, ça peut avoir l’air un peu gratuit pis d’être juste un twist pour être un twist. Ces gens-là disaient que le film est de l’horreur classique, avec du suspense pis du gore. C’est vrai, mais c’était bizarrement vide, avant le twist, qui vient donner beaucoup de profondeur au film.

Analyse

La finale est trop sick : en menaçant Alex avec une scie ronde, Marie y dit « Tu m’aimes pas, hein ? » Alex se met à crier « Si, je t’aime ! Je t’aime » en pleurant. Marie dépose son arme pis embrasse Alex, qui entre un pied de biche dans le torse de son amie. Tout ce qu’elle voulait, Marie, c’était l’amour de son amie. Si on reprend depuis le début : ça commence par quelqu’un, apparemment blessé pis sous le choc, qui répète : « Je laisserai plus personne se mettre entre nous. » Ensuite ça embarque sur les deux filles dans le char. Alex est une belle fille avec les cheveux noirs pis longs. Marie aussi est belle, mais elle a les cheveux super courts avec deux boucles sur l’oreille gauche. D’entrée de jeu, Marie a le physique du stéréotype de la lesbienne. Elle raconte son rêre à Alex : elle courait dans le bois, blessée pis pourchassée par quelqu’un, pis elle pense que c’est elle-même qui se courait après. C’est crissement significatif, parce qu’elle se sauvait d’êlle-même, de son double qui la menaçait. Alex y dit : « tu pourrais pas faire des rêves normaux, comme tout le monde ? » pis Marie répond : « Je veux pas être comme tout le monde. » Un peu plus tard, les deux filles ont une discussion : « – Alex : Tu peux pas agir toujours comme ça avec les mecs. – Marie : J’agis pas toujours comme ça. » On comprend que Marie est un peu étrange pis qu’elle se comporte de façon bizarre avec les gars. Encore plus tard, dans la cuisine, Alex dit :

« – Tu vas finir vieille fille.
– J’ai pas le feu au cul.
– T’as la trouille. »

À ce moment-là, elle sort pour fumer une tope, pis elle voit son amie Alex prendre une douche. Tout de suite après, Marie rentre dans sa chambre pis commence à se masturber. Y a un montage parallèle : on voit Marie qui se touche, le camion du tueur se rapprocher pis le reste de la famille qui dort. Déjà, on associe Marie avec le tueur, qui sont les seuls à être réveillés. En plus, l’apparition du tueur coincide avec l’orgasme de Marie, qui entend le chien japper. Comme si son désir pour son amie était tellement fort qu’y s’est matérialisé. De la fenêtre de sa chambre (au grenier), Marie assiste au meurtre du père pis à l’entrée du tueur dans la maison. Sa chambre au grenier, ça veut dire quelque chose : si, dans les films d’horreur, le sous-sol représente ce qui est irrationel, ou inconscient, le grenier représente la rationalité, la conscience. Facque Marie, dans le grenier, c’est le Surmoi (qui a toujours réprimé ses pulsions homosexuelles) qui s’étonne de voir surgir le Ça, ses pulsions inconscientes qui explosent tout à coup. Elle est confronté à son homosexualité pour la première fois de façon consciente. Elle s’étonne de ses propres actions, comme quand elle voit la mère se faire égorger en la fixant du regard. D’ailleurs, en mourant, la dernière chose que la mère dit, c’est : « Pourquoi ? » Les actions du Ça sont pas rationelles, c’est l’inconscient qui obéit à aucune logique. Le Surmoi a pas réussit à contenir les pulsions du Ça. Elle a peur pis elle est surprise d’elle-même, pis comme dans son rêve, elle se court après. Plus loin, ça devient clair pendant cette magnifique scène-là : les deux filles sont pognées dans le truck du tueur. La toune qui joue c’est : À toutes les filles, de Didier Barbelivien pis Félix Gray. « À toutes les filles que j’ai aimé, avant. » La caméra nous montre, sur le dash, des photos de filles découpées. La thèse de l’homosexualité devient dure à réfuter. À la fin, quand le tueur essaye d’étouffer Marie, y lui dit : « Qu’est-ce que tu lui veux, à Alex ? Elle t’excite ? Moi aussi, elle m’excite ! » on finit par arriver au bout de la scie ronde pis du baiser sur la bouche. À ce moment-là, Alex poignarde Marie avec une arme blanche, symbole phallique par excellente. C’est la défaite de l’homosexualité. Voilà.

Verdict

Recommandé. C’est fucking bon, surtout le jeu des actrices, la trame sonore pis le suspense. C’est vraiment un excellent film, pis je me range aux côtés de tous les autres : Haute Tension, c’est le meilleur de Alex Aja, pis un des meilleurs films d’horreur français.

I saw the devil (Akmareul boatda)

mai 20, 2011

Réalisation : Jee-Woon Kim
Scénario : Hoon-Jung Park
Pays : Corée du Sud
Sortie : 2010 en Corée du Sud, 2011 en Amérique du Nord

La Corée du Sud a produit des fucking bons films pendant les dernières années : Old boy pis le reste de la trilogie, A tale of two sisters, The host, Thirst, pis, dernièrement Mother. Ces films-là ont en commun une recherche esthétique qu’on voit rarement dans des grosses productions; les plans, les cadrages pis la direction photo sont toujours impeccables. Facque j’avais des grosses attentes quand j’ai écouté I saw the devil, surtout que les critiques étaient toutes super enthousiastes.

Résumé

C’est pas compliqué : Soo-hyeon, un agent secret, décide de pogner le meurtrier de sa femme après avoir juré de le faire souffrir 10000 fois plus qu’elle a souffert. Facque y le pogne avant la police, y le décâlisse pis y le relâche, pour recommencer le lendemain. Y joue au chat pis à la souris avec jusqu’à ce que ça se revire contre lui.

Critique

Je sais pas par où commencer. Vite demême, je me suis dis « Fuck man, c’était fucking bon. » Ce qui nous reste dans la tête après le visionnement, c’est, évidemment, les scènes de meurtres terriblement sauvages, brutales pis réalistes, mais tournées avec une qualité hallucinante. La scène dans le taxi, entre autres, est mémorable : Kyung-chul qui poignarde un nombre incalculable de fois les deux passagers avec un couteau de trois pouces de long, le tout filmé en travelling circulaire, de l’intérieur du char. C’est sick parce que c’est beau mais troublant en même temps. On peut aussi penser aux quelques meurtres avec des objets contondants, filmés pour qu’on voit le crâne se fendre pis pisser le sang – particulièrement les coups de petites altères de 15 livres dans la face, ou aux coups de clé à mollette dins gosses, ou au talon d’achille sectionné. C’est vraiment terrible, pis super bien filmé, souvent en plans-séquence, ce qui rend tout ça super réaliste. Parmi les meilleurs scènes de meurtres que j’ai vues. Le reste du film est super ben filmé aussi, surtout le plan panoramique sur la ville qui descent tranquillement pour se fixer sur la fille qui attend le bus. C’est du génie.
Le film réussit aussi à faire peur; certaines scènes sont super tendues, un peu comme dans un slasher.
Évidemment, le scénario rappelle beaucoup Les 7 jours du talion. La réflexion morale est présente aussi dans I saw the devil, mais elle est plus maladroite parce que trop évidente. Les dialogues sont un peu ratés par bouttes. L’autre affaire, c’est qu’à aucun moment j’ai eu pitié du tueur. Y est tellement terrible que je voulais crissement que Soo-Hyeon le pogne ben comme y faut. À aucun moment on sympathise (contrairement à Lars von Trier avec Hitler) avec Kyung-chul. C’est une faiblesse, pour moi.
Si le scénario est un peu vide, c’est compensé par la réalisation impeccable pis l’excellent jeu des acteurs. L’acteur principal reste neutre presque tout le film mais y joue super bien quand c’est le temps, pis c’est pas des scènes faciles à voir : celle de la toute fin, entre autres, est particulièrement réussie. Quant au tueur (Min-Sik Choi, Old boy), y fait sa job comme un champion pis y fait peur en crisse. Son personnage de psychopathe est crédible pis vraiment fucké. Par définition, un psychopathe, c’est quelqu’un qui est incapable de ressentir de l’empathie. On le voit bien dans cette réplique là :

« – Could you please not kill me ?
– Why ? »

Petite affaire gossante : j’ai pas trop aimé l’ami psychopathe de Kyung-Chul. Le tueur qui se met à rire en parlant de meurtres, c’est un peu cliché. Mais bon.
Autre problème : l’esthétique se veut super réaliste, mais le scénario contient tout plein d’invraisemblances, comme la faculté de récupération incroyable de Kyung-Chul, qui est capable de marcher avec un talon d’achille sectionné pis de se réveiller avec un petit mal de tête après s’être fait fesser sur la tête au moins une vingtaine de fois avec un tuyau de métal. Y a aussi Soo-Hyeon qui est trop malade, pis qu’y peut tout faire parce que c’est un agent secret. À la fin, quand y dérape en char, qu’y pogne Kyung-Chul à travers la porte arrachée pis qu’y décrisse à 80 km /h, c’est un peu trop. Mais ça fait que c’est un film crissement le fun à écouter.

Analyse

J’aime le fait que Kyung-Chul soit montré comme un vrai psycho, pis pas juste comme un gars qui a été maltraité quand y était jeune ou n’importe quelle raison pas bonne. Non : y tue parce qu’y comprend pas que ça a pas d’allure. À un moment donné, quand y est à veille de violer une fille, y se demande pourquoi tout le monde le fait autant chier, lui, pis pas les autres. Pour lui, tuer du monde, c’est l’équivalent de jouer au soccer ou faire de la peinture à numéros. Facque ça peut pas être lui, le yable, parce que ses actions ont aucun rapport avec la morale. C’est juste un crisse de fucké : la preuve, c’est que dès qu’y le peut, y tue tout le monde sans réfléchir. Y est au-delà (ou en dessous) de la morale. Ce qui fait que le yable, c’est Soo-Hyeon. Contrairement au tueur, y a la capacité de réfléchir. Si Kyung-Chul est pas responsable de ses actes Soo-Hyeon, lui, fait le choix de se venger. Y succombe à son désir le plus animal. Tout le long du film, y est impassible pis juste focusé sur sa vengeance (comme Claude Legault). C’est cette absence d’émotion qui fait de lui le yable. À la fin, après avoir tué Kyung-Chul, mais après avoir tout perdu (sa blonde, sa belle-famille, son humanité pis probablement sa liberté) y comprend que ça a servi à rien. Y a pas réussi à contenir le diable en lui. Facque, I saw the devil, c’est Soo-Hyeon qui a vu le diable en lui-même.

Verdict

Recommandé. C’est un film super divertissant même si ça manque un peu de contenu pis de profondeur. C’est le fun à regarder pis c’est crissement ben joué pis réalisé. Malgré la violence horrible, le film est beau.

Kill, baby… kill ! (Operazione paura)

mai 11, 2011

Réalisation : Mario Bava
Scénario : Mario Bava, Romano Migliorini pis Roberto Natale
Pays : Italie
Sortie : 1966

J’espérais beaucoup que Kill baby… kill serait meilleur que The girl who knew too much. J’étais content que ce soit pas en noir et blanc, parce que Bava utilise les éclairages de couleur comme un champion – on a juste à regarder The drop of water dans Black Sabbath pour s’en rendre compte.

Résumé

À la fin du XIXe siècle, probablement en Allemagne, le docteur Eswai se rend dans une petite ville pour faire une autopsie, sur la demande d’un inspecteur de police qui se bute au mutisme de la population locale. Personne veut parler du meurtre – si c’est un meurtre. Le docteur empêche les villageois d’enterrer le corps avant l’autopsie, ce qui les fait chier parce qu’y sont supersticieux pis qu’y faut pas déranger les morts, ou dequoi demême. Dans le cœur du cadavre, Eswai découvre une pièce de monnaie. Monica (la chicks qui a été envoyée par l’inspecteur) y raconte une vieille légende locale qui explique pourquoi y a une cenne dans le cadavre. Le docteur se fait attaquer par des villageois mais y est sauvé in extremis par une autre chicks, Ruth, la sorcière qui soigne de façon douloureuse les villageois qui pensent qu’y sont maudits. Le doc se rend à la Villa Graps – la maison de la baronesse Graps, qui a perdu sa fille des années plus tôt pis qui vit en ermite dans son vieux manoir – pour trouver l’inspecteur. C’est là que le doc rencontre Melissa, une petite fille habillée en blanc pis crissement creepy. Entre temps, Monica s’est fait « attaquer » pendant la nuit par un esprit mauvais. Eswai pis Monica essayent de trouver le coupable des meurtres mais y se rendent compte que c’est plus compliqué que ça a en l’air.

Analyse

Kill baby kill, c’est un autre film d’inspiration gothique dans le genre de Black Sunday pis The Wurdalak dans Black Sabbath, sauf que l’esthétique ressemble beaucoup plus à The drop of water. Ici, je tiens à dire que c’est un scénario qu’on a déjà vu mille fois (surtout dans les nouvelles fantastiques du XIXe) : un homme de science, rationnel pis pragmatique, qui se rend dans une petite ville isolée où la superstition règne en maître absolu. Le gars y croit pas mais est forcé de se rendre à l’évidence à la fin du récit. On voit ça dans Dracula, dans La Vénus d’Ille pis dans Sleepy Hollow (le film). On s’entend, c’est un lieu commun. Ce qui donne un scénario pas vraiment original. Si on ajoute à ça la caractérisation ridicule des rôles féminins – la vierge vs la sorcière -, la finale super prévisible pis l’hystérie de Monica, ça donne pas un super bon mélange.
Ce qui sauve le film, c’est la réalisation de Bava. Ses cimetières embrumés pis ses allées mystérieuses auraient l’air épais si c’était pas du jeu avec les éclairages de couleurs qu’on peut voir dans le film au complet. Ça donne quelque chose de weird à l’atmosphère pis ça la rend comme irréelle, onirique (on pense à la scène où Eswai entre pis sort de la même pièce à l’infini pis qui rencontre son double), comme dans The drop of water. La caméra est toujours en mouvement pis y a presque aucun plan fixe. Le bout où la caméra imite le mouvement d’une balançoire est cool même si y a pas très bien vieillit. Le panoramique qui montre les villageois qui fisent Eswai quand y entre dans l’auberge fait bien sentir que le doc est pas le bienvenu. Mais le bout le plus cool c’est dans la Villa Graps, un manoir immense avec plein de poupées qui trainent, des pièces éclairées de rose pis de bleu pis une décoration d’un autre âge qui rend tout ça vraiment inquiétant. On peut voir des luminaires en forme de bras qui sortent des murs, en hommage à La belle et la bête de Cocteau. La séquence quand Monica descend les escaliers en colimaçon, c’est génial.
Autre chose intéressante : la creepyness de Melissa. Le petite fille fait peur, pis c’était pas encore un lieu commun à l’époque – y a eu The innocents en 1961; sinon, je sais pas trop. Je l’haïssais avec son ballon pis sa face qui apparait partout. Mais le moment le plus épeurant c’est quand Monica se réveille avec une crisse de poupée laide sur son lit. C’est aussi pire que le clown dans Poltergeist.

Analyse

Si le scénario de Bava est pas le yable au niveau du récit pis de son originalité, y est quand même plein de profondeur pis de pistes d’analyse : la matérialisation de l’inconscient, le ressurgissement d’un passé traumatique, le classique science/superstition, les rapports entre espace matériel pis espace intérieur, etc. Mais j’ai décidé de me pencher un peu sur les rôles féminins, qui sont super stéréotypés. Sauf que ça a un sens quand on y réfléchit un peu. Les femmes représentent l’hésitation du doc entre rationalisme pis surnaturel. Quand on voit Monica pour la première fois, elle arrive pour assister le doc dans son autopsie. On apprend que, comme lui, elle est étrangère – même si elle est née là – pis qu’elle étudie en médecine. Elle est blonde, vierge pis pure. C’est le rationalisme. À l’opposé, quand on voit Ruth pour la première fois – quand elle sauve le doc qui se fait attaquer par des villageois -, on sait pas trop qui c’est. Elle disparait juste après pis garde une aura de mystère pendant tout le film. C’est une sorcière pis elle connait des trucs pour briser les malédictions, comme se fouetter avec une branche d’arbre ou ben porter un silice pour dormir. Elle a les cheveux noirs, aussi. C’est tout le contraire de Monica. C’est la superstition. Ça montre son hésitation devant certains phénomènes qui peut pas expliquer. Dans certains bouts du film, y croit crissement pas aux fantômes, mais dans d’autres, y choke en crisse, tout comme à certains moments y se trouve avec Ruth, pis d’autres avec Monica. Le docteur rencontre jamais les deux femmes en même temps, sauf à la fin, quand Ruth meurt avec un pic dans le cœur pis en sauvant Monica. La superstition qui se sacrifie pour la science mais qui laisse une marque : Monica apprend qu’elle est la sœur de Melissa pis que sa mère, la baronne Graps, voulait la tuer par jalousie. Oui, les rôles féminins sont super typés, mais c’est au service de l’histoire.

Verdict

Recommandé. Évidemment, c’est pas un film qui fait peur, ni un film à regarder en gang le soir de l’Halloween. C’est un film pour les fans d’horreur pis de cinéma en général. La réalisation est superbe pis ça vaut la peine de voir ça pour les jeux d’éclairage, les décors pis les mouvements de caméra.

The roost

mai 7, 2011

Réalisation : Ti West
Scénario : Ti West
Pays : États-Unis
Sortie : 2005

En voyant Cabin fever 2 pis The house of the devil – fucking chef-d’œuvre –, chu devenu un fan de Ti West. Ses dialogues, ses cadrages pis sa direction photos sont excellentes. En attendant la sortie de son prochain film, The Innkeepers, j’ai voulu en voir d’autres de lui, facque j’ai acheté The roost.

Résumé

Alors qu’y sont en route pour le mariage d’un de leurs amis, les 4 protagonistes crissent leur char dans un fossé en prenant un raccourci qui s’éternise. Y sortent du char pour se rendre à la maison la plus proche, où y a personne. Là, le groupe se sépare : deux gars partent trouver du renfort alors qu’un des gars pis la fille restent derrière. Quand les deux explorateurs reviennent avec un policier, y découvrent que leur ami est disparu dans la grange derrière la maison. Le policier se fait tuer par des chauve-souris pis les trois amis restant doivent se cacher. Y cherchent leur autre ami pour crisser le camp au plus vite. Mais y tombent sur les proprios zombifiés de la ferme pis la marde pogne solide.

Critique

C’est le premier film de West – si on compte pas ses films étudiants. Pis ça se voit; c’est low-budget pis les acteurs pis le gore sont pas fameux. Mais on remarque quand même les germes de House of the devil : la plupart des plans sont léchés pis jouent avec les ombres ou utilisent des éclairages colorés – la discussion du début dans le char sous une lumière rouge est vraiment cool.
Les relations entre les personnages sont intéressantes pis complexes mais pas assez développées à mon goût. Même si y sont dans des situations classiques des films de zombies, West réussit à rendre crédibles leurs réactions.
Encore comme dans House of the devil, le rythme est très lent pis on a droit à de longues séquences où on voit les personnages avancer tranquillement dans le noir qui installent beaucoup de tension. Étonnement, le film fait faire des crisses de sauts pas clean.
L’idée que des chauve-souris transforment le monde en zombies me plait, mais c’est pas expliqué – ce qui me dérange pas vraiment – pis un peu maladroit. Les bouts où on voit l’espèce de host du film, en hommage aux vieilles séries horrifiques, sont pas vraiment nécessaires même si c’est un peu drôle, surtout le tout dernier plan.
Même si y faut prendre le film au premier degré, y manquait un petit quelque chose. J’ai pas embarqué vraiment dans l’histoire pis j’avais même hâte que ça finisse.

Verdict

Pas recommandé. Même si y a du bon dans The roost, y reste que c’est un film de débutant, pis que ça se sent. C’est pour ça que je le recommande pas; on fait des sauts mais on entre pas dans l’histoire.

Behind the mask : the rise of Leslie Vernon

mai 3, 2011

Réalisation : Scott Glosserman
Scénario : Scott Glosserman pis David J. Stieve
Pays : États-Unis
Sortie : 2006

Ce film-là a eu des maudites bonnes reviews un peu partout sur le web, pis même que Sinistre Blogzine l’a mis dans son top 10 Found Footage en le décrivant comme un mélange entre C’est arrivé près de chez vous pis Scream, deux excellents films. Comme chu un fan du sous-genre, j’ai décidé de l’écouter.

Résumé

Dans un monde où Jason Vorhees, Freddy Kruger pis Michael Myers ont existé pour vrai, trois étudiants font un documentaire sur un tueur en série qui prépare ses meurtres. Le tueur, Leslie Vernon, va terroriser la petite ville de Glen Echo, qui aurait causé sa mort alors qu’y était enfant. Facque, comme nos slashers préférés, Leslie a une légende rattachée à lui, une maison où des ados vont fêter à chaque année le jour de sa mort, un masque, une arme de prédilection, un psychologue qui cherche à l’arrêter pis toute. Y explique à Taylor, la journaliste amateure, comment y compte faire sa job pis pourquoi y la fait. Y nous fait rencontrer un ancien slasher à la retraite, qui explique comment des gars comme Freddy pis Jason on révolutionné la façon de faire des meurtres en série. C’est comme une visite guidée de tout ce qu’on voit pas dans les films de slashers : le tueur choisir son target group, courir en malade quand on le voit pas pour avoir l’air de toujours marcher pis trafiquer les lumières de la maison pour pouvoir faker une panne de courant. Y explique tout ça à l’équipe de tournage qui, le soir du massacre, décide de pas le laisser faire pis qui se retrouve du mauvais côté du masque.

Critique

L’idée de base ressemble énormément à C’est arrivé près de chez vous : un documentaire sur un tueur en série pis l’équipe de tournage qui devient impliquée dans les meurtres. Le film souffre de cette comparaison-là : si, mettons, C’est arrivé près de chez vous c’est la Nintendo Wii, ben Behind the mask, c’est la Kinect de Sony. C’est un genre de rip-off mais avec une bonne idée en plus. Dans ce cas-ci, la bonne idée, c’est de faire du tueur un genre de meurtrier d’outre-tombe – supernatural slasher – comme dans les classiques Halloween pis Vendredi 13 pis A nightmare on Elm street. L’affaire, c’est que le tueur est pas surnaturel pantoute; c’est juste un gars qui fait croire des affaires avec des mises en scènes pis un peu d’anticipation, comme tous les autres, d’ailleurs. Leslie nous emmène dans les coulisses du slashers alors que Scream était resté dans la salle de spectacle. L’auto-dérision, à mon sens, est aussi réussie que dans Scream. C’est super drôle tout le long, avec l’espère d’historique du tuage en série que l’ami de Leslie nous explique, la scène classique du visionnement de vieux journaux en microfilms à la bibliothèque de l’école pis toute.
J’ai particulièrement aimé toute l’histoire de la symbolique qui entoure les slashers : le placard qui est un endroit sacré pis qui représente l’utérus, donc l’innocence; la course à travers un décor menaçant qui représente la naissance; la final girl qui s’équipe d’une arme phallique – hache, bâton de baseball, etc – pour décâlisser le tueur, c’est qu’elle perd son innocence (« She’s empowering herself with cock. », d’après Leslie). C’est super intéressant. Ce qui fait que la première heure du film est crissement divertissante pis que j’ai vraiment été accroché, malgré la ressemblance avec C’est arrivé près de chez vous. Mais au trois quarts du film, ça change : sans trop qu’on sache pourquoi (elle l’a aidé tout le long), Taylor décide d’empêcher les meurtres en allant avertir le target group, qui fête dans l’ancienne maison de Leslie. À ce moment-là, y droppent leurs caméras pis ça devient un film normal, en ocularisation externe. J’ai trouvé ça maladroit.
C’est pas la seule incohérence : quand Taylor apprend que Leslie est pas vraiment le petit gars de la légende, elle est trop pissed pis toute. Mais au fond, ça change quoi ? Rien, y fallait juste mettre un peu de chicane pour la courbe dramatique du film. Autre bizarrerie/défaut : le doc Halloran (en référence au Shining de King ?). On sait pas trop c’est qui, ni y sort d’où, ni pourquoi y sait où Leslie est pis ce qu’y prépare. On sait pas non plus ce qu’y fait dans le film, le doc (à part ploguer Robert Englund) sert strictement à rien. Oui, c’est des jokes de doc Loomis, mais ça reste trop en surface pour que ça devienne intéressant.
Mais le plus gros défaut de Behind the mask, c’est son échec à utiliser la caméra subjective. L’image est tout le temps trop claire, les interactions entres les membres de l’équipe de tournage sont pas crédibles pis la fille qui joue Taylor se force beaucoup trop pour avoir l’air de pas de forcer; ce qui fait qu’on y croit pas tant, à leur histoire de faux/vrai footage. C’est raté de ce côté-là. Par contre, le personnage de Leslie est fucking bon pis y sort des stéréotypes de tueurs en série sociopathes pis silencieux ou super trop intelligents pis volubiles. Leslie est un gars normal, qui fait des jokes pis toute, pis que j’ai trouvé désagréable en quelques occasions. Nathan Baesel nous fait croire à son rôle, même qu’à la fin j’aurais voulu qu’y tue tout le monde, incluant Taylor, qui me tapait un peu sur les nerfs. Mais bon.

Analyse

Le film nous emmène dans la production d’un film d’horreur : on voit comment les tueurs dans les films utilisent des trucages pour faire peur aux personnages – pis aux spectateurs. Mais rendu au tier, le film se transforme en vrai film d’horreur. À ce moment-là, Leslie nous a déjà décrit tout ce qui allait se passer, facque on regarde le monde aller avec un horizon d’attentes, comme on écoute un nouveau film d’horreur qui a pas l’air ben original. On s’attend à certaines choses. Sauf que finalement, c’est pas ce qui est supposé arrivé qui arrive, pis on est surpris – plus ou moins, le twist est prévisible, mais bon. L’important, c’est qu’on s’attend à dequoi qui arrive pas. Ça nous ramène au cinéma de genre : des personnages clichés, une structure dramatique toujours semblables, pis toute. Mais un bon film, c’est un film qui évite les clichés, ou qui les utilise autrement.
Y a aussi un métadiscours sur le genre du slasher : en voyant le film, on se dit « Bon, tout ça c’est framé, ça fait pu peur ». Sauf que finalement, à la fin, c’est parce que tout est framé qu’on a peur : on se dit « Fuck, le gars est beaucoup trop ben préparé pis pas moi. » Comme Scream, le film déconstruit le slashers mais réussit à les rendre épeurant pareil. Le début montre comment ça marche, la fin montre que, effectivement, ça marche.
On dit souvent que les films d’horreurs sont des manifestations des peurs pis des obsessions communes à une société. Donc, c’est comme une façon de passer nos pulsions fucked up, de les laisser sortir un peu pour pas qu’y nous pètent dans la face un jour à force d’être trop réprimées. Robert Pickton, au lieu de réaliser des films d’horreur, a tué un nombre incroyable de putes. C’est pas vraiment ça, mais vous me suivez, right ? Dans Behind the mask, Eugene dit : « Every culture, every civilisation, since the dawn of man, has had it’s monsters. For the good to be pitied against the evil, you have to have evil, don’t you ? » ça veut dire que les tueurs font ça pour rétablir un espève d’équilibre dans la société. Maintenant qu’on a pu peur de rien – Ben Laden vient de mourir, tsé – faut ben que quelqu’un reprennent le flambeau en créant des légendes qui font peur au monde. Dans le film, Leslie a un peu la même fonction que le film d’horreur dans la société. On peu aussi le comparer au « destin » : ses victimes le savent pas, mais y a tout prévu pis tout arranger pour que, peu importe, y finissent par faire ce que lui y veut qu’y fassent. Les victimes pensent tout faire pour s’échapper mais y se pitche dans la gueule du loup. On nait tous avec un « destin », même si j’aime pas le mot. On a des déterminations sociales, familiales, psychologiques, génétiques, whatever, qui font qu’on est portés à faire telle affaire au lieu de telle autre. Sauf qu’on peut sortir de ce « destin »-là : on devient une final girl pis on s’en sort, après avoir, comme elle, décidé de se battre.

Verdict

Recommandé. Faut connaitre un peu les slashers pour apprécier le film. Mais ça vaut la peine en crisse, malgré ses quelques défauts. Ça fait rire pis c’est le fun.

Burning Bright

avril 24, 2011

Réalisation : Carlos Brooks
Scénario : Christine Coyle Johnson, Julie Prendiville Roux pis David Higgins
Pays : États-Unis
Sortie : 2010

Je pensais pas le regarder mais j’ai lu quelques bonnes critiques qui m’ont convaincu d’y laisser une chance. Mais, vraiment, je m’attendais à rien. Quand même, un ouragan, un petit gars autiste pis un tigre, ça a le mérite d’attirer la curiosité.

Résumé

Ça commence quand Johnny Gaveneau décide d’acheter un tigre pour monter un genre de Safari Ranch pour faire du cash avec les touristes. Ça tombe mal, parce que le gars s’y connait pas pis que le tigre a été expulsé d’un cirque le mois d’avant pour avoir bouffé quelqu’un vivant. Kelly, c’est la belle-fille de Johnny, qui lui est le chum de sa mère, qui est morte y a une couple d’années. Depuis la mort de sa mère, Kelly s’occupe de son petit frère autiste, Tom. Mais elle doit quitter la ville pour aller au college, facque elle utilise le cash que sa mère y a laissé pour placer Tom dans une institution privée pour qu’y soit bien traité. Mais c’est Johnny qui a utilisé ce cash-là pour acheter le tigre. Tout ça pendant qu’un ouragan s’en vient. Johnny fait barricader la maison mais Kelly pis Tom se retrouvent pognés dedans, avec le tigre.

Critique

En gros, c’est un slasher avec un tigre comme tueur. Kelly pis Tom veulent pas mourir, pis le tigre veut les manger. Y passe de proche de réussir une couple de fois pis toute. Étonnement, on sent quand même ben la tension pis le film réussit à nous stresser – au moins un peu. Ce qui m’a énervé, c’est le fait que le tigre, c’est pas juste un tigre; c’est un evil tiger (« That tiger is not scary. He’s evil. ») Comme si c’était pas déjà assez dangereux comme ça, pis comme si un animal pouvait être fondamentalement mauvais. On aurait pu se passer des grognements pseudo-épeurants, quand même.
La réalisation a rien de spécial, c’est juste normal, mettons. Genre que j’ai rien à dire à propos de ça, sauf qu’elle est maladroite par moments – le zoom in sur le cellulaire qui tombe dans la penderie.
L’actrice principale, Briana Evigan, livre une bonne performance, surtout dans les moments les plus tendus, comme quand elle voit le tigre pour la première fois; sa réaction m’a semblée assez crédible pis réaliste, comme le reste de ses tentatives pour décâlisser de la maison. Le petit autiste, le beau-père pis le tigre sont juste corrects. Mais le personnage de Johnny est beaucoup trop exagéré; c’est un crisse d’épais comme y s’en fait pas, y a aucune nuance pis c’est vraiment le « méchant » du film, qui mérite son sort à la fin (on apprend entre temps qu’y a tué la mère pis qu’y veut tuer les enfants pour toucher la prime d’assurance ? Sérieux ?). Ça c’est moins bon. La relation entre Kelly pis Tom est quand même intéressante, surtout la bout où elle rêve qu’elle étouffe son petit frère, qui demande vraiment beaucoup de son temps. Tout le long du film, elle se sent mal de le laisser pour aller étudier, même si tout le monde y dit que c’est sa vie à elle pis qu’elle doit penser à elle avant les autres. Facque on voit que ça la fait souffrir de s’occuper de son frère, même si elle l’aime pis toute. Ça, c’est bon.

Analyse

C’est ça qui m’a un peu tapé sur les nerfs, l’espèce d’histoire de Tom qui passe par-dessus la mort de sa mère; au début, y laisse personne le toucher pis le dernier plan du film, c’est Tom qui prend la main de sa sœur. Vu demême, c’est un espèce de récit initiatique pour Tom pis Kelly. Lui fait le deuil de sa mère, pis elle prend la décision de s’occuper de son frère. Parce que le tigre dans la maison représente la menace du fardeau qu’elle porte en s’occupant de son frère. Le tigre veut la tuer, tandis que son frère – même si c’est pas voulu – l’empêche de faire ce qu’elle voudrait dans la vie. Pis à un moment donné, y a un parallèle clair entre Tom pis le tigre. Après avoir passé proche de se faire pogner, Tom pis Kelly se ramassent dans la cuisine, où Tom pique une crise. Y crie « Eat now ! Eat ! », justement alors que le tigre veut les manger pis que sa sœur prépare des boulettes de steak haché aux pilules somnifères. Facque le film c’est une métaphore du conflit intérieur de Kelly. C’est intéressant, mais en même temps l’histoire de Tom qui prend sa main à la fin, c’est un peu trop niaiseux pour moi.

Verdict

Pas recommandé. Ça laisse indifférent pis la réalisation est platte malgré le tigre, l’autiste pis l’ouragan. De la bonne volonté, mais pas un bon résultat.