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Shutter

mars 1, 2011

Réalisation : Banjong Pisanthanakun pi Parkpoom Wongpoom
Scénario : Banjong Pisanthanakun, Parkpoom Wongpoom pi Sopon Sukdapisit
Pays : Thaïlande
Sortie : 2004

Je dois avouer que j’ai été surpris de voir que la Thaïlande, pays où un film de propagande pour le roi précède chaque visionnement, a produit un film qui a une bonne réputation dans le cinéma d’horreur mondial. Disons que les thaïs sont plus réputés pour leurs massages que pour leur industrie culturelle. Mais bon.

Résumé

Facque c’est l’histoire de Jun pi Jane, un jeune couple d’étudiants qui habitent à Bangkok, qui frappent une femme en revenant d’un party. Y chokent pi y décident de se pousser. Sauf que, sur les photos de graduation prises par Jun, y a des affaires bizarres qui ressemblent à des faces qui fixent Jane. Y commencent aussi à faire des rêves bizarres. Les amis de Jun commencent à mourir un après l’autre, tous des suicides. Y pensent que c’est la fille qu’y ont frappé qui se venge mais y finissent par découvrir qu’aucun accident a déclaré cette nuit-là. C’est là que Jun avoue à Jane qu’y pense que la fille, c’est son ex, Natre. Elle se faisait écoeurer à l’école – par les amis de Jun, entre autres – pi Jun est devenu son ami par pitié. Elle l’aimait crissement gros pi y lui a brisé le cœur. Ensuite, ses amis sont allé faire dequoi de pas nice qui a forcé Natre à quitter Bangkok. Facque Jun pi Jane vont voir la mère de Natre, qui leur apprend qu’elle s’est suicidée. Le gars feel cheap en crisse. Y pensent régler le problème en donnant des funérailles qui ont de l’allure à Natre, dont le corps était gardé secrètement dans sa chmabre par sa mère. Sauf que ça marche pas vraiment.

Critique

Je sais pas trop c’est quoi le buzz autour de ce film-là, pour être franc. À mon sens, c’est juste une autre histoire de fantôme asiatique qui a rien de ben spécial. À regarder les reviews sur IMDB, on s’attend à un chef-d’œuvre, mais non.
Les sauts font pas faire de saut tellement c’est cliché pi que la trame sonore annonce que quelque chose s’en vient. Des affaires bizarres dans une photo, une ptite fille aux cheveux noirs qui sort d’un lavabo, toute ça, ça sent le réchauffé. Comme dans Ringu, les personnages enquêtent sur les causes des apparitions, pour se rendre compte que finalement, y a un lien de cause à effet entre la mort de Natre pi les affaires bizarres. C’est trop simple, comme conclusion : elle est morte pi elle a souffert à cause d’eux, donc elle revient pour les tuer. Autre affaire : finalement, on se rend compte que Jun a participé au viol de Natre avec ses amis. Come on. C’est vraiment pas crédible.
Les acteurs sont pas bons mais pas mauvais, comme les dialogues pi tout le reste. Certains plans sont assez beaux, comme ceux dans les salles de cours de l’université ou les gros plans sur, par exemple, la poignée de porte qui shake. Mais le flashback narré par Jun est vraiment sec. Les scènes d’amour avec Natre sont tellement clichées, c’est terrible. Sauf que la fin est agréablement pessimiste.

Analyse

À première vue, c’est une histoire à propos du remord. On a juste à penser à la fin quand Jun se rend compte qu’y porte le corps de Natre sur son dos pi que c’est pour ça qu’y a mal au cou. C’est assez clair, pi pas très subtil : « Si vous faites dequoi de pas fin, ça va vous suivre toute votre vie ». Thanks pour la morale, Shutter.
Si on se creuse un peu la tête, on peut sûrement trouver quelque chose à dire à propos de la représentation, à cause de l’histoire de photographie pi toute. À un moment donné, un prof de photo explique qu’une photo montre pas la réalité, mais qu’elle la transforme, que ce soit par le cadrage, l’éclairage, etc. Donc, l’œil du photographe y est pour beaucoup. Le fait que Jun voit Natre dans ses photos exprime ses remords, mais ça finit là.
L’autre piste, c’est les mantes religieuses. Jun écoute distraitement un documentaire qui explique que la femelle mange la tête du mâle pendant l’accouplement. Ces affaires-là, c’est jamais innocent, pi ça veut toujours dire dequoi. Plus tard, on voit une mante religieuse sur le bord de la route. Ça renvoit probablement à Natre qui finit par tuer Jun, son ex-amant. Mais ça non plus ça veut pas dire grand-chose.
Si quelqu’un a réussi à voir dequoi de significatif dans Shutter, shootez, chu curieux.

Verdict

Pas recommandé. C’est exactement ce à quoi on s’attend d’un film d’horreur asiatique du début 2000. Pas original, sans être complètement à chier non plus. Mais ça vaut pas la peine.

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Vinyan

mai 11, 2010

Réalisation : Fabrice Du Welz
Scénario : Fabrice Du Welz, David Greig pi Olivier Blackburn
Production : Michaël Gentile
Pays : France, Royaume-Uni, Belgique
Sortie : 2008

J’ai été surpris quand j’ai vu que mon Vidéotron avait une copie du nouveau film de Du Welz. Apparemment, ce film-là avait plus de budget que Calvaire; Emmanuelle Béart joue dedans. Ça augurait ben, facque je l’ai loué.

Le film se passe dans un Phuket post-tsunami du 26 décembre. Depuis six mois, Paul pi Jeanne vivent à Phuket après avoir perdu leur fils dans la grosse vague de 30 pieds de haut. Sauf que, pendant la présentation d’un film de sensibilisation pour la cause des enfants birmans, Jeanne voit son fils en arrière-plan. Parce que l’espoir, des fois, c’est épais, ben ils font affaires avec des thaïs pas trop cleans pour aller le chercher. Facque le couple décide de payer fucking cher pour traverser la frontière birmano-thaï, chose qui est pas vraiment une bonne idée, sauf si c’est Rambo le capitaine de l’embarcation. Mais plus ça va, plus ils s’enfoncent dans la marde. Paul veut se pousser mais Jeanne veut continuer à chercher. On voit ben qu’elle a pas toute sa tête. Pi là ça dégénère pour finir en délire mystico-allégorique qui reste toujours pas clair pour moi.

Si on se rappelle bien, Calvaire exploitait le malaise pour affecter le spectateur. Ici, Du Welz l’utilise mais d’une autre façon. Tout le long, on voit le couple se mettre de plus en plus dans la marde pi on peut rien faire. Déjà qu’au début, on sait que c’est pas une bonne idée leur patente. Quand le thaï louche présente à Jeanne un enfant birman avec la face peinte en blanc pi qu’y lui dit que c’est son fils, pi qu’elle le croit, osti que j’étais mal à l’aise. Une chance que son chum est là. Sauf qu’à un moment donné, elle vire juste folle. On la voit faire des affaires dans le dos de son chum pour continuer de chercher pi on peut pas s’empêcher de l’haïr, Jeanne. Elle agit vraiment d’une façon contraire au bon sens, c’est ça qui gosse. J’étais exaspéré.
Pi insécure, itou. Parce que tout le monde que le couple rencontre ont l’air pas clean. J’aurais jamais fait affaire avec les gars de Phuket. Quand ils arrivent sur l’île, la populace locale lance des ballons éclairés dans la nuit. C’est une belle scène au niveau esthétique, mais crisse qu’on les trouve fucked-up les habitants. Ils agissent trop pas normalement. Pi c’est comme ça à chaque fois qu’on voit un nouveau personnage : il est toujours plus bizarre que les autres. Je feelais vraiment comme Paul : la marde pogne de plus en plus pi je peux rien faire. Quand un film me donne des émotions, j’aime ça.
L’atmosphère du film est menaçante pi vraiment étouffante. Surtout les scènes où ils sont perdus dans la forêt tropicale. On le sent tellement vulnérables.
Quand la situation de Paul pi Jeanne pourrait pas être plus précaire, le film pogne une twist étrange. Des enfants peints en blancs sortent de la forêt pi leur courent après. Paul meurt dans une caverne pi Jeanne fini toute nue pi entourée par genre 50 enfants qui la touchent tranquillement. Pi c’est la fin. Y me semble que quand j’ai vu le film, j’ai eu l’impression de comprendre ça voulait dire quoi cette fin-là. Mais j’ai oublié.
Le film est ben fait, sans rien de ben spécial du côté esthétique. Les plans sont beaux, mais ben normaux, comme le jeu des acteurs. Le rythme est crissement lent, mais ça fait ben monter la tension, le malaise pi l’insécurité. Ça peut être trop lent pour certains parce que la psychologie prend plus de place que l’action. Mais moi j’ai pas ressenti de longueurs. J’ai ben aimé ça.

Verdict : un bon film, pas aussi bon que Calvaire, mais un bon film. Qui sort des schémas traditionnels de l’horreur.