Posts Tagged ‘2007’

Le labyrinthe de Pan (El laberinto del fauno)

juin 14, 2011

Réalisation : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro
Pays : Espagne
Sortie : 2007

Comme tout le monde, j’ai applaudi le film après l’avoir vu au cinéma – pis avoir chié dans mes culottes pendant la scène avec le crisse de bonhomme aik des yeux dins mains. Bref, j’ai gardé un excellent souvenir du film, pis j’étais content de pouvoir updater mon opinion en le re-regardant.

Résumé

C’est l’histoire de Ofelia, une jeune fille dont le père est mort, qui suit sa mère pour vivre chez le nouveau chum, un fasciste frigide pis douchebag. Ça se passe pendant la guerre d’Espagne – en fait, ça se passe après que les fascistes de Franco aient pris le pouvoir. Malgré tout, y a encore des républicains improvisés guérilleros qui se cachent dans les bois pour foutre la marde. On se rend compte assez vite que la maman – Carmen – est enceinte du facho – Vidal – pis qu’y est plus intéressé par son futur enfant que par Carmen. Une nuit, Ofelia suit une grosse bibitte laide qui l’emmène dans un labyrinthe en ruines. Là, un faune explique à Ofelia qu’elle est une princesse, pis que son père la cherche. Pour pouvoir revoir son papa, le faune demande à Ofelia d’accomplir trois tâches. Pendant qu’elle fait de son mieux pour réussir les quests du faune, Carmen tombe malade. On apprend que le docteur – doctor – pis la servante – Mercedes – font partie de la « résistance », pis qu’y communiquent avec des soldats républicains cachés dans les bois pas loin de la petite enclave fasciste. Blablabla.

Critique

Le film laisse une super bonne impression malgré la mort de Ofelia, parce que le fasciste se fait tuer froidement par les républicains, qui y refusent son dernier vœu : donner sa montre à son fils. Le personnage de Vidal est peut-être pas très complexe ni ben développé, mais del Toro fait une crisse de bonne job pour nous faire l’haïr. C’est rare que j’ai autant souhaité la mort d’un personnage, tous films confondus (dans cette catégorie-là, on peut ajouter la religieuse folle dans The mist). Y est tellement badass qu’y se fait des points de suture lui-même. D’ailleurs, j’ai ben aimé la majorité des personnages, surtout le docteur, qui casse complètement Vidal vers la fin du film. Les acteurs jouent assez bien tout le long.
La réalisation est correcte pis assez standard; par contre, le monde du faune est débile. Visuellement, c’est irréprochable. Super sombre, l’univers parallèle nous fait sentir pas trop ben pour Ofelia, parce qu’on a comme l’impression que dequoi de pas clean se prépare. Les costumes sont superdes pis pas du tout ridicules, ce qui est dur à faire quand on utilise des vrais costumes pis pas du CGI. Mais ça marche. Le monde de del Toro m’a fait beaucoup penser aux films de Hayao Miyazaki, surtout la scène avec le crapaud dans la grotte.
Le commentaire politique est intéressant, quoique crissement cliché : le fascisme, c’est pas bon. Mais c’est vraiment ben emmené : personnellement, quand le docteur, après avoir euthanasié son ami républicain, répond à Vidal : « J’ai pas suivi vos ordres, capitaine, parce que c’est juste le monde comme vous qui peuvent exécuter un ordre sans le questionner. », pis qu’y se fait tirer dans le dos par le méchant fasciste, ben j’ai été ému.
On qualifie souvent ce film-là de conte de fées pour adultes, ou de conte d’horreur. C’est très vrai. Y a quand même des affaires dégueuses : les coups de bouteille de vin dans face du paysan au début, ou ben l’auto-suturisation de la blessure à la bouche, qui est déjà assez écoeurante sans qu’on ait besoin de voir une aiguille passer à travers tout ça. Pas mal de violence faite de sang-froid, aussi. Le monde inquiétant du faune installe une atmosphète de magie malsaine, qu’on sait pas trop si on doit truster. Mais ce qui fait horreur pour vrai, c’est la classique scène avec le bohnomme épeurant communément appellé le « monstre blanc aik des yeux dins mains ». Sérieux, des yeux dins mains, what the fuck ? Mais c’est ça qui fait peur, je pense, le fait que ça soit crissement bizarre comme monstre. Anyway, la scène est réussie, parce que je connais personne qui a pas eu peur. Good job.

Analyse

Au début, on entend une voix raconte un conte pour enfants : c’est une princesse qui est sortie en dehors du royaume souterrain où elle vivait, mais elle est devenu amnésique, pis elle est morte. Son papa le roi la cherche partout, pis y pense que son esprit va revenir un jour. Une prophécie (ou dequoi demême) dit que la princesse va revenir sous une autre forme, dans un autre corps. C’est assez important, parce que ça nous permet de comprendre le film. Ofelia aime les contes, ce que sa maman y reproche. Elle y dit que c’est pour les enfants. Facque dès le début, le monde des adultes s’oppose au monde des enfants. Plus tard, son beau-père fasciste y dit que ses livres, c’est de la marde, donc qu’y a pas de place dans la nouvelle Espagne fasciste pour les contes pis la Magie. D’ailleurs, le fascisme, avec son obession de l’ordre pis des lois, c’est le contraire de l’imagination; c’est un monde où l’enfance a pas sa place. Dans le film, c’est sous-entendu que le père d’Ofelia est mort à la guerre, pis qu’y était du côté des républicains, qu’on peut voir comme les gardiens de la Magie. Facque Ofelia vit le conte de fées pour échapper au monde de marde dans lequel elle est plongée. Sauf que son conte est crissement épeurant, comme si le fascisme avait réussit à entacher même l’imagination pis le monde du rêve. Y a des parallélismes entre les deux mondes : le faune qui manipule Ofelia renvoit à Vidal, pis Ofelia dans le monde imaginé qui finit par sacrifier sa vie pour celle de son frère, acte héroïque qui est reflété dans la réalité par le sacrifice du docteur quand y envoie chier Vidal. Dans les deux cas, les personnages meurent au nom de la justice. Par contre, dans la réalité, les républicains finissent par niquer Vidal, tandis que Ofelia, elle, est morte pour vrai. J’ai lu sun Imdb du monde qui disait que la fin peut être interprétée de deux façons : 1. Ofelia est morte; 2. Ofelia est vraiment une princesse. Sérieux, envisager la deuxième option, c’est rien comprendre pantoute. Si c’est une princesse pour vrai, le film veut pu rien dire. Le refus d’Ofelia est à mettre en relation avec le régime fasciste. Exemple : si le nazisme a pu prendre autant d’ampleur en Europe, c’est à cause des individus qui, sans être des nazis convaincus, ont pas pu dire non. Ça renvoit à l’expérience de Milgram, pis son update en jeu télévisé. Facque, comme le docteur, même si elle meurt, Ofelia gagne pareil, parce qu’elle conserve son intégrité.

Verdict

Recommandé. C’est bon, ça fait peur pis c’est intelligent. Visuellement, c’est pas loin d’être parfait.

Hatchet

décembre 30, 2010

Réalisation : Adam Green
Scénario : Adam Green
Pays : États-Unis
Sortie : 2007

Avec la sortie de Hatchet 2, pi toute le hype derrière Hatchet – supposément le meilleur slasher depuis un boutte -, je me suis dit que c’était temps que je le vois, surtout si je veux reviewer le 2 pi pas dire n’importe quoi. à part ça, j’ai jamais vu de trailer pi j’ai aucune idée à quoi m’attendre. J’ai découvert avec joie que le personnage principal, c’est Joel Moore, le gars qui joue le robot dans Granma’s boy.

C’est l’histoire de Ben pi ses amis qui sont en Louisiane pour le Mardi Gras pi pour faire oublier à Ben sa rupture avec sa blonde. Mais Ben insiste pour aller faire un haunted swamp tour. Facque y se retrouve avec un de ses amis pi plein d’autre monde sur un petit bateau cheapo dans le bayou, la nuit, pour aller voir des wanabe-fantômes. Mais le bateau pète dans un marais rempli de crocos supposé être hanté par le fantôme d’un gars difforme, Victor Crowley. S’ensuit alors le classique stock de slasher.

Dès le départ, c’est clair que c’est une joke. Une comédie d’horreur mais pas comme Evil dead; ça se prend pas au sérieux, y a des jokes comme on en aurait dans n’importe quelle comédie pi toute. Même si des fois les jokes sont pas vraiment réussies, la plupart du temps, ça va. Le groupe dans le bateau est excellent :

– Le gars principal, Ben, qui est sec pi awkward
– Son ami, le classique black qui fait des jokes, genre Chris Tucker
– Le couple de touristes de 60 ans trop motivé pi gossant – tsé, avec des chapeaux Giligan pi toute.
– Le faux réalisateur de porn pi ses deux actrices chicks
– Un chinois de Détroit qui s’improvise guide de bayou
– La fille mystérieuse qui finalement a quelque chose à voir avec Victor Crowley

Ça fait un beau mélange. En terme de comédie d’horreur, j’ai été satisfait. Le genre du slasher est perverti tout le long : le chinois oublie la suite de son histoire quand y raconte la vie de Crowley, le flashback de sa jeunesse est volontairement cheezy pi le personnage de Crowley bouge comme un trisomique. C’est drôle pi le gore est excellent. Y a de l’arrachage de membres en masse, du coupage de torse en biseau avec une hachette pi du déchirage de yeule pour les fous pi les fins – comme dirait ma mère. De quoi satisfaire tous les amateurs de gore. Facque, pour ça, big up.

J’ai été étonné par la qualité de certains plans. L’image est pas ben ben travaillée mais c’est assez bien filmé par boutte (pas tout le long, évidemment, mais quand même).

Verdict : recommandé. À regarder après avoir fumé un joint pi avec des amis. Une bonne comédie d’horreur.

Total fury

mai 15, 2010

Réalisation : Roadkill superstar (François Simard, Anouk Whissel pi Yoann-Karl Whissel)
Scénario : Roadkill Superstar
Production : Roadkill Superstar
Pays : Québec
Sortie : 2007

Depuis pas longtemps, une couple de films d’horreur sont sortis dans notre crissement pudique province : Sur le seuil, 5150 rue des Ormes, Les 7 jours du Talion, pi y en a un autre qui s’en vient, Le poil de la bête. Avec un peu de chance, ça va débloquer. Mais c’est pas ça mon point. Mon point c’est qu’en marge des productions avec Rémi Girard dedans, y a du monde qui font des films de genre depuis un boutte pi qui runnent dans tout plein de festivals sans que personne le sache. C’est le cas du collectif Roadkill Superstar (RKSS). Certains de leurs courts métrages se trouvent sur leur site : http://vimeo.com/rkss. C’est là que j’ai trouvé Total fury. Mais le monde est cruel : j’ai pas trouvé de trailer.

En 12 minutes, on a pas ben ben le temps de développer une intrigue. Dans ce cas-là, c’est assez simple : une fille se fait enfermer par un vendeur de téléphones cellulaires pi une gang de gars fucked-up avec des masques à gaz. Évidemment, elle se fait torturer pi toute. Mais elle se rappelle des films de Arnold Conan Schwarzenegger qu’elle écoutait quand elle était petite. Inspirée, elle se libère, duck-tape ses bobos pi décâlisse tout le monde.
Avant tout, je tiens à dire que je suis pas un fan de comédies d’horreur. Ni de films de torture, d’ailleurs.

Ça prend pas de temps avant qu’on comprenne que c’est pas des acteurs professionnels, même si le gars qui joue le douchebag m’a faite rire. Mais on s’en crisse; avec pas de cash, on s’arrange comme on peut. Anyway, c’est pas ça l’important dans ce film-là, les acteurs pi les dialogues. C’est juste une étape à franchir avant d’arriver dans le vif du sujet. Ce qui prend pas de temps : le coup de poing avec le sang qui gicle m’a surpris.
C’est là que ça commence : la fille est attachée, avec une caméra qui la filme pi des instruments de torture partout. Je m’attendais à du gore, mais j’ai quand même été surpris. Elle se fait ouvrir le bras avec une scie pi une grosse lame de je sais pas quoi, pi quand le sang gicle le gars le liche comme un malade. Oh crisse. Après, elle se fait poker l’œil pi un des gars le bouffe.
C’est là que ça commence à être une vraie comédie, en même temps qu’un rape and revenge. Comme j’ai dit plus haut, je suis pas un fan; mais quand même, j’ai pas pu m’empêcher de rire quand le gars met de la sauce piquante dans les plaies de la fille, ou quand son poing traverse la tête d’un méchant comme dans du beurre. Les corps ridiculement mous, j’ai vraiment trippé. RKSS, ils savent faire du bon pi du beau gore. C’est pas pour rien que Total fury a gagné le prix du film le plus gore à SPASM en 2007, avec le prix du jury pi celui du public.
Bon. Si le gore m’a fait rire, y a des affaires qui m’ont laissé ben frette : l’influence de Arnold, je sais pas, ça m’a pas faite rire, surtout pas le bout où il arrive avec elle pour niquer le dernier méchant. Autre chose : l’accent de doublage des vieux films d’actions que la fille prend quand elle se transforme en Hulk. Je comprends, c’est un genre d’hommage ironique, mais les one liners qu’elle lançait m’ont pas fait rire.
Du côté technique, c’était bon. Le montage, les plans, les effets spéciaux, toute ça était vraiment réussi. On a pas besoin d’un gros budget ni de l’aide de la SODEQ pour bien filmer.
Mais j’aimerais ça voir RKSS faire un film avec plus de moyens; c’est pour ça que j’avais voté pour leur pub Doritos. Avec plus de moyens, pi un propos plus sérieux. Je sais pas, j’ai juste l’impression que c’est facile de faire une comédie d’horreur. Y a tellement de clichés à exploiter, pi pas beaucoup d’efforts à mettre pour le scénario. Mais rendu là, c’est une question de goût. Ça empêche pas que c’était ben réalisé pi que le gore était parfait. Je vais en regarder d’autres, c’est clair.

Verdict : trois raisons pour écouter Total fury :
1. Le gore est extrême
2. Pour voir ce qui se passe au Québec du côté de l’horreur
3. C’est gratuit.
Regardez-le.