Posts Tagged ‘vampire’

Let the right one in (Låt den rätte komma in)

mars 5, 2011

Réalisation : Tomas Alfredson
Scénario : John Ajvide Lindqvist, d’après son propre roman
Pays : Suède
Sortie : 2008

Je pense pas que ce film-là ait besoin d’être présenté, après l’enthousiasme qu’y suscite dans le milieu de l’horreur depuis sa sortie en 2008. Je m’en rappelle, y a trois ans, je me demandais quand y allait sortir au Québec. Pi quand je l’ai vu au Vidéotron, je l’ai loué tout de suite. Anyway, j’avais gardé un bon souvenir, pi je l’ai regardé récemment parce qu’y passait à ArtTv – en français, facque ça s’appelle Morse, ce qui est quand même mieux que Laisse la bonne personne entrer.

Résumé

C’est l’histoire de Oscar, un petit gars bizarre pi persécuté à l’école. Y trippe sur les couteaux pi quand y est tout seul y s’imagine en train de poignarder du monde. Y remarque un vieux monsieur pi une petite fille étrange, Eli, qui viennent de déménager dans l’appart d’à côté de chez eux. Y la croise dans le jeu de la cour de son appart pi y devient ami avec elle. Elle dit à Oscar de pas se laisser faire pi de se défendre quand y se fait écoeurer. Sauf que Eli, c’est un vampire. Quand le monsieur qui est avec elle réussit pas à ramener du sang, elle doit aller s’en trouver elle-même. Les meurtres s’empilent pi les bullys de Oscar décident de se venger sur lui après qu’y les ait frappé.

Critique

Crisse que c’est bon, sérieux.
Visuellement, c’est parfait. Tous les plans sont cools, surtout celui avec le caniche. C’est souvent des plans fixes, parfois un peu croches pi toujours crissement ben équilibrés. Vu que ça se passe en hiver, pi surtout la nuit, le film est sombre, presque en noir et blanc. Y a du rouge presque dans chaque scène, ce qui donne un effet pi une cohérence interne un peu à la Don’t look now.
L’autre affaire sick, c’est les dialogues. Jamais quétenne genre Twilight; c’est crissement beau pi triste pi émouvant, sans tomber dans l’évidence ou le gros pathos sale. À la deuxième écoute, on est vraiment tristes pour le vieux monsieur vu qu’on sait ce qui va y arriver. La scène la plus belle, c’est quand Oscar avertit Eli que le gars est à veille de la tuer pi que elle le tue. Après, alors qu’elle est pleine de sang, elle va serrer Oscar dans ses bras en y disant Merci. C’est tout, mais c’est beau.
Les deux enfants acteurs font une job incroyable. Quand on pense que des acteurs riches comme J-Lo sont même pas capables de jouer comme eux. Kåre Hedebrand personnifie vraiment ben le personnage bizarre de Oscar, pi on sent toute la mélancolie de Eli dans la performance de Lina Leandersson.
Même si, overall, Let the right one in tient plus du drame que du film d’horreur, y a quand même quelques éléments gore : la scène au tout début où le gars égorge sa victime pour récolter le sang, ou ben l’acide dans la face. Même si c’est pas du gore comme dans Kill Bill ou Thirst, c’est quand même écoeurant, surtout à cause du son. On entend comme la succion pi on sent l’épaisseur du sang qui tombe dans le fond du contenant de plastique. À part ça; la scène des chats est efficace même si elle frôle le ridicule, pi la vampire qui pogne en feu, ça, c’est crissement réussi.
Le rythme est lent pi reflète bien l’espèce d’ennui de Oscar, tout comme la vie interminable de Eli. Le décor enneigé ajoute aussi à l’effet d’immobilisme qui donne un effet poétique au film. La fin est pas vraiment originale, mais, personnellement, j’étais content que ça finisse demême pour Oscar pi Eli. C’est rare qu’un film me fait carer comme ça pour ses personnages.

Analyse

Après la réécoute, j’ai remarqué quelques affaires, mais sans en tirer des conclusions satisfaisantes.

D’abord : pendant tout le film, la couleur rouge représente Eli par métonymie. Par exemple, quand Oscar frappe le petit gars avec la perche rouge (c’est Eli qui lui avait dit de le frapper). C’est aussi la même perche qui a servit au vieux monsieur pour faire caler le corps dans l’étang. D’ailleurs, Oscar frappe le petit gars au même moment où les enfants trouvent le corps gelé dans la glace. On peut aussi penser au chandail rouge que Oscar porte quand y va chez son père; l’ami de son père interromp leur game de tic-tac-toe pour boire du fort. Pendant que Oscar est délaissé par son père, y porte un chandail rouge qui évoque Eli pi le confort qu’elle lui procure.

Ensuite : Au début, Eli est persécuté par d’autres élèves pi y se défend pas. Sauf que quand y est tout seul, y rêve à tuer quelqu’un avec son couteau (« Crie! Crie! », chose que lui rappelle Eli quand y lui reproche de tuer du monde). On peut voir le couteau comme un symbole phallique; Oscar aspire à la virilité mais l’atteint pas. Pour ça,y va falloir que Eli y dise de répliquer. C’est elle qui lui redonne un peu de courage, de virilité. Peut-être aussi qu’elle lui redonne le côté sauvage qui est présent dans tout le monde, surtout les vampires.

Enfin : Malgré l’âge avancé pi la maturité de Eli, ses rapports avec Oscar passent par le Jeu, en tout cas y me semble. Au début, quand Oscar demande à Eli, qui est debout sur un espèce de structure métallique de parc pour enfants, si elle vit ici, elle répond « Je suis là, perché sur ce truc. » C’est là qu’y vont se rencontrer après ça, pi c’est là que Oscar montre à Eli comme ça marche un Cube Rubik. Y a aussi le morse, qui est une façon de communiquer, mais aussi une sorte de jeu pour les enfants. Le morse vient donc montrer que la communication entre Eli pi Oscar passe par le jeu, qui leur permet de tisser des liens. On voit ça aussi quand, après que son père ait arrêté de jouer au tic-tac-toe, Oscar s’en va en faisant du pouce. Sans le jeu, y a pu d’interractions possibles.

Si vous avez vu autre chose, envoyez. Ça va me faire plaisir de discuter de tout ça.

Verdict

Recommandé, mille fois. C’est rare qu’un film laisse une impression comme ça. C’est visuellement magnifique, les dialogues sont touchants pi les personnages attachants. C’est du crisse de bon cinéma. Un de mes meilleurs films d’horreur, à placer à côté du Shining de Kubrick pi du Nosferatu de Herzog.

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Marebito

mars 2, 2011

Réalisation : Takashi Shimizu
Scénario : Chiaki Konaka, d’après son propre roman
Pays : Japon
Sortie : 2004

De Shimizu, j’avais déjà vu le paspire Ju-On pi le très poche Reincarnation. J’ai acheté Marebito parce que ça avait l’air fucké, tout en espérant que ce serait pas un autre film de fantôme de petite fille.

Résumé

C’est l’histoire de Masuoka, un caméraman amateur qui vit par l’entremise de sa caméra, qui, après avoir filmé le suicide d’un homme bizarre dans le métro, se donne pour but de filmer l’origine de la peur ultime, qu’y avait entrevue dans les yeux du suicidé, Kuroki. Pour trouver la vraie peur, y retourne dans le métro pour essayer de retrouver ce que Kuroki avait vu juste avant de se tuer. Y fint par se retrouver dans un réseau de tunnels qui s’étend sous Tokyo. Là, y rencontre le fantôme de Kuroki, qui l’informe à propos de la terre creuse, des tunnels qui relient toute la planète pi des Devos, des créatures robotiques aveugles, vestiges d’une civilisation plus avancée mais disparue. Pis, comme ça, au milieu des tunnels, Masuoka trouve une jeune fille enchaînée. Y décide de l’emmener chez lui pour s’occuper d’elle. Mais elle refuse de manger pi y réalise qu’elle se nourrit de sang. Facque Masuoka se met à tuer du monde pour la nourrir, pour finir par y donner son propre sang.

Critique

Étonnement, pi agréablement, Marebito ressemble pas pantoute à Ju-On ou Reincarnation. En fait, ça tient autant du film d’horreur que du film expérimental. L’intrigue est linéaire mais tellement weird qu’on a vraiment l’impression qu’un sens nous échappe. Presque toute l’action est à prendre au deuxième degré. Même si y a pas vraiment de suspense, on sait jamais ce qui va arriver, facque ça revient au même. Y a pas beaucoup de dialogues, pi presque juste de la narration. Masuoki exprime ses pensées tout le long, ce qui donne un ton étrange au film.
Y a pas beaucoup d’action pi le rythme est assez lent. Mais on apprécie crissement l’atmosphère toujours bizarre pi malaisante. On est vraiment loin de l’esthétique léchée qu’on trouve en général dans les films asiatiques genre Audition ou Thirst. Dans Marebito, c’est souvent une caméra à l’épaule qui shake, ou ben la caméra de Masuoki qui filme en numérique. Ça donne des images sombres pi pas claires pantoute.
Les personnages ont presque pas d’interractions, pi leur jeu est assez secondaire, mettons. Mais le gars principal joue assez ben pour pas que ça nous dérange. La fille est vraiment bonne pour se déplacer comme un animal.
Même si certains vont y reprocher son scénario assez maigre pi pas clair, je dois avouer que Marebito offre une grande richesse herméneutique, caractéristique d’un bon film.

Analyse

Pour être franc, j’avais peur de me rendre au boutte où y faut que je trouve un sens à ce film-là. Mais la deuxième écoute est plus gentille que la première : la première fois que je l’ai vu, je voyais des symboles pi des métaphores, mais j’arrivais pas à les faire fitter dans un tout cohérent. Je pense qu’on peut faire plein d’interprétations de Marebito, mais je me lance : je pense qu’y a juste un personnage, pi c’est Masuoki. Tout le film, c’est une genre de plongée dans la tête de Masuoki, qui dérape après avoir vu que Kuroki l’avait regardé juste avant de se suicider. Pour trouver l’origine de la peur, y arrête de prendre ses anti-dépresseurs pi y se lance dans une genre d’introspection représentée à l’écran par la descente dans les tunnels. Dans les tréfonds de son inconscient, y trouve la fille sauvage qu’y nomme F, pi qu’on peut envisager comme la partie pulsionnelle de son être : elle parle pas pi boit juste du sang, ça ressemble peut-être aux pulsions de mort, mais je veux pas m’avancer trop dans le freudisme. Faut pas oublier non plus que le vampirisme, c’est le désir de l’autre, de se l’approprier. Anyway : pour la nourrir, Masuoka doit retrouver le sauvage en lui pi commettre des meurtres. Si y veut que F survive, y doit y donner son sang, donc, éventuellement, mourir. C’est le côté dyonisiaque qui se nourrit de l’apolinien, la pulsion qui bouffe la raison, la nature qui l’emporte sur la civilisation. Mais F finit par détruire le matériel vidéo de Masuoki, la seule chose qui le liait au monde réel. C’est juste à travers sa caméra qu’y gardait contact avec la réalité. Y a essayé d’apprivoiser quelque chose qui peut pas être apprivoisé. À la fin, quand y rencontre Kuroki une deuxième fois, y se fait dire qu’on vient tous « des profondeurs de l’océan ». À la base, on est tous des animaux. Y dit aussi que la sagesse ancienne est à l’origine de la peur, pi que c’est enfoui dans notre inconscient. La sagesse ancienne : l’instinct, l’animalité, représentée par les Deros pi par F. À la toute fin, Masuoki se coupe la bouche pi embrasse F, qui le draine de son sang. Ensuite, elle l’amène dans les souterrains, où Masuoki meurt en voyant enfin l’origine de la peur : F qui le filme avec sa propre caméra.
Le film prend la forme d’une longue descente dans l’inconscient de Masuoki, qui termine sur la conclusion que la source de la plus grande peur se situe au fond de nous : c’est la peur de nos pulsions, la peur du potentiel négatif pi destructeur qui peut ressortir n’importe quand.

Verdict

Recommandé à tous ceux qui veulent vivre une expérience étrange pi weird. C’est pas un film accessible à tout le monde, pi ceux qui cherchent un film d’horreur qui fait des sauts pi toute vont être déçus. C’est original, creepy pi excellent.

La morte amoureuse, par Théophile Gautier

décembre 2, 2010

Parution : 1836
Longue nouvelle
Cinquantaine de pages

Cette histoire de vampire-là a été écrite plus de 50 ans avant le Dracula de Stoker. À tort, Gautier est souvent considéré comme un des « petits » romantiques. C’est oublier que les Fleurs du mal de Baudelaire y sont dédicacées. C’est quand même ça. La morte amoureuse, c’est probablement sa novuelle fantastique la plus connue, avec La cafetière.

« Un matin, j’étais assis auprès de son lit, et je déjeunais sur une petite table pour ne pas la quitter d’une minute. En coupant un fruit, je me fis par hasard au doigt une entaille assez profonde. Le sang parti aussitôt en filets pourpres, et quelques goûttes rejaillirent sur Clarimonde. Ses yeux s’éclairèrent, sa physionomie prit une expression de joie féroce et sauvage que je ne lui avait jamais vue. Elle sauta à bas du lit avec une agilité animale, une agilité de singe ou de chat, et se précipita sur ma blessure qu’elle se mit à sucer avec un air d’indicible volupté. Elle avalait le sang par petites gorgées, lentement et précieusement, comme un gourmet qui savoure un vin de Xérès ou de Syracuse; elle clignait les yeux à demi, et la pupille de ses prunelles vertes était devenue oblongue au lieu de ronde. De temps à autre elle s’interrompait pour me baiser la main, puis elle recommençait à presser de ses lèvres les lèvres de la plaie pour en faire sortir encore quelques gouttes rouges. Quand elle vit que le sang ne venait plus, elle se releva l’œil humide et brillant, plus rose qu’une aurore de mai, la figure pleine, la main tiède et moite, enfin plus belle que jamais et dans un état de parfaite santé. »

C’est l’histoire du prêtre Romuald, qui nous raconte comment, quand y était jeune, sa vie a été fuckée par l’amour qu’y porait à une vampiresse du nom de Clarimonde. Ayant toute sa vie vécu dans l’enceinte d’un monastère (ça rappelle Ambrosio dans Le moine, de Lewis), y avait jamais vu de femme. Mais, parce qu’y a toujours un mais, le jour de son ordination, y voit Clarimonde pi a un coup de foudre. Mais y peut pas dire non pi y jure devant Dieu pi toute. L’évêque de la place a ben remarqué qu’y filait pas facque y l’envoit loin de Clarimonde, dans un village de campagne. Là, Romuald s’emmerde jusqu’à ce qu’une nuit, un cavalier viennent le chercher pour aller donner l’extrême-onction à sa maîtresse sur son lit de mort. Finalement, sa maîtresse, c’est Clarimonde. Romuald la trouve tellement belle dans sa mort qu’y y donne un baiser, ce qui la ranime. Elle y dit qu’elle est morte mais qu’elle va venir le visiter la nuit. Quelques jours après, y se poussent à Venise pour mener une vie de riches aristocrates. Tout le long, Romuald est pas sûr si c’est sa vie de prêtre qui est réelle, ou ben sa vie de gentilhomme. Jusqu’à ce que Clarimonde se jette sur un bobo qu’y s’était fait au doigt avec son couteau. J’arrête ici.
Ce qui est cool, c’est que jusqu’à la toute fin, on sait pas trop, comme le personnage, si c’est un rêve son histoire de vampire, ou ben si c’est vrai. C’est pas mal ça le thème principal, la confusion entre réalité pi illusion. Sinon, ça fait pas ben ben peur. Clarimonde aime Romuald, pi lui y est prêt à donner son sang à sa blonde si ça peut y éviter de mourir. C’est une saine relation de vampirisme. À part quand Dieu commence à s’en mêler. Anyway. Ça se rapproche plus de la définition du fantastique énoncée par Todorov que de celle de Lovecraft, mettons. Gautier joue sur l’ambiguité plutôt que sur le suspence.
Le style est classique, avec des longues phrases impeccables. C’est un peu froid, plus que Mérimée, j’ai trouvé, mais ça coule super bien :

« À dater de cette nuit, ma nature s’en est en quelque corte dédoublée, et il y eu en moi deux hommes dont l’on ne connaissait pas l’autre. Tantôt je me croyais un prêtre qui rêvait chaque soir qu’il était gentilhomme, tantôt un gentilhomme qui rêvait qu’il était prêtre. Je ne pouvais plus distinguer le songe de la veille, et je ne savais pas où commençait la réalité et où finissait l’illusion. Le jeune seigneur fat et libertin se raillait du prêtre, le prêtre détestait les dissolutions du jeune seigneur. Deux spirales enchvêtrées l’une dans l’autre et confondues sans se toucher jamais représentent très bien cette vie bicéphale qui fut la mienne. »

Verdict : recommandé, mais pas pour tout le monde. Veut veut pas, ça date quand même de plus de 150 ans pi les gens pas habitués à lire des textes de cette époque-là vont trouver ça platte. Sinon, pour quelqu’un qui s’intéresse un peu à la littérature fantastique, ou la littérature en général, c’est super bon.

Nosferatu : phantom der nacht (Nosferatu the vampyre)

octobre 27, 2010

Réalisation : Werner Herzog
Scénario : Werner Herzog, basé sur le roman Dracula de Bram Stoker
Pays : Allemagne
Sortie : 1979

Quand j’ai appris que Herzog avait fait un remake du Nosferatu de 1922, jme suis grouillé à le commander sur Ebay. C’est toujours le fun de voir un grand réalisateur se pitcher dans l’horreur.

En gros, c’est l’histoire du Dracula de Stoker. Harker se pointe en Transylvanie au château de Dracula, qui veut s’acheter une maison en Allemagne. Harker revient un peu fucké : y reconnait pas sa blonde. Dracula, lui, arrive en bateau pi fait débarquer la peste dans ville. La peste, pi des millions de rats. Tout le monde meurt jusqu’à ce que Lucy décide d’aller décâlisser le vampire.
Le film commence sur une longue séquence de cadavres momifiés; fucking troublant. Ça serait pas si pire si c’était pas aussi long. À un moment donné, je commençais à avoir envie que l’image change. Pi là ça commence. Renfield est crissement creepy pi fucké. Tellement qu’on sait pas trop pourquoi Harker l’écoute pi part en Transylvanie (en cheval, pi tout seul, en passant). C’est vraiment lent. Tout le temps des longs plans fixes. Des fois des longs plans qui bougent. Dans la première demi-heure, Harker se fait dire genre 15 fois de pas aller au château. Pour être ben franc, le début m’a un peu faite chier.
Mais quand Dracula arrive, ça devient incroyablement bon. Harker remarque tout de suite (pi nous aussi) que Dracula c’est un crisse de fucké. Juste physiquement, on sait que c’est pas un gars normal. Y est fucking dégueulasse. Pi c’est là le génie de Herzog : tout le long, y a un malaise parce que Harker sait pas trop comment réagir. La scène du souper est sick : Dracula le regarde bouffer sans rien dire. Awkward en esti, pi Harker est manifestement mal à l’aise. Là y se coupe : le regard dins yeux de Klaus Kinski (le gars qui joue Dracula) est fucking terrifiant. On voit qu’y essaye de se contenir mais ça marche pas pi y saute sur Harker pour y sucer le doigt. Harker recule pi a l’air de se dire What the fuck?! Pi là, lentement, Dracula avance vers lui jusqu’à l’accoter sur le mur du fond. Finalement y se pousse. Toute ça dans le même plan, sans coupure.
C’est ça que j’ai aimé : d’habitude, dans le genre de l’horreur, on cache l’horreur le plus longtemps possible pi on fait peur en faisant surgir rapidement dequoi d’effrayant (le principe de faire le saut). Là, c’est le contraire. On voit Dracula, on sait qui c’est, Harker aussi le sait – le devine. On a pas peur, on est pas surpris, c’est super lent mais crisse qu’on est mal à l’aise pi qu’on sent la tension pi la peur du personnage. Quand on fait un saut, c’est qu’on a peur nous, le spectateur. Mais là, Herzog nous fait avoir peur pour le personnage; on se met à sa place pi on choke.
Ce genre de scène-là revient une couple de fois dans le film, pi c’est aussi bon à chaque fois.
Visuellement aussi, c’est vraiment bon. Les jeux d’ombres, de lumière, la chauve-souris en vol filmé au super ralenti, la scène du banquet de pestiférés sur la place publique, toute ça c’est excellent.

Au début du film, je doutais crissement du jeu des acteurs, surtout de celui d’Isabelle Adjani. Finalement, le casting au complet est vraiment bon, surtout Kinski en Dracula. Le maquillage est dégueu, mais surtout, c’est les expression qu’y donne au personnage. Tellement triste pi désabusé par son immortalité pi en même temps vraiment avide pi addict au sang. On voit un désir vraiment pas clean dans ses yeux quand y va boire du sang.
Verdict : fucking bon. Recommandé sans aucun doute. Un des meilleurs films d’horreur. Mais faut être prêt à un film lent. Ça vaut tellement la peine.

New Moon, le film

novembre 22, 2009

Réalisateur: Chris Weitz
Roman : Stephenie Meyer
Scénario : Melissa Rosenberg
Sortie: 2009

C’est clair que New Moon entre pas dans la catégorie des films d’horreur parce que le film fait pas peur pantoute, pi qu’il essaye pas de faire peur. Mais ça entre pareil dans la catégorie fantastique, à cause des vampires pi des loup-garous.
On va commencer avec le trailer: 1. Il raconte toute l’histoire du film, en détail à part de ça. J’ai été obligé de l’arrêter à la moitié pour pas payer inutilement mon billet. 2. Elle contient juste des oscar-clips, la bande-annonce. Facque, en me fiant au trailer, je m’attendais à du gros drama sale de vampire.

Le film contient en masse de scènes de ce genre-là, un peu trop drama pour moi, surtout quand Edward est concerné. Il fait sa face d’anémique tout le long du film pi il est ben triste. Les bouts avec Jacob itou sont généreux en phrases genre ‘’I promise I’ll never, ever hurt you.’’, avec les yeux doux pi toute. Bah.
La classique question de l’amour impossible entre humains pi vampires est encore soulevée, tout comme la classique question de l’amour impossible entre humains pi loup-garous, sujets déjà abordés dans tout plein d’œuvres de toute sorte. Pi en plus, les deux groupes de monstres s’haïssent pi se font la guerre. Je me demandais tout le temps C’est quand qu’elle va arriver Kate Beckinsale?
Malgré la quantité incroyable d’oscars-clips, j’ai aimé le film. Oui, c’est une adaptation crissement rapide d’une série romanesque fucking populaire, mais c’est bien fait, pas comme les Harry Potter. Le réalisateur de New Moon a eu envie de faire un vrai film, lui. Les images sont très travaillées, très léchées, elles jouent beaucoup sur les ralentis pi les contrastes de couleurs. Chaque plan est réfléchi.
J’ai aimé aussi le traitement de la peine d’amour de Bella. Ça a peut-être paru trop drama pour certains, mais j’ai vraiment trouvé que ça montrait bien à quel point elle était depress. Sa relation avec Jacob m’a plu aussi, même si encore là on pourrait dire qu’elle était conne pi agace. Au contraire, ça montrait bien la complexité pi la difficulté de sa situation, pi sa fragilité à ce moment-là. Elle même avoue son égoïsme, ce qu’on voit pas souvent dans les productions américaines. C’était réaliste j’ai trouvé, pi pas trop cucul.
Le film est backé par une trame sonore crissement bonne pi pas quétenne pantoute, contrairement à ce à quoi je m’attendais. La musique arrive toujours au bon moment pi elle est appropriée à chaque scène. La toune Possibility de Lykke Li fait vraiment l’effet voulu, même qu’elle sauve un peu la scène qui sans la musique est un peu du déjà-vu, avec la caméra qui tourne autour de Bella, les mois qui changent pi toute.

Facque en résumé, le film était meilleur que ce à quoi je m’attendais, pi j’ai passé un bon moment même si parfois je pouvais pas m’empêcher de rire en entendant des dialogues un peu trop dramas à mon goût. Il faut pas en demander trop, je fais pas vraiment partie du public cible anyway. Félicitations toutes particulières à Taylor Lautner, qui a apparement fait le même training que les gars de 300 pour tourner le film.