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Tucker & Dale vs Evil

juin 9, 2011

Réalisation : Eli Craig
Scénario : Eli Craig pis Morgan Jurgenson
Pays : Canada
Sortie : 2010

Depuis sa présentation à Fantasia en 2010, j’ai juste entendu des bons commentaires à propos de Tucker & Dale. Sur Imdb, même affaire. Je trustais pas trop le film, surtout avec son scénario basé sur un malentendu, mais je l’ai regardé pareil, au cas où.

Résumé

C’est l’histoire de Tucker pis Dale, deux gentils rednecks canadiens qui partent en voyage de pêche dans leur shack ché pas où. Mais une gang de college kids se retrouvent dans le shack d’à côté, pis pour tout plein de raisons, y sont sûrs que Tucker pis Dale sont des rednecks dangereux à la Texas Chainsaw Massacre ou Two thousand maniacs. Mais vingt an plus tôt, une gang de jeunes a été tuée par des hillbillies sans pitié. Pendant la nuit, les jeunes vont skinny dipper. Une des filles glisse sur une roche pis se pète la tête. Tucker pis Dale vont la sauver de la noyade pis y veulent la ramener à ses amis en criant « We got your friend ! » Facque les college kids commencent à sérieusement choker. C’est là que le preppy de la gang décide d’aller récupérer son amie pis que le preppy devienyt psycho.

Critique

Étonnement, l’idée du quiproquo fonctionne ben. Eli Craig essaye pas de nous faire croire au scénario, y veut juste nous faire rire en mettant les personnages dans des situations crissement invraisemblables, comme le nid de guêpe pis la chainsaw. Facque ça nous dérange pas que les jeunes meurent tout le long du film de façon pas rapport. Certaines situations sont crissement drôle, comme quand Dale explique au policier que les jeunes se sont suicidés sur leur propriété. Mais le côté comédie du film est pas constant : y a des fucking bonnes jokes, mais y en a aussi des trop faciles qui marchent pas vraiment. Mais overall, les bonnes jokes valent la peine de se taper les moins bonnes.
Du côté du gore, c’est quand même réussit. Pas des gros plans à la Fulci, mais plutôt des grosses effusions de sang qui splashent à la Kill Bill. Mais, surtout, des morts crissement drôles pis inventives. La scène où Tucker essaye de retenir le « college kid » pour pas qu’y passe dans le woodchipper.
Les deux acteurs incarnent ben les personnages pis réussissent à les rendre sympatiques pis toute. On finit même par les trouver cutes. Les autres acteurs font leur job correctement.
Mais là où ça se gâte, c’est vers la fin, quand l’étudiante en psycho tombe en amour avec Dale en surpassant les stéréotypes pis toute. À ce moment-là, ça devient un peu niaiseux pis presque moralisateur. C’est sûr que le message est positif, mais c’est trop appuyé.

Verdict

Recommandé. C’est pas la meilleure comédie d’horreur, mais c’est plein de bonne volonté pis y a des crisses de bonnes jokes. Les personnages sont attachants pis les quiproquos sont comiques. Le gore est cool, mais la fin est un peu décevante pis certaines jokes tombent à plat. Mais ça vaut la peine de le voir.

Karmina

août 25, 2010

Réalisation : Gabriel Pelletier
Scénario : Ann Burke, Yves Pelletier, Gabriel Pelletier pi Andrée Pelletier
Pays : Québec
Sortie : 1996

J’avais pas tout-à-fait un bon souvenir de ce film-là quand j’ai décidé de le réécouter l’autre fois. C’est un pionnier, quand même, dans la production d’horreur québécoise. Pi quelqu’un m’avait dit, en Belgique, que c’était fucking bon, Karmina. Facque j’y a donné le bénéfice du doute pi chu allé le louer. Comme le trailer est introuvable sur internet, j’ai mis la seule scène du film que j’ai trouvé :

Facque c’est l’histoire de Karmina, une jeune vampiresse, qui s’échappe du château de ses parents en Transylvanie pour aller rejoindre sa tante à Montréal, qui y donne une potion pour devenir humaine. Là elle découvre plein de sensations qu’a connaissait pas, comme la douleur pi l’amour. Classique. Mais bon, dans une comédie d’horreur, on demande pas le scénario le plus original au monde.

J’ai même pas fini de l’écouter. Les jokes sont tellement grosses pi exagérées que c’est pas drôle pantoute. Même le vampire de Yves P. Pelletier est poche. Un humour d’attardé. Dans la scène du début, dans le banquet en Transylvanie, le roi vampire arrête pas de crier ben fort pi c’est supposé être drôle. C’est ce genre d’affaires-là qui m’ont turné off.
C’est peut-être juste que j’aime les comédies d’horreur qui jouent sur la subtilité, dans le sens qu’on sait pas trop si c’est sérieux ou pas pi c’est ça qui fait rire. Comme dans Drag me to hell, mettons. Ou Piranha 3D. Dans Karmina, les jokes sont loin d’être subtiles.
Mais quand même, j’ai aimé le côté sombre pi vraiment dépravé de Montréal pi du monde que Karmina rencontre. Toute est sale pi un peu dégueu. Ça donne une bonne atmosphère au film.

Verdict : pas recommandé. C’est trop attardé.

C’est arrivé près de chez vous

mai 26, 2010

Réalisation : Rémy Belvaux
Scénario : Rémy Belvaux, André Bonzel, Benoît Poelvoorde pi Vincent Tavier
Production : Les artistes anonymes (Rémy Belvaux, André Bonzel, Benoît Poelvoorde)
Pays : Belgique
Sortie : 1992

Bon, c’est pas exactement un film fantastique, ni un film d’horreur, même si le personnage principal c’est un tueur en série. Le motif principal c’est pas la peur, ni le dégueux. Mais j’en parle ici parce que premièrement, c’est fucking bon, pi deuxièmement, que ce film-là, réalisé en 1992, exploite des techniques qui sont crissement populaires aujourd’hui dans le cinéma d’horreur : le faux-documentaire pi la caméra subjective.

Facque c’est une équipe de tournage qui suit un gars qui tue du monde pour leur prendre leur argent. Il explique ses techniques, ses façons de faire pi toute. Même qu’à la fin, l’équipe de tournage s’implique dans tout ça. Le film a pas de trame narrative précise; on voit la vie du gars, il tue du monde, c’est tout.

Les trois acteurs principaux, c’est les producteurs/scénaristes. Les personnages secondaires, c’est du monde de leur entourage. C’est en noir et blanc parce que ça coûte moins cher. Mais ça veut pas dire que c’est low-budget pi poche; Night of the living dead a été tourné en noir et blanc pour la même raison.
Poelvoorde joue le tueur : il est fucking bon. Vraiment. Il nous fait croire en son personnage, chose qui est assez rare dans les films qui utilisent les principes du faux-documentaire ou de la caméra subjective. Jamais on a l’impression qu’il récite un texte; il fini pas toutes ses phrases, change de sujet, hésite, comme n’importe qui dans la réalité. Pi en plus il réussi à rendre son personnage vraiment bizarre. Des fois on le trouve sympathique, des fois on a pitié, des fois on a peur, d’autres fois on l’haït. Même si il tue du monde, le gars reste logique pi cohérent. Il fait un house-jacking dans un quartier résidentiel, tue toute la famille pi trouve pas d’argent. Là il dit que c’est poche de les avoir tués pour rien. Le problème, c’est que le gars est pas le mal incarné, même pas un malade mental : il est juste amoral. Il tue du monde en parlant à la caméra, en expliquant ce qu’il fait. Pour lui, c’est normal.
En plus, tout le long, il dit des osties de niaiseries à la caméra, fait des jokes complètement dégoutantes, des calls racistes pi toute. On hésite entre rire du gars parce qu’il est attardé pi être dégoûté par ce qu’il raconte. Mais tout ça c’est de l’humour noir, toujours en arrière-plan. C’est choquant, pi vraiment bad. Il y a des scènes vraiment pas cleans : il se fait passer pour un journaliste pour entrer chez une vieille pi lui faire faire une crise cardiaque; il étouffe un enfant avec un oreiller en disant que c’est le deuxième enfant qu’il tue; lui pi l’équipe au complet violent une femme devant son mari avant de les tuer tous les deux.
La caméra subjective est vraiment ben utilisée, pi ça a été fait avant que ça devienne une mode. 1992, quand même. Même chose pour le faux-documentaire. The fourth kind, Lake Mungo, Cloverfield, oubliez ça : C’est arrivé près de chez vous, c’est crissement meilleur. Même que je pense que [REC] a un peu copié la scène finale. En tout cas.

Verdict : regardez-le absolument si vous aimez l’humour bizarre pi les trucs choquants. C’est vraiment vraiment bon.

Total fury

mai 15, 2010

Réalisation : Roadkill superstar (François Simard, Anouk Whissel pi Yoann-Karl Whissel)
Scénario : Roadkill Superstar
Production : Roadkill Superstar
Pays : Québec
Sortie : 2007

Depuis pas longtemps, une couple de films d’horreur sont sortis dans notre crissement pudique province : Sur le seuil, 5150 rue des Ormes, Les 7 jours du Talion, pi y en a un autre qui s’en vient, Le poil de la bête. Avec un peu de chance, ça va débloquer. Mais c’est pas ça mon point. Mon point c’est qu’en marge des productions avec Rémi Girard dedans, y a du monde qui font des films de genre depuis un boutte pi qui runnent dans tout plein de festivals sans que personne le sache. C’est le cas du collectif Roadkill Superstar (RKSS). Certains de leurs courts métrages se trouvent sur leur site : http://vimeo.com/rkss. C’est là que j’ai trouvé Total fury. Mais le monde est cruel : j’ai pas trouvé de trailer.

En 12 minutes, on a pas ben ben le temps de développer une intrigue. Dans ce cas-là, c’est assez simple : une fille se fait enfermer par un vendeur de téléphones cellulaires pi une gang de gars fucked-up avec des masques à gaz. Évidemment, elle se fait torturer pi toute. Mais elle se rappelle des films de Arnold Conan Schwarzenegger qu’elle écoutait quand elle était petite. Inspirée, elle se libère, duck-tape ses bobos pi décâlisse tout le monde.
Avant tout, je tiens à dire que je suis pas un fan de comédies d’horreur. Ni de films de torture, d’ailleurs.

Ça prend pas de temps avant qu’on comprenne que c’est pas des acteurs professionnels, même si le gars qui joue le douchebag m’a faite rire. Mais on s’en crisse; avec pas de cash, on s’arrange comme on peut. Anyway, c’est pas ça l’important dans ce film-là, les acteurs pi les dialogues. C’est juste une étape à franchir avant d’arriver dans le vif du sujet. Ce qui prend pas de temps : le coup de poing avec le sang qui gicle m’a surpris.
C’est là que ça commence : la fille est attachée, avec une caméra qui la filme pi des instruments de torture partout. Je m’attendais à du gore, mais j’ai quand même été surpris. Elle se fait ouvrir le bras avec une scie pi une grosse lame de je sais pas quoi, pi quand le sang gicle le gars le liche comme un malade. Oh crisse. Après, elle se fait poker l’œil pi un des gars le bouffe.
C’est là que ça commence à être une vraie comédie, en même temps qu’un rape and revenge. Comme j’ai dit plus haut, je suis pas un fan; mais quand même, j’ai pas pu m’empêcher de rire quand le gars met de la sauce piquante dans les plaies de la fille, ou quand son poing traverse la tête d’un méchant comme dans du beurre. Les corps ridiculement mous, j’ai vraiment trippé. RKSS, ils savent faire du bon pi du beau gore. C’est pas pour rien que Total fury a gagné le prix du film le plus gore à SPASM en 2007, avec le prix du jury pi celui du public.
Bon. Si le gore m’a fait rire, y a des affaires qui m’ont laissé ben frette : l’influence de Arnold, je sais pas, ça m’a pas faite rire, surtout pas le bout où il arrive avec elle pour niquer le dernier méchant. Autre chose : l’accent de doublage des vieux films d’actions que la fille prend quand elle se transforme en Hulk. Je comprends, c’est un genre d’hommage ironique, mais les one liners qu’elle lançait m’ont pas fait rire.
Du côté technique, c’était bon. Le montage, les plans, les effets spéciaux, toute ça était vraiment réussi. On a pas besoin d’un gros budget ni de l’aide de la SODEQ pour bien filmer.
Mais j’aimerais ça voir RKSS faire un film avec plus de moyens; c’est pour ça que j’avais voté pour leur pub Doritos. Avec plus de moyens, pi un propos plus sérieux. Je sais pas, j’ai juste l’impression que c’est facile de faire une comédie d’horreur. Y a tellement de clichés à exploiter, pi pas beaucoup d’efforts à mettre pour le scénario. Mais rendu là, c’est une question de goût. Ça empêche pas que c’était ben réalisé pi que le gore était parfait. Je vais en regarder d’autres, c’est clair.

Verdict : trois raisons pour écouter Total fury :
1. Le gore est extrême
2. Pour voir ce qui se passe au Québec du côté de l’horreur
3. C’est gratuit.
Regardez-le.

An american werewolf in London

avril 17, 2010

Réalisation : John Landis
Scénario : John Landis
Production : Jon Peters, Peter Guber, George Folsey, Jr
Sortie : 1981
Pays : États-Unis

Ma connaissance des films de loup-garous est plutôt poche : le Loup de Jack Nicholson, les douchebags de Twilight pi le très récent pi très mauvais Wolfman avec Che lui-même dans le rôle principal. Sans oublier les lycans médiévaux de Underworld. Facque j’ai décidé de régler le problème pi de tchèquer An american werewolf in London en espérant qu’un bon film de loup-garous, ça existe.

Avant de le voir, j’avais aucune idée de l’histoire ni du ton. Facque j’ai été crissement surpris. Quand on voit les deux backpackers au milieu de la campagne anglaise, on peut s’attendre à dequoi genre des paysans anglais qui chassent un des deux gars devenu un loup-garou pendant que son ami essaye de l’aider. Mais c’est pas ça. À la place, le gars se retrouve à l’hôpital où il reçoit la visite de son ami mort. Là j’ai été surpris. Pi ça a continué tout le long du film.
J’ai ben aimé la scène ou David pi Jack entendent les grognements du loup-garou pi qu’ils savent pas c’est quoi. C’est réaliste, je trouve. Ils capotent pas mais ils se la jouent pas douchebag non plus. La relation entre les deux est ben réussie.
Mais ce qui est vraiment bon dans ce film-là, c’est les apparitions de Jack-cadavre. C’est drôle pi c’est dégoûtant. Le maquillage est trop sick. Surtout la première fois qu’on le voit pi qu’il est encore frais. Ça a l’air vrai même en gros plan, ses blessures. La partie dans le cinéma porno est juste parfaite : tout le monde que David vient de tuer lui suggèrent en riant des facons de se suicider. Crissement bon.
Autre chose aussi : les rêves de David. Ils vont en crescendo. Au début y court dans le bois, ensuite il se voit sur un lit d’hôpital avec une face de monstre pi après c’est des gars de la SWAT avec des masques de singes déments qui débarquent chez eux pi qui gunshottent toute sa famille pour ensuite y trancher la gorge. Je pense que c’est ma scène préférée; je comprenais rien de ce que je voyais mais j’étais crampé en malade.
La scène de poursuite dans le métro fait vraiment peur. La caméra en face du gars qui court dans un mini tunnel ovale sans qu’on voit qu’est-ce qu’y lui court après, c’est génial. Un maudit beau plan.
Y a l’humour, itou, qui est ben réussi sans trop partir dans toutes les directions. Landis joue sur les stéréotypes : le docteur dévoué, l’infirmière sexy, le petit village de consanguins qui cache la vérité, l’inspecteur de Scotland Yard trop sérieux pi son acolyte maladroit. Y a de l’humour dans toutes les scènes de tuage sans que ça paraisse déplacé. Le meilleur exemple c’est le huge carambolage sur Picadilly Circus où on voit une quantité exagérée de monde fracasser les pare-brise, se faire rouler dessus ou se faire pogner entre deux chars en mouvement. C’est tellement gratuit que ça fait plaisir à voir.
Tout ce dont je viens de parler fait de An american werewolf in London un film crissement étrange. Si on ajoute la musique pi la scène de la fin, on atteind un summum. Tout le long, la musique détonne volontairement avec les scènes, surtout pendant celle de la transformation, qui, en passant, a peut-être un peu mal vieillie mais qui fait encore fucking mal à regarder. J’ai ben aimé la musique. Pi la fin, sans trop de drama, sans explication, sans rien. Ça fini sec demême.

Verdict : un film crissement original pi vraiment bizarre qui vaut la peine d’être vu pi qui a très bien vieilli.