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The shrine

juin 16, 2011

Réalisation : Jon Knautz
Scénario : Jon Knautz, Trevor Matthews pis Brandon Moore
Pays : Canada
Sortie : Imdb dit 2010, mais chu pas sûr qu’y ait eu une distribution officielle au cinéma ou en dvd

Les reviews parlaient d’ambiance intrigante pis inquiétante, pis de paspire film qui fait peur. J’ai toujours pas vu Jack Brooks : Monster slayer, l’autre film de Knautz malgré les critiques positives, parce que je le truste pas, ce film-là. J’espérais sans m’attendre à grand-chose.

Résumé

C’est l’histoire d’une journaliste ambitieuse – Carmen – qui décide d’enquêter sur des disparitions mystérieuses de touristes en Pologne. Elle amène avec elle son chum – Marcus – pis une stagiaire du bureau – Sara. Après avoir lu le journal du dernier disparu, y se rendent au village suspect, où y sont accueillis avec par des locals pas trop invitants. D’ailleurs, le monde de la place vivent en genre d’autarcie, un peu comme des Amish, pis ont l’air de pratiquer une genre de religion bizarre. Y se font dire de crisser leur camp, mais, évidemment, y le font pas, pis y décident d’aller inspecter un brouillard bizarre qui flotte sans bouger dans la forêt. Là-bas, y trouvent une statue crissement épeurante, des cadavres dans une cave creepy, pis les locals commencent à les attaquer. Y finissent par pogner Carmen pis Sara. Marcus prend les choses en main.

Critique

La première chose que j’ai à dire, c’est qu’on voit venir le twist final à partir du tiers du film. Ça surpend pas vraiment, donc. Comme tout le film, d’ailleurs.
Les personnages sont vraiment plats. Y ont aucune profondeur – malgré la chicane de couple ploguée au début pour donner un peu de texture aux personnages. Pis la stagiaire Sara, elle est juste là pour pouvoir mettre un meurtre de plus dans le film. Les acteurs sont pas vraiment bons, mais je les blame pas, avec un script demême. On y croit pas, pis on se fout pas mal de ce qui peut ben leur arriver.
Malgré tout, on est quand même un peu intrigué par le brouillard weird. La meilleure scène, c’est quand Carmen explore le brouillard pis tombe sur la statue; mais c’est gaché quand elle se met à suinter du sang. Hé oui.
Pis l’espère de culte bizarre, ça non plus on y croit pas. C’est trop cliché, pis les acteurs ont pas l’air à l’aise dans les costumes d’évèques du Moyen-âge. L’arrivée dans le village aussi est clichée : la classique population qui dit rien pis qui a l’air de pas aimer les étrangers, tout ça filmé avec les plans classiques du genre.
Les réactions des personnages ont aucun sens. Quel journaliste paye de sa poche un voyage en Pologne pour enquêter sur une affaire qui revient à la police ? Dans le film, y disent que la police s’en crisse, comme si ça avait plus de sens demême. On va passer outre la détermination stupide de Carmen malgré le fait que les locals veulent crissement pas qu’y restent – c’est normal dans un film d’horreur. Ce qui est weird, c’est la scène où y trouvent le cadavre du gars disparu avec un masque en métal pogné dans face : personne choque de trouver une pile de cercueil pleins, pis même que Carmen essaye d’enlever le masque en tirant dessus. Ça a aucun sens : 1. Des cadavres, c’est dégueux, pis personne voudrait toucher à ça; 2. Une pile de cadavre, dans un trou de la campagne polonaise, alors qu’on enquête sur des disparitions bizarres, c’est supposé faire chocker. Mais pas eux. C’est à peine si y disent « Fuck, on est dans marde. »
Les masques cloutés sont un hommage à Black Sabbath de Mario Bava, mais ça fait un hommage un peu insultant.
Les hallucinations de monstres sont pas trop mal, quoique vraiment pas justifiés : pourquoi Carmen, qui est possédée par un démon, voit des monstres, qui sont en fait des gentils religieux qui protègent le monde contre les démons ? Je le sais pas. Pis les sauts du début, quand le disparu apparait dans la chambre, ont aucun rapport avec le reste du film.
Une affaire gossante : comme le film se passe en Pologne, les locals parlent polonais. Sauf qu’y parlent polonais avec un accent américain. Ça commence à me taper solidement sur les nerfs que les producteurs américains prennent jamais du monde qui parlent pour vrai les langues étrangères; juste dans X-men : first class, y a du faux allemand, du faux espagnol pis du faux français. Come on.

Analyse

En gros, c’est une variante du mythe du paradis perdu : Ève qui brave un interdit pour satisfaire sa curiosité, Adam qui est contre l’idée mais qui le fait pareil, tout ça suivi par une punition terrible. Dans le film, Carmen insiste pour continuer son enquête, Marcus répète que c’est épais pis tout le monde finit par être puni. Comme dans Splice. Mais ça, c’est platte.
J’aime mieux voir tout le film comme la symbolisation d’une rupture amoureuse. Au tout début du film, Marcus reproche à Carmen de consacrer trop de temps à sa job, pis de jamais penser à lui. Elle répond « That is enough. » pis lui « Yeah, it’s enough. I’m out of here. », pis y sort en claquant la porte. Tout le reste du film, c’est Marcus qui sacre son camp. Carmen y dit qu’elle veut aller en Pologne avec lui pour régler leurs problèmes. Lui y suit Carmen – qui a acheté les billets avant d’en parler à son chum – en Pologne, où la marde pogne solide. Évidemment, Marcus y reproche de les avoir mis dans marde, pis y a raison. À un moment donné, Carmen avoue qu’elle a fait une erreur pis que c’est de sa faute. Sauf que Marcus a l’air de s’en crisser. Aussi : le polonais qui leur court après ressemble à Marcus : blond pis costaux. Y a comme un lien entre les deux personnages : le polonais se bat contre Marcus pis plus loin, les deux sont face à face à travers une porte fermée : le plan montre tour à tour leurs faces. Le parallélisme est clair. Les deux personnages représentent le discours intérieur de Marcus : d’un côté, le gars qui veut rester avec sa blonde (donc la sauver); de l’autre, le gars qui est écoeuré pis qui veut crisser son camp (la tuer). C’est encore plus clair à la fin, quand Carmen devient un démon – ça peut pas être plus explicite, surtout que Marcus aide les polonais à y donner le coup fatal. Y se retrouve tout seul, pis son break-up est fini.

Verdict

Pas recommandé. Les acteurs sont pas le yable, la réalisation sloppy, la fin prévisible pis les personnages pas développés. Y a pas grand-chose de bon dans The shrine.

Tucker & Dale vs Evil

juin 9, 2011

Réalisation : Eli Craig
Scénario : Eli Craig pis Morgan Jurgenson
Pays : Canada
Sortie : 2010

Depuis sa présentation à Fantasia en 2010, j’ai juste entendu des bons commentaires à propos de Tucker & Dale. Sur Imdb, même affaire. Je trustais pas trop le film, surtout avec son scénario basé sur un malentendu, mais je l’ai regardé pareil, au cas où.

Résumé

C’est l’histoire de Tucker pis Dale, deux gentils rednecks canadiens qui partent en voyage de pêche dans leur shack ché pas où. Mais une gang de college kids se retrouvent dans le shack d’à côté, pis pour tout plein de raisons, y sont sûrs que Tucker pis Dale sont des rednecks dangereux à la Texas Chainsaw Massacre ou Two thousand maniacs. Mais vingt an plus tôt, une gang de jeunes a été tuée par des hillbillies sans pitié. Pendant la nuit, les jeunes vont skinny dipper. Une des filles glisse sur une roche pis se pète la tête. Tucker pis Dale vont la sauver de la noyade pis y veulent la ramener à ses amis en criant « We got your friend ! » Facque les college kids commencent à sérieusement choker. C’est là que le preppy de la gang décide d’aller récupérer son amie pis que le preppy devienyt psycho.

Critique

Étonnement, l’idée du quiproquo fonctionne ben. Eli Craig essaye pas de nous faire croire au scénario, y veut juste nous faire rire en mettant les personnages dans des situations crissement invraisemblables, comme le nid de guêpe pis la chainsaw. Facque ça nous dérange pas que les jeunes meurent tout le long du film de façon pas rapport. Certaines situations sont crissement drôle, comme quand Dale explique au policier que les jeunes se sont suicidés sur leur propriété. Mais le côté comédie du film est pas constant : y a des fucking bonnes jokes, mais y en a aussi des trop faciles qui marchent pas vraiment. Mais overall, les bonnes jokes valent la peine de se taper les moins bonnes.
Du côté du gore, c’est quand même réussit. Pas des gros plans à la Fulci, mais plutôt des grosses effusions de sang qui splashent à la Kill Bill. Mais, surtout, des morts crissement drôles pis inventives. La scène où Tucker essaye de retenir le « college kid » pour pas qu’y passe dans le woodchipper.
Les deux acteurs incarnent ben les personnages pis réussissent à les rendre sympatiques pis toute. On finit même par les trouver cutes. Les autres acteurs font leur job correctement.
Mais là où ça se gâte, c’est vers la fin, quand l’étudiante en psycho tombe en amour avec Dale en surpassant les stéréotypes pis toute. À ce moment-là, ça devient un peu niaiseux pis presque moralisateur. C’est sûr que le message est positif, mais c’est trop appuyé.

Verdict

Recommandé. C’est pas la meilleure comédie d’horreur, mais c’est plein de bonne volonté pis y a des crisses de bonnes jokes. Les personnages sont attachants pis les quiproquos sont comiques. Le gore est cool, mais la fin est un peu décevante pis certaines jokes tombent à plat. Mais ça vaut la peine de le voir.

Rubber

mai 26, 2011

Réalisation : Quentin Dupieux
Scénario : Quentin Dupieux
Pays : France
Sortie : 2010 en Europe, 2011 en Amérique du nord

Rubber m’intriguait. C’est quand même l’histoire d’un pneu tueur qui a des pouvoirs télékinésiques. Surtout que ça avait l’air un film d’auteur crissement léché.

Résumé

C’est l’histoire d’une gang de spectateurs qui regardent avec des longues-vues les aventures d’un pneu animé à travers le désert. Le pneu découvre des pouvoirs télékinésiques pis y fait exploser la tête des gens sans raison apparente. La police enquête pis essaye de le pogner, pendant que les spectateurs commentent ce qui se passe. Après avoir vu une pile de pneus en feu, le pneu décide de se venger, ou quelque chose comme ça. Pendant ce temps-là, les spectateurs se font empoisonner; y reste juste un monsieur dans une chaise roulante.

Critique

Rubber, c’est un film d’auteur, dans le sens qui suit pas les conventions habituelles du cinéma hollywoodien ou populaire, avec une trame narrative assez claire, un rythme enlevant pis des personnages archétypaux. C’est lent, c’est n’importe quoi pis c’est beau.
Surtout au début, y a des longs plans qui montrent le pneu rouler dans le désert, sans que rien se passe vraiment. La photo tout en lumière est vraiment belle pis les plans sont magnifiques, super clairs pis définis. La réalisation est vraiment excellente, pis visuellement c’est parfait.
Dès le début, le personnage du policier nous averti que le film est hommage au n’importe quoi – au « No reason ». Faut pas s’attendre à une explication, donc. Pis le pneu est pas le seul élément pas rapport : les chaises du début, les spectateurs empoisonnés pis le tricycle à la fin. Même que les spectateurs comprennent rien. Y parlent du film pour essayer de l’expliquer mais réussissent jamais. Même qu’un spectateur fait remarquer au policier que ce qu’y fait ça a aucun sens. Y a une dissension au sein des spectateurs : ce qui veulent juste regarder le film calmement pis ceux qui veulent le commenter pour le comprendre.
Y a aussi des éléments qui le rattachent à l’horreur : on voit un lapin pis plein de têtes exploser avec des bouts de chair partout. La scène où le gars meurent après avoir bouffé de la bouffe empoisonnée est quand même troublante. Mais le film est drôle en crisse, surtout la scène où le policier pensent que tous les spectateurs sont morts pis qu’y dit à tout le monde d’arrêter de jouer. Mais y se rend compte qu’y en reste un pis qu’y faut continuer de jouer le film pis chercher le pneu. D’ailleurs, l’acteur qui fait le policier est vraiment bon pis comique. Facque l’écoute est le fun même si c’est vraiment lent.

Analyse

Vu que le film se présente lui-même comme vide de toute signification, l’analyser a l’air un peu bizarre. Surtout qu’y a comme trois niveaux dans le film : 1. Le discours pastiché des films d’horreurs où un tueur fait des victimes dans raison apparente 2. L’histoire du pneu pis des policiers 3. Les spectateurs qui commentent l’histoire du pneu. Facque c’est une genre de méta-comédie avec une mise en abyme incorporée. Je vais quand même essayer.
Ça se passe dans le désert, au milieu de nulle part. Y a rien sauf un môtel pis une mini ville. On sait pas où exactement, ça pourrait être aux États-Unis comme en Australie. On est dans le flou par rapport au lieu de l’histoire. On devine l’époque, à peu près contemporaine. Facque c’est nulle part pis partout en même temps. On sait pas non plus pourquoi y a des spectateurs, ni pourquoi y se font empoisonner. Mais on finit par comprendre que la présence des spectateurs oblige les personnages à jouer leurs rôles, un peu comme l’offre et la demande : on joue tant qu’y a du monde pour regarder. À un moment donné, les spectateurs se font donner une dinde pour manger; y se pitchent dessus comme des malades – y ont pas mangé depuis le début du film – pis la scène est filmée comme si c’étaient des zombies qui bouffaient quelqu’un. Affamés de violence, de mort ? Peut-être, si on pense aux fans de films d’horreur qui cherchent à voir les films les plus dégueux pis les meurtres les plus violents. C’est la faute du public si la série Saw s’est rendue à 7 films, pis que Platinum Dunes continue à faire des remakes à chier : le monde va voir ces fims-là. Tant qu’y vont faire du cash, y vont continuer à faire des films comme ça. C’est la faute du seul spectateur vivant si les acteurs doivent continuer à jouer. On est dans la même position que les spectateurs du film : au début, on regarde sans comprendre. Ensuite, on y prend goût même si c’est n’importe quoi parce qu’on est intrigués. C’est parce qu’y nous intrigue que le film réussit son but : faire un hommage au n’importe quoi en rendant ça intéressant.

Verdict

Recommandé, pour les gens qui cherchent autre chose dans le cinéma qu’une série de cascades pis de meurtres en série. C’est un super bon film d’auteur qui porte un regard critique sur le cinéma en général en rendant ça comique pis bizarre.

Burning Bright

avril 24, 2011

Réalisation : Carlos Brooks
Scénario : Christine Coyle Johnson, Julie Prendiville Roux pis David Higgins
Pays : États-Unis
Sortie : 2010

Je pensais pas le regarder mais j’ai lu quelques bonnes critiques qui m’ont convaincu d’y laisser une chance. Mais, vraiment, je m’attendais à rien. Quand même, un ouragan, un petit gars autiste pis un tigre, ça a le mérite d’attirer la curiosité.

Résumé

Ça commence quand Johnny Gaveneau décide d’acheter un tigre pour monter un genre de Safari Ranch pour faire du cash avec les touristes. Ça tombe mal, parce que le gars s’y connait pas pis que le tigre a été expulsé d’un cirque le mois d’avant pour avoir bouffé quelqu’un vivant. Kelly, c’est la belle-fille de Johnny, qui lui est le chum de sa mère, qui est morte y a une couple d’années. Depuis la mort de sa mère, Kelly s’occupe de son petit frère autiste, Tom. Mais elle doit quitter la ville pour aller au college, facque elle utilise le cash que sa mère y a laissé pour placer Tom dans une institution privée pour qu’y soit bien traité. Mais c’est Johnny qui a utilisé ce cash-là pour acheter le tigre. Tout ça pendant qu’un ouragan s’en vient. Johnny fait barricader la maison mais Kelly pis Tom se retrouvent pognés dedans, avec le tigre.

Critique

En gros, c’est un slasher avec un tigre comme tueur. Kelly pis Tom veulent pas mourir, pis le tigre veut les manger. Y passe de proche de réussir une couple de fois pis toute. Étonnement, on sent quand même ben la tension pis le film réussit à nous stresser – au moins un peu. Ce qui m’a énervé, c’est le fait que le tigre, c’est pas juste un tigre; c’est un evil tiger (« That tiger is not scary. He’s evil. ») Comme si c’était pas déjà assez dangereux comme ça, pis comme si un animal pouvait être fondamentalement mauvais. On aurait pu se passer des grognements pseudo-épeurants, quand même.
La réalisation a rien de spécial, c’est juste normal, mettons. Genre que j’ai rien à dire à propos de ça, sauf qu’elle est maladroite par moments – le zoom in sur le cellulaire qui tombe dans la penderie.
L’actrice principale, Briana Evigan, livre une bonne performance, surtout dans les moments les plus tendus, comme quand elle voit le tigre pour la première fois; sa réaction m’a semblée assez crédible pis réaliste, comme le reste de ses tentatives pour décâlisser de la maison. Le petit autiste, le beau-père pis le tigre sont juste corrects. Mais le personnage de Johnny est beaucoup trop exagéré; c’est un crisse d’épais comme y s’en fait pas, y a aucune nuance pis c’est vraiment le « méchant » du film, qui mérite son sort à la fin (on apprend entre temps qu’y a tué la mère pis qu’y veut tuer les enfants pour toucher la prime d’assurance ? Sérieux ?). Ça c’est moins bon. La relation entre Kelly pis Tom est quand même intéressante, surtout la bout où elle rêve qu’elle étouffe son petit frère, qui demande vraiment beaucoup de son temps. Tout le long du film, elle se sent mal de le laisser pour aller étudier, même si tout le monde y dit que c’est sa vie à elle pis qu’elle doit penser à elle avant les autres. Facque on voit que ça la fait souffrir de s’occuper de son frère, même si elle l’aime pis toute. Ça, c’est bon.

Analyse

C’est ça qui m’a un peu tapé sur les nerfs, l’espèce d’histoire de Tom qui passe par-dessus la mort de sa mère; au début, y laisse personne le toucher pis le dernier plan du film, c’est Tom qui prend la main de sa sœur. Vu demême, c’est un espèce de récit initiatique pour Tom pis Kelly. Lui fait le deuil de sa mère, pis elle prend la décision de s’occuper de son frère. Parce que le tigre dans la maison représente la menace du fardeau qu’elle porte en s’occupant de son frère. Le tigre veut la tuer, tandis que son frère – même si c’est pas voulu – l’empêche de faire ce qu’elle voudrait dans la vie. Pis à un moment donné, y a un parallèle clair entre Tom pis le tigre. Après avoir passé proche de se faire pogner, Tom pis Kelly se ramassent dans la cuisine, où Tom pique une crise. Y crie « Eat now ! Eat ! », justement alors que le tigre veut les manger pis que sa sœur prépare des boulettes de steak haché aux pilules somnifères. Facque le film c’est une métaphore du conflit intérieur de Kelly. C’est intéressant, mais en même temps l’histoire de Tom qui prend sa main à la fin, c’est un peu trop niaiseux pour moi.

Verdict

Pas recommandé. Ça laisse indifférent pis la réalisation est platte malgré le tigre, l’autiste pis l’ouragan. De la bonne volonté, mais pas un bon résultat.

The descent : part 2

avril 17, 2011

Réalisation : Jon Harris
Scénario : James McCarty, J. Blakeson pis James Watkins
Pays : Royaume-Uni
Sortie : 2010 en Amérique du Nord

The descent, c’est un des films les plus épeurants que j’ai jamais vu. J’ai un faible pour les petits humanoïdes vicieux qui vivent au fond des cavernes. Anyway, en apprenant l’existence d’une suite, je peux pas dire que j’ai été content. Le premier était tellement bon qu’on pouvait juste le gâcher en faisant une sequel. Mais c’est comme ça, pis hier j’avais envie d’écouter un film sans me forcer, pis The descent : part 2 m’a semblé un bon candidat.

Résumé

Ça commence là ou le premier se termine (dépendament de quelle fin vous avez vu : celle où Sarah se pousse pis retrouve la route, ou celle où elle se réveille encore dans la caverne) : Sarah se fait embarquer par un truck pis elle se ramasse à l’hôpital. Le sheriff de la place, qui organise les recherches pour retrouver les 5 filles disparues depuis deux jours, va la voir. Y la soupçonne, parce qu’elle est la seule survivante pis qu’elle est pleine de sang. Mais le problème, c’est que se souvient de rien. À ce moment-là, la sheriff adjointe juge que c’est pertinent de lui rappeller que sa fille est morte, juste demême, tsé. Sarah capote pis toute. Comme si c’était pas assez, le sheriff oblige Sarah à venir avec eux dans une grotte louche que l’équipe de recherche a trouvé. La grotte est sous une ancienne chapelle. D’après un vieux monsieur qui traîne là sans qu’on sache pourquoi, le trou mène en enfer. Mais y décident d’y aller pareil. En bas, des images pas nices reviennent à Sarah, qui pète une coche pis qui se pousse toute seule. Les autres savent pas ce qui se passe pis se font attaquer par des humanoïdes; en fait, c’est comme dans le premier. Le monde meurt un à un. Mais, revirement de situation : Juno est pas morte, pis elle en veut à Sarah, on comprend pourquoi, elle l’a pioché dans la cuisse pour pouvoir sauver sa peau. Anyway.

Critique

On va se mettre d’accord sur une chose : les scénario, c’est pas fort. Ça a pas dû être ben ben compliqué écrire ce film-là; les dialogues pis les personnages sont pas crédibles – surtout pas la relation Sarah/Juno – pis en gros, c’est la même histoire mais avec du nouveau monde à tuer. Pis ça se renouvelle pas : toujours les mêmes façons de faire peur pis de faire sursauter, toujours un monstre derrière nous ou un bruit qui révèle notre position. Un peu comme Paranormal activity 2 : ça fait peur, mais vu que c’est pareil au 1er, on s’en crisse un peu. Y manque aussi la surprise, parce que les petits monstres, on les a déjà vu pis on sait à quoi on a à faire. En plus, le film joue sur les même ressorts narratifs : y a un éboulement, le groupe se sépare, quelqu’un se blesse, l’issue est bouchée, etc. J’aurais aussi aimé en apprendre plus sur les petits bonshommes méchants, mais bon.
Mais y faut pas regarder ça en espérant que ça soit la même chose que le premier. C’est juste un autre traitement, pis j’ai apprécié le film malgré tout. Parce que c’est vraiment plus gore que l’original. On voit plein de liquides gicler : du sang, de la glue d’humanoïde, du vomit pis même du caca de petit monstre des cavernes – la scène de défécation est d’ailleurs crissement excellente pis comique. C’est là que je veux en venir : le premier était super sérieux, mais le deuxième m’a fait rire aux éclats. Dans les highlights gore, y a : une tête écrasée sous une grosse roche, un bras coupé à coup de pic d’escalade pis le bout où du sang de cadavre coule dans la bouche de quelqu’un. Ça rappelle un peu Drag me to hell de ce point de vue là (genre, fluide corporel qui entre là ou y faut pas).
J’ai vu plein de mauvaises critiques qui chialent sur la fin du film. Évidemment que c’est pas très bon, mais je pense pas que c’était le but. Personnellement, quand j’ai vu ça, j’ai éclaté de rire., parce que je m’attendais à quelque chose – ça peut pas finir aussi bien – mais pas à ça. Oui, ça a pas rapport, mais au moins c’est drôle.

Verdict

J’hésite. Pas recommancé pour ceux qui veulent dequoi d’aussi bon que le premier. Recommandé pour ceux qui veulent un film léger avec du bon gore. C’est très très loin d’être un bon film, mais j’ai été capable de passer un bon moment pareil.

La Meute

mars 28, 2011

Réalisation : Franck Richard
Scénario : Franck Richard
Pays : France pis Belgique
Sortie : 2010 en France, 2011 en Amérique du Nord

J’avais hâte de le voir depuis que je l’ai raté à Fantasia l’année passée. Maintenant qu’y est sorti en DVD, j’ai réussi à le downloader. Les critiques avaient été bonnes, en général, pis un film à moitié belge, ça permet d’espérer des trucs bizarres, comme dans Calvaire ou C’est arrivé près de chez vous.

Résumé

C’est l’histoire de Charlotte, une jeune femme qui fait un road-trip toute seule sans vraiment de destination. Elle pogne un gars sur le pouce, Max. Ensemble, y arrêtent dans un genre de bar crasseux nommé La Spack, tenu par une grosse madame du même nom. Dans le bar, Charlotte pi Max se font menacer pis presque violer par trois motards débiles. La Spack sort un shotgun, ben décidée à maintenir le calme dans son bar. Sauf que, quand Max revient pas des toilettes, Charlotte se met à le chercher. Elle sent que quelque chose de bizarre se trame. Après avoir parlé à un vieux policier, elle entre par effraction dans le bar louche. Mauvaise idée : elle se retrouve enfermée dans une cage par La Spack pis Max, qui s’avère être son fils. Charlotte essaye de s’enfuir pis le policier essaye de la retrouver. Finalement, par un soir de tempête, La Spack accroche Charlotte sur un genre de potence pour la saigner en disant « La terre a besoin de sang ». C’est là que les zombies arrivent.

Critique

Le film commence un peu comme un cool movie à la Tarantino, avec des dialogues ben écrits pis des répliques cinglantes. Charlotte est un peu stéréotypée, genre fille forte qui écoute du métal pis qui a le sens de la répartie, mais le personnage réussit à être pas trop cliché, notamment grâce à son humour noir (la joke du zoophile, du sadique, de l’assassin, du nécrophile, du pyromane pi du masochiste). Pis elle est vraiment badass, comme quand elle boit son café après que le motard ait craché dedans pour l’intimider. Émilie Dequenne réussit à bien rendre la panique de Charlotte quand elle est enfermée.
En général, j’ai ben aimé les dialogues, surtout les répliques des motards, qui me faisaient rire à chaque fois. Exemple : « Chérie j’dois pisser, tu peux m’la tenir ? Mon médecin m’interdit d’porter des objets lourds. » C’est du génie. Ou ben Charlotte qui dit à Max : « J’te préviens, si tu sors ta bite ou quelque chose dans le genre, tu mange un bouquet de phalanges. » Max répond : « T’inquiète, fait trop froid. » Même si c’est pas réaliste, au moins, c’est drôle. Pis le ton est maintenu tout le long du film. Pis aussi « Va falloir éclater des mecs. Ça vous dirait, les tapettes ? »
Le personnage de La Spack est quand même cool, genre vieille campagnarde qui en a vu d’autres. Pi le policier trop wise est cool aussi, un peu à la Colombo, surtout avec son chandail Fuck on first date pis sa joke de faire des bruits de cheval quand y prend son vélo.
L’atmosphère vraiment crasse est réussie pis elle nous fait sentir sale pis toute – ça rappelle beaucoup Calvaire. On se sent encore plus mal vu qu’on sait pas trop où (on a aucune indication de lieu), ni quand ça se passe (aucune indication de temps). En fait, j’ai trouvé que ça avait des allures d’uchronie, surtout avec les personnages des motards qui font pas mal renégats-d’un-monde-post-apocalyptique, pis avec le décor style campagne retardée qui permet pas vraiment de se situer dans le temps. Anyway, tout ça, ça ajoute à notre malaise pis notre incompréhension.
J’ai entendu pas mal de critiques négatives à propos du scénario, mais j’ai pas trouvé particulièrement mauvais. Bon, on peut se demander pourquoi Charlotte essaye autant de retrouver Max, qu’elle vient tout juste de rencontrer, mais tsé. Contrairement à tout le monde, j’ai adoré le changement de ton drastique aux 2/3 du film, quand les zombies arrivent. Je m’attendais crissement pas à ça, pis j’ai été agréablement surpris.
La réalisation est paspire pantoute pis rend ben l’ambiance crade du décor. Les plans sont ben cadrés pis les mouvements de caméras sont intéressants. Par exemple, j’ai aimé l’ellipse quand on voit le policier rentrer chez La Spack : le plan coupe pis enchaîne sur La Spack qui ressort avec le policier dans une brouette. C’est nice comme montage, mais ensuite on nous sert un flashback qui explique comment ça c’est passé. Fucking maladroit.
Le film a des défauts : j’ai trouvé complètement inutile toute l’histoire des mineurs morts sous la terre qui sert à justifier l’existence des zombies. Surtout le bout où Charlotte tombe sur des vieux journaux, c’était crissement pas nécessaire. Ça aurait été mieux sans aucune explication. Aussi, dans la scène de l’attaque sur la petite cabane, les quatres zombies restent constamment au même endroit, comme si c’était fait pour qu’on puisse les voir à travers la fenêtre. Pas bon du tout. Pis on aurait vraiment pu se passer du sang qui dégouline dans l’objectif à la toute fin.
Le gore est quand même paspire, même si y en a pas tant. Les zombies sont assez forts pour démembrer un homme sans forcer. La scène de la torture sur la chaise est pas nice pantoute, même si elle est pas gore. Pis la fin est vraiment bad, dans le sens qu’elle nous fait pas sentir ben. J’avoue que j’ai été surpris que ça finisse aussi mal, pi j’étais triste pour Charlotte. Je l’aimais ben, finalement.

Analyse

« La victime fantastique est donc un être déterritorialisé. » C’est ce qu’écrit André Carpentier dans son article L’espace fantastique comme variété de l’espace vécu. Y me semble que ce mot-là – déterritorialisé – qualifie ben Charlotte. Elle évolue, comme le spectateur, dans un monde qui propose aucun point de repère temporel ou spacial. En plus, elle a pas vraiment de but : au début, elle dit à Max qu’elle roule jusqu’à la fin de ses CDs. Le film s’ouvre sur des longs plans de routes perdues dans le brouillard. D’emblée, on sait qu’on se trouve dans le trou-du-cul-du-monde, un lieu isolé, éloigné de la civilisation pis de ses règles. Cette idée d’égarement est présente chez Charlotte elle-même, qui a pas de passé, pis encore moins de futur. Tout ce qu’on sait d’elle, c’est ce qu’elle aime écouter les problèmes de gens, que ça la dope. On peut peut-être en déduire qu’elle aussi a des problèmes, pis qu’écouter ceux des autres, ça l’aide à relativiser, ou au moins à se sentir moins seule dans sa marde. On découvre que plus ça va, plus Charlotte s’enfonce dans un univers crade pis dirt, qui la menace constamment pis qui ses déshumanise à mesure que le récit avance. Dès le début, y a les motards qui essayent de la violer, ensuite le policier qui l’avertit que c’est dangereux, pour une belle fille comme elle, de prendre des pouceux – ce qui s’avère vrai, ensuite la cage, La Spack a l’air invincible, pis ensuite les zombies. Charlotte passe de fille-forte à fille-captive-bétail à fille-captive-bouffe-pour-les-zombies. Elle aussi se déshumanise, comme si l’univers dans lequel est évolue l’avait contaminée. Tout le long de sa captivité, ses efforts pour communiquer sa détresse son vains; l’humanité est pas rejoignable. Tout le long du film, Charlotte se débat « sous la menace de l’étrange, soumise à la coupure ou au renoncement à tout principe de liberté. C’est pourquoi sa mésaventure, sa détresse paraissent irréversibles. Le maléfice n’est pas qu’au bout de son trajet; il l’accompagne tout au long de sa déambulation. » Le monde se referme peu à peu sur Charlotte pis y devient tellement hostile qu’y finit par la bouffer, au sens propre.
Pour résumé, Charlotte, c’est une espèce de Dante, mais sans personne pour la guider, qui réussit pas à se sortir de l’enfer.

Verdict

Recommandé. Même si c’est pas parfait, c’est un film surprenant pis ben réalisé (la plupart du temps). Les dialogues sont comiques pis malaisants en même temps, les personnages sont le fun pis les zombies sont vraiments laids, dans le bon sens du terme.

Taxidermia

mars 22, 2011

Réalisation : György Pálfi
Scénario : György Pálfi, Zsófia Ruttkay d’après les nouvelles de Lajos Party Nagy
Pays : Hongrie, Autriche pis France
Sortie : 2006 en Europe, 2010 en Amérique du Nord

J’ai trouvé ce film-là en cherchant une liste des meilleurs films d’horreur européens. Y était classé dans le top 3, ce qui est paspire pantoute. Ça avait l’air agréablement bizarre, facque je me suis dit Pourquoi pas ?

Résumé

Le film est composé de trois shorts qui mettent chacun en scène un personnage masculin qui est le fils du personnage du film précédent. La première partie se déroule pendant l’occupation nazie de la Hongrie. Morosgoványi est un soldat un peu attardé pi crissement obéissant affecté à la campagne à une tâche qui est pas trop claire. Son supérieur hiérarchique arrête pas d’y parler de pussy pi de dire que le vagin fait fonctionner le monde. On se rend compte assez vite que le gars est complètement fucké; en une demi-heure, on le voit s’adonner à la pyromanie, la pédophilie pi la nécro-zoophilie. En le pognant en train de fourrer les pièces découpées d’un cochon, son supérieur le tue d’une balle dans la tête.
On enchaîne ensuite sur l’histoire de Balatony, un sport-eater obèse né avec une queue de cochon pendant la période communiste. C’est un vrai champion du monde de gloutonnerie : on voit des concours pendant lesquels les participants doivent manger le plus possible en un laps de temps donné. Entre chaque épreuve, les concurrents vont vomir copieusement dans un gros bac, histoire de faire de la place pour l’étape suivante. À travers la quest de Balatony pour la reconnaissance mondiale, y a une histoire d’amour avec une femme obèse elle aussi.
Dans la troisième partie, on suit Lajos, un taxidermiste maigrichon qui s’occupe de son père, devenu un genre de Jabba the Hutt qui est pus capable de se lever. Après une chicane entre le père pi le fils, les chats s’échappent pi tuent le papa obèse morbide en y bouffant les organes. En rentrant, Lajos décide d’empailler son papa, pi ensuite de s’empailler lui-même. Le résultat de son œuvre est exposé dans un musée d’art contemporain.
En gros, c’est l’histoire de trois générations d’hommes qui meurent à cause de leurs obsessions pathologiques.

Critique

Je dois dire ici que ce film-là correspond pas pantoute à l’idée qu’on se fait généralement d’un film d’horreur. Aucun rapport avec le slasher, la maison hantée ou le torture porn. Ça veut pas dire pour autant que c’est pas horrible; définitivement, certaines scènes sont dégueuses, dont celle de l’auto-empaillement. C’est gore aussi, vu qu’y a beaucoup d’écoulements de fluides corporels. Sauf qu’y a pas le suspence pis la tension qui vont d’emblée avec le genre de l’horreur. Y a vraiment rien de surnaturel non plus, même si on est pas tout à fait dans notre réalité. Pis y a quand même beaucoup d’humour, comme quand le gars se fait croquer le zouiz par un coq, où quand les deux obèses amoureux embarquent dans un manège. En général, le film est grotesque, ce qui le fait entrer dans la catégorie horreur, mais on on verra ça plus tard. Pas un film d’horreur traditionnel, donc; c’est pour ça que ça vaut crissement la peine de le voir.
En terme d’affaires dégueuses pis de facteur beurk, ce film-là est excellent : tout plein de déviances sexuelles fucked up, des plans assez explicites d’organes génitaux en pleine action, des obèses qui dégueulent pendant crissement longtemps, une scène de découpage d’un porc qui rappelle un peu la tortue dans Cannibal Holocaust pi une scène d’empaillement de genre 5 minutes qui lésine pas sur les gros plans. Ça veut écoeurer, pi ça réussit à écoeurer.
Mais c’est pas juste dégueu; c’est crissement ben réalisé. Les plans sont vraiment superbes tout le long pi les effets visuels sont sicks, comme le travelling autour du bain pis la scène quand Morosgoványi entre dans son livre illustré de La petite fille aux allumettes. Les acteurs font une job de malade pour rendre crédibles des scènes pas faciles à jouer.
Je donne un big up aussi à Amon Tobin, qui a composé la musique du film, musique qui réussit à rendre l’atmosphère encore plus bizarre qu’elle l’est déjà avec son ton électro-agressant-weird.

Analyse

Revenons au grotesque. Dans son ouvrage Écriture de l’excès, poétique de la terreur et fiction fantastique, Denis Mellier oppose au courant fantastique littéraire de la litote une poétique de l’exagération propre aux récits fantastiques populaires, à la Stephen King. Mellier affirme que l’horreur se retrouve autant dans la suggestion que dans la monstration exagérée, tant au cinéma qu’en littérature. Sauf que c’est facile de tomber dans le ridicule : on a juste à penser au démon à la fin de Season of the witch pour s’en rendre compte. C’est là que le grotesque arrive : le grotesque, selon Mellier, combine humour pis terreur en une même image, comme, mettons, la tête décapitée qui viole la fille dans Re-animator, ou la scène du souper de famille au début de Braindead. On hésite entre éclater de rire pis dégueuler partout. C’est drette ça qu’on voit dans Taxidermia : on rit tout le long mais en même temps on est mal à l’aise : on rit en voyant les obèses dégueuler pendant crissement longtemps comme si c’était normal, mais en même temps, nous aussi on a envie de dégueuler. C’est pour ça que le film est côté horror pi comedy sur Imdb. Sauf que c’est ni un ni l’autre, facque y ont ajouté drama, à défaut de pouvoir décrire exactement c’est quoi ce film-là.

Le film commence avec une voix off qui, on s’en rend compte à la fin, est celle du directeur du musée où est exposé le corps empaillé de Lajos. Au début, la voix dit quelque chose comme « La fin d’une chose est le point de départ d’une autre », pi à la fin, le directeur ajoute : « Different things are important for different people. Space, for some. Or time, for others. ». Pendant qu’y dit ça, y a un zoom in sur le corps. C’est pas ben ben dur à interpréter : Morosgovany (1re partie) meurt en laissant un fils, Balatony (2e partie), qui meurt juste avant que son fils, Lajos (3e partie) fasse une œuvre d’art géniale. J’ai lu des analyses politiques de Taxidermia sur Imdb, mais d’après moi, le sujet principal du film, c’est l’immortalité. De génération en génération, on voit la Bêtise humaine se propager : le taré sexuel pédo-zoo-nécrophile engendre un obèse morbide obsédé par la bouffe, qui lui-même engendre un taxidermiste sociopathe – qui est, en fait, le personnage le plus sain du film. La compulsion transcende les époques pi la Bêtise meurt jamais. En plus, pris indépendaments, les trois parties mettent en scène des personnages en quête d’immortalité. Morosgovany le fait en répandant sa semence à tout vents (pensons à la scène où son sperme jaillit jusqu’au ciel étoilé, faisant apparaitre de nouveaux points blancs dans l’immensité de la nuit), Balatony en voulant atteindre la gloire du sport-eating pi Lajos en empaillant des animaux – donc en leur donnant l’apparence d’être en vie. Mais le seul à déjouer la mort, au final, c’est Lajos, qui fait de son corps une œuvre d’art. Étrangement, Lajos doit se suicider pour vivre éternellement.
On voit aussi l’obsession de l’immortalité dans l’image récurrente de la grosse femme, qui symbolise, dès la préhistoire, la fécondité. On peut penser au long monologue – d’ailleurs fucking drôle – du supérieur de Morosgovany qui dit : « It’s not the world that makes cunt go around, but it’s cunt that makes the world go around. » Ce qui, d’une certaine façon, est très vrai. La seule façon pour l’Homme de pas disparaitre complètement pis d’atteindre un semblant d’immortalité, c’est par la reproduction, qui passe, effectivement, par le « pussy ». Mais on peut aussi l’atteindre en laissant derrière soi une œuvre marquante, comme Duchamp ou, à un autre niveau, Hitler.

Verdict

Recommandé, à tous ceux qui ont les reins solides pis qui veulent être déstabilisés. Ceux qui veulent un film d’horreur classique seront pas satisfaits. Mais si on veut vivre une expérience cinématographique hors de l’ordinaire, y faut absolument voir Taxidermia.

Black death

mars 9, 2011

Réalisation : Christopher Smith
Scénario : Dario Poloni
Pays : Royaume-Uni, Allemagne
Sortie : 2010 au Royaume-Uni, 2011 en Amérique du Nord

J’ai remarqué quelque chose : dans le monde du cinéma d’horreur, on considère comme des films d’horreur des films pas d’horreur mais de réalisateurs qui sont renommés dans le milieu. Par exemple : Adam Green avec ses Hatchet. Y réalise Frozen, que toute la communauté de l’horreur a vu pi aimé. Si ça c’est de l’horreur, pourquoi pas 127 hours ? Danny Boyle a réalisé 28 days later, quand même. Même chose avec Christopher Smith : la succès de Triangle fait qu’on va regarder Black death comme si c’était un film d’horreur. Mais bon, je chiale pour chialer. J’avais quand même envie de le regarder Black death, pour voir si c’était aussi bon que tout le monde le disait.

Résumé

En 1348, pendant la peste en Angleterre, un soldat à la solde de l’Église, Ulric (nom médiéval par excellence, pi joué par Boromir lui-même), est envoyé investiguer à propos d’un village qui est pas touché par la peste pi qui est réputé avoir fait un pacte avec les forces du mal pour éviter la maladie. Y engage un jeune prêtre, Osmund (le même gars pi le même rôle que dans The pillars of the earth). Osmund, malgré sa foi, a quand même une blonde, qu’y a envoyé se réfugier dans la forêt pour éviter la peste. Anyway : y les guide jusqu’au village, où y sont chaleureusement accueillis par les habitants, qui sont quand même un peu louches, vu que les derniers soldats qui ont été envoyés sont pas revenus. On remarque assez rapidement que le village a délaissé le dieu des chrétiens pour se livrer à des rituels païens, ce qui les sauverait de la peste, supposément envoyée par Dieu pour punir les hommes. Ulric veut tuer les hérétiques, les hérétiques veulent tuer Ulric; Osmund, lui, veut juste retrouver sa blonde, même si y doit renier Dieu pour ça.

Critique

On a pas un film fantastique ici. L’horreur flotte dans l’air pi dans la tête des gens superstitieux, mais y a rien de vraiment surnaturel, à part la bêtise humaine. Mais on se lancera pas là-dedans.
Ça saute aux yeux dès le début : toute l’horreur pi la crasse du Moyen-âge pi de la peste sont vraiment ben rendues. On se sent sale pi inconfortable juste à le regarder. Tout le contraire d’un film similaire mais pourri, Season of the witch.
Visuellement, c’est assez beau; l’atmosphère est vraiment inquiétante du début à la fin, avec de la brume en masse pi de la pluie battante. Ça rappelle un peu Valhalla Rising, mais en moins beau, évidemment.
Sean Bean est parfait dans le rôle d’un chevalier brainwashé par l’Église. Le personnage est pas nuancé du tout, ce qui facilite un peu la tâche à Bean qui se concentre sur son look badass, réussit à merveille. Eddie Redmayne, lui, fait aussi une bonne job pour incarner Osmund, malgré sa voix de Batman qui me tappait un peu sur les nerfs. La scène, au tout début, dans laquelle y retrouve sa blonde qui le pensait mort est assez réussie pi émouvante. Bien jouée, bien dialoguée. J’ai moins aimé le personnage de Langiva, l’espèce de prêtresse trop blonde pi trop Galadriel-esque.
La caméra nerveuse fitte vraiment ben avec l’ambiance de danger pi de menace qui plane sur tout le film. On sait jamais quand y va se passer dequoi pi on est tout le temps sur le qui-vive. Pi les scènes d’actions sont quand même cools pi très violentes : la décapitation à l’épée pi la morsure à la jugulaire sont malades. Sans oublier l’écartèlement – même si y faisait un peu trop Mel Gibson pi « Freedooooooom! ».
L’espèce de twist à la fin était pas nécessaire, à mon sens. Ça fait trop punch plogué. Mais la séquence qui suit est sick, quoiqu’un peu maladroite. Cette fin-là est excellente mais un peu boiteuse sur le plan formel. Crissement pessimiste, elle remet en question l’interprétation qu’on fait du film tout en rachetant les quelques moments longuets de la deuxième moitiée.

Analyse

Black death m’a fait l’impression d’un Season of the witch réussit. En plus de se passer au Moyen-âge pi pendant la peste pi de partager les thèmes de sorcellerie pi de superstition, les deux films présentent une réflexion – très maigre dans le cas de Season of the witch – sur la foi. Dans ce film-là, la réflexion passe par le personnage principal (Nicholas Cage) qui réalise que l’Église y demande de tuer aveuglément en son nom. Dans Black death, la réflexion se fait pas dans les personnages, mais plutôt sur le spectateur. Le scénario nous présente les excès du discours religieux dogmatique, mais aussi ceux de l’hérésie qui hésite pas de tuer pour sa « liberté ». Le film prend pas position, il montre : sous la torture, ni les chrétiens ni les hérétiques renient leur dieu. Leur foi est aussi forte même si chacun considère celle de l’autre comme sacrilège. C’est à nous de conclure.
On peut quand même voir que les personnages chrétiens vivent dans une constante culpabilité, étant donné qu’y pensent que la peste est une punition de Dieu. On peut penser à la scène où sa blonde de Osmund y demande d’une voix vraiment angoissée si c’est de sa faute, la peste. L’Église est présentée assez négativement, son pouvoir étant basé sur la peur pi la culpabilité des croyants. L’Église est aussi porteuse de mort, quand on se rend compte à la fin que Ulric est touché par la peste pi qu’y l’a emmenée au village. D’une certaine façon, c’est un genre d’anti-prophète.
La blonde de Osmund est une figure virginale, avec son cheval blanc pi toute. Quand y la perd, y perd sa vraie foi pour tomber dans la barbarie pi la vengeance pseudo-motivée par l’Église.

Verdict

Recommandé, même si c’est pas aussi bon qu’on le dit. Sur l’échelle des films récents qui proposent une réflexion sur la foi dans un contexte médiéval, Season of the witch comptant pour zéro pi Valhalla Rising pour 10, je donne un beau 7 à Black Death, pour sa violence, son atmophère pi son pessimisme.

The troll hunter (Trolljegeren)

février 23, 2011

Réalisation : André Øvredal
Scénario : André Øvredal
Pays : Norvège
Sortie : 2010 en Norvège, pas encore en Amérique du Nord

Comme tout le monde, quand j’ai vu la bande-annonce, j’étais tout excité. Pas par la bande-annonce – je l’ai pas regardé au complet pour pas voir tout le film – mais pas le concept : un film de trolls qui est pas Troll 2. Nice. En plus, c’est norvégien, ça ajoute une ptite touche exotique. Pour finir, c’est du found footage, genre que j’apprécie de plus en plus, merci à Marble Hornets.

Résumé

Facque c’est l’histoire d’une gang d’étudiants qui font un documentaire sur la chasse aux ours pour un cours à l’université. Après que quelques ours aient été retrouvés morts, pi qu’aucun chasseur affirme l’avoir tué, les documentaristes apprennent que les chasseurs sont suivis par un gars bizarre. Facque y vont le voir, mais y veut pas trop leur parler. Mais y persistent; une nuit, y le suivent jusque dans une forêt enneigée. Y se mettent à entendre des bruits bizarres pi le gars se pointe en courant pi en criant « Troll ! » Après ça, le gars, Finn, leur donne la permission de le suivre pi de le filmer, parce qu’y trouve ça poche que le gouvernement cache l’existence des trolls au grand public. Facque y leur raconte que c’est le seul chasseur de trolls en Norvège, qu’y a deux sortes de trolls (des montagnes, des cavernes) pi qu’y peuvent reconnaitre l’odeur des chrétiens pratiquants (ça doit faire partie du folklore norvégien ou je sais pas). Bref, le gars y connait sa patente. Facque sa job, c’est de tuer les trolls qui sortent de leur territoire. Mais là, y en a beaucoup pi c’est pas normal. Anyway : l’équipe le suit pi assiste à quelques meurtres de trolls. Parallèlement à ça, y a un gars du gouvernement qui est chargé de maintenir l’existence des trolls secrète en faisant passer ça pour des causes naturelles quelconques. Le gars en pissed pi veut pas que les étudiants filment, évidemment.

Critique

Faut dire ici que c’est pas un film d’horreur. C’est sûr que si on envisage les trolls comme des monstres, pi qu’on associe le found footage au genre de l’horreur, ça marche, mais pas tant : ça tombe plus dans le merveilleux, pour moi, parce que les trolls existent pour vrai pi qu’y a pas d’hésitation. Pi même si y a un peu de suspence, y a pas vraiment de moments terrifiants ou dégueux – tsé, y a juste un mort, dans tout le film. L’accent est pas mis sur la peur, mettons. Ce qui fait que j’ai été un peu déçu.
J’ai vu des critiques qui disaient que les trolls étaient mal faits. C’est pas faux, mais c’est pas la faute des réalisateurs. Le problème, c’est comment montrer des trolls au cinéma sans que ça tombe dans le ridicule ? Y ont fait leur possible, mais ça reste des gros bonhommes avec des gros nez. J’ai pas eu de misère avec l’animation, même qu’y auraient pas pu faire mieux; c’est plutôt le projet qui était voué à l’échec.
Cela dit, le found footage est ben faite, même si c’est rien pour renouveller le genre ou tomber sur le cul. Comme d’habitude, la lentille casse à un moment donné, la caméra tombe quand le caméraman meurt, on voit des plans tout croches quand les personnages courent, etc. Les interactions entre les personnages sont assez réussies, pi les dialogues réussissent à donner l’illusion que les étudiants se connaissent ben pi toute. Le personnage de Finn, le chasseur, quoiqu’un peu stéréotypé, est crissement attachant. Y est fucking badass sans l’être trop. Y a genre la posture du gars qui fait sa job même si ça y tente pu vraiment pi qui accepte de faire du over parce qu’y faut ben que quelqu’un le fasse.
Au final, on s’intéresse plus à ce qui entoure les trolls pi aux technique de chasse de Finn qu’à l’intrigue elle-même.

Analyse

À part une critique du gouvernement, qui est pas toujours honnête, j’avais l’impression que ce film-là était vide de second niveau. Après une journée de réflexion, j’ai trouvé dequoi : le ressurgissement de la Magie dans un monde désenchanté. L’économie prend de plus en plus de place, la mondialisation américanise la planète pi les conservateurs sont au pouvoir. Tout l’effort est mis dans la productivité, l’efficacité, le rendement. Y a pu de place pour la magie. Cette magie-là renvoit à l’enfance, quand on croit tout ce qu’on entend pi que, dans notre tête, les trolls existent pour vrai. Dans le film, les étudiants son confrontés à leurs vieilles croyances enfantines qui, soudainement, deviennent réelles, pi y l’ont toujours été. Y trippent pi y veulent en savoir plus. Sauf que le gouvernement est là pour garder tout ça caché, parce qu’y a intérêt à maintenir le peuple dans la bataille capitalisme de la performance à tout prix. Pi la magie, c’est l’imagination, la fiction, les arts. Ça fait penser aux coupures dans les arts du gouvernement Harper, ça, non ? Harper pour qui l’économie est plus importante que la culture. Bullshit, chu sûr qu’y a des trolls en Arctique, sinon, pourquoi y voudrait remilitariser la région ?

Verdict

Pas recommandé. Même si le réalisateur a rien fait de mal, ça laisse un peu froid pi indifférent. Les fans d’horreur vont être déçus, pi les fans de cinéma tout court aussi. C’est l’intention qui compte, peut-être. Mais quand même.

Dream Home

février 9, 2011

Réalisation : Ho Cheung Pang
Scénario : Ho Cheung Pang , Kwok Cheung Tsang pi Chi-Man Wan
Pays : Hong-Kong
Sortie : 2010 à Hong Kong, pas encore en Amérique

Le dernier film hongkongnais que j’ai vu, c’est Ebola Syndrome : l’histoire d’un gars qui répand le virus ebola dans toute la ville, entre autres via des hamburgers infectés. C’est donc avec joie que j’ai accueilli Dream home. J’ai pas vu ben ben de films d’horreur asiatiques dans la dernière année, le film a eu des paspires reviews pi le poster est magnifique, facque :

Résumé

C’est l’histoire de Cheng Lai-sheung, une jeune femme travaillante qui économise depuis crissement longtemps pour s’achetr un appartement avec une belle vue sur le port. Sauf que, en 2007, à Hong-Kong, se trouver un appart, c’est presque impossible à cause de l’état pitoyable du marché. Mais son père tombe malade pi Cheng découvre que l’assurance couvre pas les dépenses de l’opération. Entre temps, elle réussit à négocier l’achat de l’appartement de ses rêves; sauf que, finalement, les proprios chokent parce qu’y pensent pouvoir vendre pour plus cher. Cheng pète un plomb pi elle décide de prendre les grands moyens pour l’avoir, son appart.

Critique

Dès le premier plan, on voit que la photo est bonne pi que le cadrage est super léché pi symétrique. On sait que ça va être ben filmé. Le générique est crissement beau : des plans immenses de facades d’immeubles à logement qui débordent de tous les bords pi qui montrent la démesure. Y a aussi beaucoup de jeux avec l’objetif, comme par exemple des reflets ou en filmant à travers une fenêtre ou un grillage.
Dès la première scène, on voit que le gore sera pas doux : le gars se fait serrer un tie-rap autour de la gorge pi y essaye de la couper avec un exacto, ce qui marche pas tant, finalement. C’est comme ça tout le long : du gore vraiment inventif pi ben faite, dans le genre qui fait grimacer pi gigoter sur son siège. Rien de choquant, quand même, mais du dégueux en masse. J’ai particulièrement aimé les coups de couteau dans le dos qui ressortent dans le torse : je comprend pas trop comme c’est faite, mais c’est cool.
Ce qui est intéressant, dans ce slasher-là, c’est la structure : au lieu d’être linéaire comme tous les autres, les meurtres ont tous lieu dans la même soirée. Cette soirée-là est entrecoupée de flashbacks qui « expliquent » le massacre. C’est cool parce qu’on sait dès le début du film que la fille va tuer du monde, sauf qu’on comprend pas pourquoi elle va le faire. C’est un autre type de suspense.
Les dialogues sont la plupart du temps assez bons pi le jeu des acteurs est juste parfait pour un film de ce genre-là, qui demande pas vraiment des performances hors de l’ordinaire. Josie Ho, l’actrice principale, fait une ben bonne job, en plus d’être la plus jolie slasheuse depuis la mère de Jason.
Une petite affaire qui m’a dérangé : l’humour. Le premier tiers du film est complètement dénué d’humour. Après ça, de temps en temps, on a droit à une blague genre à la Hatchet. C’est pas que les jokes sont mauvaises (le gars avec les intestins à terre qui veut pogner une dernière poffe de son joint qui est malheureusement éteint, pi quand finalement à la fin y se fait tirer dans la tête, de la fumée sort de sa bouche), mais juste que c’est pas assez appuyé. Au lieu d’être une comédie d’horreur, c’est un film d’horreur sérieux avec des jokes de temps en temps. Ça brise un peu le ton, j’ai trouvé.

Analyse

Vite demême, on voit une critique de la situation de la spéculation immobilière à Hong-Kong (pi aux États-Unis, aussi). Mais ça va un peu plus loin que ça dans la dénonciation du capitalisme. Vous me reprendrez si je me trompe : quand Cheng était jeune, sa famille s’est fait sacrer dehors de chez eux pour construire des grosses tours à habitations. Quand elle est devenu grande, ces habitations-là sont devenues inabordables, ou presque. Malgré tous ses efforts pour récupérer ce qui lui avait été volé, Cheng réussit quand même pas à réaliser son rêve : avoir son appart. Le capitalisme cause nos problèmes pi nous permet même pas de les régler. Facque elle décide de tuer plein de monde dans l’immeuble pour que le prix baisse. C’est un retour à la loi de la jungle, au chacun-pour-soi prôné par le néo-libéralisme; le meurtre apparait donc comme la manifestation la plus pure du capitalisme. Malgré tout, à la fin, quand on constate avec étonnement que son plan a fonctionné, on apprend que la crise aux États-Unis vient d’éclater, ce qui vient fucker les plans de Cheng, qui s’était fait dire que c’était un bon moment pour investir. Ainsi, malgré tous ses efforts, l’homme moderne est constamment menacé par l’épée de Damoclès qu’est la loi du marché, comme si on pouvait pas échapper à sa « main invisible ».
Mais c’est pas tout : y a aussi une critique du patriarcat. Dès le début, on constate que Cheng est opprimée par son chum, qui pense juste à la baiser, pi par son père, qui a des idées très précises sur ce que devrait être une femme. Tout le film apparait alors comme une émancipation du joug masculin qui mène l’héroïne au meurtre pi au parricide. Le motif du phallus revient tout le long du film, la plupart du temps sous la forme de huges building qui pointent vers le ciel, mais aussi, plus explicitement, dans une scène d’émasculation plutôt évocatrice. On remarque aussi que ce qui drive Cheng, c’est l’idée d’avoir une « chambre à elle », ce qui renvoit à l’essai de Virginia Woolf sur la condition féminine. Elle dit que la femme va être libre le jour où elle va avoir un espace privé pi personnel. Facque Cheng se bat pas pour un appart, mais pour sa liberté. Sauf que pour atteindre sa liberté, elle s’approprie certains attribus masculins; dans cette optique-là, le fait qu’elle ait utilisé les outils de son père pour commettre les meurtres est très significatif. D’ailleurs, après avoir fait son massacre, symbole de son émancipation, elle devient spure d’elle pi dominante, comme on peut le voir dans sa conversation au téléphone avec son agent immobilier. En s’appropriant une certaine masculinité, elle renverse le schéma dominant/dominé dont elle était victime depuis le début. Elle devient un mâle alpha. Donc, la seule façon de se libérer de la domination masculine, c’est en devenant soi-même un homme.

Verdict

Recommandé. C’est ben filmé, ben joué, y a du bon gore pi les meurtres sont inventifs. Un bon divertissement sur fond de commentaire social.