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Left bank (Linkeroever)

juillet 11, 2010

Réalisation : Pieter Van Hees
Scénario : Christophe Dirickx, Dimitri Karakatsanis pi Pieter Van Hees
Production : Frank Van Passel, Kato Maes pi Bert Hamelinck
Pays : Belgique
Sortie : 2008

Film belge, mais belge flamand. Pi contrairement à ce que mon club vidéo avait écrit sur le cover, le flamand, c’est pas de l’allemand. J’aurai appris ça au moins de mon séjour en Belgique. Je dis tout de suite que c’est pas un film d’horreur. C’est plus ce qu’on pourrait appeler un thriller fantastique. La bande-annonce est assez réussie.

C’est l’histoire d’une fille qui s’installe chez son nouveau chum vraiment-nice-mais-qui-finalement-l’est-pas-tant-que-ça. En tout cas, son building est dans un quartier pas trop clean de la ville de Anvers (Linkeroever, Left bank en anglais), là où plein de monde est mort au moyen-âge ou une shit équivalent au cimetière indien nord-américain. La fille fait de la course à pied mais elle est obligée d’arrêter à cause d’un manque de je sais pas quoi dans son sang. Forcée à rester chez son chum par sa maladie, elle découvre peu-à-peu que le monde du building sont crissement bizarres. Pi aussi que la fille qui vivait dans l’appart avant, ben elle est disparue. Facque elle enquête, pi plus elle découvre des affaires, plus elle se méfie de tout le monde.
Left bank, c’est un mélange de The ring (l’enquête sur la fille qui habitait là avant pi le puit dans le sous-sol) pi de Rosemary’s baby (le complot de tout le monde dans l’immeuble) avec une fin pseudo-métaphysico-philosophique à la Martyrs. Dequoi demême. Sauf que la fin est pas si malade. Ma première réaction ça a été de me dire Nice shit. Mais en y repensant, la fin explique presque rien. Une couple d’éléments du film qui font monter le suspense sont juste pas expliqués par la fin. Je suis pas fâché parce que j’ai pas tout compris, mais plus parce que ces affaires-là, au final, ça aura servi à rien à part étoffer le scénario. Mais c’est pas si grave.
L’histoire est pas vraiment originale, sauf la twist qu’ils ont trouvé à la fin. Mais j’ai trouvé que c’est vraiment ben réalisé. Les plans, le montage, l’atmosphère, toute ça c’est vraiment réussi. Pi les acteurs sont crédibles, pour une fois. J’ai ben aimé la non-pudeur du film : y a une scène de sexe de mettons 5 minutes, tournée en un seul plan, pendant laquelle on voit rien de plus que dans Bleu nuit mais où on voit les acteurs se chevaucher pi toute. C’est cru mais c’est beau. On est loin de la fausse pudeur américaine.
Même si on en entend pas parler à la fin, j’ai aimé aussi le genou blessé de la fille, qui bleuit, qui suite pi qui devient de plus en plus poilu. Osti que c’est dégueulasse.

Verdict : louer le pas si vous voulez un film d’horreur. Mais c’est un bon thriller fantastique, pas très original mais ben réalisé pi toute.

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Vinyan

mai 11, 2010

Réalisation : Fabrice Du Welz
Scénario : Fabrice Du Welz, David Greig pi Olivier Blackburn
Production : Michaël Gentile
Pays : France, Royaume-Uni, Belgique
Sortie : 2008

J’ai été surpris quand j’ai vu que mon Vidéotron avait une copie du nouveau film de Du Welz. Apparemment, ce film-là avait plus de budget que Calvaire; Emmanuelle Béart joue dedans. Ça augurait ben, facque je l’ai loué.

Le film se passe dans un Phuket post-tsunami du 26 décembre. Depuis six mois, Paul pi Jeanne vivent à Phuket après avoir perdu leur fils dans la grosse vague de 30 pieds de haut. Sauf que, pendant la présentation d’un film de sensibilisation pour la cause des enfants birmans, Jeanne voit son fils en arrière-plan. Parce que l’espoir, des fois, c’est épais, ben ils font affaires avec des thaïs pas trop cleans pour aller le chercher. Facque le couple décide de payer fucking cher pour traverser la frontière birmano-thaï, chose qui est pas vraiment une bonne idée, sauf si c’est Rambo le capitaine de l’embarcation. Mais plus ça va, plus ils s’enfoncent dans la marde. Paul veut se pousser mais Jeanne veut continuer à chercher. On voit ben qu’elle a pas toute sa tête. Pi là ça dégénère pour finir en délire mystico-allégorique qui reste toujours pas clair pour moi.

Si on se rappelle bien, Calvaire exploitait le malaise pour affecter le spectateur. Ici, Du Welz l’utilise mais d’une autre façon. Tout le long, on voit le couple se mettre de plus en plus dans la marde pi on peut rien faire. Déjà qu’au début, on sait que c’est pas une bonne idée leur patente. Quand le thaï louche présente à Jeanne un enfant birman avec la face peinte en blanc pi qu’y lui dit que c’est son fils, pi qu’elle le croit, osti que j’étais mal à l’aise. Une chance que son chum est là. Sauf qu’à un moment donné, elle vire juste folle. On la voit faire des affaires dans le dos de son chum pour continuer de chercher pi on peut pas s’empêcher de l’haïr, Jeanne. Elle agit vraiment d’une façon contraire au bon sens, c’est ça qui gosse. J’étais exaspéré.
Pi insécure, itou. Parce que tout le monde que le couple rencontre ont l’air pas clean. J’aurais jamais fait affaire avec les gars de Phuket. Quand ils arrivent sur l’île, la populace locale lance des ballons éclairés dans la nuit. C’est une belle scène au niveau esthétique, mais crisse qu’on les trouve fucked-up les habitants. Ils agissent trop pas normalement. Pi c’est comme ça à chaque fois qu’on voit un nouveau personnage : il est toujours plus bizarre que les autres. Je feelais vraiment comme Paul : la marde pogne de plus en plus pi je peux rien faire. Quand un film me donne des émotions, j’aime ça.
L’atmosphère du film est menaçante pi vraiment étouffante. Surtout les scènes où ils sont perdus dans la forêt tropicale. On le sent tellement vulnérables.
Quand la situation de Paul pi Jeanne pourrait pas être plus précaire, le film pogne une twist étrange. Des enfants peints en blancs sortent de la forêt pi leur courent après. Paul meurt dans une caverne pi Jeanne fini toute nue pi entourée par genre 50 enfants qui la touchent tranquillement. Pi c’est la fin. Y me semble que quand j’ai vu le film, j’ai eu l’impression de comprendre ça voulait dire quoi cette fin-là. Mais j’ai oublié.
Le film est ben fait, sans rien de ben spécial du côté esthétique. Les plans sont beaux, mais ben normaux, comme le jeu des acteurs. Le rythme est crissement lent, mais ça fait ben monter la tension, le malaise pi l’insécurité. Ça peut être trop lent pour certains parce que la psychologie prend plus de place que l’action. Mais moi j’ai pas ressenti de longueurs. J’ai ben aimé ça.

Verdict : un bon film, pas aussi bon que Calvaire, mais un bon film. Qui sort des schémas traditionnels de l’horreur.

Martyrs

janvier 22, 2010

Réalisation : Pascal Laugier
Scénario : Pascal Laugier
Sortie : 2008

La France est pas reconnue pour sa tradition fantastique, mettons. Mais depuis quelques années, l’Empire sarkozien a produit quelques films supposément bons, pi Alexandre Aja est devenu un des mastershits de l’horreur contemporaine. Mais comme j’ai toujours pensé que cette vague française était dans le même style que The Hostel, genre de la torture pi pas d’histoire, j’y ai jamais vraiment porté attention. Mais à force d’entendre des bon commentaires, je me suis finalement tapé Martyrs.

Le film commence drette comme la bande annonce. Dès la première image, on sait ce qui nous attend : des affaires terribles.
Effectivement.
Résumé, sans trop de détails pour pas gâcher le film : Lucie, qui a été enfermée par on sait pas qui quand elle était jeune, s’est fait amie avec Anna après s’être échappée. Quinze ans plus tard, Lucie croit avoir retrouvé ses ravisseurs. S’ensuit alors du gore dégoutant pi de la violence psychologique extrême.
Il parait que quand est venu le temps de décider de l’âge recquis pour voir le film, le vote a été serré. J’ai aucune idée pourquoi, parce que c’est clairement 18 ans et plus. Finalement, il a été coté 16+ avec avertissement.
Les deux actrices principales sont excellentes dans des rôles qui sont pas faciles pantoute. Mylène Jampanoï joue très bien la fille complètement fuckée par sa séquestration dans sa jeunesse. J’ai vraiment cru à son personnage pi sa folie. Son traumatisme est rendu à merveille et je me suis senti vraiment comme si je vivais la même chose qu’elle. Ce qui est pas vraiment nice, en passant. Quand un film a de l’effet sur les spectateurs, ça veut dire que c’est bon. Ça l’était.
Morjana Alaoui joue Anna, la fille qui a toujours été là pour supporter son amie mais que là y a des osties de limites. Dans son cas, ça va de mal en pis, pi même de pire en pis. Elle aussi est fucking bonne.
Les dialogues sont pas le yable, mais y en a pas beaucoup, pi anyway c’est pas ça l’important. Ça veut pas dire qu’y a pas de scénario.
Le film fait peur au début, avec la crisse de femme laide qui attaque Lucie. Je l’aimais pas, elle, elle me faisait choker. Ensuite, ça passe au gore. Genre des lacérations au rasoir, du shotgun dans des torses, un crâne détruit au maillet. Ensuite, ça devient plus hard psychologiquement : quand Anna descent dans la cave, jusqu’à ce que le monde louche en trenchcoats noirs arrivent, le malaise lâche pas. Là, je me suis dit Ha non crisse j’ai pas envie de voir ça. Pi je l’ai vu. Ben oui. Ce film-là est bad en esti, sérieux.
J’ai vraiment aimé la scène où Anna appelle sa mère. Pi le zoom dans l’œil d’Anna à la toute fin est bizarre mais vraiment sick, avec du recul. Pi la toute dernière scène est surprenante pi laisse le film planer dans notre tête pendant le générique, même si la conclusion est un peu niaiseuse. J’ai été surpris tout le long du film, ce qui est bon signe. C’est vraiment différent de ce que je m’imaginais avant de le voir. Rien est prévisible dans Martyrs.

Verdict : à voir, avec précautions. Mais ça en vaut la peine.

PS : le film a été tourné au Québec, parce qu’y parait que la lumière est ben bonne dans notre coin.