Kill, baby… kill ! (Operazione paura)

mai 11, 2011

Réalisation : Mario Bava
Scénario : Mario Bava, Romano Migliorini pis Roberto Natale
Pays : Italie
Sortie : 1966

J’espérais beaucoup que Kill baby… kill serait meilleur que The girl who knew too much. J’étais content que ce soit pas en noir et blanc, parce que Bava utilise les éclairages de couleur comme un champion – on a juste à regarder The drop of water dans Black Sabbath pour s’en rendre compte.

Résumé

À la fin du XIXe siècle, probablement en Allemagne, le docteur Eswai se rend dans une petite ville pour faire une autopsie, sur la demande d’un inspecteur de police qui se bute au mutisme de la population locale. Personne veut parler du meurtre – si c’est un meurtre. Le docteur empêche les villageois d’enterrer le corps avant l’autopsie, ce qui les fait chier parce qu’y sont supersticieux pis qu’y faut pas déranger les morts, ou dequoi demême. Dans le cœur du cadavre, Eswai découvre une pièce de monnaie. Monica (la chicks qui a été envoyée par l’inspecteur) y raconte une vieille légende locale qui explique pourquoi y a une cenne dans le cadavre. Le docteur se fait attaquer par des villageois mais y est sauvé in extremis par une autre chicks, Ruth, la sorcière qui soigne de façon douloureuse les villageois qui pensent qu’y sont maudits. Le doc se rend à la Villa Graps – la maison de la baronesse Graps, qui a perdu sa fille des années plus tôt pis qui vit en ermite dans son vieux manoir – pour trouver l’inspecteur. C’est là que le doc rencontre Melissa, une petite fille habillée en blanc pis crissement creepy. Entre temps, Monica s’est fait « attaquer » pendant la nuit par un esprit mauvais. Eswai pis Monica essayent de trouver le coupable des meurtres mais y se rendent compte que c’est plus compliqué que ça a en l’air.

Analyse

Kill baby kill, c’est un autre film d’inspiration gothique dans le genre de Black Sunday pis The Wurdalak dans Black Sabbath, sauf que l’esthétique ressemble beaucoup plus à The drop of water. Ici, je tiens à dire que c’est un scénario qu’on a déjà vu mille fois (surtout dans les nouvelles fantastiques du XIXe) : un homme de science, rationnel pis pragmatique, qui se rend dans une petite ville isolée où la superstition règne en maître absolu. Le gars y croit pas mais est forcé de se rendre à l’évidence à la fin du récit. On voit ça dans Dracula, dans La Vénus d’Ille pis dans Sleepy Hollow (le film). On s’entend, c’est un lieu commun. Ce qui donne un scénario pas vraiment original. Si on ajoute à ça la caractérisation ridicule des rôles féminins – la vierge vs la sorcière -, la finale super prévisible pis l’hystérie de Monica, ça donne pas un super bon mélange.
Ce qui sauve le film, c’est la réalisation de Bava. Ses cimetières embrumés pis ses allées mystérieuses auraient l’air épais si c’était pas du jeu avec les éclairages de couleurs qu’on peut voir dans le film au complet. Ça donne quelque chose de weird à l’atmosphère pis ça la rend comme irréelle, onirique (on pense à la scène où Eswai entre pis sort de la même pièce à l’infini pis qui rencontre son double), comme dans The drop of water. La caméra est toujours en mouvement pis y a presque aucun plan fixe. Le bout où la caméra imite le mouvement d’une balançoire est cool même si y a pas très bien vieillit. Le panoramique qui montre les villageois qui fisent Eswai quand y entre dans l’auberge fait bien sentir que le doc est pas le bienvenu. Mais le bout le plus cool c’est dans la Villa Graps, un manoir immense avec plein de poupées qui trainent, des pièces éclairées de rose pis de bleu pis une décoration d’un autre âge qui rend tout ça vraiment inquiétant. On peut voir des luminaires en forme de bras qui sortent des murs, en hommage à La belle et la bête de Cocteau. La séquence quand Monica descend les escaliers en colimaçon, c’est génial.
Autre chose intéressante : la creepyness de Melissa. Le petite fille fait peur, pis c’était pas encore un lieu commun à l’époque – y a eu The innocents en 1961; sinon, je sais pas trop. Je l’haïssais avec son ballon pis sa face qui apparait partout. Mais le moment le plus épeurant c’est quand Monica se réveille avec une crisse de poupée laide sur son lit. C’est aussi pire que le clown dans Poltergeist.

Analyse

Si le scénario de Bava est pas le yable au niveau du récit pis de son originalité, y est quand même plein de profondeur pis de pistes d’analyse : la matérialisation de l’inconscient, le ressurgissement d’un passé traumatique, le classique science/superstition, les rapports entre espace matériel pis espace intérieur, etc. Mais j’ai décidé de me pencher un peu sur les rôles féminins, qui sont super stéréotypés. Sauf que ça a un sens quand on y réfléchit un peu. Les femmes représentent l’hésitation du doc entre rationalisme pis surnaturel. Quand on voit Monica pour la première fois, elle arrive pour assister le doc dans son autopsie. On apprend que, comme lui, elle est étrangère – même si elle est née là – pis qu’elle étudie en médecine. Elle est blonde, vierge pis pure. C’est le rationalisme. À l’opposé, quand on voit Ruth pour la première fois – quand elle sauve le doc qui se fait attaquer par des villageois -, on sait pas trop qui c’est. Elle disparait juste après pis garde une aura de mystère pendant tout le film. C’est une sorcière pis elle connait des trucs pour briser les malédictions, comme se fouetter avec une branche d’arbre ou ben porter un silice pour dormir. Elle a les cheveux noirs, aussi. C’est tout le contraire de Monica. C’est la superstition. Ça montre son hésitation devant certains phénomènes qui peut pas expliquer. Dans certains bouts du film, y croit crissement pas aux fantômes, mais dans d’autres, y choke en crisse, tout comme à certains moments y se trouve avec Ruth, pis d’autres avec Monica. Le docteur rencontre jamais les deux femmes en même temps, sauf à la fin, quand Ruth meurt avec un pic dans le cœur pis en sauvant Monica. La superstition qui se sacrifie pour la science mais qui laisse une marque : Monica apprend qu’elle est la sœur de Melissa pis que sa mère, la baronne Graps, voulait la tuer par jalousie. Oui, les rôles féminins sont super typés, mais c’est au service de l’histoire.

Verdict

Recommandé. Évidemment, c’est pas un film qui fait peur, ni un film à regarder en gang le soir de l’Halloween. C’est un film pour les fans d’horreur pis de cinéma en général. La réalisation est superbe pis ça vaut la peine de voir ça pour les jeux d’éclairage, les décors pis les mouvements de caméra.

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The roost

mai 7, 2011

Réalisation : Ti West
Scénario : Ti West
Pays : États-Unis
Sortie : 2005

En voyant Cabin fever 2 pis The house of the devil – fucking chef-d’œuvre –, chu devenu un fan de Ti West. Ses dialogues, ses cadrages pis sa direction photos sont excellentes. En attendant la sortie de son prochain film, The Innkeepers, j’ai voulu en voir d’autres de lui, facque j’ai acheté The roost.

Résumé

Alors qu’y sont en route pour le mariage d’un de leurs amis, les 4 protagonistes crissent leur char dans un fossé en prenant un raccourci qui s’éternise. Y sortent du char pour se rendre à la maison la plus proche, où y a personne. Là, le groupe se sépare : deux gars partent trouver du renfort alors qu’un des gars pis la fille restent derrière. Quand les deux explorateurs reviennent avec un policier, y découvrent que leur ami est disparu dans la grange derrière la maison. Le policier se fait tuer par des chauve-souris pis les trois amis restant doivent se cacher. Y cherchent leur autre ami pour crisser le camp au plus vite. Mais y tombent sur les proprios zombifiés de la ferme pis la marde pogne solide.

Critique

C’est le premier film de West – si on compte pas ses films étudiants. Pis ça se voit; c’est low-budget pis les acteurs pis le gore sont pas fameux. Mais on remarque quand même les germes de House of the devil : la plupart des plans sont léchés pis jouent avec les ombres ou utilisent des éclairages colorés – la discussion du début dans le char sous une lumière rouge est vraiment cool.
Les relations entre les personnages sont intéressantes pis complexes mais pas assez développées à mon goût. Même si y sont dans des situations classiques des films de zombies, West réussit à rendre crédibles leurs réactions.
Encore comme dans House of the devil, le rythme est très lent pis on a droit à de longues séquences où on voit les personnages avancer tranquillement dans le noir qui installent beaucoup de tension. Étonnement, le film fait faire des crisses de sauts pas clean.
L’idée que des chauve-souris transforment le monde en zombies me plait, mais c’est pas expliqué – ce qui me dérange pas vraiment – pis un peu maladroit. Les bouts où on voit l’espèce de host du film, en hommage aux vieilles séries horrifiques, sont pas vraiment nécessaires même si c’est un peu drôle, surtout le tout dernier plan.
Même si y faut prendre le film au premier degré, y manquait un petit quelque chose. J’ai pas embarqué vraiment dans l’histoire pis j’avais même hâte que ça finisse.

Verdict

Pas recommandé. Même si y a du bon dans The roost, y reste que c’est un film de débutant, pis que ça se sent. C’est pour ça que je le recommande pas; on fait des sauts mais on entre pas dans l’histoire.


Behind the mask : the rise of Leslie Vernon

mai 3, 2011

Réalisation : Scott Glosserman
Scénario : Scott Glosserman pis David J. Stieve
Pays : États-Unis
Sortie : 2006

Ce film-là a eu des maudites bonnes reviews un peu partout sur le web, pis même que Sinistre Blogzine l’a mis dans son top 10 Found Footage en le décrivant comme un mélange entre C’est arrivé près de chez vous pis Scream, deux excellents films. Comme chu un fan du sous-genre, j’ai décidé de l’écouter.

Résumé

Dans un monde où Jason Vorhees, Freddy Kruger pis Michael Myers ont existé pour vrai, trois étudiants font un documentaire sur un tueur en série qui prépare ses meurtres. Le tueur, Leslie Vernon, va terroriser la petite ville de Glen Echo, qui aurait causé sa mort alors qu’y était enfant. Facque, comme nos slashers préférés, Leslie a une légende rattachée à lui, une maison où des ados vont fêter à chaque année le jour de sa mort, un masque, une arme de prédilection, un psychologue qui cherche à l’arrêter pis toute. Y explique à Taylor, la journaliste amateure, comment y compte faire sa job pis pourquoi y la fait. Y nous fait rencontrer un ancien slasher à la retraite, qui explique comment des gars comme Freddy pis Jason on révolutionné la façon de faire des meurtres en série. C’est comme une visite guidée de tout ce qu’on voit pas dans les films de slashers : le tueur choisir son target group, courir en malade quand on le voit pas pour avoir l’air de toujours marcher pis trafiquer les lumières de la maison pour pouvoir faker une panne de courant. Y explique tout ça à l’équipe de tournage qui, le soir du massacre, décide de pas le laisser faire pis qui se retrouve du mauvais côté du masque.

Critique

L’idée de base ressemble énormément à C’est arrivé près de chez vous : un documentaire sur un tueur en série pis l’équipe de tournage qui devient impliquée dans les meurtres. Le film souffre de cette comparaison-là : si, mettons, C’est arrivé près de chez vous c’est la Nintendo Wii, ben Behind the mask, c’est la Kinect de Sony. C’est un genre de rip-off mais avec une bonne idée en plus. Dans ce cas-ci, la bonne idée, c’est de faire du tueur un genre de meurtrier d’outre-tombe – supernatural slasher – comme dans les classiques Halloween pis Vendredi 13 pis A nightmare on Elm street. L’affaire, c’est que le tueur est pas surnaturel pantoute; c’est juste un gars qui fait croire des affaires avec des mises en scènes pis un peu d’anticipation, comme tous les autres, d’ailleurs. Leslie nous emmène dans les coulisses du slashers alors que Scream était resté dans la salle de spectacle. L’auto-dérision, à mon sens, est aussi réussie que dans Scream. C’est super drôle tout le long, avec l’espère d’historique du tuage en série que l’ami de Leslie nous explique, la scène classique du visionnement de vieux journaux en microfilms à la bibliothèque de l’école pis toute.
J’ai particulièrement aimé toute l’histoire de la symbolique qui entoure les slashers : le placard qui est un endroit sacré pis qui représente l’utérus, donc l’innocence; la course à travers un décor menaçant qui représente la naissance; la final girl qui s’équipe d’une arme phallique – hache, bâton de baseball, etc – pour décâlisser le tueur, c’est qu’elle perd son innocence (« She’s empowering herself with cock. », d’après Leslie). C’est super intéressant. Ce qui fait que la première heure du film est crissement divertissante pis que j’ai vraiment été accroché, malgré la ressemblance avec C’est arrivé près de chez vous. Mais au trois quarts du film, ça change : sans trop qu’on sache pourquoi (elle l’a aidé tout le long), Taylor décide d’empêcher les meurtres en allant avertir le target group, qui fête dans l’ancienne maison de Leslie. À ce moment-là, y droppent leurs caméras pis ça devient un film normal, en ocularisation externe. J’ai trouvé ça maladroit.
C’est pas la seule incohérence : quand Taylor apprend que Leslie est pas vraiment le petit gars de la légende, elle est trop pissed pis toute. Mais au fond, ça change quoi ? Rien, y fallait juste mettre un peu de chicane pour la courbe dramatique du film. Autre bizarrerie/défaut : le doc Halloran (en référence au Shining de King ?). On sait pas trop c’est qui, ni y sort d’où, ni pourquoi y sait où Leslie est pis ce qu’y prépare. On sait pas non plus ce qu’y fait dans le film, le doc (à part ploguer Robert Englund) sert strictement à rien. Oui, c’est des jokes de doc Loomis, mais ça reste trop en surface pour que ça devienne intéressant.
Mais le plus gros défaut de Behind the mask, c’est son échec à utiliser la caméra subjective. L’image est tout le temps trop claire, les interactions entres les membres de l’équipe de tournage sont pas crédibles pis la fille qui joue Taylor se force beaucoup trop pour avoir l’air de pas de forcer; ce qui fait qu’on y croit pas tant, à leur histoire de faux/vrai footage. C’est raté de ce côté-là. Par contre, le personnage de Leslie est fucking bon pis y sort des stéréotypes de tueurs en série sociopathes pis silencieux ou super trop intelligents pis volubiles. Leslie est un gars normal, qui fait des jokes pis toute, pis que j’ai trouvé désagréable en quelques occasions. Nathan Baesel nous fait croire à son rôle, même qu’à la fin j’aurais voulu qu’y tue tout le monde, incluant Taylor, qui me tapait un peu sur les nerfs. Mais bon.

Analyse

Le film nous emmène dans la production d’un film d’horreur : on voit comment les tueurs dans les films utilisent des trucages pour faire peur aux personnages – pis aux spectateurs. Mais rendu au tier, le film se transforme en vrai film d’horreur. À ce moment-là, Leslie nous a déjà décrit tout ce qui allait se passer, facque on regarde le monde aller avec un horizon d’attentes, comme on écoute un nouveau film d’horreur qui a pas l’air ben original. On s’attend à certaines choses. Sauf que finalement, c’est pas ce qui est supposé arrivé qui arrive, pis on est surpris – plus ou moins, le twist est prévisible, mais bon. L’important, c’est qu’on s’attend à dequoi qui arrive pas. Ça nous ramène au cinéma de genre : des personnages clichés, une structure dramatique toujours semblables, pis toute. Mais un bon film, c’est un film qui évite les clichés, ou qui les utilise autrement.
Y a aussi un métadiscours sur le genre du slasher : en voyant le film, on se dit « Bon, tout ça c’est framé, ça fait pu peur ». Sauf que finalement, à la fin, c’est parce que tout est framé qu’on a peur : on se dit « Fuck, le gars est beaucoup trop ben préparé pis pas moi. » Comme Scream, le film déconstruit le slashers mais réussit à les rendre épeurant pareil. Le début montre comment ça marche, la fin montre que, effectivement, ça marche.
On dit souvent que les films d’horreurs sont des manifestations des peurs pis des obsessions communes à une société. Donc, c’est comme une façon de passer nos pulsions fucked up, de les laisser sortir un peu pour pas qu’y nous pètent dans la face un jour à force d’être trop réprimées. Robert Pickton, au lieu de réaliser des films d’horreur, a tué un nombre incroyable de putes. C’est pas vraiment ça, mais vous me suivez, right ? Dans Behind the mask, Eugene dit : « Every culture, every civilisation, since the dawn of man, has had it’s monsters. For the good to be pitied against the evil, you have to have evil, don’t you ? » ça veut dire que les tueurs font ça pour rétablir un espève d’équilibre dans la société. Maintenant qu’on a pu peur de rien – Ben Laden vient de mourir, tsé – faut ben que quelqu’un reprennent le flambeau en créant des légendes qui font peur au monde. Dans le film, Leslie a un peu la même fonction que le film d’horreur dans la société. On peu aussi le comparer au « destin » : ses victimes le savent pas, mais y a tout prévu pis tout arranger pour que, peu importe, y finissent par faire ce que lui y veut qu’y fassent. Les victimes pensent tout faire pour s’échapper mais y se pitche dans la gueule du loup. On nait tous avec un « destin », même si j’aime pas le mot. On a des déterminations sociales, familiales, psychologiques, génétiques, whatever, qui font qu’on est portés à faire telle affaire au lieu de telle autre. Sauf qu’on peut sortir de ce « destin »-là : on devient une final girl pis on s’en sort, après avoir, comme elle, décidé de se battre.

Verdict

Recommandé. Faut connaitre un peu les slashers pour apprécier le film. Mais ça vaut la peine en crisse, malgré ses quelques défauts. Ça fait rire pis c’est le fun.


Burning Bright

avril 24, 2011

Réalisation : Carlos Brooks
Scénario : Christine Coyle Johnson, Julie Prendiville Roux pis David Higgins
Pays : États-Unis
Sortie : 2010

Je pensais pas le regarder mais j’ai lu quelques bonnes critiques qui m’ont convaincu d’y laisser une chance. Mais, vraiment, je m’attendais à rien. Quand même, un ouragan, un petit gars autiste pis un tigre, ça a le mérite d’attirer la curiosité.

Résumé

Ça commence quand Johnny Gaveneau décide d’acheter un tigre pour monter un genre de Safari Ranch pour faire du cash avec les touristes. Ça tombe mal, parce que le gars s’y connait pas pis que le tigre a été expulsé d’un cirque le mois d’avant pour avoir bouffé quelqu’un vivant. Kelly, c’est la belle-fille de Johnny, qui lui est le chum de sa mère, qui est morte y a une couple d’années. Depuis la mort de sa mère, Kelly s’occupe de son petit frère autiste, Tom. Mais elle doit quitter la ville pour aller au college, facque elle utilise le cash que sa mère y a laissé pour placer Tom dans une institution privée pour qu’y soit bien traité. Mais c’est Johnny qui a utilisé ce cash-là pour acheter le tigre. Tout ça pendant qu’un ouragan s’en vient. Johnny fait barricader la maison mais Kelly pis Tom se retrouvent pognés dedans, avec le tigre.

Critique

En gros, c’est un slasher avec un tigre comme tueur. Kelly pis Tom veulent pas mourir, pis le tigre veut les manger. Y passe de proche de réussir une couple de fois pis toute. Étonnement, on sent quand même ben la tension pis le film réussit à nous stresser – au moins un peu. Ce qui m’a énervé, c’est le fait que le tigre, c’est pas juste un tigre; c’est un evil tiger (« That tiger is not scary. He’s evil. ») Comme si c’était pas déjà assez dangereux comme ça, pis comme si un animal pouvait être fondamentalement mauvais. On aurait pu se passer des grognements pseudo-épeurants, quand même.
La réalisation a rien de spécial, c’est juste normal, mettons. Genre que j’ai rien à dire à propos de ça, sauf qu’elle est maladroite par moments – le zoom in sur le cellulaire qui tombe dans la penderie.
L’actrice principale, Briana Evigan, livre une bonne performance, surtout dans les moments les plus tendus, comme quand elle voit le tigre pour la première fois; sa réaction m’a semblée assez crédible pis réaliste, comme le reste de ses tentatives pour décâlisser de la maison. Le petit autiste, le beau-père pis le tigre sont juste corrects. Mais le personnage de Johnny est beaucoup trop exagéré; c’est un crisse d’épais comme y s’en fait pas, y a aucune nuance pis c’est vraiment le « méchant » du film, qui mérite son sort à la fin (on apprend entre temps qu’y a tué la mère pis qu’y veut tuer les enfants pour toucher la prime d’assurance ? Sérieux ?). Ça c’est moins bon. La relation entre Kelly pis Tom est quand même intéressante, surtout la bout où elle rêve qu’elle étouffe son petit frère, qui demande vraiment beaucoup de son temps. Tout le long du film, elle se sent mal de le laisser pour aller étudier, même si tout le monde y dit que c’est sa vie à elle pis qu’elle doit penser à elle avant les autres. Facque on voit que ça la fait souffrir de s’occuper de son frère, même si elle l’aime pis toute. Ça, c’est bon.

Analyse

C’est ça qui m’a un peu tapé sur les nerfs, l’espèce d’histoire de Tom qui passe par-dessus la mort de sa mère; au début, y laisse personne le toucher pis le dernier plan du film, c’est Tom qui prend la main de sa sœur. Vu demême, c’est un espèce de récit initiatique pour Tom pis Kelly. Lui fait le deuil de sa mère, pis elle prend la décision de s’occuper de son frère. Parce que le tigre dans la maison représente la menace du fardeau qu’elle porte en s’occupant de son frère. Le tigre veut la tuer, tandis que son frère – même si c’est pas voulu – l’empêche de faire ce qu’elle voudrait dans la vie. Pis à un moment donné, y a un parallèle clair entre Tom pis le tigre. Après avoir passé proche de se faire pogner, Tom pis Kelly se ramassent dans la cuisine, où Tom pique une crise. Y crie « Eat now ! Eat ! », justement alors que le tigre veut les manger pis que sa sœur prépare des boulettes de steak haché aux pilules somnifères. Facque le film c’est une métaphore du conflit intérieur de Kelly. C’est intéressant, mais en même temps l’histoire de Tom qui prend sa main à la fin, c’est un peu trop niaiseux pour moi.

Verdict

Pas recommandé. Ça laisse indifférent pis la réalisation est platte malgré le tigre, l’autiste pis l’ouragan. De la bonne volonté, mais pas un bon résultat.


Nekromantik

avril 22, 2011

Réalisation : Jörg Buttgereit
Scénario : Jörg Buttgereit pis Franz Rodenkirchen
Pays : Allemagne
Sortie : 1987

Après avoir vu tout plein de monde qui parlent de Nekromantik comme étant un film culte, je me suis dit qu’y faudrait que je le regarde, surtout que c’était censé être un film horrible qui repousse les limites du dégueu – avec un titre demême, tsé. Toujours friand de tester mes limites, je me suis risqué.

Résumé

C’est l’histoire de Robert, un dude qui travaille pour Joe’s Cleaning Agency, une compagnie qui ramasse les cadavres qui traînent un peu n’importe où. Y profite de sa job au max, en ramenant chez eux des bouts de cadavres qu’y conserve dans du formol. Tout ça pour le plus grand plaisir de sa blonde. À un moment donné, y ramène un cadavre complet pis, avec sa blonde, y font un threesome. L’affaire, c’est que le cadavre est vraiment pas tant frais, même plutôt décomposé. Mais c’est pas ça qui va les arrêter. Mais Robert perd sa job parce qu’y est toujours en retard pis qu’y travaille mal. Sa blonde pète une coche pis y reproche de jamais être capable de s’affirmer; elle décâlisse pis emmène le cadavre avec elle. Robert tombe en peine d’amour pis décide de tuer son chat pis de l’éviscérer. Après une tentative de suicide, y s’adonne au meurtre pis à la nécrophilie – encore – avant de réussir son suicide.

Critique

C’est vraiment bizarre : Nekromantik est le fim le plus inégal que j’ai jamais vu. La qualité des scènes oscille entre médiocrité pis génialité, tout comme la musique. C’est sûr que le budget de marde aide pas, mais quand même, ça explique pas la scène complètement random du meurtre du gars qui cueille des pommes par un genre de redneck qui shoote des oiseaux sur son patio. Par contre, ça explique peut-être que le film a juste une trame de son, ce qui fait que quand y a de la musique, on entend rien d’autre. On pourrait comparer le grain de la caméra à Texas Chainsaw Massacre, qui donne une espèce de saleté au film, mais chu pas trop sûr. Ce qui est certain, c’est que par bouttes la musique est terriblement à chier, surtout dans la scène des pommes. Du genre de clavier/synthé/orgue qu’on arrive pas à comprendre comment quelqu’un a pu penser à ça. D’un autre côté, le thème principal fait un peut penser à celui de Cannibal Holocaust (qui est excellent) à cause de son côté super doux qui contraste avec les images qu’on nous présente. Le manque de budget justifie aussi le jeu des acteurs, qui est pas particulièrement convainquant. Fait bizarre : l’actrice qui joue la blonde de Robert a aussi joué dans le classique Wings of desire de Wim Wenders. Ça me dépasse. Sauf que certaines scènes sont super bien tournées, filmées pis montées : la scène du threesome nécrophile, le bout dans le cinéma, la scène du rêve pis la terrible scène finale, en montage alterné entre Robert qui éjacule en se poignardant pis la scène – en rewind – du lièvre qui se fait tuer pis vider.
Officiellement, oui, c’est aussi horrible qu’on le dit. Y a du footage de vrai tuage d’animal – pauvre lapin – à la Cannibal Holocaust, encore. La scène du threesome met infiniment mal à l’aise, à cause de la musique, entre autres, pis aussi vu que c’est fait avec tendresse, avec des gros frenchs de cadavre pis toute. Y a aussi l’accident de voiture du début pis la scène finale, qui est tellement grotesque que j’y crois toujours pas. Du sperme pis du sang en même temps, pis qui giclent du même homme, ça a quelque chose de déroutant.
Bizarrement, la scène de la chicane de couple est réaliste pis intéressante d’u point de vue psychologique. Ça nous permet de mieux comprendre le comportement de Robert.
Facque ça ressemble pas mal à A serbian film, d’une certaine façon – sexualité super déviante – mais en mieux. Ce qui manque à A serbian film, c’est la profondeur de Nekromantik, qui s’appuit sur une démarche créatrice pis une réflexion sérieuse.

Analyse

En le réécoutant une deuxième fois, j’ai remarqué que tout le long, la nécrophilie est pas montrée comme écoeurante, pis c’est ça qui rend ça si pire. La musique est toute douce pis pendant le film d’horreur au cinéma, quand le tueur viole la fille, le monde dans la salle s’embrasse pis a l’air turned on. Mais d’après moi, la scène la plus importante c’est quand y se caresse avec les organes du chat après que Betty l’ait quitté. Y peut juste trouver de la tendresse à travers les choses mortes, parce que les êtres humains lui en donnent pas. Ses boss le trouvent poches, y se fait écoeurer au cinéma, la pute rit de lui quand y bande mou pis sa blonde reste avec lui juste parce qu’y a accès à des cadavres; autrement, elle l’aime pas particulièrement. Y a aussi l’image du lièvre qui se fait dépecer. Ça ressemble à un flashback mais on sait pas trop à part qu’y a un zoom sur les yeux de Robert juste avant. On peut imaginer qu’y a vu ça dans sa jeunesse, mettons. Juste avant cette scène-là, y a un docteur à la télé qui parle de la peur pis des moyens de guérir les phobies. Y dit que ça se guérit par exposition, en confrontant la personne à sa peur, pis y parle aussi qu’on peut s’habituer à tout. Ben Robert, y ramasse des cadavres, c’est ça job. C’est normal que ça le dégoûte pas autant. Mais aussi : Robert est passif dans ses relations avec les autres pis sa vie en général : y se fait renvoyer sans poser de questions. C’est comme si y s’était contrôlé toute sa vie pis que ça se relâchait dans la nécrophilie, la seule chose qui lui procure de l’amour. Ce qui explique un peu la scène finale. Si personne sauf les morts veulent y donner de l’amour, ben en se tuant, c’est comme si y se crossait mais en plus exagéré. Pour la première fois, y prend sa vie en main – pour se l’enlever. Pis en faisant ça, c’est comme si y retrouvait la paix ou ché pas; mais le lièvre qui se fait dépecer joue à l’envers pendant la scène, facque de mort, y revient à la vie. C’est comme si Robert réparait sa déviance. Juste avant de mourir, y cloue un Jésus sur une croix, pis la statue saigne des mains. Robert se considère peut-être comme un martyr. Anyway, c’est certain qu’y était content de se tuer comme on peut le voir dans la scène où y gambade dans un champ en riant.

Verdict

Recommandé, pour les curieux. Parce que certains bouts sont un peu longs pis plates, pis aussi parce que c’est fucked up en crisse, pis que ça plaira pas à tout le monde. Tsé, l’écoute est vraiment pas si agréable même si c’est intéressant.


The descent : part 2

avril 17, 2011

Réalisation : Jon Harris
Scénario : James McCarty, J. Blakeson pis James Watkins
Pays : Royaume-Uni
Sortie : 2010 en Amérique du Nord

The descent, c’est un des films les plus épeurants que j’ai jamais vu. J’ai un faible pour les petits humanoïdes vicieux qui vivent au fond des cavernes. Anyway, en apprenant l’existence d’une suite, je peux pas dire que j’ai été content. Le premier était tellement bon qu’on pouvait juste le gâcher en faisant une sequel. Mais c’est comme ça, pis hier j’avais envie d’écouter un film sans me forcer, pis The descent : part 2 m’a semblé un bon candidat.

Résumé

Ça commence là ou le premier se termine (dépendament de quelle fin vous avez vu : celle où Sarah se pousse pis retrouve la route, ou celle où elle se réveille encore dans la caverne) : Sarah se fait embarquer par un truck pis elle se ramasse à l’hôpital. Le sheriff de la place, qui organise les recherches pour retrouver les 5 filles disparues depuis deux jours, va la voir. Y la soupçonne, parce qu’elle est la seule survivante pis qu’elle est pleine de sang. Mais le problème, c’est que se souvient de rien. À ce moment-là, la sheriff adjointe juge que c’est pertinent de lui rappeller que sa fille est morte, juste demême, tsé. Sarah capote pis toute. Comme si c’était pas assez, le sheriff oblige Sarah à venir avec eux dans une grotte louche que l’équipe de recherche a trouvé. La grotte est sous une ancienne chapelle. D’après un vieux monsieur qui traîne là sans qu’on sache pourquoi, le trou mène en enfer. Mais y décident d’y aller pareil. En bas, des images pas nices reviennent à Sarah, qui pète une coche pis qui se pousse toute seule. Les autres savent pas ce qui se passe pis se font attaquer par des humanoïdes; en fait, c’est comme dans le premier. Le monde meurt un à un. Mais, revirement de situation : Juno est pas morte, pis elle en veut à Sarah, on comprend pourquoi, elle l’a pioché dans la cuisse pour pouvoir sauver sa peau. Anyway.

Critique

On va se mettre d’accord sur une chose : les scénario, c’est pas fort. Ça a pas dû être ben ben compliqué écrire ce film-là; les dialogues pis les personnages sont pas crédibles – surtout pas la relation Sarah/Juno – pis en gros, c’est la même histoire mais avec du nouveau monde à tuer. Pis ça se renouvelle pas : toujours les mêmes façons de faire peur pis de faire sursauter, toujours un monstre derrière nous ou un bruit qui révèle notre position. Un peu comme Paranormal activity 2 : ça fait peur, mais vu que c’est pareil au 1er, on s’en crisse un peu. Y manque aussi la surprise, parce que les petits monstres, on les a déjà vu pis on sait à quoi on a à faire. En plus, le film joue sur les même ressorts narratifs : y a un éboulement, le groupe se sépare, quelqu’un se blesse, l’issue est bouchée, etc. J’aurais aussi aimé en apprendre plus sur les petits bonshommes méchants, mais bon.
Mais y faut pas regarder ça en espérant que ça soit la même chose que le premier. C’est juste un autre traitement, pis j’ai apprécié le film malgré tout. Parce que c’est vraiment plus gore que l’original. On voit plein de liquides gicler : du sang, de la glue d’humanoïde, du vomit pis même du caca de petit monstre des cavernes – la scène de défécation est d’ailleurs crissement excellente pis comique. C’est là que je veux en venir : le premier était super sérieux, mais le deuxième m’a fait rire aux éclats. Dans les highlights gore, y a : une tête écrasée sous une grosse roche, un bras coupé à coup de pic d’escalade pis le bout où du sang de cadavre coule dans la bouche de quelqu’un. Ça rappelle un peu Drag me to hell de ce point de vue là (genre, fluide corporel qui entre là ou y faut pas).
J’ai vu plein de mauvaises critiques qui chialent sur la fin du film. Évidemment que c’est pas très bon, mais je pense pas que c’était le but. Personnellement, quand j’ai vu ça, j’ai éclaté de rire., parce que je m’attendais à quelque chose – ça peut pas finir aussi bien – mais pas à ça. Oui, ça a pas rapport, mais au moins c’est drôle.

Verdict

J’hésite. Pas recommancé pour ceux qui veulent dequoi d’aussi bon que le premier. Recommandé pour ceux qui veulent un film léger avec du bon gore. C’est très très loin d’être un bon film, mais j’ai été capable de passer un bon moment pareil.


Scream 4

avril 15, 2011

Réalisation : Wes Craven
Scénario : Kevin Williamson
Pays : États-Unis
Sortie : 2011

Inutile de dire que j’avais hâte, moi qui avait jamais vu les Scream avant y a quelques mois. Je m’étais donné le défi de deviner c’est qui le tueur cette fois-là, parce que j’avais lamentablement échoué dans tous les autres. Mais j’ai mis au point quelques règles pour arriver à un bon guess :

1. Dès qu’on nous montre un personnage louche, c’est pas lui le tueur
2. Quand la caméra zoome ou reste fixée sur un détail, c’est juste pour nous fourrer, c’est pas lui le tueur
3. Ça peut être n’importe quel motif, facque faut pas essayer de trop rationaliser
4. Tchèquez pour un personnage pas tant important qui disparait tout à coup, c’est peut-être lui

Mais y a des failles, parce que j’ai pas deviné.

Résumé

Facque c’est l’histoire de Sidney qui revient à Woodsboro après 10 ans d’absence pour faire la promotion de son livre Out of darkness, dans lequel elle raconte comment elle a réussit à coper avec ses expériences traumatisantes pis à recommencer une nouvelle vie. Elle retrouve Dewey pis Gale, qui sont rendus un vieux couple. Sidney va squatter chez sa sœur pis la fille de sa sœur, Jill, qui a reçu, avec ses amies chicks, des coups de téléphone de Ghostface. Quand deux filles de l’école sont retrouvées mortes, la marde pogne en ville. Dewey laisse pas Gale enquêter avec lui, facque elle y va en solo. Pendant ce temps-là, Sid pis Jill essayent de pas se faire tuer. Gale finit par tomber sur une gang de geeks d’horreur qui y donnent des infos nécessaires à son enquête : le tueur, d’après eux, fait un remake du premier Scream. Mais dans un reboot, y a toujours des différences, pis aussi plus de meurtres – encore. Ce soir-là, les geeks organisent un Stab-o-thon pour fêter les 10 ans des premiers meurtes. Gale pense que le tueur va se manifester, facque elle installe des caméras. À part ce ça, y a l’ex de Jill qui l’a trompée pis qui essaye de la reconquérir. Y a aussi une policière amoureuse de Dewey apparement jalouse de Gale. Comme d’habitude, tout le monde est suspect, pis tout le monde meurt.

Critique

La scène d’ouverture est malade. Je pense qu’y a 5 meurtres avant le générique, du bitchage de la série Saw, des jokes de mise en abyme, de l’auto-parodie pis toute. On apprend avec joie que la série Stab est rendue au 7e. Anyway, quand on voit apparaitre Scream 4 à l’écran, on a déjà crissement rit pis été crissement écoeuré. Ça commence ben en crisse.
On retrouve les mêmes personnages, pis on les aime encore, malgré tout. La seule différence, c’est que Gale a l’air d’un transexuel, mais bon. Y a aussi la nouvelle génération de la cousine de Sid. Génération Facebook pis Iphone pis toute, ce qui permet quelques bonnes jokes. On se rend compte assez vite que ça reprend l’intrigue du premier. Je trouve ça crissement intelligent de faire du tueur quelqu’un qui fait son propre remake de Scream. Les meurtres sont dans le même ordre – plus ou moins – pis on reconnait quelques personnages, genre le chum de Jill qui est pareil comme le chum de Sid. Les acteurs font tous une job correcte; personne se plante, personne excelle. Un petit big up pour le personnage du geek à la caméra, juste parce que ça envoie chier le monde qui veulent un peu trop qu’on les regarde. Le plus gros problème du film, c’est le nombre de personnages qui est beaucoup trop élevé : on garde les principaux des premiers films pis on en rajoute autant. Ce qui fait qu’on connait vraiment aucun personnage, facque on s’en crisse un peu qu’y meurent ou pas.
Le tueur est moins attardé que dans les trois premier : là, y saute à l’essentiel. Y continue à écoeurer le monde au téléphone, mais y les tue un peu plus brutalement – brutal dans le sens efficace, parce que c’est un peu moins inventif que les autres. Le boutte du couteau dans le front est quand même cool. Sinon, beaucoup de gorges tranchées, pis de thorax perforés. À bien y penser, c’est de loin le plus violent de la série. Le nombre de meurtre est hallucinant, pour notre plus grand plaisir. Pis on fait des sauts, aussi.
Le métadiscours, astheure. Même si j’ai trippé à entendre les personnages basher Saw pis tous les remakes des dernières années, j’ai eu l’impression que c’était un peu forcé. À la place de rire du torture porn, j’aurais aimé voir un Scream qui met en scène du torture porn, comme le Scream original a fait avec le slasher. Parce que, veut, veut pas, après 3 films, y reste pu grand-chose à dire à propos du slasher. Y me semble que ça aurait été plus intéressant pis plus nouveau, aussi. C’est pareil pour les références 2.0, qui ont l’air d’être là pour être là. C’est emmené un peu maladroitement, j’ai trouvé, mais ça m’a pas empêcher d’en rire. J’ai ben aimé les jokes à propos des mises en abyme, ça montre une belle lucidité de la part du scénariste. Sauf que des fois, on tombe un peu trop dans la comédie, comme quand le policier meurt en disant « Fuck you Bruce Willis ». Mais tout le discours sur les remakes m’a fait rire, surtout le call de Sid à la fin. Même chose pour le méga-narcissisme de la jeune génération qui veut se faire voir sur internet avec des vlogues pis autres affaires bizarres (j’ai jamais compris le monde qui se filment en train de commenter sur Youtube les phénomènes Youtube genre Rebecca Black ou le bébé indonésien qui fume 40 clopes par jour). Quoique c’est pas mal ça que je fais avec mon blogue, mais bon, moi c’est pas pareil. À mon grand étonnement, on va même jusqu’à rire de Sid qui publie un livre crissement téteux sur la reprise en main de sa vie pis sa « sortie de l’ombre ». En général, le cinéma grand public va dans le sens de ces livres-là, genre Eat, pray, love, facque j’ai crissement aimé le fuck you de Williamson à tous ceux qui publient des histoires d’espoir à la con.
J’ai lu que plusieurs personnes trouvent la fin poche. Bah, quant à moi, c’est normal que ça soit pas une vraie bonne fin, parce que c’est pour rire des films qui font pas de bonnes fins. Au contraire, j’ai aimé que ça finisse pas là où on pensait que ça allait finir. Tout ça pour dire que l’accent est pas mis sur le punch. Évidemment, le motif du tueur est pas très crédible parce que trop poussé, mais c’est une prise de position par rapport à un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur, c’est-à-dire la gloire pour rien, genre Antoine Dodson, devenu crissement connus parce qu’y a fait rire de lui sur Youtube.

Analyse

Pour être franc, je pense pas qu’y ait dequoi à trouver derrière ce qui est déjà là, c’est-à-dire la critique claire des remakes, du torture porn pis de la gloire à tout prix, le métadiscours sur la représentation pis l’autodérision à partir des clichés du genre. Je pense que c’est pour ça que Scream 4 est loin d’être aussi bon que le premier, ou même le 2e : à force de trop niaiser sur sa forme, le film perd de sa profondeur herméneutique.

Verdict

Recommandé. C’est une formule qu’on connait déjà, mais c’est quand même le fun à écouter, pour rire pis faire des sauts. Malgré tout, on est content de retrouver le monde de Scream, même si c’est pu aussi original pis inventif. C’est comme remettre des vieilles pantoufles laides.


The girl who knew too much (La ragazza che savepa troppo)

avril 13, 2011

Réalisation : Mario Bava
Scénario : Mario Bava, Enzo Corbucci, Ennio de Concini, Eliana de Sabata, Mino Guerrini pis Franco Prosperi
Pays : Italie
Sortie : 1963

Je continue mon exploration du cinéma italien avec un autre film de Mario Bava, qui, y parait, serait le premier giallo, ou au moins un proto-giallo. Aux Étas-Unis, le titre c’est Evil Eye. Anyway, c’est en noir et blanc, pis c’est clairement inspiré de The man who knew too much de Hitchcock, un bon thriller en plus d’être comique.

Résumé

C’est l’histoire de Nora, une jeune américaine, fan de giallos (des livres de murder mystery), qui va étudier – ou whatever – à Rome, où elle va habiter chez sa tante. Mais sa tante est malade pis elle meurt pendant la nuit. Affolée, Nora court chez le jeune docteur séduisant – Marcello – qui y avait dit de venir le voir si quelque chose arrivait. En chemin, elle se fait attaquer pis voler sa sacoche, tout en se pétant la tête en tombant à terre. Quand elle reprend ses esprits, elle assiste à un meurtre : une femme se fait planter un couteau dans le dos. Ensuite, un homme vient enlever le couteau pis emmène le cadavre on sait pas où. Sous le coup de l’émotion, elle retombe dans les pommes. Elle se réveille à l’hôpital. Mais ni les docteurs ni la police a l’air de la croire, pis tout le monde dit qu’elle a rêvé. Mais Marcello la croit, pis y prend soin d’elle. Elle est hébergée chez une amie de sa tante, tout près de la scène de meurtre. Rapidement, elle se rend compte que le meurtre qu’elle a vu est lié à une série de meurtres – the Alphabet murders – qui a eu lieu dix ans plus tôt. Le tueur suivait les lettres de l’aphabet; A, B, C, pis le nom de famille à Nora, c’est Davis. Après, elle reçoit des menances de mort pis elle décide d’enquêter sur l’affaire. Elle rencontre un journaliste qui avait investigué dans le temps pis qui pense que le vrai tueur est toujours en liberté. Ainsi de suite, jusqu’à la révélation finale.

Critique

Avant de commencer, faut dire que j’ai regardé The girl who knew too much plus comme un document historique qu’autre chose. Je m’attendais pas à être vraiment stressé par le suspense, même si Bava avait réussit à m’angoisser dans Black Sabbath. D’ailleurs, y a beaucoup de Black Sabbath dans the girl who knew too much : la fille seule dans un appart qui reçoit des appels menaçants (The telephone) pis la vieille qui meurt dans son lit (The drop of water). Mais dans les deux cas, le traitement est meilleur dans Black Sabbath. Anyway.
Le film a commencé à me taper sur les nerfs après une dizaine de minutes. Quand la vieille tante meurt, Nora capote – ce qui est compréhensible – pis elle a de la misère à marcher tellement elle est sous le choc. Ensuite, quand elle se fait pousser à terre, elle tombe inconsciente. Pis quand elle se réveille, elle voit le meurtre, pis retombe dans les pommes. Je veux ben admettre que la vision de la femme a changé depuis 1963, mais quand même, montrer la femme comme une hypersensible incapable de garder son calme, c’est pas cool. Au même titre, l’histoire d’amour est pas crédible. Marcello a le coup de foudre pour Nora, qui, elle, a pas l’air particulièrement intéressée. Mais elle se dit genre « Bah, ok, pourquoi pas. » Ensuite Marcello parle de mariage, comme si la femme avait aucun mot à dire là-dedans.
Mais la scène à l’hôpital, quand personne la croit, est vraiment bonne. Nora est couché dans un lit, pis on voit les docteurs pis les policiers en contre-plongée, ce qui crée un effet de supériorité qui écrase Noa, comme un enfant devant ses parents. Ça suggère qu’elle a pas raison. Ce qui m’amène à un autre point : c’est bien filmé tout le long, comme le long traveling pendant la scène du vol de sacoche, ou la lentille défocusée pour créer un effet subjectif pendant la première scène de meurtre.
La scène finale est vraiment bonne, quand on voit la folie de Laura. C’est ben joué pis creepy, parce qu’elle a l’air solidement fucked up la pauvre.
Sauf qu’y manque d’atmosphère, à mon sens. On sent pas vraiment la tension des scènes de suspence. J’ai passé à travers le film sans jamais m’en faire pour les personnages, ni être particulièrement captivé par l’intrigue. Surtout qu’à part le fait que son nom commence par D, on sait pas trop pourquoi le tueur voulait tuer Nora.
L’élément surnaturel est quand même intéressant, même si y est pas très présent. À part ça, y a d’autres points communs avec les giallos de Argento ou Fulci : la jeune femme à l’étranger, le tueur au couteau, pis la série de meurtres.
Sauf que la toute fin est un peu niaiseuse : c’est suggéré que Nora aurait tout imaginé à cause d’une cigarette de marijuana qu’un étranger lui aurait refilé à son insu. En plus de pas avoir de rapport avec l’histoire, c’est complètement ridicule.

Analyse

Ce qui me semble intéressant ici, c’est le lien clairement établit entre les murder mysteries pis la réalité. Au début, on apprend que Nora trippe sur le genre policier, pis le livre qu’elle lit s’appelle The knife, qui renvoit à l’arme utilisée par le tueur. En plus de la cigarette de pot, y a quelques éléments qui suggèrent que tout le film se passe dans la tête de Nora, qu’elle imagine son propre murder mystery : la voix off, comme si elle narrait pour elle-même sa propre fiction, le fait qu’elle se retrouve sans bonne raison apparente au milieu d’une histoire de meurtre, que toutes les preuves disparaissent, pis aussi le climat de paranoia – personne croit Nora. D’après moi, la scène qui illustre le mieux cette idée-là, c’est celle où Nora a tellement peur toute seule dans la grande maison – qu’on peut considérer comme le reflet de son intériorité – pis qu’elle installe des pièges pour se protéger du tueur (des trucs qu’elle a pris dans des romans policiers, en passant) : elle met de la poudre de talc pour voir les traces de pas pis elle utilise une fucking longue ficelle pour tisser un réseau de fils qui bougent si quelqu’un réussit à entrer. La maison est pleine de fils qui empêchent Nora de se déplacer comme elle veut. Ça reflète bien son état d’esprit, tendu pis tourmenté. De cette façon-là, elle s’enferme à l’écart du monde, seule dans sa tête. Finalement, elle voit une ombre par la fenêtre. Elle pense que c’est le tueur, mais c’est juste un policier. Quand y entre, les fils bougent pis décâlissent tous les bibelots. La réalité la rattrappe en faisait éclater ses fabulations. Si on suit l’idée que l’espace extérieur (la maison) reflète l’espace intérieur (Nora), on peut voir la pièce fermée à clée comme un aspect caché de la personnalité de Nora. Cet aspect-là, c’est peut-être juste la découverte de la sexualité; l’intrigue du meurtre se dénoue en même temps que l’intrigue amoureuse se concrétise. On peut voir le couteau du tueur comme un motif phallique, pis le fait que les victimes sont toutes des femmes renforce cette idée-là. Y a un lien entre contact sexuel pis agression physique, qui sont comme mélangés dans l’imagination de Nora. Le film finit par la prise de conscience que Laura – qui ressemble phonétiquement à Nora – est pas qui elle prétendait être, au même titre que Nora voit son désir sexuel monter en elle, alors qu’elle ne savait pas qu’il faisait partie de sa personnalité. De jeune fille virginale, elle passe à jeune femme sexualisée.

Verdict

Pas recommandé, sauf pour ceux qui sont curieux de voir les racines du giallo. Ça a pas très bien vieillit, même si c’est super bien filmé pis toute. Pas le meilleur de Bava.


Insidious

avril 8, 2011

Réalisation : James Wan
Scénario : Leigh Whannell
Pays : États-Unis
Sortie : 2011

Quand j’ai vu le trailer, je m’attendais à un autre Haunting in Cunnecticut, ou dequoi demême. Tout le monde avait l’air ben primés pour le nouveau film de James Wan, dont le premier Saw était excellent, pis son autre film d’après, Dead Silence, un des pires navets jamais écrits, réalisés ou produits. Tout ça pour dire que chu allé voir Insidious sans excitation, à peu près juste pour pouvoir écrire une review.

Résumé

C’est l’histoire d’un jeune couple (Josh pis Renai) qui a trois enfants : un bébé, un plus vieux, pis un autre plus vieux, d’à peu près 10 ans, Dalton. Ben Dalton, y tombe dans un genre de coma que les médecins peuvent pas identifier, ni expliquer. Facque ses parents le ramènent chez eux pis l’installent dans une chambre, plogué sur un respirateur artificiel. Pendant que Josh est à la job (y est prof dans une école secondaire), Renai travaille sur sa musique – elle est pianiste. On comprend que Josh travaille beaucoup pour y permettre de se concentrer sur son art. Anyway, pendant que Josh est pas là, des affaires bizarres commencent à arriver, genre des voix dans les walkie-talkies de bébé, des boîtes qui changent de place, des portent qui ouvrent toutes seules pis des ombres pas cleans pantoute. Renai finit par contacter une médium, qui envoit ses deux employés en mission de reconnaissance, pis elle finit par les rejoindre, vu les preuves d’une vraie de vraie hantise. Après une scéance de spiritisme à la Rencontre paranormales (mais en moins bullshitteux), la médium livre son verdict : l’âme de Dalton est pognée dans le Très-Loin, endroit qui a pas besoin d’être définit plus que ça. Comme Josh est supposément lui aussi super doué pour le voyage astral, y doit sortir de son corps pour aller récupérer son fils avant que d’autres esprits s’incarnent dans son corps.

Critique

Pour être franc, en sortant du cinéma, j’arrivais pas à mettre en mots ce que j’avais pensé du film. Avec du recul, ça va mieux. Disons que le film a été reçu de deux façons par les fans d’horreur : y en a qui ont crié au génie, dans le sens de retour à l’horreur old-school pis aux sauts surprenants, alors que d’autres ont juste dit que c’était une grosse pile de clichés sales. Je me situe entre les deux.
Insidious, c’est loin d’être une grand film, très loin, même. Tous les dialogues sont poches, surtout le boutte où la médium explique ses affaires de Très Loin (quelle mauvaise traduction, sérieux) pis toute. Les scènes intimes qui sont supposées dépeindre la vie familiale sont ratées, Wan a aucun talent pour ça. Les personnages sont pas très développés, ni très attachants. Je m’en crissait un peu, à la fin, qu’y le ramène, son fils. Pis le 20 minutes que Josh passe dans le Très Loin, franchement, c’est pas fort : une maison sombre avec un peu de boucane, that’s it, on est dans les limbes. Donc, chef-d’œuvre, non.
Mais c’est efficace. Ça fait du bien de voir un film d’horreur qui fait peur pour vrai – ces temps-ci, y sont juyste dégueulasses, les films d’horreur. À un moment donné, ma blonde s’est revirée vers moi pour me dire « Crisse qu’y fait peur c’te monstre-là ! », pis elle avait raison. L’espèce de goblin rouge est quand même épeurant, quoiqu’à la limite du ridicule. Faut voir ça comme un cauchemar d’enfant, sinon on y croit pas ben ben. Si Wan était poche pour faire les scènes de famille, y excelle dans les scènes d’horreur. Même si c’est des clichés, ces clichés-là sont ben utilisés, pas comme dans d’autres films. Y a pas juste des clichés : trouvez-moi un autre film où une médium fait une scéance de spiritisme avec un masque à gaz sur la tête ? Sérieux, c’est la meilleure scène du film. Wan, y sait comment faire peur.
Mais y sait aussi doser : les deux acolytes de la médium sont des genres de geeks comiques, mais leurs jokes détonnent jamais vraiment avec l’ambiance. Ça prend un comic relief, quand même, sinon y aurait des crises cardiaques dans la salle.
Mais ce que j’ai aimé le plus, c’est la scène avec l’alarme. C’est crissement déstabilisant pis épeurant. Pendant ce temps-là, on sait que Josh entend rien, pis qu’y a probablement quelqu’un dans la maison. En plus, ça décrisse les tympans. Ça nous met sur les nerfs en tabarnaque, pis ça marche.

Verdict

Recommandé. Insidious a beaucoup de défauts, mais aussi des qualités. Ça fait peur, même si c’est basé sur des clichés, pis on voit que c’est fait sans prétention, uniquement pour faire un film épeurant, ce qui est louable, en soi. Chu content de l’avoir vu, mettons.


Le parasite (The parasite), par Ramsey Campbell

avril 5, 2011

Parution : 1980
Roman
405 pages

Dans Anatomie de l’horreur, Stephen King dit que Ramsay Campbell, c’est un malade. Vu qu’y avait eu raison pour Shirley Jackson pis The haunting of Hill house, j’y ai fait confiance encore une fois. J’ai trouvé Le parasite dans une librairie de seconde main, pis le cover m’a complètement charmé, vous savez pourquoi.

« Que c’est-il passé cette nuit-là entre Peter Grace, le fondateur de la secte, et ses disciples ? Que comptait-il faire de l’enfant qu’on lui avait amené ? Nul ne le sait. Car on retrouva le cadavre de Peter, la nuque brisée, et ses disciples s’enfuirent, soulagés qu’il ait emporté son secret dans la tombe.
La théorie était pourtant d’une redoutable simplicité : lorsqu’on est capable de quitter son propre corps par projection astrale, on peut aussi pénétrer le corps d’un autre individu, à condition de dominer sa personnalité. Un très jeune enfant par exemple, est un excellent sujet…
« Un tel individu peut-il vraiment mourir ? » se demandait Rose qui se sentait étrangement impliquée dans cette sinistre histoire. »

Résumé

Facque c’est l’histoire de Rose pis Bill, un couple de profs de cinéma qui écrivent des livres ensemble, dans le genre de Gare aux patrouilles sodomites, une compilation des pires répliques au cinéma. Y vont rencontrer leur éditeur américain, Jack, à New York, où y rencontrent aussi Diana, une tireuse de tarot qui trippe sur les shits ésotériques. Rose se fait attaquer par un homme bizarre mais grâce à l’intervention de Diana, elle s’en sort avec rien qu’une poque sur la tête. Dans les semaines qui suivent, elle fait des rêves étranges pis elle a des genres de prémonitions. Avec l’aide de Diana, elle découvre qu’elle peut faire de la projection astrale, c’est-à-dire quitter son corps pi chiller n’importe où. Rose, pas certaine qu’elle aime ça, consulter un psychiatre, Colin, quoi est aussi son voisin. Sauf que Bill aime pas Diana pis ses niaiseries parapsychiques, ce qui cause des problèmes dans leur couple. Pis lors d’une rencontre avec un vieux réalisateur allemand, Rose entre en possession d’une lettre inédite de Hitler, dans laquelle il affirme avoir trouvé l’immortalité par la projection astrale, ou dequoi demême. Après ça, les visions de Rose se font plus fortes pis angoissantes, elle commence à avoir des hallucinations pis elle se sent suivie. C’est encore pire quand elle lit le livre Viol astral, conseillé par Diana. Elle apprend l’histoire de Peter Grace, un genre d’illuminé du XIXe siècle qui était obsédé par l’immortalité, peu importe son prix. Ses disciples pensent qu’y voulait s’incarner dans le corps d’un bébé naissant, mais y a pas de preuve, sauf un cadavre, celui de Grace. En attendant, son esprit serait pogné dans la maison où a eu lieu le rituel. Rose se sent en danger pis elle sait pu à qui faire confiance, surtout que Bill est de plus en plus distant. Blablabla.

Critique

Je peux pas dire que j’ai aimé ça, Le parasite. J’ai eu l’impression que y avait quelque chose d’accrocheur dans le début, pis ça me tentait de lire ce qui allait se passer. Mais à un moment donné, ça s’essouffle, pis le suspense se dilue pour appraitre à des moments un peu random. Le prologue nous donne pas mal le dénouement, qu’on voyait venir de loin. L’idée de ploguer Hitler, chu pas sûr. Comme si donner un ancrage pseudo-historique au surnaturel rendait ça plus crédible. Je me suis dit « Sérieux, ça se peut pas qu’elle ait l’âme d’Hitler en elle, ça serait ben trop n’importe quoi. » J’avais raison, parce que toute la patente d’Hitler sert pu à rien après qu’on ait entendu parler de Peter Grace. Mais bon, je pense juste que les histoires de voyages astraux me plaisent pas tant, à la base.
J’ai remarqué autre chose, qui m’a un peu tapé sur les nerfs : au début, lors d’une soirée chez Colin, un sud-africain émigré au Royaume-Uni. Un des personnages, nommé Des, chiale contre l’apartheid : « Ouais, c’est toujours le même putain de système, là-bas comme partout. On se constitue une classe ouvrière exactement comme on élève du bétail, en s’arrengeant pour qu’elle n’ait pas trop d’ambition. » Pi ainsi de suite. Ensuite, Colin défend l’apartheid : « Il est des peuples qui sont en mesure de brûler des étapes, mais pas les Noirs. La plupart d’entre eux vont même jusqu’à refuser une éducation obéissant aux critères de l’homme blanc. » C’est tellement colonialiste que c’en est terrible. Le problème, c’est que la blonde de Des vient s’excuser pour lui à Colin, comme si c’était lui qui était dans le tort, comme si l’auteur trouvait ça normal pis endossait le point de vu de Colin. Anyway.
J’ai trouvé que le couple Rose/Bill assez sympathique. Y étudient le cinéma, mais d’une façon ludique pis accessible, y s’entendent ben pis y écrivent ensemble. Y sont genre parfaits, mais pas gossant dans leur perfection. Pis quand leurs rapports se dégradent, c’est bien représenté pis assez progressif pour que ça soit crédible. Je me retrouvais dans Bill, parce que si ma blonde me parlait de voyage astral, je pense pas que je serais très patient. En tout cas, je me sentais ben mal pour Rose quand elle découvre que Bill l’a trompée avec une étudiante.
L’écriture de Campbell a quelque chose d’intéressant, notamment dans les descriptions. Stephen King dit que ses décors sont comme ceux qu’on peut voir dans un trip de LSD, ce qui est pas totalement faux :

« Rose se hâta de sortir du Centre d’Études sur la Communication : son sous-sol offrait l’aspect d’une ruche de téléviseurs bourdonnants et clignotants. Le monde opérait sa transmutation de fin d’après-midi. Les bâtiments de béton prenaient les nuances intimistes d’un feu couvant sous la cendre. Sur les tertres, les pelouses étaient rasées de près; chaque brin d’herbe accrochait séparément son rayon de lumière. Le lierre sur l’arrière des immeubles d’Abercromby Square était une cascade figée de flammes orange. Un ciel de givre cristallin voyait son azur insondable se teinter subrepticement de vert pâle. Rose n’aspirait qu’à rentrer chez elle pour faire le tri dans ses pensées. »

Toutes les descriptions sont originales pis utilisent – la plupart du temps – des images isolites. Des fois, on sent que c’est un peu forcé, à moins que ce soit la traduction, mais en général, c’est cool. Mais je vais revenir là-dessus.
Le roman fait pas vraiment peur. Le bout où Rose lit Viol Astral est un peu angoissant, pis quand elle est seule dans sa maison, on réussit à bien sentir sa peur. Ça empêche pas que ça soit un peu gros, toute l’histoire avec la secte, pis la confrontation finale avec Grace, le retournement de situation, pis l’autre retournement de situation. Y manque un petit quelque chose qui rendrait ça intéressant, à mon sens.

Analyse

Dans Le parasite, y a deux grandes lignes directrices qui mènent à l’horreur : d’un côté, y a la découverte en soi de quelque chose d’effrayant; de l’autre, la paranoia, comme dans Rosemary’s baby. On pourrait probablement interpréter la première comme le ressurgissement d’un épisode traumatisant de l’enfance en remplaçant le prologue par, mettons, un viol, ou dequoi demême. Ça aurait à peu près les mêmes répercussions sur le personnage. D’ailleurs, Rose avait pu aucun souvenir de ça, comme si elle avait refoulé un souvenir particulièrement troublant. C’est ben beau tout ça, mais l’autre piste me semble plus intéressante.
La paranoïa parcourt le roman du début à la fin. Rose devient de plus en plus méfiante pis elle se sépare de plus en plus des autres. Elle se met à imaginer du monde qui la suivent pis toute. Même qu’elle finit par s’aliéner son propre mari, avec qui elle s’entendant si bien au début. À la fin, quand elle est rendue seule, c’est là qu’elle découvre qu’elle doit se méfier aussi d’elle-même, parce que son corps porte un autre esprit que le sien, celui de Grace. On peut pas vraiment imaginer dequoi de plus terrifiant que de pu pouvoir se fier à personne, même pas à soi-même. Ça s’appelle la folie, ça. Mais si je trouve la paranoïa intéressante, c’est parce qu’elle transparait dans l’écriture de Campbell :

« Un coussin de vent s’appliqua sur le visage de Rose lorsqu’elle tourna au coin de Viktualienmarkt qui résonnait comme une volière du claquement des bâches abritant les étals du marché. Le vent tentait de lui couper le souffle, de lui tirer la tête en arrière par les cheveux; il s’introduisait dans ses manches, s’aggripait à l’ourlet de ses jeans, lui plaquait les cheveux dans la figure. »

Ici, on voit clairement que le vent est personnifié, comme si y était vivant pis doté d’une volonté propre. Pis cette volonté-là, ben elle essaie de faire chier Rose, elle est contre elle. Pis c’est pas juste dans ce passage-là : dans tout le roman, les objets sont décrits par personnification pis sont toujours – ou presque – montrés comme menaçants. Facque on a l’impression que le monde entier conspire contre Rose, ce qui est pas faux, finalement :

« Rose traversa la gare en courant. Une masse de gens tentait de lui bloquer la route : elle n’était pas une voleuse ! Leurs bagages étaient tapis à leurs pieds comme des chiens prêts à lui sauter aux mollets. Dans les hauteurs, la voix suave de la géante rebondissait : elle émanait sans doute d’une créature à la sollicitude aussi désintéressée que terrifiante. »

À un moment du récit, Rose réalise qu’elle agissait comme une folle depuis le début. C’est un des bouts les plus chokants, parce quand on est fou, personne nous croit (voire Shutter Island) :

« Inutile de se cacher la vérité; depuis l’aggression dont elle avait été victime à New York, la ressemblance de son comportement avec celui d’une folle n’avait cessé de s’accentuer.
Tout de suite ses souvenirs s’emboitèrent. L’artifice qui lui avait fait décrire, par lettre, à Diana, ses expériences en les attribuant à quelqu’un d’autre… n’était-ce pas un symptôme de schizophrénie ?
Récemment, n’avait-elle pas eu l’impression d’agir à la troisième personne ? Et qu’en était-il de sa paranoïa ? »

Tout le récit, pis surtout la fin, a des allures de délire paranoïaque. Même l’écriture, qui vient rendre tout ça angoissant.

Verdict

Pas recommandé. C’est trop long pour pas grand-chose, finalement. Peut-être qu’un autre de Campbell ferait l’affaire, mais pas celui-là.