The Blair witch project

mars 19, 2011

Réalisation : Daniel Myrick pis Eduardo Sánchez
Scénario : Daniel Myrick pis Eduardo Sánchez
Pays : États-Unis
Sortie : 1999

J’ai vu ce film-là y a longtemps, dans le temps où on trouve que les filles, c’est dégueulasse. Facque je me rappellais pas si c’était vraiment bon ou si c’était juste un pionnier poche du genre (même si c’était pas le premier – Cannibal holocaust, C’est arrivé près de chez vous). Je me souviens juste que j’avais pas vraiment compris la fin.

Résumé

Donc c’est l’histoire de trois étudiants, Heather, Josh pi Mike, qui vont à Burkittesville, dans le Maryland, pour tourner un documentaire sur une légende locale : la sorcière de Blair. Après avoir interviewé du monde de la place, y s’enfoncent dans la forêt supposément hantée. Pendant la nuit, y entendent des bruits à l’extérieur de leur tente, pi y se mettent à penser que du monde de la ville leur font des jokes. Y finissent par se perdre dans le bois en essayant d’arriver à une de leurs locations de tournage. À ce moment-là, la marde pogne entre les trois étudiants, surtout que les bruits la nuit se font de plus en plus menaçants.

Critique

J’affirme que, officiellement, The Blair witch project, c’est fucking bon. C’est pas juste le premier à vraiment populariser le found footage, c’est un crisse de bon film d’horreur pi un chef-d’œuvre de cinéma-vérité.
Le jeu des acteurs, les dialogues, les interactions, tout ça est vraiment crédible. Les entrevues, au début, on dirait que les témoignages sont spontanés comme si c’était vraiment un genre de vox-pop, avec les hésitations, les répétitions pi les bégaiements propre au langage quotidien. Pour les acteurs principaux, je trouve qu’y réussissent à faire croire à leurs personnages de jeunes dans la vingtaine. D’après Imdb, la plupart des dialogues ont été improvisés par les acteurs, pi ça se sent. La spontanéité est bien rendue à l’écran, même chose pour la dynamique entre les personnages. Même leur façon de se fâcher est réaliste, pi on est en tabarnaque pour eux.
C’est une autre qualité du film : réussir à faire sentir au spectateur l’irritation pi la peur de se perdre dans le bois pi de se faire attaquer par on sait pas quoi. Les personnages sont assez crédibles pour qu’on s’identifie à eux pour qu’on feel ce qu’y vivent. On comprend crissement leur peur à chaque fois qu’y montent leur tente. D’ailleurs, les scènes tournées la nuit sont sérieusement angoissantes. Ce film-là fait peur. Y parait, toujours d’après Imdb, que la scène quand la tente se fait brasser était pas préparée, que les acteurs ont choké pour vrai pi que leurs réactions sont genuines. La peur pis la mésentente entre les personnages sont amenées tranquillement pi de façon efficace; au début, y font des jokes pis toute, pi plus ça va, moins y niaisent, plus y s’engueulent. Vraiment ben fait, sans être maladroit ou trop évident.
La dernière partie dans la maison est crissement terrifiante.

Analyse

Encore une fois, on hésite entre surnaturel pi rationalisme. Après avoir entendu des bruits dans le bois, Josh dit que c’est du monde « fucking with your head. Have you ever seen Deliverance ? » Dans Deliverance, les trois gars sont en canot dans une région sauvage pi se font attaquer par des rednecks. Évidemment, les Heather, Josh pi Mike peuvent pas croire sérieusement à la légende. Mais on sent qu’y ont peur pareil. Rendu à un certain point, on peut pus douter du mythe de la sorcière de Blair : « Have you heard the children laughs ? » à ce point-là, les personnages sont perdus dans la forêt pi y peuvent pus s’échapper. Y sont comme pognés dans la légende. C’est ça qui fait peur, c’est que plus ça va, plus y s’enfoncent; dans la forêt, pi dans le surnaturel. Josh capote pi arrête pas de répéter « We’re in the middle of the goddam woods », ce qui rappelle les premiers vers du Inferno de Dante :

« Au milieu du chemin de votre vie,
Je me retrouvai par une forêt obscure
Car la voie droite était perdue. »

Les bois mènent à l’enfer, si on veut, parce qu’on a pus nos repères civilisés qui nous permettent de nous sentir en sécurité. Tout le long, les personnages essayent de rationaliser, mais à chaque fois, l’hypothèse surnaturelle les rattrappe.

Même si la forme de Blair witch project est « innovatrice », on peut quand même voir le schéma classique des films d’horreur : au début, on a un avertissement : le bébé qui met la main sur la bouche de sa mère quand elle raconte l’histoire de la sorcière. Dans les films d’horreur, les enfants ont souvent une plus grande sensibilité que les adultes (on a juste à penser à Poltergeist). Le bébé se met à crier No no no !, comme si l’histoire est pas à prendre à la légère. Plus tard, un des personnages fait tomber une pile de roches; Heater choke pi la remet en place. Les trucs épeurants commencent à arriver juste après. C’est le classique transgression/punition qui est présent dans presque tous les films d’horreur. Aussi, la structure en crescendo est une constante du cinéma d’horreur. Les indices s’empilent pi les affaires épeurantes sont de plus en plus horribles.
Ce qui est original, c’est qu’on voit jamais ce qui fait peur, même à la fin. Un peu comme dans The haunting. On entend des rires d’enfants pis on sait que c’est vrai, mais on voit jamais rien d’épeurant; on voit la peur, mais pas ce qui la cause. On voit les personnages choker, on voit les tas de roches, les espèces de bonshommes de brindilles accrochés aux arbres, mais jamais ce qui les a fait. On a peur mais on sait pas de quoi. On le devine, mais on peut jamais le confirmer. On reste dans le doute, pi c’est pour ça que le film fait peur en crisse. Dans Signs, on arrête d’avoir peur quand on voit le grand bonhomme vert. Avant ça, ça faisait peur. Ça renvoit au début du film, quand un des gars interviewés dit que le tueur d’enfants du début du siècle pouvait pas soutenir leurs regards, pi c’est pour ça qu’y les installait face au mur pour les tuer un à la fois. Ça explique pourquoi on voit jamais ce qui attaque les personnages. Y peut pas soutenir leurs regards, parce que si y se fait voir, y arrête de faire peur. C’est pour trouver la vérité que Heather est venue faire son documentaire. Son but, c’était de prouver que la légende était vraie ou le contraire. Vu que ce qui fait peur peut pas soutenir les regards, ben on voit jamais ce qui attaque les personnages.

Verdict

Recommandé. C’est un incontournable du cinéma d’horreur, pi un film d’horreur qui fait peur pour vrai, ce qui est plutôt rare. La caméra subjective est crissement ben utilisée pi les acteurs sont des vrais champions.

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