L’autre Arielle – Dernière partie

février 27, 2011

Dans le dernier épisode : Après avoir tué une sirène backside à coups de rame, Jo a vu son ami Tony se faire shotgunner par un monsieur fou qui l’a ensuite obligé à garder un oeuf de sirène dans sa bouche. Jo est séquestré dans un trou dans le sol par le gars, Michel, qui lui promet qu’y va le laisser partir une fois qu’y va s’être racheté.

L’autre Arielle – Dernière partie

Il a plu toute la nuit. J’ai presque pas dormi. Les gouttes sur ma tente faisaient un bruit sec, fort. L’eau qui coulait le long de la toile ruisselait en motifs hypnotisants.
Ce matin, quand il a arrêté de pleuvoir, il y avait presque un pied de boue au fond du trou. Tony avait encore renfoncé; il était tombé sur le côté, la face vers le sol. Je l’ai regardé longtemps, pi je l’ai enterré. Je lui dois bien ça, à Tony. Je l’ai recouvert de boue pour qu’il arrête de pourrir, pour qu’il arrête de geler sous la pluie.
La boue que j’ai mise par-dessus a une couleur bizarre.

Au début je pleurais tous les jours parce que je voulais m’en aller. J’arrêtais pas de penser à m’en aller. Mais là, j’ai comme accepté d’attendre. C’est clair que j’ai hâte de m’en aller, mais maintenant que je sais que ça va arriver, on dirait que je suis moins pressé. J’essaye d’imaginer comment ça va se passer, mais j’abouti à rien. Je vais dire quoi à mes parents? Je peux pas leur dire la vérité, ils me croiraient pas. Ni à la police, d’ailleurs. Je me retrouverais dans un hôpital de fous ou quelque chose du genre. Donc il faudrait que j’invente un mensonge, mais un mensonge assez complexe pour être crédible. Si je mens pi que les policiers l’apprennent, ils vont sûrement penser que j’ai quelque chose à voir avec la disparition de Tony.
Tony. Il va falloir que je trouve une raison pour justifier l’absence de Tony.
J’ai encore le temps d’y penser.

La bière fait du bien, elle me rapproche de la réalité. Parler avec le gars aussi, ça fait oublier un peu ce qui s’est passé pour vrai. A force de le côtoyer, le gars, j’ai comme gagné un peu d’assurance. J’ai moins peur de lui, je pense. Sérieusement, je pense pas qu’il veut me faire du mal. Il a l’air sincère.
– Je… chu désolé… d’avoir faite c’qu’on a faite moé pi Tony.
– …
– …
– Je l’sé. J’te crois. Mais ça la ramènera pas.
– …
– J’m’ennuie d’elle.
– …
– Des fois je r’garde le lac… mais est pas là… j’ai pas été nagé depuis. C’est pas pareil sans elle, ça me tente pu.
– …

À matin, j’ai réussi à me crosser. J’avais déjà essayé une couple de fois, quand je me réveillais après un rêve cochon. Mais le décor me rattrapait, l’odeur, la situation. Je me sentais mal de faire ça devant Tony, même mort. Me crosser avec ma toilette à quelques mètres, pi des têtards mutants devant moi. Ça me turnait off, ça me dégoutait. Mais à matin, j’ai réussi. Je sais pas pourquoi. Je suis venu dans la boue.

J’ai jamais vraiment eu de blonde. Il y a eu des filles que j’ai aimées, je pense. Mais c’est impossible d’être sûr. L’amour, c’est peut-être juste une raison de se dire qu’on est heureux. Histoire de se calmer un peu, d’avoir une raison de vivre.
Les filles que j’ai aimé, ça a toujours été parce que je les trouvais belles. Rien d’autre. Presque un choix, une décision que j’ai prise pi que j’ai respectée. Jusqu’à ce que ça arrête. Une peine d’amour : une mauvaise décision. Jamais rien de plus. Aimer parce que c’est normal, que ça va de soi. Je sais pas trop si j’y crois.
La seule personne que j’aimais plus que les autres, c’était Tony. On s’entendait ben. Pas de malaise, rien. Je pense qu’on se comprenait. Mais là.

J’ai hâte que le gars viennent me parler, hâte qu’il m’amène une bière. Je me sens mal. Je comprends pas pourquoi, mais le gars, je le trouve sympathique. J’ai honte. Le gars a tué mon ami, le gars me tient prisonnier dans un trou derrière chez eux, mais j’ai hâte de lui parler. C’est trop long tout seul au fond de mon trou. J’aimerais ça l’haïr, le gars, même que des fois je réussi. Je pense à tout ça, toute cette histoire-là, de trou, de sirène, de Tony tué, pi je l’haïs. Mais il m’apporte mon déjeuner, mon café, mes clopes, il me jase ça en buvant une bière, pi je peux pas m’empêcher de le trouver sympathique. Pi là c’est moi que je me mets à haïr.

Je pense encore à ce que je ferais en retournant chez nous. C’est con, mais je suis rassuré parce qu’au moins j’aurai pas manqué d’école. Si le gars tient sa promesse, je vais être sorti d’ici avant la rentrée. Ça gâchera pas toute ma vie. Juste mon été. Comme si ma vie dépendait du nombre de sessions que je fais au CÉGEP. Je le sais même pas ce que je vais faire après mon DEC. Ils nous font faire des tests depuis secondaire trois, comme si il fallait le savoir tout de suite. J’vais pas me fier à un test corrigé par une machine pour choisir ma carrière. C’est cave. Je me dis que j’ai encore le temps d’y penser, mais que ça commence à presser. Mais j’ai pas envie d’y réfléchir. Je sais pas combien de temps mes parents vont continuer à payer mes études. Je pense que j’aimerais ça aller en voyage. Genre en Europe. J’aimerais ça mais j’ai personne avec qui y aller. Je sais pas si je serais capable tout seul. Ça prendrait de l’argent, aussi, pi j’en ai pas. Pi là c’est certain que j’ai perdu ma job. Bah. Il me reste un an avant d’arriver là.

Si j’ai bien calculé, ça fait un peu plus qu’un mois que je suis ici. Dans mon trou. C’est con, mais on s’habitue vite à rien faire. Tous les jours, je regarde passer le temps, le soleil monter dans le ciel, pi redescendre. Au début c’était intolérable. Mais là, ça va. Ça s’est fait tout seul, comme ça. Ça sert à rien d’avoir hâte; le temps se rallonge. Il faut juste accepter de rien faire. Je me sens bien. Aucune obligation, rien. Je jase avec Michel.
Je me sens vraiment mal pour lui. C’est moi qui l’ai tuée sa blonde. Je me rends compte qu’il l’aimait vraiment gros. Ça me rend triste. Des fois je me demande si je devrais lui dire que c’était moi pi pas Tony. Mais je le fais pas. Ça servirait à rien. À la limite, je peux comprendre qu’il ait été vraiment fâché pi qu’il ait sauté une coche pendant un instant. En plus, je pense qu’il le sait. Pi il s’est excusé. C’est pas facile de reconnaitre qu’on a tord. Mais lui il a accepté son erreur pi il sait que c’était pas bien. C’est pas tout le monde qui est capable de faire ça.

Il reste juste une couple de jours, pi après je suis libre. Si j’ai bien compté. C’est sûr que je pourrais demander à Michel, mais j’aime mieux pas. Je veux pas qu’il pense que je l’haïs pi que je veux juste retourner chez nous. Je l’aime bien, Michel, mais je m’ennuie pareil de mon lit. De toute façon, un jour de plus ou de moins, ça change pas grand-chose.

J’entends une porte claquer. Michel m’amène ma bière de 4 heures.
– Pi, fait pas trop chaud?
– Ça va, ça va. C’est mieux ça que d’la pluie.
– Drette ça. Faut voir le positif dans vie.
– …
– Tiens, j’t’ai am’né un p’tit queque chose.
Il s’accroupi sur le bord du trou pi me tend un genre de gros livre relié en cuir.
– C’que j’te montre-là, je l’ai jamais montré à personne.
– Je…
– Ouvre-le.
C’est un album photo. Presque trois pouces d‘épais. Sur la première photo, on voit un lac au lever du soleil. En regardant bien, j’ai aperçu une forme bizarre qui sortait de l’eau. On aurait dit des fesses. Je tourne les pages. Juste des photos de lac. Puis, sur une photo, on voit clairement une silhouette sous l’eau : un corps de poisson avec deux jambes. Je lève les yeux vers Michel, mais il fume en regardant au loin. Peu à peu, les photos se font plus claires pi se rapprochent de leur sujet. Des photos de la sirène, des photos de la blonde de Michel. Mais c’est pas juste des photos; c’est leur histoire. Je vois comment il l’a apprivoisée, comment ils se sont connus, comment ils se sont aimés. Ça m’émeut. C’est moi qui ai gâché tout ça.
– Était belle han?
La photo montre la sirène de dos. On voit ses petites fesses rondes sortir de l’eau en avant-plan, avec la tête tournée vers la caméra, mais sous la surface.
– Oué.
Elle avait vraiment des belles jambes. À chaque photo, mon regard cherche à s’introduire entre ses cuisses. La caméra capture dans la nage de la sirène des positions sensuelles, troublantes.
Les dernières pages montrent des photos du lac, vide.

Je stresse. J’ai toujours aucune idée de l’histoire que je vais raconter à ma mère pi à la police. À tout le monde. Il faut que j’invente dequoi, parce que personne va croire à la vérité. Au pire, je peux dire que je suis parti avec Tony dans un roadtrip pi qu’on s’est séparés à un moment donné. Mais le char de Tony est dans la cour du chalet. Ça marche pas. Au fond, la meilleure chose à dire, c’est ce qui s’est passé pour vrai, mais sans la sirène. J’avais les yeux bandés, j’ai rien pu voir. C’est ça.
C’est clair que j’ai hâte de me coucher dans mon lit, mais j’ai vraiment pas envie de parler à plein de monde qui vont être triste pour moi, pauvre gars qui s’est fait séquestré. Ça a pas été si pire. J’ai pas envie d’être le centre d‘attention.
Des fois je me demande pourquoi je veux rentrer chez nous. Les vraies raisons. C’est pas pour mes études; je sais même pas ce que je veux faire. Je m’ennuie pas vraiment de ma famille. Je m’entends bien avec mes parents, mais on a jamais été très proches. J’avais pas de blonde, pas d’engagement nulle part. La meilleure raison, c’est mes amis. Je voudrais les revoir. Mais au fond de moi, je me dis qu’ils ont trouvé quelqu’un d’autre pour me remplacer, pour faire des jokes à ma place. J’haïs ça.

– Grosse journée aujourd’hui!
– Han?
– C’est aujourd’hui que tu t’rachète!
– …
– Inquiète-toé pas, c’est rien de ben terrible.
Le gars déroule une échelle de corde. Rush d’adrénaline. C’est là. Je tremble mais je monte pareil. Il me fait rentrer dans son chalet, me fait m’asseoir devant la télé, pi il me donne une pilule à avaler. Je sais pas c’est quoi cette pilule-là. J’ai pas envie, mais j’ai pas le choix. Il allume la télé, me dit de patienter quelques minutes pi sort dehors. Je regarde autour. Je suis pas attaché, rien. Je pourrais sortir, prendre son pick-up pi partir. Je pourrais le faire. Juste y penser, ça me stresse. Je le ferai pas. J’ai patienté tout ce temps-là, je vais pas tout gâcher en essayant de m’enfuir maintenant. Je vais me racheter, pi je vais pouvoir partir. Après.
Je regarde la télé en attendant. C’est La petite sirène. Je souris. Ça fait longtemps que j’ai vu ce film-là. Longtemps que j’ai pas regardé la télé. Ça fait du bien. Ça fait longtemps que j’ai pas vu de fille, aussi. Je regarde la petite sirène rousse nager dans la mer, avec les hippocampes pi les méduses. Quelle âge elle a, la petite sirène? Mettons, 13 ans? Peut-être 15. Bah, quinze, c’est correct. Avec ses cheveux rouges, elle est cute, pareil… pi sa taille toute mince… les coquillages qui cachent ses seins… pourquoi elle les porte? Enlève-les… son sourire… sa façon de nager… Je bande, solide. J’ai pas été excité demême depuis longtemps. Je me sens tout gonflé.
Le gars revient. Il me dit de le suivre. Je me lève, mal à l’aise. J’essaye de cacher mon érection. Il m’amène dans une petite cabane, pas loin du chalet.
– Tadam!
Au milieu de la pièce, un gros bac transparent. Un aquarium. Dedans, une sirène. Des jambes de femme pi un devant de poisson. Comme celle que j’avais tuée. Mais plus petite. Tout d’un coup, je comprends. Je comprends, mais le pire, c’est que ça me dérange pas tant que ça. Je regarde le gars.
– C’est ta blonde, astheure. Vas-y, fourre-la.
Je suis encore bandé, encore excité. Je regarde les jambes dans l’eau, les jambes nues, les petites fesses toutes rondes… le poil qui pousse tranquillement entre les cuisses… les nageoires, tellement agiles… les écailles, qui changent toujours un peu de couleur…
Je bouge pas, je regarde la sirène, comme un pédophile regarde un petit garçon dans une cour d’école… j’ai tellement envie… mais je le sais que c’est dégueulasse, pas normal… je me déshabille pi j’entre dans le bac. J’ai de l’eau jusqu’au nombril. L’eau est tiède, c’est doux sur mes fesses, ma queue… ça m’excite encore plus. La sirène se met à nager autour de moi… à me frôler avec ses pieds, ses nageoires, ses fesses… J’étends la main pour la caresser moi aussi… elle est vraiment douce tellement douce… ses fesses sont blanches, fermes… à deux mains, je prends la sirène par les hanches pi je l’emmène vers moi. Je la touche un peu, entre les cuisses… mes doigts rentrent pas… elle est vierge… osti que j’ai envie de la baiser… elle est placée en levrette, les fesses remontées. Elle se maintient en place avec ses nageoires. Elle rapproche son cul. Je prends mon pénis pi je le rentre dans son vagin. Ça résiste, j’y vais plus fort… je la tiens solidement par les hanches… pi là mon pénis au complet rentre, jusqu’aux testicules. L’eau rougit autour de nous, ça m’excite encore plus… je commence à me faire aller le bas-ventre… fuck ça fait du bien… pi là à un moment donné… la sirène se fait aller toute seule, avec ses nageoires… elle avance pi recule doucement… j’ai pas besoin de la toucher… les branchies s’ouvrent plus rapidement… sa bouche aussi… elle se met à aller plus vite… je sens que je vais venir bientôt… c’est bon… pi là juste comme j’arrive pour jouir, la sirène baisse sa tête de poisson. Ses nageoires se mettent à flipper. Les orteils se courbent… Je vois son anus se contracter… pi sa vulve se serrer tout d’un coup… pi là je viens… un gros orgasme, direct dans son vagin de vierge. En venant, je lui sers les hanches pi je la presse contre mon ventre, le pénis bien enfoncé. Pi là je lâche tout… je me retourne. Le gars me tend une coupe de champagne avec un gros sourire dans sa face.
– Un toast pour mon gendre !

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