The ninth gate

février 16, 2011

Réalisation : Roman Polanski
Scénario : John Brownjohn, Enrique Urbizu pi Roman Polanski, d’après le roman Le club Dumas de Arturo Perez-Reverte.
Pays : Espagne, France, États-Unis
Sortie : 1999-2000

Ça peut paraitre bizarre, mais c’est un des classiques de ma jeunesse. Quand je pense à Johnny Depp, je pense pas à Jack Sparrow, ni au Madhatter, ni à Ed Wood; je pense à Corso. Je me rappelle, chu allé le voir au cinéma avec mes parents, je devais avoir 12 ans. Y me semble que j’avais aimé ça même si j’avais rien compris. Je l’ai vu quelques autres fois après ça, mais jamais depuis que je m’intéresse plus sérieusement aux films fantastiques/d’horreur.

Résumé

Dean Corso est un dealer de livres anciens, qui hésite pas à fourrer un peu ses clients quand l’occasion se présente. Y est sûr de lui, y a de la répartie pi y c’est un businessman terre-à-terre. Y se fait engager par un collectionneur millionnaire, Boris Balkan, qui possède laplus grosse collection de livres sur le Yable au monde. Ayant récemment mis la main sur le livre The ninth gate of the kingdom of shadows, livre supposément écrit par le Yable lui-même pi dont y reste juste 3 copies dans le monde, y veut que Corso retrouve les deux autres pour vérifier si le sien est authentique. Facque Corso se pousse en Espagne, au Portugal pi en France pour trouver les autres livres. Mais y se rend compte que ça sera pas facile pi que Balkan est pas le seul à être intéressé par ce livre-là. Corso est pogné au milieu de plein de meurtres bizarres pi y a l’impression de se faire suivre. Une chance, y rencontre une fille qui l’aide dans son projet. Y compare les trois copies du livre pi y trouve des petites différences qui le mettent sur la piste d’une affaire qui le dépasse.

Critique

C’est peut-être parce que j’étudie en littérature, mais toute l’intrigue qui tourne autour d’un vieil ouvrage écrit par Satan, moi ça me plait. J’ai l’impression que ce film-là c’est une version moins niaiseuse de Davinci Code : les deux mettent en scène une quest pour la vérité qui comporte des obstacles, mais Corso est ben plus humain que Robert Langdon, pas loin d’être un super-héros. Surtout, l’enquête avance ben moins vite que dans le livre de Dan Brown, ce qui rend ça plus réaliste pi moins épais. J’ai été étonné de voir les mauvaises reviews sur RottenTomatoes pi IMDB; ça parlait, entre autres, d’un manque de rythme que j’ai pas remarqué. C’est plas un thriller avec plein d’action, c’est sûr, mais ça veut pas dire que c’est platte. Le build-up est bon pi progressif, pi y nous fait plonger dans le mystère petit à petit.
J’aime ben le personnage de Corso; c’est pas un genre de héros pur pi parfait qui s’oppose à un méchant pas fin. On tombe pas dans le manichéisme. Corso est pas très moral, ou honnête, mais ça le rend humain, donc attachant. Balkan aussi est intéressant, en collectionneur obsédé pi un peu fou. Les acteurs font ben leur job, aussi, pi les dialogues sont loin d’être téteux. Les personnages secondaires sont cools eux aussi : les frères jumeaux moustachus, le vieil aristocrate dont la noblesse s’effrite pi la madame en chaise roulante.
Ce que j’ai aimé, c’est que le côté surnaturel est pas amené comme il l’est d’habitude; au lieu d’être une genre de secte qui invoque le Yable, c’est un collectionneur zélé qui s’imagine être le seul digne de le faire. C’est moins invraisemblable, y me semble. Même que j’ai eu l’impression que Polanski riait des films de cultes sataniques : la scène où Balkan interromp la messe noire en criant « Mumbo Jumbo ! » pi en envoyant chier tout le monde en disant que la Yable se pointera pas pour une gang de geek déguisés avec des toges noires. Ce qui fait que la fin est cool, sauf la toute dernière image : Corso qui s’avance dans un gros flash de lumière blanche. Ça gâche presque le film.

Analyse

Dans The ninth gate, j’ai vu une genre de quête de l’Ailleurs qui est à rapprocher avec Là-Bas de Huysmans, pi aussi des poèmes de Baudelaire genre Anywhere out of the world ou L’invitation au voyage. Quand je parle d’Ailleurs, je veux dire un but à sa vie, une raison d’être. Je m’explique : le personnage de Balkan, c’est un millionnaire, voire milliardaire, qui se donne à fond pour sa collection, parce qu’y sait pu quoi faire de sa vie : y est déjà riche. Ça veut dire qu’y peut avoir pi faire ce qu’y veut. À défaut d’avoir un but, y s’en invente un, celui de collectionner les livres anciens pi rares qui parlent du diable. Pi quand y trouve son exemplaire de The ninth gate, y veut savoir si cest le vrai, pour pouvoir accomplir son rêve. Devenu obsédé par sa collection de livres sur le Yable, y finit par croire sérieusement que c’est Lucifer qui a écrit son livre, pi que c’est lui le seul qui mérite de recevoir la visite du Yable. Sauf qu’à la fin, quand y fait sa cérémonie, y se rend compte que c’est de la bullshit son affaire, pi que sa collection l’a mené à rien. C’est une genre de prise de conscience de la futilité de son objectif de vie, qu’y doit payer de sa mort. C’est comme Durtal dans Là-Bas : après avoir vu les bas-fond du satanisme parisien, y réalise que ça donne rien, finalement, pi y revient à la case départ.
De l’autre côté, on a Corso qui réussit vraiment à voir le diable, incarné par Emmanuelle Seigner. Est-ce que c’est parce que lui, comparé à Balkan, poursuivait sa quest sans vanité pi juste par curiosité? Parce qu’au lieu de chercher un ailleurs de rechange, y cherche l’Ailleurs? Ça, je le sais pas. C’est peut-être aussi un pacte faustien pour la Connaissance ultime ou ché pas trop. En fait, j’ai pas compris pourquoi Corso s’attire les faveurs du Yable pi pas Balkan. Quelqu’un a une idée ?

Verdict

Recommandé. Un bon thriller fantastique (un peu) au rythme lent mais ben amené, qui évite de tomber dans les clichés du genre.

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