Black Sunday (La maschera del demonio)

janvier 22, 2011

Réalisation : Mario Bava
Scénario : Ennio de Concini, Mario Serandrei, Mario Bava pi Marcello Coscia, basé sur la nouvelle Vij, de Gogol
Pays : Italie
Sortie : 1960

Pendant que Hitchcock tournait Psycho aux États-Unis, Bava préparait The Mask of Satan (l’autre tire de Black Sunday). Y est peut-être moins connu en Amérique, mais le film de Bava est autant un classique que celui de l’ami Alfred. Parce que sans Bava, y a pas Argento, ni Fulci, ni Bava fils – évidemment -, ni personne.

Résumé

Au XVIIe siècle en Russie, la princesse Asa pi son amant Javutich se font tuer pour leurs commerce avec le yable, sorcellerie ou vampirisme, on est pas sûrs. Asa lance une malédiction à son frère, en charge des exécutions, avant de se faire enfoncer un masque en métal avec des pics par en-dedans direct dans face avec un gros coup de masse; même affaire pour Javutich. Deux siècle après, deux docteurs russes passent en calèche dansun chemin supposément hanté; la roue pète, pi pendant que le cocher la répare, les docteurs explorent les bords de la route. Y trouvent la tombe d’une jeune femme dans une vieille chapelle en ruine. Le corps est masqué pi y a une croix protestante sur le tombeau, ce qui fait que, d’après les légendes, le cadavre reviendra pas à la vie. Mais, en se battant contre une chauve-souris, le docteur Kruvajan décâlisse aussi la croix, qui casse la vitre du cerceuil. Comme un con, y enlève le masque de sur la face mais y se coupe pi le sang tombe dans l’orbite vide de la princesse Asa. En sortant du tombeau, y rencontrent la princesse Katia, qui ressemble étrangement à son ancêtre la princesse Asa, pi dont le docteur Gorobec tombe amoureux. Dans la chapelle, la cadavre reprend vie grâce au sang du docteur, pi Asa appelle son chum Javutich, qui sort de sa tombe pour aller accomplir la malédiction lancée 200 ans plus tôt.

Critique

Ça commence vraiment ben : dans les premières minutes du film, on voit Asa se faire brûler au fer rouge (avec la chair qui colle au métal, pi toute) pi se faire enfoncer un masque pleins de pics dans face, avec les éclaboussures necéssaires, évidemment. Le film a d’ailleurs été censuré en Angleterre pi certaines scènes ont été coupées pour la distribution au États-Unis. Quand on pense que Hitchcock a minutieusement évité de montrer les coups de couteau dans Psycho… On a droit aussi à une face décomposée avec des scorpions dessus, une cage thoracique pas de peau, un gros plan d’une tête qui brûle pi un pic rentré dans un œil – la source du goût pour les traumas oculaires de Fulci ? D’ailleurs, les maquillages pi effets spéciaux sont impressionnants pour l’époque : la tête aux orbites vides dans lesquelles deux yeux blancs apparaissent, ou ben le vieillissement rapide de Katia.
Le film est en noir et blanc, ce qui donne beaucoup d’importance à l’éclairage pi aux ombres, ce qui fait penser aux films expressionistes allemands. La direction photo est d’ailleurs assurée par Bava lui-même, qui sait définitivement ce qu’y fait. L’atmosphère est toujours sombre, avec la lumière vascillante d’un feu de foyer ou celle fantômatique d’une pleine lune. Le cadrage aussi est assez intéressant, avec des plans super symétriques (la tombe, l’église), des gros zooms étranges pi des longs travelings vraiment maitrisés, comme quand Javudich entre dans le château.
J’ai vraiment aimé l’idée du masque cloué dans face. C’est dégueux pi creepy, surtout quand Javutich sort de sa tombe.

Analyse

On remarque assez rapidement que Black Sunday reprend pleins de motifs pi de thèmes gothiques (le vieux château, la malédiction, l’hérédité, les souterrains, la persécution). Y a aussi beaucoup de cohérence interne; y a un parallélisme entre Katia/Gorobec pi Asa/Javutich, le premier étant un couple pur, le deuxième représentant la mort pi le désir. Ces deux couples-là montrent un genre de mélange des deux temporalités, qu’on peut ben voir à la fin quand on découvre un passage secret derrière le portrait de Javutich, passage qui mène dans les souterrains pi éventuellement à la tombe de Asa.
Y a une opposition assez claire entre Katia pi Asa, qui sont jouées toutes deux par Barbara Steele. L’une est naïve pi vierge, l’autre est perverse pi désirable. Asa, back in the days, aurait peut-être été condamnée par son frère pour avoir commis le « péché de la chair »; implicitement, c’est ce que le film dit. De son côté, Katia est étouffée par les interdits de son père, comme on peut le voir dans la scène où elle s’évanouit. Le docteur Gorobec ouvre son corsage, révèle sa craque pi elle recommence à respirer. Le sexe est toujours associé à la vie (on peut voir le masque comme la répression des désirs sexuels qui conduit à la mort). Quand Asa ressuscite, sa respiration très forte rappelle l’excitation de l’orgasme, pi c’est pareil à la fin quand elle prend possession du corps de Katia. En plus, ce qui la ranime, c’est le désir du docteur Kruvajan pi le baiser qu’y lui donne. Quand Asa vampirise Katia, on la voit rajeunir, tandis que Katia vieillit tout en ayant l’air de jouir. Facque le film met en scène la tension entre éros pi tanathos à travers les personnages de Asa pi Katia. Katia hésite entre les deux extrêmes : sa vie au château (la soumission), pi Asa (la liberté).

Verdict

Recommandé. C’est un classique qui a eu une influence indéniable sur tout le cinéma d’horreur occidental. Juste pour ça, ça vaut la peine. Mais c’est divertissant, itou. Le gore est surprenant, la cinématographie magnifique pi le jeu des acteurs agréablement old school.

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