Best of 2010 – Meilleure réalisation

janvier 5, 2011

Ma catégorie préférée. C’est pour ça que j’écoute des films d’horreur : pour en trouver un qui, comme Shining ou Let the right one in, est une œuvre-d’art pi pas juste un « film de genre ». Cette année, y en a eu quelques uns, comme si de plus en plus des réalisateurs vraiment doués se lancent dans le genre de l’horreur. C’est une bonne chose.

Donc, dans la catégorie Meilleur réalisation, les nominés sont :

The loved ones : Un torture porn dans un décor pastel qui rappelle les années 80 pi appuyé par une trame sonore volontairement quétenne qui contraste avec l’horreur des images. Les plans sont toujours bien équilibrés pi la direction photo est impeccable. À travers tout ça, une fille folle pi son père fou, un gars qui aurait pas dû refuser une invitation au bal de finissant, pi une couple d’autres victimes enfermées dans une trappe. La séquence finale est aussi comique qu’angoissante.

Black swan : Thriller fantastique au build-up parfait, Black swan nous plonge dans un genre d’inconscient refoulé qui finit par éclater à la fin. Les scènes de ballet sont magnifiques, l’interprétation est exceptionnelle, les plans, la direction photo pi le traitement sont d’une beauté saisissante. Aronofsky nous prend pas pour des cons pi la fin reste ambigue. Black swan est de beaucoup supérieur à The wrestler, bien qu’y reprenne les mêmes thèmes pi quelques procédés formels.

Les 7 jours du talion : Du torture porn à son meilleur. Pour une fois que le genre nous donne autre chose que du dégueu gratuit. Podz fait une crisse de bonne job à la réalisation pi adapte parfaitement le roman de Patrick Sénécal. Le peu de dialogue, le jeu des acteurs pi le rythme lent font monter la tension de façon très efficace. La profondeur psychologique des personnages pi la question morale pi éthique reliée à tout ça est vraiment intéressante pi, à mon sens, importante. La froideur avec laquelle Bruno décâlisse le tueur de sa fille est atroce, pi on peut pas s’empêcher de se dire qu’y dépasse les limites (à moins d’être un fasciste pur et dur). Le film fucke le cerveau de deux façons :
1. Le gore est peu présent mais horrible pi beaucoup trop réaliste
2. C’est inévitable : on prend l’assassin pédophile en pitié, pi on se demande c’est qui est pire là-dedans.
Du torture porn d’auteur. Un excellent film qui détonne pi qui fait du bien dans le paysage cinématographique québécois.

Amer : Genre d’hommage étrange au giallo italien, Amer nous montre trois moment clés dans la vie de la protagoniste. La première partie est bizarrement onirique pi très angoissante; la deuxième propose un montage effréné tout en gros plans pi en ralentis; la troisième rejoue les motifs du giallo en mettant en scène un tueur dans une vieille maison abandonnée. Sans vraiment de trame narrative, sans dialogue, avec un rythme très lent, Amer est difficile à écouter, mais quand même très intéressant.

Monsters : pas vraiment un film d’horreur, même si c’est stressant par bouts. C’est un film de monstres, mais les monstres restent en arrière-plan. L’être humain est mis de l’avant, pi le résultat est excellent. La réflexion sur les États-Unis, le rapport avec l’Autre pi l’immigration est vraiment intéressante. Les dialogues, les acteurs, le scénario, tout ça est fucking bon. Le résultat, c’est un bon drame sur fond de science-fiction.

The house of the devil : Un film de bébé démon qui fait peur sans que rien arrive, sauf à la fin. L’atmosphère est tellement lourde qu’on s’attend à chaque seconde à faire un saut, qui arrive pas. L’esthétique est parfaite pi tous les plans sont beaux pi très travaillés. La fin est bad en crisse. Un film d’horreur comme on en voit trop peu.

Le Camille de la Meilleure réalisation est remis à :

Black Swan : J’aurais aimé être plus original, mais Aronofsky me laisse pas le choix. C’est peut-être pas un film d’horreur, mais c’est clairement un film fanstastique comme on en a pas vu depuis longtemps. Intéressant tant au point de vue formel que psychologique, il nous offre une intrigue intelligente pi très chargée symboliquement. Plusieurs scènes sont magnifiques pi sont restées gravées dans ma tête pendant plusieurs jours. Nathalie Portman, en plus d’être beaucoup trop belle, joue son rôle à merveille pi devrait obtenir l’oscar de la meilleure interprétation féminine. Le build-up de tout le film est excellent pi on sent vraiment qu’on sombre avec elle dans un recoin pas vraiment nice de sa personnalité. On finit par se demander ce qui est vrai pi ce qui l’est pas. Les plans sont fucking beaux pi la direction photo parfaite, comme les scènes de ballet. La scène où Nathalie tire sur un bout de cuticule est l’une de celle qui m’a le plus écoeuré de l’année. Oui, le film aurait gagné à être plus subtil dans son imagerie, mais j’ai passé un excellent moment de cinéma pi la fin m’a laissé un sourire dans la face pendant quelques jours.

Black swan : Un beau film à l’imagerie impeccable. Sans contredit le meilleur de l’année.

Une Réponse to “Best of 2010 – Meilleure réalisation”


  1. De très bons apports! J’ai bien aimé ces films, sauf les 7 Jours qui m’a laissé un peu indifférent. Mais la réalisation de Podz était top shape!


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