At the mountains of madness (Les montagnes hallucinées) pi The shadow out of time (Dans l’abîme du temps), par H.P. Lovecraft

octobre 22, 2010

Parution : 1936
Éditeur : J’ai lu (2002)
256 pages

Encore une lecture pour mon travail de littérature américaine. J’avais pas mal hâte de lire Lovecraft, qui manquait à ma culture horrifique – même si je savais un peu ça ressemblait à quoi. Facque j’ai lu les deux longues nouvelles réunies dans le volume Les montagnes hallucinées dans la collection science-fiction des éditions J’ai lu. Je va parler des deux parce qu’y sont tellement pareilles que ça change rien.

Les montagnes hallucinées :
« Au cours d’une expédition en Antarctique, deux scientifiques mettent au jour, derrière une chaîne de montagnes en apparence infranchissable, les vestige d’une ancienne cité aux proportion gigantesques. »

Dans l’abîme du temps :
« Pendant cinq ans, un vénérable professeur d’université devient la proie d’étranges visions. Cherchant à comprendre ce qui l’a possédé, il découvre en Australie des ruines antédiluviennes cachées au regard des hommes. En visitant les dédales et recoins de ces lieux maudits, tous vont observer des fresques évoquant l’arrivée sur Terre d’entitées d’outre-espace. Et constater que la menace de les voir reprendre le contrôle de la planète existe toujours… »

Le deux ont exactement la même structure : un narrateur homodiégétique nous annonce qu’y va raconter pourquoi y s’oppose à des fouilles à tel endroit reculé (Antarctique ou Australie). Y nous dit que lui y est allé à cette place-là pi qu’y faut absolument que personne y retourne. Y parle d’un évènement particulièrement pas nice qu’y y est arrivé là-bas sans jamais le décrire clairement. Ensuite y commence à raconter l’histoire depuis le début. Facque on se rapproche peu à peu de l’évènement annoncé à chaque chapitre. Rendu au milieu on a droit à une longue description d’une civilisation qui aurait vécu sur Terre y a des milliers d’années. Ensuite on arrive à l’évènement annoncé, pi ça finit là. En gros, c’est ça.

Même si la description du milieu est fucking trop longue, les deux nouvelles sont bonnes. J’avais tout le temps envie de lire la suite. Ce qui m’a frappé c’est la puissance des descriptions des sentiments d’horreur pi de peur. Lovecraft est fucking bon pour faire sentir au lecteur ce qu’y décrit. Dans Supernatural horror in literature, y dit que le vrai récit fantastique fait réagir le lecteur : ben lui y réussi en esti. J’ai enfin compris ce qu’y voulait dire par «terreur cosmique». Son écriture est tellement précise que ça fait presque chier.
La tension monte peu à peu jusqu’à la scène finale, qui est sans cesse annoncée mais toujours retardée. Facque on veut savoir ce qu’y c’est passé. Le fantastique apparait juste à la toute fin, même si tout le long on nous prépare à ce qu’y va arriver. Ce qui est paspire, c’est que ça correspond à la définition du fantastique de Todorov : à la fin, on sait pas si c’est vrai ou pas. Le narrateur lui-même est pas sûr de ce qu’y a vu pi y se met lui-même en doute. Tout le vocabulaire rappelle le thème de la folie pi de la démence. Facque on est pas sûr. Son style est tout en hyperbole : toute est crissement exagéré. Y a pas de demi-mesure.
À part ça, les histoires de Lovecraft sont complètement attardées. Y aurait eu des races extraterrestres sur Terre y a des millions d’années pi y resterait des ruines à quèques endroit dans le monde. Bon. La description des genres de poulpes à la tête en étoile permet vraiment de s’imaginer à quoi ça ressemble. Ça pi les être mi-crustacés mi champignons. C’est agréablement fucked-up pi ça a le mérite de sortir des clichés.

Verdict : recommandé. C’est ben écrit pi original. C’est pour ça que c’est un classique.

4 Réponses to “At the mountains of madness (Les montagnes hallucinées) pi The shadow out of time (Dans l’abîme du temps), par H.P. Lovecraft”


  1. Lovecraft est un auteur vraiment inégal. Autant ses bibittes et son imaginaires sont complètement éclatées, autant ses personnages sont monolithiques et sans grande subtilité. Je sais pas si t’as lu sa biographie écrite par Houellebecq. Apparemment que c’est très bien et que ça fait lumière sur son côté sociopathe. Lovecraft aurait eu tellement peu de relations interpersonelles qu’il était incapable de se figurer une vie sociale ou émotive vraisemblable pour ses personnages.


    • Non j’ai toujours pas lu l’essai de Houellebecq mais jva sûrement l’acheter dans pas long. Pi c’est vrai que les personnages de Lovecraft sont tous pareils. Pi qu’y a aucune femme dans ses textes. Mais ses nouvelles réussissent vraiment à pogner mon attention pi sucsciter mon intérêt.
      Mais pour en revenir à Houellebecq : c’est vraiment juste une bio ou ben ça parle aussi de son oeuvre?


      • J’crois que ça tient d’un peu des deux. J’me le suis souvent fait recommander mais, comme pour plein d’autres livres, j’ai jamais eu l’occasion de me pitcher dedans. En tout cas, ça l’air d’être un incoutournable si tu t’intéresses au cas Lovecraft.


      • Ouaip. Jva jeter un oeil là-dessus. Surtout qu’en plus, Houellebecq c’est un champion.


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