Le protocole Reston, par Mathieu Fortin

août 11, 2010

Éditeur : Coups de tête
Parution: 2009
124 pages

Des zombies à Trois-Rivières, c’est en masse pour susciter mon intérêt. Même si j’ai pas trippé sur Le serrurier, j’ai décidé de tenter ma chance avec Le protocole Reston. Les critiques étaient toutes assez bonnes, en plus. Facque voilà :

« Un monstre est capturé en Asie. S’agit-il d’un mutant ou d’une créature dont on n’a encore jamais soupçonné l’existence? Une équipe de scientifiques de Toronto demande à ce qu’on lui expédie la chose, pour en déterminer l’origine, mais le cargo qui la transporte frappe un haut-fond en face de Trois-Rivières. La cage de plexiverre craque et le monstre s’enfuit.
Trois-Rivières est assiégée. Victor, un jeune professeur, et son coloc Julien tentent d’échapper au fléau, mais les hommes et les femmes dont le monstre s’abreuvent deviennent eux-aussi des monstres assoiffés de sang. Même le voisin Raoul, pourtant si cool… Pendant que la ville est sous le coup de cet assaut, le Protocole Reston est appliqué : tous les moyens de communication sont coupés : téléphone, radio, internet, télévision… et on refuse l’entrée aux journalistes à l’intérieur du périmètre.
Des luttes de pouvoir se jouent, dont les règles échappent aux dirigeants eux-mêmes.
Parce que personne ne doit savoir. Personne. Jamais. »

En gros, ça commence sur le bateau qui s’échoue pi la bête qui s’échappe. Ensuite, on alterne entre un narrateur omniscient qui nous raconte l’histoire de Victor pi Lucien pi de courts chapitres qui décrivent les agissements des politiciens tentant de gérer la crise. Lucien pi Victor trouvent des armes, sortent de chez eux, rencontre du monde pi vont se cacher dans l’école secondaire du quartier. Avec des péripéties en plus.

Au tout début, l’auteur veut jouer le jeu du faux-vrai-document, comme dans Cloverfield, mettons. Mais l’affaire, c’est que le reste du roman marche même pas avec cette idée-là. Le roman est à la troisième personne pi raconte l’histoire de deux gars alors que l’auteur prétend que c’est un document top secret pi ultra confidentiel destiné aux membres du G8.

« Toute autre personne surprise à consulter ce document sera placée en isolement et condamnée à mort sans autre forme de procès. »

Pour moi, le ton pseudo-officiel est un peu raté. Mais c’est pas grave.

Ensuite vient le prologue : le monstre dans sa cage, qui ressemble étrangement au singe-rat dans Braindead. En tout cas. Le prologue marche pas. Le narrateur dit que « la prison de plexiverre est impénétrable » mais y suffit que le bateau frappe « un banc de sable qui n’aurait pas du se trouver là » (merci de préciser) pour que la cage pète super facilement. C’est sûr qu’en général, les causes des outbreaks de zombies sont ni logiques ni importantes, mais là, c’est un peu trop simple.

Après ça, ça se replace. Je me suis ben amusé à lire le boutte où Victor pi Lucien sont pognés dans leur appart. J’ai même eu un petit fealing bizarre quand ils se font dire aux nouvelles de pas sortir de chez eux pi de barrer les portes. Cette partie-là est le fun à lire pour son ton un peu humoristique; les gars se demandent ce qui se passe dans la ville, le voisin devenu zombie arrache la tête de leur chat, ils se filment en train de tuer un zombie pour mettre le vidéo sur youtube pi ils trouvent des armes médiévales chez leur voisin qui trippe sur World of Warcraft. Pi aussi, j’ai ben aimé le fait que pu rien marche pi qu’ils sont complètement isolés du reste du monde : pas de téléphone, de télé, de radio, d’internet, de pagettes. Pendant ce bout-là, les dialogues sont vraiment bons :

« – Faut le tuer si on veut pas se faire attaquer encore.
– T’es capable de…?
– J’sais pas. Si tu me dis qu’y faut y couper ‘à tête ou y’enfoncer un pieux dans l’œil, j’pas certain que j’peux.
– On pourrait peut-être juste le j’ter par la porte du balcon.
– Pi après, on fait quoi?
– On verra rendu là. On ira loader le film sur YouTube. »

Sauf que ça devient moins bon quand y sortent de l’appart. Le ton comique disparait pi on tombe dans les thèmes classiques du récit de zombies : s’armer, essayer de communiquer avec l’extérieur, tuer son ami qui a été mordu pi blabla. C’est pas original, pi même que ça vient long à un moment donné. Mais le gore est pas si mal :

« Victor et Lucien ont été surpris de la vitesse et de la vigueur de l’attaque. Le temps de sortir leur épée pour frapper Sara, elle serre les dents, perçant la chair de la gorge. Un long jet de sang s’échappe de la carotide. D’un mouvement sec de la tête, elle arrache une partie de la gorge de David, dont les yeux se révulsent. Il devient tout mou, mais elle le retient et s’abreuve de son sang. »

Je pense que j’ai oublié de mentionner que dans Le protocole Reston, les zombies mangent pas la chair mais boivent le sang. Pi plus ils en boivent, plus ils deviennent rapides. À sec, c’est les zombies de Romero, pi ben loadés, c’est ceux de 28 days later.

Les intermèdes sont le fun. Y a un hélico de TVA qui se fait descendre par l’armée pi Mario Dumont se fait enlever par les motards. J’ai ben aimé les caricatures de Charest pi Dumont, qu’on peut reconnaître facilement même s’ils sont pas nommés. Les intermèdes sont meilleurs que l’histoire principale, j’ai trouvé.

Verdict : paspire au début, pas bon à la fin. Overall, un gros bof. Pas assez original pour être recommandé.

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Une Réponse to “Le protocole Reston, par Mathieu Fortin”

  1. natalie Says:

    wow c bien le protocole reston par mathieu !!! j’aime bien a partager 🙂


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