Black hole, par Charles Burns

janvier 8, 2010

C’est le premier graphic novel que je lis, pi crisse que c’était bon. Sérieux. Je suis bouche bée.
Ça a été publié en 12 feuilletons, de 1995 à 2004. Ça a gagné des prix aussi, mais des prix que je connais pas trop vu que je connais pas grand-chose à la BD américaine.
Le résumé? Je peux essayer. Dans les années 70, pas loin de Seattle, une espèce de MTS provoque des genres de mutations chez la population adolescente de l’endroit. Pi l’histoire, ben c’est du monde qui essayent de dealer avec ça. C’est simple, demême, mais c’est présenté d’une façon complètement éclatée. Faut pas essayer de comprendre au début, faut juste se laisser aller pi enregistrer l’information. On apprend ce qui se passe peu-à-peu, faut se creuser la tête, pi ça fait vraiment du bien de voir que l’auteur nous prend pas pour des cons.
Les dialogues sont proches de l’oralité, genre beatnik. D’ailleurs, ça rappelle un peu le monde fucked-up du Festin nu (en moins fucked-up, bien sûr).
L’auteur se gène pas pantoute : les personnages fument tout le temps des pétards, le thème de la sexualité est constamment présent pi les images sont parfois vraiment crissement dégoûtantes. Ça fait longtemps que j’avais pas vu un auteur prendre autant de libertés.

Ça rentre tout-à-fait dans le genre fantastique : toujours un suspense, un malaise qui s’arrête jamais, des images horribles, des genres de monstres pas nices, du monde qui meurt, des bras coupés, des poupées faites d’os pi de photos de femmes nues, des cauchemars terribles, un trip de LSD qui fini mal, etc. C’est du fantastique renouvelé. C’est pas pantoute une histoire classique de fantôme ou n’importe quoi. C’est rafraîchissant de lire ça.
Les personnages sont vraiment humains. Ils sont pas parfaits pi personne les blâme. L’auteur utilise pas ses personnages pour nous passer un message genre Lui il est méchant, il faut pas faire ça ou blablabla. Le lecteur se fait une idée lui-même.
J’ai vraiment aimé l’esthétique aussi. Les dessins réussissent à être franchement dégoûtants au bon moment, comme pendant les rêves des personnages. Le badtrip de LSD est particulièrement bien rendu par les images de Burns.
L’univers créé par Burns est noir, crissement noir. Les dessins à l’encre font juste amplifier ça. Tous les personnages sont blasés, ils s’emmerdent chez leurs parents pi à l’école. Ça représente bien l’état d’esprit de l’adolescence. Les seules parties où il y a un peu de bonne humeur c’est quand les personnages fument du weed. La narration est super sombre elle aussi, vraiment pessimiste. Ça me plait ces univers-là. Il y a toujours un malaise quelque part. Y a juste à la fin où on peu voir un peu d’optimisme, pi encore là, c’est discutable.

À lire en anglais. Exemple : en anglais, la maladie s’appelle the bug. En français, c’est la crève.

Verdict : à lire absolument. C’était crissement bon. Vraiment. Le seul point négatif, c’est l’impossibilité pour un québécois de prononcer le nom de l’auteur sans avoir l’air d’un trisomique.

PS : Wikipedia affirme que Alexandre Aja va l’adapter au cinéma. Je sais pas trop quoi en penser. Au moins c’est pas James Cameron.

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